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17 décembre 2017

Le peuple français, complice des crimes de guerre commis à Gaza ? IL FAUT STOPPER LA COOPÉRATION MILITAIRE AVEC ISRAËL


Adressée à LETTRE OUVERTE À M. LE PRÉSIDENT

 

Plus de deux-mille morts. Des enfants, des femmes, des vieillards, des adultes, des combattants aussi, d’un côté. De l’autre, près de 70 militaires tués. Après la grande boucherie, c’est la trêve. Et ça reprend ou reprendra. Indéfiniment ? Levée du blocus de Gaza en premier lieu dit le gouvernement unifié palestinien. Non, trêve sans conditions dit Netanyahou, ou dans des conditions inacceptables. Ce qui serait considéré comme une défaite et un renoncement du Hamas, et par le gouvernement hébreu et par ses soutiens ? Impensable pour les combattants de Gaza, qui ne sont pas que du Hamas.

[…]

Si l’armée israélienne s’est retirée de la bande de Gaza, c’est moins parce qu’elle était prise de remords et plus pour des raisons économiques. Le coût en soldats morts, chiffre jamais atteint par cette armée jusqu’alors, le coût en matériel militaire, le coût moral enfin (« Malgré une propagande massive, Israël a perdu la guerre médiatique » titrait Le Monde daté du 7 août 2014). Pour continuer la guerre, subsistait l’utilisation de l’aviation et des drones. Du « Dôme de fer » aussi, qui coûte très cher. D’autant plus que les rockets tirées par les palestiniens, pour aller de plus en plus loin, étaient paraît-il de moins en moins chargés d’explosifs. Mais comment en être certain et comment ne pas les abattre ?

[…]

… au matin du 5 juin 1967 (la guerre des Six-Jours) les forces aériennes israéliennes effectuèrent des frappes (préventives) sur les forces aériennes syriennes, égyptiennes et jordaniennes, détruisant leurs avions à terre et détruisant leurs pistes. Ce fut une publicité exceptionnelle pour les Mirages III fabriqués par Dassault. Ils devinrent pour celui-ci un succès à l’exportation. À la fin du raid aérien israélien sur le Liban, en 1968, la France, c’était au temps du Général de Gaulle, imposa un embargo sur les armes à destination d’Israël.

[…]

Après l’embargo décrété en 1968, la collaboration en matière de matériels militaires entre la France et Israël redémarra donc en 1995 avec l’autorisation donnée à EADS par le Ministère français de la Défense pour l’achat à Israël de 4 drones Hunter. En 2001, un accord d’une valeur de 43 millions d’Euros fut conclu entre EADS et IAI (Israeli Aircraft Industry) pour l’achat d’autres drones. En 2005, fut révélée la teneur d’un accord de 300 millions d’Euros consacrés au développement, toujours dans le cadre d’une collaboration entre EADS et IAI, d’un système de drone EuroMale (Medium Altitude Long Endurance) destiné à la fois à un usage civil et militaire. En 2011, le gouvernement français a décidé d’acheter des drones à IAI pour une valeur de 318 millions d’Euros, le groupe Dassault étant chargé de les équiper. Et il y a d’autres collaborations militaires entre d’autres entreprises françaises et d’autres firmes israéliennes.

[…]

Ainsi la France, M. le Président, en coopérant en matière de matériel militaire avec Israël, était-elle en quelque sorte complice des crimes de guerre commis à Gaza. Peut-être un jour comparaîtra-t-elle, ès qualités, devant un tribunal international ? On sait en effet qu’une résolution adoptée à l’ONU, malgré l’opposition des Etats-Unis et l’abstention de la France, a nommé une commission « pour enquêter sur toutes les violations du droit humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza, dans le contexte des opérations militaires conduites depuis le 13 juin ».

[…]

Des communistes, des membres du Parti de gauche, des socialistes aussi, des gaullistes comme Dominique de Villepin, des démocrates éclairés comme Edgar Morin et bien d’autres, des militants d’« Une autre voix juive », des croyants de toutes obédiences, de simples gens sans appartenance politique ont protesté contre les massacres perpétrés par Israël. Le gouvernement hébreu, lui, n’en a eu visiblement « rien à cirer ». C’est un gouvernement de droite où figure en bonne part l’extrême-droite, voire pire. Continuer à commercer en matière de matériel militaire avec lui, c’est légitimer une telle « combinaison » politique.

Il est grand temps d’arrêter, « au regard de la situation actuelle », toute coopération à propos de matériels militaires avec Israël, tant que ne seront pas acquises un certain nombre de conditions nécessaires au règlement définitif du conflit : levée totale du blocus, arrêt de la colonisation et retour d’Israël aux frontières tracées en 1967, reconnaissance d’un État palestinien par Israël, libération des prisonniers palestiniens… et bien sûr, alors, il y aura assurance pour Israël d’être entièrement reconnu et de pouvoir ainsi vivre dans la sécurité et la paix. Il en va de l’honneur de la France, du vôtre aussi M. le Président.

 

POUR LIRE LA LETTRE EN ENTIER : http://blogs.mediapart.fr/blog/armand-ajzenberg/020914/lettre-ouverte-m-le-president-co-signer-sur-changeorg

 

Initiateur de la lettre : Armand Ajzenberg, billettiste sur Mediapart  

Premiers co-signataires, tous billettistes et abonnées de Mediapart  :

 

Aime, Stéphane,

Bernhard, Christophe,

Bouchery, Juliette,

Boukhtache, Ben,

Capron, Sylvain,

Chalaris, Andria,

Chaudanson, Elisabeth,

Cohez, Patrick,

Clopeau, Jean-François,

Combase, Nathalie,

de Pontcharra, Thierry,

Delarue, Christian,

Delorme, Claude,

Mme Denisse, Claude,

Desré, Jean-Claude,

Escale, Serge,

Gebuhrer, Olivier,

Giust, Marie-Christinen,

Harnois, Myriam,

Ivani, Jean-Louis,

Lasorne, Annie,

Legout, Philippe,

M’µ, Jean-Jacques,

Marchetti, Jean-Louis,

Mornas, Danièle,

Pierre, Francine,

Paultre, Christian,

Rende, Claudia,

Schlachter, Roland,

Talabard, Jean,

Tertre, Marc,

Thomas, Patrick,

Vaz, Jean-Philippe,

Vérilhac, Claire,

Viala, Hélène,

Vincent, Annick

Ginette Hess Skandrani

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,