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18 décembre 2018

Laurent Gbagbo va demander à la CPI de l’acquitter de crimes contre l’humanité


© Michael Kooren, Pool, AFP (Archive) | L’audition de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale, le 19 février 2013.

Vidéo par Clément BONNEROT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/10/2018

L’ex-chef d’État ivoirien Laurent Gbagbo doit être entendu lundi à la CPI sur une demande d’acquittement. Après plus de deux ans de procès la défense estime que le procureur n’a pas été capable de prouver les accusations de crimes contre l’humanité.

L’ancien président de la Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo demandera lundi 1eroctobre devant la justice internationale à être acquitté des chefs de crimes contre l’humanité et libéré de prison, après avoir passé sept ans en détention.

Premier ex-chef d’État remis à la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo est jugé pour des crimes contre l’humanité présumés commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

Après plus de deux ans de procès, la défense estime que le procureur de la CPI n’a pas été en mesure de prouver les accusations. Elle demande « un non-lieu total », un « jugement d’acquittement pour toutes les charges et pour tous les modes de responsabilité », ainsi que la « libération immédiate » de Laurent Gbagbo. Les demandes sont similaires dans le camp de la défense de Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l’ancien président. Charles Blé Goudé aurait été à la tête d’hommes ayant tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir le président Gbagbo à la tête du pays.

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Les deux hommes, dont les affaires ont été jointes en 2015 devant la CPI, sont accusés de quatre chefs de crimes contre l’humanité : meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Tous deux ont plaidé non coupable.

Preuves « insuffisantes » d’après la défense

Les violences en Côte d’Ivoire ont fait plus de 3 000 morts en cinq mois, entre décembre 2010 et avril 2011, durant une crise née du refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle.

Malgré l’appel à 82 témoins, la présentation de milliers de documents et des centaines d’heures de vidéos, les éléments de l’accusation sont « insuffisants » pour prouver les charges « au-delà de tout doute raisonnable », rétorque la défense.

« Nous sommes sereins et confiants que le président Laurent Gbagbo sera acquitté, libéré et pourra regagner son pays », a déclaré Justin Koua, président de la jeunesse d’une coalition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et une partie du Front populaire ivoirien (FPI, fondé par M. Gbagbo). « M. Gbagbo subit une injustice », a-t-il ajouté auprès de l’AFP.

Une audience attendue à Abidjan, dans le fief de l’ancien président

Un mouvement créé par Charles Blé Goudé organisera lundi la retransmission en direct de l’audience sur un écran géant dans un quartier populaire d’Abidjan, fief de l’ancien président et des Jeunes patriotes de Charles Blé Goudé. Plusieurs personnalités de l’opposition ivoirienne sont attendues à cet événement pour assister, espèrent-elles, à « la dernière ligne droite vers l’acquittement » des « leaders ».

Le gouvernement ivoirien voit quant à lui une « tactique d’audience » dans cette demande de non-lieu « extravagante ». « L’ancien chef de l’État ivoirien se prépare à demander un non-lieu avant même que le procès soit achevé et que les témoins de la défense aient été entendus. C’est un coup de bluff qui n’abusera personne », ont fustigé dans un communiqué les avocats qui représentent la Côte d’Ivoire.

S’il venait à être libéré, Laurent Gbagbo marcherait dans les traces de Simone Gbagbo, l’ancienne « Dame de fer » de Côte d’Ivoire, libérée en août après sept ans de détention. Elle a bénéficié d’une amnistie du président Ouattara, alors qu’elle purgeait une peine de 20 ans de prison dans son pays pour « atteinte à la sûreté de l’État » prononcée en 2015.

Avec AFP

Première publication : 30/09/2018

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,