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20 mai 2019

La France, Le Qatar et l’Algérie, une répartition des rôles efficace.


AFROHISTORAMA NEWS
Jeudi 24 janvier 2013

La France, Le Qatar et l’Algérie, une répartition des rôles efficace. Une autre lecture de la situation

par le Stratégiste Luc Banemeck.

 

 

AfrohistoramaNews: On parle d’une répartition des rôles au Mali, qu’en pensez-vous?

Luc Banemeck: En effet on a l’impression que les rôles sont partagés entre ses trois pays (France, Algérie et Qatar), chacun joue sa partition.

Le Qatar arme les djidahistes pour commettre des atrocités au Nord du Mali dans le but de créer une émotion sur le plan international. Cet objectif a été atteint. Plus de 20 maliens ont eu des mains et pieds coupés sous des prétextes douteux depuis la partie Nord de leur pays. On voit très bien que c’est un plan diabolique en application.

L’armée malienne étant une armée de pacotille comme la majorité des armées des pays francophones, la France en embuscade savait que l’armée malienne ne pouvant rien faire  face aux islamistes hyper-armés par l’arsenal Libyen, elle sera naturellement invitée en renfort par le gouvernement malien pour sauver le pays en pleine déliquescence.

En revanche, ce qui ne transparaît pas dans cette répartition, c’est l’accord secret que Les sociétés TOTAL, AREVA et le QATAR ont déjà signé pour  l’exploitation de l’uranium, le gaz et le pétrole malien avec le concours d’une société algérienne. Il fallait bien intéresser l’Algérie pour qu’elle participe au jeu.

L’Algérie ferme les yeux sur les activités djidahistes en direction du Mali, pourvu que ces derniers ne reviennent pas pour commettre les mêmes actes sur le sol algérien. Mais voila les choses ne se passent pas toujours comme elles sont prévues. La prise d’otages dans la zone d’exploitation gazière d’IN AMENAS est venue compliquée le plan.  La prise  d’otage n’était pas certainement prévue dans l’accord, d’où la réaction violente de l’Algérie qui a cru à un moment donné qu’elle était doublée par les autres partenaires.

Les anglo-saxons qui ne participent pas directement à cette répartition ont profités de l’occasion lors de cette prise d’otages de In AMENAS pour exprimer leur mécontentement non pour la mort des ouvriers, mais pour leur exclusion  du plan de partage des retombées économiques dans le futur. Malgré ce mécontentement  de façade des anglo-saxons  l’accord tacite de 1815 de Berlin doit tenir  en ce qui concerne l’Afrique.

AfrohistoramaNews : Que Peut faire le Mali pour échapper à ce vaste complot présentement ?

Luc Banemeck : Ce que le Mali peut faire c’est de prier Allah comme ils le font d’habitude avec le coran d’une main et l’arme dans l’autre. Car les autres états Africains ne pourront jamais leur venir en aide, tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens. Eux-mêmes n’ont pas d’armée capable de défendre leur territoire, à  plus forte raison d’autres territoires à des milliers de kilomètres. Tout ce que la CEDEAO fait, c’est de la gesticulation.

AfrohistoramaNews : Alors finalement l’intervention française est la seule chose qui puisse sauver le Mali de la de-configuration alors ?

Luc Banemeck : Pour l’instant  oui. Vous savez, les maliens sont devant un dilemme terrible, ils ont à choisir entre  le marteau et l’enclume, c’est-à-dire entre des islamistes obscurantistes qui  occupent le Nord de leur pays et en route vers le sud pour l’occupation du sud et l’armée française qui vient pour sécuriser l’exploitation des ressources maliennes par les sociétés françaises. Fallait-il refuser l’intervention française, alors que les états Africains qui étaient censés le faire ont bloqués les armes destinées au Mali au début du conflit au port de Conakry (Le Mali est pays enclavé qui utilise généralement les ports d’Abidjan et de Conakry) et hésitent à envoyer des troupes pour combattre les islamistes obscurantistes.

Je pense que tactiquement, il fallait faire un choix, et vite. Je crois que les maliens ont choisi le moindre mal pour l’instant, celui de faire appel à l’armée française.

AfrohistoramaNews : Pourquoi c’est le moindre mal  alors que tout le gotha panafricaniste est contre cette intervention ?

Luc Banemeck : les maliens ont fait un choix raisonnable et réaliste tout simplement parce que gouverner un pays ce n’est pas de la théorie, mais la réalité. Les islamistes obscurantistes  qui occupent le Nord du Mali sont  sous la botte de plusieurs commanditaires tapis dans l’ombre et aux intentions morbides et inhumaines. Ce qui veut dire que si l’armée française n’intervenait pas ces islamistes auraient déferlés vers le sud et Bamako serait devenu leur capitale en Afrique de l’ouest pour lancer le Djihad partout. Il ne faut pas oublier que les islamistes sont devenus réalistes et acceptables à certains égards pour les prédateurs de matières premières de l’Afrique. Si ces illuminés avaient pris tout le pays, ils auraient négociés avec les occidentaux et un accord auraient été trouvé sur le dos des maliens.

Or avec l’armée française, on connait le quartier général des opérations, son commanditaire. A partir de là il est très facile de négocier et d’ajuster des pressions. Tout dépendra de la clairvoyance et de la qualité des hommes d’état malien. Sauront- ils bien négocier pour que le pays ne soit pas recoloniser comme la Cote d’ivoire, ou alors accepteront-ils le contrôle du pays par une force étrangère qui viendra s’installer pour permettre l’exploitation abusive et éhontée de leurs ressources naturelles. Seule l’avenir nous le dira.

 

AfrohistoramaNews : Quels conseils donnez-vous aux autorités maliennes face à ce que vous avez appelé dilemme ?

Banemeck Luc : Ce que je peux conseiller aux frères et autorités maliennes est la suivante :

1)     Face à toute épreuve, il faut d’abord l’unité, car comme le rappelle la devise d’Haïti la première nation noire libérée de l’esclavage, L’UNION FAIT LA FORCE.

2)     Face à l’appétit des prédateurs de ressources énergétiques à l’origine de leur malheur. Ils doivent comprendre qu’ils sont les maitres de leur pays. Personne ne doit venir leur dicter ce qu’ils doivent faire.

Ils doivent protéger par devoir la souveraineté du Mali par tous les moyens nécessaires. Mais ils doivent aussi comprendre que l’aide de la France n’est pas gratuite. L’armée française n’est pas là pour les beaux yeux des maliens. Elle est là pour défendre les intérêts de la France suivant un plan déterminer. Cela veut dire que les maliens auront une facture à payer à la fin du conflit. Des maintenant ils doivent l’intégrer. Ils doivent des maintenant mettre en place les éléments de cette négociation sur le plan politique, militaire et social de sorte qu’à la fin, elles ne soient pas en position de faiblesse. Car si la négociation de fin est mal menée, leur ressources seront exploitées honteusement sans retour bénéfique pour le peuple malien, dans le cas contraire l’armée française pourra même réactiver  les islamistes avant de partir du pays pour revenir plus tard négocier avec les mêmes islamistes qui auront pris l’ensemble du pays.

Interview réalisé par P. Ayi

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,