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23 avril 2019

Comment Kadhafi maintenait-il l’ordre dans les tribus ?


suite de l’article :  Un an après Kadhafi  : il n’y a plus d’Etat libyen

Comment Kadhafi maintenait-il l’ordre dans les tribus ?

Kadhafi envoyait des délégations parlementer pour régler les différents. Cela faisait l’objet de tractations. Un jour, il a dit que les tribus étaient « ingérables ». Le Roi Idriss Ier avait également du mal à gérer les tribus. Beaucoup de conflits sociaux éclataient. La violence tribale en Libye n’est pas nouvelle.

Les rebelles traquent encore les partisans de Kadhafi et ont la volonté de mener une véritable épuration de cet ancien régime. Cette traque est-elle exagérée ?

L’épuration a commencé dès le lendemain de la mort de Kadhafi. Beaucoup de partisans de Kadhafi ont fui la Libye pour justement y échapper. Aujourd’hui, ils sont entre 1 et 1,5 million, selon les estimations des organisations humanitaires, en exil à l’étranger.

Pourquoi le gouvernement met-il autant de temps à se former ?

Il faut s’imaginer la Libye comme un véritable mille-feuille de pôles de décision. Le Premier ministre actuel, Ali Zeidane, pour former son gouvernement doit aujourd’hui consulter les milices, lesquelles sont devenues au fil des mois des interlocuteurs incontournables, mais aussi les chefs de tribus, les partis politiques au sein du Parlement (les traditionnels que l’on appelle abusivement les « libéraux », les Frères musulmans). Tout ceci est très long et très lourd à gérer.

Qui est Ali Zeidane ?

Ali Zeidane est issu de Wadane. Il a travaillé comme conseiller d’ambassade auprès de l’actuel président de l’Assemblée constituante libyenne, Mohamed Al-Megaryef qui était ambassadeur en Inde avant de constituer à l’étranger au début des années 1980, le Front National du Salut Libyen (FNSL), conçu et perçu comme islamiste, et qui a été un des tous premiers partis à revendiquer la lutte armée. Ce parti a même revendiqué un attentat contre Kadhafi en 1986. Il n’a jamais été dissous, mais ces membres ont fondu comme neige au soleil sous les coups des mesures dictatoriales de Magaryef qui a imposé sa famille dans son parti. Ali Zeidane l’a donc quitté.

Par la suite, on le retrouve en Allemagne, à Berlin précisément. C’est dans cette capitale qu’il rencontre Bernard Henri Levy les toutes premières semaines de la révolte, lequel a organisé une rencontre avec Sarkozy. Misrata est ainsi devenue ville martyre… Par la suite, il a constitué son parti, et on le retrouve au sein de l’Alliance des Forces Nationales de Mahmoud Jibril. Ce dernier a tenté de le parachuter à la tête de la présidence de l’Assemblée constituante, mais il a échoué. Il n’a pu avoir les voix de l’Est. Il faut ajouter que Zeidane n’a pas bonne réputation en Libye. Il est soupçonné d’avoir volé avec Magaryef l’argent de l’Etat libyen – quelques millions d’euros – pour constituer le FNSL au début des années 1980. Il a aujourd’hui probablement de grande chance de constituer son gouvernement. Il est un peu le candidat de la dernière chance auprès même des libyens.


En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-mort-kadhafi-libye-plus-etat-helene-bravin-519573.html#ts0R8BsIDhmcXX4U.99 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,