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23 juillet 2018

Ce que l’on ne dit pas sur les raisons de la crise en Libye


la frontière entre la Tunisie et la Libye© REUTERS/ Zohra Bensemra

International

Les médias mainstream se taisent sur la situation actuelle en Libye et préfèrent garder le silence sur les véritables causes du conflit, dit au micro de Sputnik l’historien Paolo Sensini, qui appelle à traduire en justice les hommes politiques occidentaux coupables de la «catastrophe humanitaire et sociale» dans le pays.

Paolo Sensini, historien italien et analyste géopolitique, auteur du livre «Libye, colonie de l’Italie et colonie au sens global» a évoqué dans une interview à Sputnik la crise en Libye, le pays «étant après l’Afghanistan et l’Irak, une autre victime de la guerre néocoloniale de notre siècle».

«Comme cela arrive souvent, les mainstream occidentaux continuent de garder le silence sur la situation en Libye et les objectifs ultimes de ces actions. En outre, la communauté internationale devrait demander des comptes aux hommes politiques occidentaux responsables de la catastrophe sociale et humanitaire en Libye», a-t-il dit.

Il a également souligné qu’«à la suite de la crise, qui avait été organisée avant tout par les Français, les Britanniques et les Américains, une catastrophe économique, sociale et politique avait commencé, qui se poursuit aujourd’hui».Dans son livre «Libye 2011», M. Sensini explique notamment certains aspects méconnus mais très importants à préciser pour la compréhension de l’essentiel de la crise ainsi que ses raison et les rôles qu’y ont joués la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et les pays du Golfe.

Comme par exemple l’idée de Mouammar Kadhafi d’introduire une nouvelle devise en Afrique: «On appelait M. Kadhafi «l’ennemi du système financier africain»».

«Malgré le fait que M. Kadhafi ait financé la campagne électorale de M. Sarkozy en 2007, la France s’est activement opposée à M. Kadhafi, souhaitant s’emparer du pétrole libyen, en remplacement de l’italien Eni par Total. Il était important de se débarrasser de M. Kadhafi, que ces pays ne pouvaient pas contrôler», a indiqué l’historien.

Paolo Sensini est cependant d’avis que le retour en politique de Saïf al-Islam Kadhafi, le second fils de Mouammar Kadhafi, pourrait être une solution à la crise libyenne.«C’est une voie complexe mais il me semble que c’est la seule façon de résoudre la situation», a-t-il conclu.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,