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14 août 2026

‘L’armée américaine est plus faible que nous le pensions’


Un général du CGRI : ‘L’armée américaine est plus faible que nous le pensions’
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13 août 2026 14:43 (il y a 17 heures)
Un haut commandant des Gardiens de la révolution iranienne s’exprime dans une interview exclusive.
Source : PBS, 11 août 2026

Traduction : lecridespeuples.substack.com

Alors que la guerre contre l’Iran se poursuit dans une impasse précaire, nous allons maintenant entendre le plus haut conseiller du commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d’Iran (CGRI), la force principalement chargée de la sécurité aux frontières et de la sécurité intérieure. Le CGRI accorde rarement des interviews, et presque jamais aux médias occidentaux. Mais Mohammad Reza Naqdi s’est entretenu à Téhéran, en exclusivité, avec notre correspondant spécial Reza Sayah.

Reza Sayah : Commandant Naqdi, merci beaucoup de nous recevoir. Le CGRI a depuis longtemps pour politique de ne jamais s’adresser aux médias américains. Qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi avez-vous accepté de vous entretenir avec nous ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Nous n’avons jamais reçu de demande que nous ayons refusée. Nous souhaitons que notre voix parvienne aux oreilles des populations des pays occidentaux. Ce sont les médias occidentaux qui ne veulent pas que notre voix soit entendue. Il n’y a rien de ce que nous faisons qui soit indéfendable et contraire aux valeurs de l’humanité, que nous souhaiterions dissimuler ou dont nous ne voudrions pas discuter.

Reza Sayah : Parlons de cette guerre. Où voyez-vous l’Iran à ce stade de la guerre ? Vous considérez-vous comme victorieux ? Êtes-vous aux commandes ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Certainement, la victoire est de notre côté, après l’échec des deux principaux objectifs de l’Amérique : renverser les dirigeants et désintégrer l’Iran. Nous avons vu la confusion et la consternation en Amérique. C’est devenu une guerre sans stratégie. Tous les deux ou trois jours, ils annonçaient un nouvel objectif. Pendant plusieurs nuits, ils ont dit vouloir envahir l’île de Kharg. Ils ont dit vouloir ouvrir le détroit d’Ormuz. Ils ont mobilisé leurs navires de guerre. Pour tout ce qu’ils ont tenté, nous pouvons montrer comment nous avons été victorieux. *

Reza Sayah : À votre avis, la victoire de l’Iran est-elle inévitable et définitive ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Non, nous n’avons pas encore atteint notre objectif final. C’est clair. Jusqu’à présent, nous sommes victorieux. À l’avenir, nous continuerons à être victorieux. Plus cette guerre dure, plus nous acquérons d’expérience. Nous n’avions jamais connu de véritable guerre nous permettant d’acquérir une véritable expérience et d’apprendre comment combattre l’Amérique. Au cours de ces cinq mois, nous avons appris comment faire. Nous avons également constaté que l’armée américaine est plus faible que nous ne le pensions.

Reza Sayah : L’objectif de l’Iran est-il de faire durer cette guerre, peut-être d’attendre que M. Trump quitte ses fonctions ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Écoutez, nous devons parvenir à une dissuasion telle que l’ennemi n’ose jamais nous attaquer, afin que nous puissions vivre en sécurité. Une manière d’y parvenir consiste à prolonger cette guerre jusqu’à ce que nous arrivions au prochain mandat présidentiel et à provoquer une attrition, de sorte que, si quelqu’un d’autre veut attaquer l’Iran, il sache qu’il y aura un coût.

Reza Sayah : Cette semaine, à au moins deux reprises, peut-être davantage, les forces iraniennes ont attaqué des navires non militaires qui tentaient de franchir le Strait of Hormuz. Quel est l’objectif de l’Iran en attaquant des navires civils ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Lorsque nous sommes en guerre, les navires doivent traverser une région que nous pouvons contrôler. Lorsqu’ils quittent une zone que nous contrôlons, il se peut qu’ils transportent des approvisionnements pour l’ennemi.

Reza Sayah : Vous ne considérez pas cela comme une violation du droit international, le fait d’attaquer des navires civils ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Lorsque vous êtes en état de guerre, toute voie de passage considérée comme une menace, nous pouvons la contrôler. C’est le droit international. Partout dans le monde où il y a la guerre, cette loi existe.

Reza Sayah : L’une de vos armes les plus efficaces dans cette guerre a été constituée par vos missiles et vos drones. Des informations indiquaient qu’avant la guerre vous disposiez d’environ 3 000 à 4 000 missiles. Combien de missiles avez-vous actuellement dans vos stocks ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Tout d’abord, nous ne dépendons pas des missiles et des drones. Si nous sommes victorieux, c’est grâce à notre foi que nous avons remporté la victoire. Dieu est avec nous. Quant à nos missiles, les Américains et les sionistes veulent toujours compter nos missiles. Tout d’abord, le nombre de missiles que nous fabriquons chaque jour est supérieur au nombre de missiles que nous lançons. Dans un pays aussi vaste, nous pouvons les fabriquer où nous voulons.

Reza Sayah : Où les fabriquez-vous ? Sont-ils profondément enfouis sous terre ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Nous procédons de différentes manières. Nous disposons de divers moyens pour les fabriquer en toute sécurité. Soyez assuré que, même si cette guerre dure des années, jusqu’au dernier jour, les roquettes iraniennes seront lancées. Je voudrais souligner ceci, et c’est plus important que les missiles. Si un jour l’Iran n’a plus de missiles, c’est à ce moment-là que nous serons encore plus dangereux pour l’Amérique.

Reza Sayah : Comment seriez-vous plus dangereux ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Parce que l’Amérique possède des milliers d’intérêts économiques à travers le monde, et qu’ils peuvent tous être facilement détruits.

Reza Sayah : Les responsables militaires se mettent souvent à la place de leurs rivaux et de l’ennemi afin, peut-être, de prédire ce qu’ils vont faire. Mettez-vous à la place de Pete Hegseth [secrétaire à la guerre]. À votre avis, que pense-t-il ? Quelle est votre prédiction quant à ce qu’il pourrait faire ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Je ne me mettrai jamais à sa place. C’est un criminel qui a tué 168 enfants innocents. Non seulement ces gens n’agissent pas dans l’intérêt de l’humanité. Ils n’agissent même pas dans l’intérêt de l’Amérique. Ils agissent dans leur propre intérêt. Dès que la Bourse ferme, ils commencent les hostilités. Lorsque la Bourse ouvre, ils envoient des messages positifs pour faire monter les cours des actions. Pendant tout ce temps, ils achètent et vendent eux-mêmes les actions. Si j’étais à la place du Congrès américain, je demanderais la création d’une commission d’enquête afin de comparer les actifs de M. Trump, de sa famille et de son entourage proche avant la guerre avec leurs actifs après la guerre.

Reza Sayah : De nombreux observateurs affirment que l’Iran a livré une forte résistance, mais que l’Amérique possède une arme que l’Iran n’a pas, à savoir une bombe nucléaire. À votre avis, quelle est la probabilité que l’Amérique utilise une bombe nucléaire ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Naturellement, cela pourrait se retourner contre eux et devenir une erreur. Le matin suivant l’utilisation d’une bombe, toutes les bases militaires américaines à travers le monde seront occupées. Aujourd’hui, les choses sont différentes de ce qu’elles étaient pendant la Seconde Guerre mondiale. Les peuples du monde se sont éveillés. Personne dans le monde ne permettra qu’un tel crime soit commis, car la prochaine fois, cela pourrait les concerner eux-mêmes.

Reza Sayah : Washington affirme depuis longtemps que l’Iran représente une menace pour Israël. Israël affirme que l’Iran veut construire une bombe pour détruire Israël. L’Iran veut-il détruire Israël ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : L’Iran n’a qu’une seule chose à dire à propos de la Palestine occupée. Et c’est quelque chose qu’a également déclaré notre dirigeant martyr (Sayed Ali Khamenei). Les dirigeants là-bas doivent être choisis sur la base d’un vote majoritaire des personnes qui ont un lien avec cette terre [c’est-à-dire à l’exclusion des colons sionistes]. Cela ne se fera certainement pas avec une bombe nucléaire. Mais nous préférerions certainement que le régime sioniste n’existe pas. Tout comme l’ancien régime sud-africain, un régime d’apartheid et de suprématie blanche qui a été rejeté par le peuple, la même chose doit se produire en Palestine.

Reza Sayah : On voit souvent des Iraniens scander le slogan « Mort à l’Amérique ». Et de nombreux responsables politiques américains pointent ce slogan du doigt et affirment que l’Iran veut détruire l’Amérique.

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Écoutez, nous n’avons aucune inimitié envers le peuple américain.

Reza Sayah : Alors, que signifie ce slogan ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : La signification de « Mort à l’Amérique », c’est la mort des dirigeants de l’Amérique, des dirigeants qui ont envahi ou violé plus de 70 pays depuis qu’ils sont devenus une superpuissance.

Reza Sayah : De plus en plus d’observateurs, en Iran comme à l’extérieur du pays, affirment que, si l’Iran possédait une arme nucléaire, l’Amérique ne l’attaquerait pas, que ce serait un moyen de dissuasion. Le CGRI, l’Iran, discutent-ils même de la possibilité de chercher à se doter d’une bombe nucléaire ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Je vais le dire clairement. Notre bombe nucléaire, ce sont les cœurs des peuples du monde que nous avons conquis en combattant l’oppression. Les valeurs islamiques et les valeurs divines de la Révolution islamique sont en train de gagner le monde. Les bombes nucléaires ne sont pas nécessaires. Il n’est pas nécessaire de massacrer.

Reza Sayah : Après la mort de l’ancien Guide suprême, son fils Mojtaba Khamenei a été nommé Guide suprême. Mais pendant cette guerre, il n’a jamais été vu en public. Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : La stratégie lui appartient. Notre ennemi est criminel et ne respecte aucune loi.

Reza Sayah : Est-ce donc pour des raisons de sécurité ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Naturellement, c’est pour des raisons de sécurité. Certainement, il n’y a pas d’autre raison.

Reza Sayah : L’avez-vous rencontré ?

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Laissons cette question de côté.

Reza Sayah : Commandant Naqdi, merci beaucoup pour votre temps.

Brig. Gen. Mohammad Reza Naqdi : Je vous en prie. Je vous remercie également.

Geoff Bennett : Nous avons interrogé la Maison-Blanche au sujet des commentaires précis formulés par Naqdi lors de cette interview. Ils ont répondu par une déclaration qui dit notamment : « Il serait sage que l’Iran accepte un accord », ajoutant : « Sinon, ils savent ce qui va se passer. » [LOL]

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