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5 décembre 2022

UN MOMENT CRITIQUE POUR L’ÉCONOMIE CAPITALISTE (LA GUERRE EN PARTAGE)


Robert Bibeau

Oct 6

Source Communia. Traduction et commentaires:   

 

un moment critique

Les signes annonciateurs d’une crise financière et d’une récession mondiale imminente se multiplient ; la guerre en Ukraine entre dans la phase de « crise des missiles » (Cuba 1962) et menace de se transformer en guerre nucléaire dans quelques mois, voire plus tôt ; et pourtant… il n’y a pas de crise perçue dans les médias bourgeois.

 

LE TABLEAU ÉCONOMIQUE FAIT PEUR

évolution du dollar

Les effets mondiaux de la politique de hausse des taux de la Fed vont bien au-delà des baisses du yen , de la livre et de l’ euro . Comme le commerce international se fait majoritairement en dollars, la hausse de la devise américaine signifie automatiquement une escalade des prix alimentaires et du coût de la dette publique dans le monde entier et notamment dans les pays semi-coloniaux, de l’Argentine au Nigeria (les soi-disant pays émergent…NDÉ).

« Exporter la crise » n’inquiète pas la Fed , qui voit dans la hausse des prix des importations un renfort contre l’inflation et espère compenser en partie l’effet récessif de la hausse des taux d’intérêt avec l’arrivée de capitaux internationaux attirés par cette plus-value spéculative (sic). En fait, c’est ce qui se passe depuis que les États-Unis ont commencé à faire passer une politique anti-inflationniste avant l’objectif de croissance.

L’investisseur de la zone euro qui a décidé en début d’année de placer son argent dans des fonds actions ou obligataires américains a perdu nettement moins que celui qui a choisi de le placer dans des fonds européens.

Cinq jours

Mais ce qui pour les capitales nationales d’Europe ou d’Asie est une relative perte de poids et de capacité de capitalisation par rapport aux USA, pour les pays semi-coloniaux c’est une décapitalisation pure et simple et une fuite des capitaux.

Les perspectives sont à nouveau une série de crises de la dette et financières de la périphérie vers le centre du marché mondial .

Mais il y a plus. Si les banques centrales du reste du monde suivent la même ligne et augmentent les taux pour réduire la fuite des capitaux et, ce faisant, compenser l’inflation générée par la hausse des prix des denrées alimentaires et des matières premières provoquée par la guerre (et par la délocalisation du capital de la périphérie pauvre vers le Centre riche et accumulatif. NDÉ), le résultat nécessaire à court terme sera une récession mondiale et violente . Comme Business Insider l’ a titré aujourd’hui

Les hausses de taux agressives de la Réserve fédérale obligent les banques centrales du monde à suivre le rythme. Un dollar fort place les autres dans une situation de perte totale: combattre l’inflation et ralentir la croissance, ou laisser les prix continuer à augmenter. Les pays choisissent largement le premier, et le ralentissement généralisé pourrait aggraver la récession américaine elle-même.

Et comme si cela ne suffisait pas, les grands marchés spéculatifs montrent des signes d’épuisement et de grandes banques comme le Credit Suisse sont au bord de la faillite , signes classiques qu’au centre même du marché des capitaux, il est de plus en plus probable et proche qu’une crise financière de premier ordre éclate.

 

LE CONFLIT IMPÉRIALISTE MENACE DE DÉGÉNÉRER  EN GUERRE NUCLÉAIRE ET LES ÉTATS-UNIS, LA RUSSIE ET L’UE N’Y VOIENT AUCUN PROBLÈME.

Recrutement en Russie

Suite au succès de l’offensive ukrainienne, la Russie a officiellement annexé Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporiya pour bien faire comprendre qu’elle n’accepterait pas de perdre le contrôle des régions russophones qu’elle dominait à l’époque sans aggraver la guerre à l’aide d’armes nucléaires .

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Les États-Unis ne voient pas seulement la crise. Apparemment, c’est le scénario qu’ils attendaient et la réponse qu’ils organisent impliquerait la destruction -directement par les armées de l’OTAN- du gros de l’armée et de la marine russes . Le problème est qu’il est difficile de penser que le gouvernement russe face à une telle réponse, qui constituerait évidemment un « danger existentiel » pour ses classes dirigeantes, n’intensifierait pas encore la guerre.

Il y a encore du chemin à faire avant d’y arriver. Mais comparer le moment actuel avec la « crise des missiles » de 1962 n’est pas du tout déplacé.

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Négocier une désescalade, au vu de l’évidence de la catastrophe, comme cela se faisait alors, semble aujourd’hui exclu. Des attentats comme celui de Moscou en août contre Alexandre Douguine, un idéologue nationaliste marginal, auquel les think tanks atlantistes attribuent une importance qu’il n’a pas, et qui a fini par voir assassiner sa fille sous ses yeux, ou le sabotage commis en septembre contre les gazoducs de la Baltique, un attentat face à l’Allemagne contrainte de se priver du gaz russe, confirment la rapidité avec laquelle les Etats-Unis alimentent la spirale militariste meurtrière. […] Voir: Sabotage des gazoducs russes Nord Stream 1 et 2 – les 7 du quebec  et aussi Les États-Unis imposent l’unité à leurs alliés européens (sabotage du NordStream) – les 7 du quebec .

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L’avertissement de Poutine selon lequel il utilisera « toutes les armes disponibles » pour défendre la Russie contre une attaque de l’OTAN est authentique, admet le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, « mais cela ne change pas notre détermination et notre unité pour soutenir l’Ukraine » radote ce brulot.

Une folie suicidaire , Rafael Polch, ancien correspondant du journal conservateur La Vanguardia à Moscou, Pékin et Berlin.

ET ENCORE…

Et pourtant la conquête hier de Liman, au sein de l’espace que la Russie vient de déclarer partie intégrante de son territoire, a été célébrée par les médias du monde entier comme si elle ne signifiait pas franchir une ligne rouge très dangereuse . Et l’ afflux de réservistes volontaires dans les centres de recrutement russes est signalé comme quelque chose de mineur indépendamment de l’atmosphère de guerre totale que le régime tente par tous les moyens d’instiller dans la population.

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Nous sommes au bord de l’effondrement économique, nous avons une guerre en Europe sur le point de dégénérer en guerre nucléaire, et tout est raconté avec l’aliénation irresponsable d’un commentateur de jeux vidéo. Ce qui est plus important : il n’y a pas de réactions d’alerte ou de protestations, pas même la prise de position inutile du pacifisme si chère à la petite bourgeoisie en révolte.

Force est de constater que les classes dirigeantes ont réussi leur pari : elles ne jugent même pas nécessaire de faire la moue.

Ils prévoient de nous emmener au gouffre sans même lui accorder d’importance, convaincus que la minimisation est la meilleure option pour maintenir le cadre des travailleurs et éviter une réponse sociale contre la guerre et les conséquences du chaos économique qu’elle entraîne et radicalise.

La question est… pourquoi ça marche ? Pourquoi est-ce que «rien ne se passe» et, apparemment, la guerre et la crise ne semblent pas réveiller les forces sociales même au niveau que l’invasion de l’Irak avait accompli ? Pourquoi ce qui semble de l’apathie populiste???

À suivre

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