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17 novembre 2018

Critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec l’antisémitisme


 

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.

Publié par Gilles Munier sur 5 Novembre 2018,

Catégories : #Sionisme, #BDS, #Israel, #Palestine, #Trump

 

Par James J. Zogby (revue de presse : lobelog – extrait -6/10/18)*

J’ai été poussé à écrire ce papier sur ce qui constitue et ne constitue pas être antisémite suite à l’article publié dans Ha’artez sur la controverse suscitée par l’attribution du prix Nobel 2018 de chimie à George P. Smith. Selon l’article, Smith est non seulement un scientifique brillant dont le travail a permis la mise au point de nouveaux médicaments pouvant traiter le cancer et une panoplie de maladies auto-immunes. Smith est aussi un fervent défenseur des droits des Palestiniens et un détracteur de la politique israélienne.

L’article de Ha’aretz note que Smith a « longtemps été la cible de groupes pro israéliens » et apparaît « sur le très controversé site de la Canary Mission » utilisé par les partisans d’Israël pour harasser et faire taire les opposants.

En cherchant dans l’article les preuves du péché originel de Smith, j’ai trouvé des citations dans lesquelles il déclarait « qu’il ne souhaitait pas que les juifs israéliens soient expulsés » mais « la fin du régime discriminatoire contre les Palestiniens ». Plus loin, Ha’aretz reprend des propos publiés dans une tribune écrite par Smith dans laquelle il condamne la politique israélienne à Gaza et finit par exprimer son soutien au Boycott, Divestment, and Sanctions movement (BDS) qu’il qualifie « d’un appel de la société civile palestinienne à la conscience de la communauté internationale pour ostraciser le milieux des affaires et les institutions israéliens jusqu’à ce que le pays renonce à la violence faite aux Palestiniens et que ces derniers, y compris les exilés obtiennent les mêmes droits que les juifs dans sur les terres qu’ils partagent ».

J’ai lu tout cela en le replaçant dans le contexte actuel d’une campagne inquiétante, qui se déroule aux Etats-Unis, visant à faire taire toute critique à l’encontre d’Israël ou de sa vision politique d’un sionisme exclusif.

Elle est le fruit d’un effort concerté et massivement financé qui repose sur le site web Canary Mission, qui publie les noms, photos et informations d’étudiants et professeurs pro-palestiniens, en les traitants d’antisémites ou de sympathisants terroristes. Leur but est de nuire à leur carrière. La liste de la Canary Mission sert aussi à souiller et à dénigrer ces militants ainsi qu’à dissuader les hommes politiques de les rencontrer. La liste sert aussi au gouvernement israélien pour refuser l’entrée aux Palestiniens d’origine américaine ou aux juifs américains libéraux qui veulent voir leur famille, étudier, enseigner ou simplement visiter le pays.

Malgré tous les efforts de la Canary Mission pour garder secrets ses opérations, dirigeants et sources de financement, de récents articles publiés dans la presse juive révèlent que le projet est soutenu financièrement par des entités philanthropiques juives-américaines ayant pignon sur rue.

A cela d’ajoute la campagne visant à criminaliser le soutien porté au BDS ou à pénaliser les partisans de mouvements exigeant qu’Israël soit tenu responsable des violations systématiques des droits des Palestiniens. Celle-ci est financée massivement par des gens comme Sheldon Adelson, mais aussi, comme cela a été révélé par un journal juif américain réputé, par le gouvernement israélien à hauteur de millions de dollars.

Ceci est sans compter avec les propositions de loi en discussion au Congrès dont l’objectif est de criminaliser le boycott d’Israël, ce qui viendrait s’ajouter aux lois adoptés par 25 Etats aujourd’hui, qui leur permettent de refuser le paiement de salaires ainsi que l’attribution de contrats et autres bénéfices aux individus qui soutiennent le BDS.

…(…)… Tous ces développements appellent à la réflexion : tout d’abord l’antisémitisme existe, il est laid et dangereux. Ensuite, critiquer Israël n’équivaut pas à être antisémite. Finalement, l’amalgamation des deux réduit au silence un débat qui est nécessaire et nuit aux efforts d’éradication du véritable antisémitisme, un fléau qui a créé de grandes souffrances dans l’histoire de l’humanité.

D’un côté, il y a l’antisémitisme, qui est la haine des Juifs, pris individuellement et en tant que groupe. Cela consiste aussi en l’attribution d’intentions négatives à ces individus ou groupe parce qu’ils sont juifs. De l’autre, critiquer la politique d’Israël n’est pas un acte antisémite. Lorsque Smith critique Israël au sujet de massacres de Palestiniens à la frontière de Gaza ou son refus d’accorder aux Palestiniens les mêmes droits et la même justice, il n’attribue pas ce comportement au fait qu’il soit juif. Il ne dit pas «Israël opprime les Palestiniens en raison du comportement des Juifs ». Il ne dit pas non plus que tous les Juifs, en tant que groupe, sont responsables de ces actions, car ceci serait antisémite. La seule raison pour laquelle on vise Smith et d’autres comme lui qui critiquent la politique de l’Etat israélien (qui par ailleurs, n’est pas soutenue par tous les Israéliens ou Juifs dans le monde) est la volonté de  faire taire leur voix.

L’idée que critiquer Israël est un acte antisémite (ce qu’on appelle « le nouvel antisémitisme ») n’est pas nouvelle. Elle a refait surface récemment, renforcée par une campagne visant à inclure dans la définition de l’antisémitisme toute critique dirigée contre Israël en particulier qui ne serait pas applicable à d’autres pays. Ceci n’est au mieux qu’un effort désespéré de protéger Israël. Alors que ses partisans soutiennent qu’ils ne visent que ceux qui pointent du doigt Israël, ce qu’ils cherchent à obtenir c’est une stigmatisation d’Israël comme étant le seul pays ne pouvant être critiqué.

Il est clair que dans beaucoup de cas, la lutte contre le véritable antisémitisme recule devant cette volonté effrénée de protéger Israël. Par exemple, alors que certains groupes pro-israéliens ont accusé Jeremy Corbyn, le chef du Parti Travailliste britannique de tolérer l’antisémitisme, ils ont largement ignoré les virulences antisémites des groupes d’extrême droite qui opèrent sur la scène politique anglaise. Ceci a conduit beaucoup de travaillistes à conclure que Corbyn avait été ciblé pour son soutien sans faille aux droits des Palestiniens. La même chose pourrait être dite des relations de Benjamin Netanyahou avec les leaders européens antisémites d’extrême droite, en raison de leur fort soutien à son gouvernement.

En résumé, on ne cherche pas à combattre l’antisémitisme mais à faire taire la critique, et ce faisant,  on assène un coup à la critique méritée légitime et nécessaire de la politique israélienne, à la réputation de personnes telles que Smith et des étudiants militants qui dénoncent les injustices infligées aux Palestiniens, et enfin à la lutte contre ce fléau qu’est le véritable antisémitisme.

James J. Zogby est le président de l’Arab American Institute.

*Source : Loblog.com

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité

Pour info : le site de la Canary Mission

Sur le même sujet, lire aussi :

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et

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WikiLeaks a montré aux gouvernements, aux entreprises et même au Pentagone, FBI, CIA et autres agences de renseignement qu’ils ne pouvaient plus compter sur le secret. Elle a créé une mine de documents de première main que des journalistes et des chercheurs sérieux exploiteront pendant des années à venir. Ses publications sont accessibles aux lecteurs qui préfèrent les sources aux informations filtrées par les médias. Wikileaks exaspère tellement les institutions américaines les plus violentes, corrompues et criminelles qu’Hillary Clinton a suggéré, en plaisantant à moitié, de bombarder Assange avec des drones. D’autres politiciens américains ont demandé son exécution par d’autres moyens. Le député californien du 28e district, Adam Schiff, qui est devenu président de la Commission du Renseignement de la Chambre des Représentants lorsque les démocrates ont repris le pouvoir, a déclaré qu’il parlerait à Assange « quand il sera en prison aux États-Unis, pas avant ». Schiff est un leader véhément et suprêmement vertueux de la « Résistance » du Parti démocrate, qui salit le nom du mouvement clandestin formé en France pendant la Seconde Guerre mondiale pour combattre les forces d’occupation de l’Allemagne nazie et le gouvernement collaborationniste de Vichy. La « Résistance » ne tolère qu’une seule vérité et une seule loyauté : La Russie est l’ennemie, interférer en Syrie, en Ukraine et même dans les élections américaines. La Russie a élu Trump avec l’aide de Wikileaks. La Russie ose positionner des missiles sur ses propres frontières, dit-elle, pour répondre aux missiles de l’OTAN de l’autre côté. Les États-Unis doivent construire plus de missiles, plus de drones, plus d’armes nucléaires et toutes sortes d’armes pour défendre le monde européen contre la Russie et ses alliés chinois. 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L’ancien directeur de la CIA de Trump, et aujourd’hui secrétaire d’État Mike Pompeo, a qualifié Wikileaks de « service de renseignement hostile non étatique souvent encouragé par des acteurs étatiques comme la Russie » et a juré de traquer Assange. Trop tard ? Assange est réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres depuis plus de six ans, soit depuis août 2012. L’Équateur et le Royaume-Uni, cependant, ne sont pas plus près d’un accord qui lui permettrait de sortir en toute sécurité de l’ambassade. Lors d’une récente vidéoconférence, Suzie Dawson, organisatrice de #Unity4J, a déclaré qu’elle craignait qu’Assange et ceux qui travaillent pour le libérer manquent de temps : « En ce moment, le temps n’est pas de notre côté. Aujourd’hui, quelqu’un s’est plaint parce qu’il veut qu’on fasse une grande marche pour une journée d’action. Quand on fait ce genre d’action, il faut deux ou trois mois pour l’organiser. Vous avez besoin d’un comité organisateur, vous avez besoin de tapisser la ville avec des affiches, vous avez besoin de fixer une date, vous avez besoin de faire une tonne de publicité. Il faut que tous les syndicats et diverses autres organisations se joignent, et là vous avez une journée d’action. « Eh bien, il y a quelques problèmes avec ça. Tout d’abord, je ne pense pas que nous ayons trois mois devant nous. Si nous prévoyons une marche géante en février pour soutenir Julian, je ne pense honnêtement pas que nous ayons jusqu’en février. J’espère que j’ai tort. J’espère que les mesures que nous prendrons à court terme, dans les jours et les semaines à venir, nous feront gagner autant de temps à Julian, mais je ne le crois pas. » Le lanceur d’alerte de la CIA, John Kiriakou, qui a passé deux ans en prison pour avoir dénoncé l’usage officiel de la torture par l’agence, a déclaré que si Assange sort de l’ambassade sans garantie de passage sûr, il sera extradé enchaîné vers les États-Unis : « Nous savons tous pourquoi les Britanniques ont encerclé cette ambassade. C’est pour l’enlever et le livrer aux États-Unis. Si cela se produit, la CIA et le FBI seront tous les deux dans l’avion et ils vont au moins tenter de l’interroger jusqu’à l’arrivée. Ils le ramèneront enchaîné aux États-Unis parce que c’est ce qu’ils font. » Dawson pense que le FBI et la CIA vont interroger et torturer Assange pour essayer d’obtenir des informations qui leur permettraient de faire tomber Wikileaks. Elle ne doute pas qu’il se prépare à cette éventualité depuis des années. Elle croit qu’il aura veillé à ce que l’organisation ait adopté des codes et des mesures de sécurité qu’il ne connaît pas lui-même et qu’il ne peut donc pas révéler, même sous la torture. « Ils veulent en savoir plus sur les fichiers de sécurité par exemple. Ils veulent connaître les processus internes et le fonctionnement de Wikileaks. Ils veulent avoir accès aux connaissances qui sont dans le cerveau de Julian. Et ils le tortureront. Et ils l’interrogeront pour tenter de l’obtenir. « Maintenant, je fais confiance à Julian pour qu’il soit assez intelligent pour s’assurer que même lui ne possède pas beaucoup de ces connaissances. A mon avis, Julian a passé des années à planifier ces différentes éventualités, mais ça ne les empêchera pas d’essayer. » Dawson a ajouté que les services secrets sont impatients de le punir : « En fin de compte, ils veulent le punir pour avoir révélé leur corruption et leurs crimes. Cela fait huit ans qu’ils attendent ça, et ils se frottent les mains avec joie à l’idée que le Royaume-Uni l’arrête et l’extrade vers les États-Unis. » Ann Garrison Ann Garrison est une journaliste indépendante basée dans la région de la baie de San Francisco. En 2014, elle a reçu le prix Victoire Ingabire Umuhoza Democracy and Peace pour ses reportages sur les conflits dans la région des Grands Lacs africains. On peut la joindre à [email protected] Traduction « on voit bien quel type de journaliste le défend et quel type l’abandonne » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles. Source : https://www.legrandsoir.info/les-services-de-renseignement-us-ameneront-assange-avec-des-chaines-consortium-news.html Source d’origine : https://consortiumnews.com/2018/11/14/us-intel-will-bring-assange-to-u… Vous avez une minute ? À placarder sur la vitre arrière de leur voiture par ceux qui ont encore un petit bout de conscience. Autres articles du dossier Assange sur Le Grand Soir, où il faut suivre cette actualité au jour le jour : #Unity4J : Christine Assange lance un appel d’urgence (traduit à partir de la transcription d’un document sonore) Ceci n’est pas un exercice. C’est une urgence. La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver. Bien que Julian soit un journaliste primé à maintes reprises, très aimé et respecté pour avoir courageusement dénoncé, dans l’intérêt du public, des crimes graves et la corruption à haut niveau, il est actuellement seul, malade, souffrant et réduit au silence et à l’isolement, coupé de tout contact et torturé au cœur de Londres. La prison moderne des prisonniers politiques n’est plus la Tour de Londres mais l’Ambassade de l’Equateur. Voici les faits : Julian est détenu depuis près de huit ans sans inculpation. Vous avez bien lu : sans inculpation. Au cours des six dernières années, le gouvernement britannique a refusé ses demandes d’accès aux soins de santé de base : air frais, exercice, soleil pour la vitamine D et (…) Lire la suite » Source : https://www.legrandsoir.info/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-d-urgence.html Dans la peau de Julian Assange [extraits] – (Contraspin) Suzie DAWSON – Le Grand Soir – 16.11.2018 Note du traducteur : voici une traduction d’extraits d’un très long article de Suzie Dawson, présidente du Parti Internet (Nouvelle-Zélande). Suzie a été très impliquée dans la solidarité avec Wikileaks et les lanceurs d’alerte en général, et très engagée dans son pays dans le combat contre les accords de libre échange – ce qui lui a valu des menaces de mort. Elle se trouve actuellement à Moscou où elle a demandé l’asile temporaire. En mai 2018, elle est tombée gravement malade. Sur le choix des extraits : l’auteur aborde de nombreuses questions en détail et cite beaucoup de noms que peu de gens en France connaissent (si vous pensiez que l’aventure Wikileaks se résume à Julian Assange, vous avez été mal informés). Elle se livre aussi à des règlements de comptes difficiles à suivre pour les non initiés. Toutes ces parties ont été expurgées. Pour les anglophones et initiés, l’article original mérite une lecture attentive. Dernière chose : si notre instinct est bon, la mobilisation de LGS pour Assange verra (…) Lire la suite » Source : https://www.legrandsoir.info/dans-la-peau-de-julian-assange-extraits-contraspin.html Tiens, pendant qu’on y est (si vous croyez que ça n’a pas de rapport)… Info anodine pour les écrivains naïfs qui se croient libres d’écrire. Maxime VIVAS – Le Grand Soir – 16.11.2018 Vivendi, mastodonte qui possède en partie Universal Music Group, la maison de disques qui vient de censurer un rappeur irrespectueux envers Brigitte Macron (1) vient d’acheter pour 900 millions d’euros Editis, 2e groupe éditorial français. Editis ? Lisons Livres Hebdo https://www.livreshebdo.fr/article/vivendi-acquiert-100-deditis : « Le groupe est implanté en éducation, référence, littérature générale, jeunesse, illustré à travers plusieurs filiales : Place des éditeurs (Plon, Perrin, Presses de la Renaissance, Acropole, Belfond, Hemma, Hors collection, Langue au chat, Omnibus, Pré-aux-Clercs, Presses de la Cité, la licence Lonely Planet…), Robert Laffont (Julliard, Nil), XO/Oh ! éditions, Sonatine, Cherche-Midi, La découverte, Univers Poche (Pocket, PKJ, 10/18, Fleuve, Kurokawa, Langues pour tous, 12-21), Edi 8 (Plon-Perrin, Presses de la Renaissance, First, Gründ, 404, Les Escales, Le Dragon d’or, Solar, Tana, Slalom), Editis Education (Nathan, Bordas, Le Robert, Retz, Clé International, Syros, Dæsign), ainsi qu’Interforum (l’un des leaders de la distribution). Sous son impulsion, le groupe s’est renforcé récemment dans le numérique (édition, imprimerie…) et l’éducatifavec l’ESLSCA Paris Business School et l’EDC Paris Business School ». Autrement dit, mes soeurs et frères de plumes, quand vous envoyez votre manuscrit à un de ces éditeurs, tâchez d’en avoir bien expurgé tout ce qui pourrait chiffonner Bolloré ou qui que ce soit du Medef ou de l’Elysée. Coulez-vous dans le moule, endossez les habits de la pensée unique. Sinon, attendez-vous à recevoir du « Service des manuscrits » une réponse bateau : « Malgré ses qualités indéniables, il ne nous est pas possible de publier votre manuscrit qui ne s’inscrit pas dans notre ligne éditoriale… ». Ecoutons le persiflage du philosophe Alain dans son ouvrage « Propos sur le pouvoir » : « Quand je vois un jeune auteur arriver de province avec de l’esprit, de la vanité et une plume facile, je ne sais pas au juste quelle opinion il prendra, mais je sais celle qu’il ne prendra pas. » Bon, des exceptions existent. J’en sais quelques-unes. Maxime VIVAS Écrivain. __________________ Note (1). Voir : https://www.legrandsoir.info/quand-l-elysee-censure-en-sous-ma-r-in.html Source : https://www.legrandsoir.info/nfo-anodine-pour-les-ecrivains-naifs-qui-se-croient-libres-d-ecrire.html Nous, on est quand même contents de voir que La Fabrique d’Eric Hazan ne fait pas partie des troupes. Ni les quelques exceptions dont parle Vivas, qu’on connaît aussi et qui ont le plus grand mal à se diffuser… À la guerre comme à la guerre.

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,