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21 août 2018

La France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont frappé la Syrie dans la nuit


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Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont mené samedi des frappes ciblées contre la Syrie pour punir le régime de Bachar al-Assad accusé par Donald Trump d’avoir mené des attaques chimiques « monstrueuses ».

L’ESSENTIEL EN DIRECTLes Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché des frappes dans la nuit de vendredi à samedi sur la Syrie, pour punir le régime de Bachar al-Assad, accusé d’attaques chimiques sur des civils.

Les principales informations à retenir

  • La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont mené des frappes conjointes en Syrie cette nuit
  • Ces frappes font suite à l’utilisation par le régime syrien d’armes chimiques contre sa population
  • Trois sites ont été ciblés par la coalition, un à Damas et deux près de Homs, parmi lesquels un complexe chimique
  • Le régime syrien et la Russie ont vivement réagi

Que s’est-il passé cette nuit ?

« J’ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d’armes chimiques », a lancé Donald Trump depuis la Maison-Blanche, dans la nuit. « Une opération combinée est désormais en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux », a-t-il ajouté. Au moment même où le président américain s’exprimait, des détonations étaient entendues à Damas. Plusieurs explosions successives ont été entendues suivies par des bruits d’avions tandis que des colonnes de fumée s’élevaient du nord-est de la ville.


Tôt ce matin, l’Elysée a communiqué sur ces frappes. Depuis Paris, Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient « circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l’emploi d’armes chimiques ». « Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l’emploi d’armes chimiques« , a-t-il martelé.

 

Le général Joe Dunford, chef d’état-major américain, a précisé qu’aucune autre opération militaire visant la Syrie n’est prévue à ce stade. Pour l’heure, on ignore encore si ces frappes ont fait des victimes.

Quels sites ont été visés ?

Selon le général Joe Dunford, les forces occidentales ont visé samedi à 1 heure, trois cibles liées au programme d’armement chimique syrien, l’une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie. Plus de 100 missiles de croisière, ainsi que des bombes guidées laser, ont été lancés.

À 7 heures, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly se sont exprimés depuis l’Elysée. « Cette nuit à 3 heures du matin (heure de Paris), sur ordre de président de la République, les armées françaises, en étroite collaboration avec les armées américaines et britanniques, ont mené une opération en Syrie. Cette opération visait des objectifs appartenant au programme chimique clandestin de la Syrie. Le principal centre de recherche de ce programme, et deux importants sites de production, ont été frappés », a indiqué la ministre. « Au travers de ces objectifs, c’est la capacité de développer, de mettre au point, de produire des armes chimiques de la Syrie qui est atteinte. Le but est simple : empêcher le régime de faire à nouveau usage d’armes chimiques », a-t-elle défendu.

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La France a engagé pour ces frappes quatre frégates, ainsi que des Mirage 2000, des Rafale, des avions de détection AWACS, ainsi que des avions ravitailleurs. Selon nos informations, le raid aérien français serait parti de la base de Saint-Dizier, en Haute-Marne, et non des bases françaises avancées au Proche-Orient. Le résultat de ces frappes est en cours d’évaluation par les différents états-majors.

Comment ont réagi la Syrie et ses alliés ?

La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre « l’agression américaine, britannique et française », a rapporté la télévision d’Etat syrienne. Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation « flagrante » du droit international et était « vouée à l’échec ». Le régime syrien a dénoncé samedi une « agression barbare et brutale » des Occidentaux, après les frappes menées peu avant l’aube par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre des bases militaires, selon l’agence officielle Sana.

La Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a vivement réagi par la voix de son ambassadeur aux Etats-Unis, Anatoli Antonov. « Nos mises en garde n’ont pas été entendues », a-t-il estimé, jugeant que ces frappes étaient une « insulte » au président russe Vladimir Poutine. Les Russes précisent qu’ils n’ont pas utilisé leur système de défense anti-aérienne en Syrie. Ils regrettent par ailleurs que « la Syrie ait été frappée alors qu’elle avait une chance d’avoir un avenir pacifique ».

Plus tard dans la matinée, le guide iranien Khamenei a qualifié de « criminels » Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May.

Qu’en dit le reste de la communauté internationale ?

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau soutient « la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime (de Bachar al-Assad) de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens ». De son côté, la Turquie a jugé que les frappes occidentales constituaient une « réaction appropriée ». « Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l’humanité tout entière face à l’attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime » syrien, a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. Israël a justifié samedi les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses « actions meurtrières »

L’Otan a également déclaré soutenir « les actions prises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France contre les installations et capacités d’armes chimiques du régime syrien ». Enfin, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres « à faire preuve de retenue » et à s’abstenir de tout acte qui pourrait « conduire à une escalade » après les frappes occidentales contre la Syrie.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,