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17 novembre 2018

Et quand le terrorisme en Tunisie se fait battre à Tataouine


Et quand le terrorisme en Tunisie se fait battre à Tataouine

Nous devons tous y participer

 

 

 

La démolition de la synagogue de Tataouine transformera-t-elle ‘’ Le royaume du cafard’’ en ‘’paradis des Lotophages’’ Dont les visiteurs ne veulent plus quitter !

 

Dernièrement, à Tataouine, des chercheurs d’or – manipulés par des sorciers alliés aux rapaces de l’immobilier – ont vu dans l’étoile de David figurant depuis un siècle sur le fronton de la vieille synagogue, le signalement d’un trésor caché ! Sans tarder ils ont commencé la démolition de ce dernier monument historico-religieux encore debout, dans cette ville du sud tunisien.

 

Bédouins et Joyeux Biribi se partagent l’eau du Sahara

 

 

 

L’état actuel de la synagogue

 

                                     L’état de la synagogue avant son abondant

 

 

 

 

 

Par bonheur pour la tolérance, leur fièvre s’est déclenchée au moment même de la résurrection de l’esprit de solidarité (par révolution de 2011) très enraciné localement la (Ragata) sous forme d’une société civile luttant -entre autre- pour la sauvegarde du patrimoine.

A l’appel au sauvetage lancé par l’association ‘’ Tataouine la source ‘’ à toutes les bonnes volontés, y compris la vôtre chers lectrices et lecteurs, pour sauver ce patrimoine, venez nombreux avant qu’il ne soit trop tard en contactant :                 [email protected]

 

 

Que lit-on dans cet appel ?

…. En Egypte, si pour refouler les pillards, les archéologues ont inventé avec succès la légende de la malédiction des pharaons pouvant porter atteinte à ceux qui violent leurs tombes….

Et si pour appâter les assoiffés des trésors cachés, les charlatans font croire que tous les lieux déserts portant des représentations de tortues ou du sceau de Salomon (étoile de David) sont des caches de trésors gardés par de très méchants Djinns, exigeant pour céder le passage, des sacrifices douloureux (ici notre synagogue)….

Le patrimoine de Tataouine, ne disposant plus des anciennes protections mythiques du Saint Jlidi et de la sainte Djamalya, ne peut espérer être sauvée que par la solidarité de tous.

 

 

 

Comment   en est-t-on est arrivé là ?

L’annonce de la démolition imminente de la synagogue de Tataouine semble catastrophique car après son église, et sa mosquée sans minaret, c’est le dernier des trois sites archéologiques fondateurs de la cité restant encore sur ses pieds.

Mosquée Joyeux Biribi originale sans minaret devenue mosquée Alatique

Construits presque en même temps, ces ouvrages sont le fruit de la Raghata (travail volontaire collectif traditionnel et gratuit) auquel ont participé ensemble et volontairement des chrétiens ‘’BIRIBI’’, des Juifs locaux et des musulmans bédouins, noirs et citadins parlant arabe, berbère et français. Tous unis, ces ‘’marginalisés’’ ont abattu symboliquement grâce à leur coopération et leur tolérance toutes les barrières entre ‘moi et l’Autre.’(N’est-il pas dit ? Les derniers ne sont-ils pas les premiers, )

 

Achevée, l’église de notre dame de la victoire à Tataouine reçoit les fidèles

 

Ce qui reste perceptible de l’église

 

L’injuste’’ malédiction’’ de Tataouine

Du pays des Lotophages au bagne de Biribi et au royaume du cafard en passant par Tataouine Les Bains et Tatooine !

Si personne -ou presque- ne conteste aujourd’hui que le premier échouage d’Ulysse hors de son pays à eu lieu sur les côtes africaines entre les deux Syrtes, rares sont ceux qui se rappellent de ces paroles :‘’nous avons marché sur le continent’’ confirmant que le pays des Lotophages n’est pas sur une île ; mieux encore et très troublant, face à Djerba, sur le continent se trouve l’embouchure d’une rivière sèche qui a toujours été désignée et encore maintenant, par l’appellation ‘’Oud Zeus’’  (rivière de Zeus) !

 

Qui dans ce bled, depuis l’antiquité, connaissait Zeus, ce grand Dieu protecteur d’Ulysse pour lui donner son nom?

Selon toute vraisemblance historique, ils ne peuvent être autres que les descendants de ceux qu’ Ulysse a croisés : Les Lotophages habitants de la région de Gigthis, seul site créé face à l’île de Djerba par les Phéniciens et les berbères il y a 3000 ans pour assurer les liaisons commerciales avec le Sahara par son unique porte ou bouche locale : Foum TATAHOUINE.

Beaucoup plus tard leurs héritiers, les OURGHEMA ont fait et font du Oud Zeus la frontière nord de leur pays ‘El watn’.

 

Qui sont donc ces Ourghemma et quel est leur pays prétendu être celui des anciens Lotophages ?

Comme jadis à Gigthis, le pays des Ourghemma a une population composite à la fois musulmane, chrétienne et juive ; elle parle l’arabe, le français et le berbère sans oublier la présence parmi eux de descendants d’esclaves noirs qui ont gardé farouchement leurs traditions notamment en musique et en danse, non moins riches que celles des Gnaouas ou Gnawas du Maroc.

 

Venant de la Sakiet El Hamra (sud du Maroc actuel) Moussa El Ourgui qui est reconnu comme père fondateur de la confédération de Ourghemma, a rendu saints les lieux par sa tombe à Ouadi Gorgar au pied du mont Bougarnine ,à l’este de l’Oasis de Foum TATAHOUINE dans le voisinage de son petit fils Jlidi Abdullah, grand Saint dominant, assurant la protection de la population et sa prospérité avec l’aide d’autres saints et saintes notamment Djamalya venue du sahel tunisien, confirmant par la présence de leurs zaouïas qu’après Gigthis c’est ici la capitale de la Djefara tunisienne.

 

Là aux pieds du mont Bougarnine où se trouve la prison du bagne (chambre de torture et triste musée laissé à l’abandon conservant toujours d’importantes reliques léguées par les BIRIBI,) s’étalent les marécages et le Ouadi Gorgar, jadis route de l’or et des esclaves, qui encore de nos jours, accueillent aux moments des grandes sécheresses, un nombre incalculable de survivants des tribus et d’esclaves venus de loin danser et chanter, pour être arrosés par la pluie déversée à chaque fois sur leurs têtes par les saints enterrés dans les lieux !

Quel pays et quelle capitale?

Depuis 3000 ans les caravanes du commerce transsaharien (or et esclaves) faisaient étape sur les bords des marécages de l’oasis de Foum TATAOUINE , passage obligatoire pour relier Gigthis à Zinder et Tombouctou.

La découverte archéologique du mausolée d’El-Amrouni réalisé sur cette route à la fin du XIXe à Foutnassya (50km de Tataouine) prouve incontestablement le brassage dans ce désert de plusieurs cultures (phénicienne, grecque, romaine et berbère).

 

Depuis, aux alentours des tombes de leurs Saints protecteurs, les OURGHEMA, sans renoncer

à leurs querelles et razzias, ont créé le noyau de leur capitale Foum TATAHOUINE. Dans ce havre de paix, un phénomène de solidarité sociale s’est imposé par le besoin de la lutte pour la survie de l’homme contre les forces de la nature. Ainsi ils ont inventé la Raghata ces chantiers collectifs volontaires et gratuits qui ont permis entre autre la réalisation de constructions gigantesques sous et sur le sol : les GUIRANS troglodytes et GSOURS grattes ciels qui représentent une expérience unique allant bien au-delà de ce que relate l’architecte égyptien Hassan Fathy dans son livre (Construire avec le peuple), expérience par ailleurs bien détaillée par Daghari-Ounissi dans son livre (Habiter sa différence)

 

Ainsi était la situation des Ourghemma à Foum TATAHOUINE, leur capitale spirituelle à l’arrivée dans les années quatre-vingt du XIXe siècle, de l’avant-garde de l’armée du ‘’protectorat’’ français, qui après avoir installé sa base temporairement à l’Oasis, l’a transformée rapidement en camp -bagne pour ‘’protéger’’ les locaux et faire plier les fortes têtes des ‘’Joyeux-BIRIBI’ ’, casseurs des cailloux.

Et comme si les horreurs subies par les BIRIBI ne touchaient pas assez de monde, l’ancienne ‘’ Commendature’’ dénommée bureau des affaires indigènes, a décidé à sa manière de les faire partager avec la population locale en la soumettant à son contrôle total. C’est l’acte de naissance du royaume du cafard à Foum Tatahouine .

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Après avoir forcé la fermeture des marchés locaux de troc (Douiret, Cheneni et Beni Barka), miné les parcours des pâturages et tracé des chemins obligatoires vers le nouveau souk, la ‘’ Commendature du bureau des affaires indigènes’’ n’a pas hésité à recourir à des méthodes   rappelant celles de la conquête esclavagiste du continent américain notamment : terrains confisqués et main d’œuvre gratuite, sauf que là, les esclaves forcés à contribuer ne sont pas seulement des indigènes, musulmans et juifs, mai aussi des chrétiens( ‘’les Joyeux-BIRIBI’’). Recrutés de façon particulière, ces jeunes forçats français étaient soumis au régime des travaux forcés rien que parce qu’ils avaient commis des irrégularités dans leur jeune âge, même s’ils avaient purgé les peines correspondantes, car pas de place à la repentance chez les militaires sadiques de l’époque.

Début du ravage de la palmeraie

 

 

 

 

 

 

En faisant cohabiter ces esclaves, la‘’ Commendature’’ espérait pour son bonheur, que ces ‘’marginalisés’’ allaient se déchirer perpétuellement, mais ce fut peine perdue pour sa politique de diviser pour régner. Car dés le début du chantier un esprit de solidarité est apparu chez eux, sous forme d’appels collectifs pour la construction bénévole d’une église, d’une synagogue et d’une mosquée, qui ont vu le jour presque en même temps, imposant par la Raghata la réplique de ces nouveaux Lotophages à ce qu’on a voulu être le royaume du cafard !

 

Aujourd’hui que reste-t- il de ces symboles ?

Hélas, par une erreur administrative, l’église s’est vu absorbée et déformée par la caserne de l’armée tunisienne, la mosquée sans minaret, surnommée ‘’mosquée des Joyeux’’ est devenue ‘’ la mosquée antique’’ en s’équipant d’un minaret d’abord puis en changeant complètement de physionomie. Seule la synagogue est restée intacte mais abandonnée par ses fidèles, partis en masse en France suite à l’interdiction de tout commerce dans la Tunisie socialiste des années soixante.

Avec la disparition imminente de la synagogue, si rien n’est fait pour l’en empêcher, disparaîtra le dernier symbole d’une rare tolérance de cohabitation pacifique et humaine sur la terre des Lotophages surnommée injustement royaume du cafard.

 

L’ironie du sort a voulu qu’après le départ définitif des Joyeux biribi en 1956, suivi par les indigènes juifs dans les années 60,   Tataouine a vu ses bédouins partir en masse vers la France, particulièrement à Paris où, semble-t-il, ils ont acquis plus de mille boulangeries et se sont naturalisés français. Selon des journaux français (dont le monde), il semble qu’aujourd’hui c’est un boulanger de Tataouine qui livre le pain quotidien de l’Elysée, et rien d’étonnant à cela car depuis la fin du XIXe siècle, Joseph Dimier l’avait déjà écrit dans son livre ‘’Un régulier chez les joyeux’’, que les Joyeux Biribi dévoraient goulûment les pâtes des Tataouinois.

Hattaya, Immigration historique des Ourghemma

 

 

Atelier de formation des futurs pâtissiers Parisiens

Malgres leur modernisation les pâtissiers Ourghemi parisiens ne semblent pas échapper à la malédiction de Tataouine car une compagne de presse les soupçonne d’être les organisateurs d’une filière de travailleurs clandestins

 

Par ailleurs Tataouine dans l’imagination populaire française n’a pas cessé d’être assimilée à un isolat horrible, un lieu extrêmement lointain, un bagne, ‘’Tataouine Les Bains ‘’…cet imaginaire dans son élan est même allé jusqu’à inventer le verbe tataouiner (tergiverser), sens qui ne peut qu’être aggravé par la saga Star Wars qui inaugure la présentation de ses galaxies par sa Planète Tatooine , lieu de rassemblement de toutes les basses créatures de son univers….

Cet image réelle de Tataouine a certainement inspiré (entre autres) l’imaginaire de G Lucas dans sa présentation de Tatooine avec deux soleils ? Même les robots de son filme doivent  quelques choses à ces derricks de la centrale électriques de tataouine

 

Cependant les images de l’architecture locale (Gorfa, ksour et troglodytes) apparues au début du premier film ont représenté pour beaucoup le secret de son succès mondial, sans oublier de mentionner la particularité de ses deux soleils inspirés directement de la montagne de Bougarnine, dominant Tataouine

 

Si nous n’oublions pas de mentionner l’apport très important au développement de l’art du Tatouage réalisé par les BIRIBI à Tataouine, nous ne pouvons pas passer sous silence la récente découverte par les scientifiques d’ « extraterrestres dénommés Tataouinensis», vivant sous forme de bâtonnets célestes dont l’existence a été confirmée dernièrement par les scientifiques, dans les débris du météorite de foum Tatahouine tombée sur la cité en 1931.

 

 

 

 

Sans sous-estimer tous ces atouts de Tataouine, la Raghata, par ce quelle représente comme symbole de tolérance et d’altruisme humain, reste à nos yeux l’élément le plus important, permettant la restauration et la résurrection de l’esprit des Lotophages , cet esprit de paix et de tolérance ouvert à tous sans distinction.  

En attendant un Messie sauveur, nous osons, à juste titre nous demander si oui ou non ces potentielles richesses non mis en valeur de Tataouine sont comparables à celles qui ont fait de Marrakech ce qu’il est devenu?

 

’’Absolument oui et même plus’’ nous répond par ses actions un certain Djamali (à ne pas confondre avec cavalier chamelier جمال) -qui se défend d’être venu de Marrakech à Tataouine pour remplir par la ‘’baraka’’ mai par le travail le vide laissé par la sainte Djamalya en assurant qu’à Tataouine il y a des trésors que seul le travail de tous unis peut désensorceler, et présentant comme preuve à l’appui de ses dires, le plus récent Ksar de Tataouine qu’il a construit (Sangho privilège) pour abriter la première exposition permanente de la vie des BIRIBI.

Hélas l’action individuelle de ce pionnier n’a pas fait tâche d’huile, car le chantier est énorme. Seul l’union des bonnes volontés peut l’envisager. Peut-être que d’un mal viendra un bien et que l’effondrement imminent de la synagogue déclenchera la RAGATA pour chasser le Djin qui bloque le trésor, en sauvant ce patrimoine.

C’est à quoi nous appelons pour restaurer la synagogue, libérer l’église de la caserne et reconstruire la mosquée à l’identique , ainsi peut-être nous verrons le jour où Tataouine sera synonyme de Lotophages et non de royaume du cafard.

Pour participer contactez nous Venez nombreux avant qu’il ne soit trop tard : [email protected]

 

Amor Tahar

 

 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,