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22 juillet 2019

LES 11 ACCORDS SECRETS SIGNÉS ENTRE LA FRANCE ET LES PAYS DʼAFRIQUE FRANCOPHONE


Afrique conscience, Afrique éveillée
Sema Blegne
>Peu de gens le savent. Mais il existe bel
et bien des accords signés entre les
anciennes colonies françaises et leur
ancienne autorité administrative, la
France. Ces accords concernent de
nombreux domaines, tels que le
militaire, le politique, mais surtout des
accords économiques.

1 La dette coloniale pour
remboursement des bénéfices de
la colonisation:
Les États nouvellement indépendants
doivent rembourser le coût des
infrastructures construites par la France
pendant la colonisation.

2 La confiscation automatique des
réserves financières nationales:
Les pays africains doivent déposer leurs
réserves financières auprès de la
Banque de France. Ainsi, la France
« garde » les réserves financières de
quatorze pays africains depuis 1961 : le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée Bissau,
la Côte dʼIvoire, le Mali, le Niger, le
Sénégal, le Togo, le Cameroun, la
République Centrafricaine, le Tchad, le
Congo-Brazzaville, la Guinée
Equatoriale et le Gabon.
Ainsi, la gouvernance des politiques
monétaires reste asynchrones et
incomplètes du fait quʼelles sont
pilotées directement par le
gouvernement français, sans aucun lien
avec les autorités financières des pays
tels que la CEMAC ou la CEDEAO. Ainsi,
du fait des conditions qui lient les
banques des zones économiques et
financières, elles sont obligées de
garder 65% de leurs réserves de
change dans un compte dʼopérations
tenu par le Trésor Français, ainsi que
20% supplémentaire afin de couvrir
« les risques financiers ».
De plus, les banques des zones CFA
imposent une limite de crédit à chaque
pays membre équivalent à 20% des
recettes dʼétat de lʼannée N-1 ! Bien que
le BEAC ou la BCEAO ont des
possibilités de retrait supérieur auprès
du Trésor Français, ces retraits doivent
faire lʼobjet de lʼaccord du Trésor
Français. La décision finale revient donc
au Trésor Français qui a lui même
investi les réserves des pays africains sur la place boursière parisienne.
En dʼautres mots, 80% des réserves
financières africaines, sont déposées
sur un compte opération contrôlée par
lʼadministration française. Les deux
banques de la zone CFA sont africaines
de par leurs noms, mais ne décident
aucune des politiques monétaires par
elle-même. Pire, les pays eux mêmes ne
savent même pas quel est la part de
réserves financières qui leur appartient
en groupe ou individuellement en tant
que pays, mais détenus par
lʼadministration du Trésor Français.
Les gains issus des investissements de
ces fonds au Trésor Français sont
censés être rajouté à la cagnote
africaine, mais aucun compte nʼest
donné là dessus aux banques ni même
aux pays membres. « Seul un groupe
limité à six administrateurs du trésor
français ont connaissance des montants
du compte dʼopération, du lieu
dʼinvestissement des sommes. Les
banques centrales africaines nʼont pas
accès à ces informations » déclarait le
Dr. Gary K. Busch.
500 milliards de dollars des caisses
africaines au Trésor français
On estime maintenant que la France
détient près de 500 milliards de dollars
auprès de son trésor. Elle est donc prête à tout afin de combattre toute
personne qui chercherait à faire la
lumière sur le côté obscure de ce vieille
empire. Les pays africains ne disposent
pas dʼaccès à cet argent.
La France leur permet dʼaccéder à
seulement 15% de lʼargent chaque
année. Si elles ont besoin de plus que
cela, ils doivent emprunter de lʼargent
supplémentaire à partir de leur propre
65% du Trésor français à des taux
commerciaux.
De plus, la France impose un plafond
sur le montant de lʼargent que les pays
peuvent emprunter dans leur réserve.
Le plafond est fixé à 20% de leurs
recettes publiques de lʼannée
précédente. Si les pays ont besoin
dʼemprunter plus de 20% de leur propre
argent, la France dispose dʼun droit de
veto.

3 Le droit de premier refus sur toute
ressource brute ou naturelle
découverte dans le pays:
La France a le premier droit dʼachat des
ressources naturelles de la terre de ses
ex-colonies. Ce nʼest quʼaprès que la
France ait dit: « Je ne suis pas
intéressé », que les pays africains sont
autorisés à chercher dʼautres partenaires.

4 Priorité aux intérêts et aux
entreprises français dans les
marchés publics et appels
dʼoffre publics:
Dans lʼattribution des marchés publics,
les entreprises françaises ont la priorité
sur lʼattribution,même si les pays
africains peuvent obtenir un meilleur
rapport qualité-prix ailleurs.
En conséquence, dans la plupart des
ex-colonies françaises, tous les
leviers économiques des pays sont
entre les mains des expatriés français.
En Côte dʼIvoire, par exemple, les
entreprises françaises possèdent et
contrôlent tous les grands services
publics – eau, électricité, téléphone,
transports, ports et les grandes
banques. Cʼest la même chose dans le
commerce, la construction et
lʼagriculture

5 Droit exclusif de fournir des
équipements militaires et de
former les officiers militaires
des colonies :
Grâce à un système sophistiqué de
bourses, de subventions, et les «accords de défense» attachés au
pacte colonial, les Africains doivent
envoyer leurs officiers supérieurs en
formation en France.
La situation sur le continent est
telle que la France a formé des
centaines, voire des milliers de
« traîtres« . Ils sont tous en sommeil, et
seront activés en cas de besoin pour un
coup dʼEtat ou tout autre but.

6 Le droit pour la France de
déployer des troupes et
dʼintervenir militairement dans le
pays pour défendre ses intérêts:
En vertu de ce quʼon appelle « les
accords de défense » attachés au pacte
colonial, la France a le droit dʼintervenir
militairement dans les pays africains, et
aussi de stationner des troupes en
permanence dans les bases et
installations militaires, entièrement
gérées par les Français.
Lorsque le président Laurent Gbagbo de
la Côte dʼIvoire a tenté de mettre fin à
lʼexploitation française de son pays, la
France a organisé un coup dʼEtat.
Pendant le long processus pour évincer
Gbagbo, des hélicoptères de combat et
des forces spéciales sont intervenus
directement dans le conflit, et ont tiré sur des civils.
La France a estimé que les hommes
dʼaffaires français avait perdu plusieurs
millions de dollars dʼactifs en quittant
précipitamment Abidjan en 2006.
Pourtant, lʼarmée française a massacré
près de 65 civils non armés et en a
blessé 1.200 autres.
Par la suite, la France a réussi un coup
dʼEtat. Elle a fini par transférer le
pouvoir à Alassane Ouattara. La France
a demandé au gouvernement Ouattara
de verser une indemnité à la
communauté française pour rembourser
les pertes pendant la guerre civile.
Le gouvernement Ouattara leur a payé
deux fois le prix de ce quʼils avaient
demandé.

7 Lʼobligation de faire du français la
langue officielle du pays et la
langue pour lʼéducation:
Oui,Monsieur.Vous
devez parler français, la langue de
Molière! Une organisation de la langue
française et de la diffusion de la culture
française a même été créé. Elle
sʼappelle la « Francophonie » et
possède plusieurs organisations
satellites. Ces organisations sont
affiliées et contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

8 Lʼobligation dʼutiliser le franc CFA
(franc des Colonies Françaises
dʼAfrique):
Voilà la vraie vache à lait pour la France.
Ce système est même dénoncé par
lʼUnion européenne. Mais la France
nʼest pas prête à faire tomber ce
système économique datant de la
colonisation qui met environ 500
milliards de dollars des caisses de
lʼAfrique dans sa trésorerie.
Lors de lʼintroduction de la monnaie
Euro en Europe, les autres pays
européens ont découvert le système
dʼexploitation français. Beaucoup,
spécialement les pays nordiques, ont
été consternés, et ont suggéré à la
France de se débarrasser du système,
mais sans succès

9 Lʼobligation dʼenvoyer en France,
un bilan annuel et un rapport dʼétat
des réserves:
Pas de rapport, pas dʼargent. Quoi quʼil
en soit, le directeur des banques
centrales des ex-colonies présente ledit
rapport lors des réunions bi-annuelle
des ministres des Finances sur les ex-colonies. Ce rapport est
ensuite compilé par la Banque de
France et le Trésor français

10 Renoncer à toute alliance militaire
avec dʼautres pays, sauf
autorisation de la France:
Pourquoi les alliances militaires
régionales en Afrique sont les plus
faibles? La plupart des pays ont
seulement des alliances militaires avec
leurs ex-colonisateurs! Drôle, mais vous
ne pouvez pas faire mieux!. La France
leur interdisait tout autre alliance
militaire.

11 Lʼobligation de sʼallier avec la
France en cas de guerre ou de
crise mondiale:
Plus dʼun million de soldats africains se
sont battus pour la défaite du nazisme
et du fascisme au cours de la seconde
guerre mondiale. Leur contribution est
souvent ignorée ou minimisée. Mais
quand vous pensez quʼil a fallu
seulement 6 semaines à lʼAllemagne
pour vaincre la France en 1940.
Il y a quelque chose de presque
psychopathe dans la relation entre la
France avec lʼAfrique. La première réaction des gens quand ils
apprennent lʼexistence de la taxe
coloniale française est de poser la
question: «Jusquʼà quand? »
A titre de comparaison historique, la
France a fait payer Haïti lʼéquivalent de
21 milliards $ de 1804 à 1947 (près dʼun
siècle et demi) pour les pertes causées
aux marchands dʼesclaves français par
lʼabolition de lʼesclavage et de la
libération des esclaves haïtiens.
Les pays africains paient la taxe
coloniale depuis seulement 50 ans,
donc cela pourrait durer encore un
siècle de plus si nous ne faisons rien.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,