Aller à…
RSS Feed

13 novembre 2019

L’intifhada des peuples, une Nouvelle Lettre…


Je ne suis pas en accord avec la totalité des articles, car l’auteur de L’ONU légalise le colonialisme me semble avoir une totale méconnaissance de la Libye. Comme plusieurs autres approche des textes me semblent intéressantes à diffuser, je  l’ai publié.

j’attends vos commentaires

Ginette

 

L’INTIFIDHA DES PEUPLES
dans un monde dominé par le dialogue de sourds, je me contente de slogans, en guise de QUAND L’ONU LEGALISE LE COLONIALISME BARBARE…

01.11.2011

QUAND L’ONU LEGALISE LE COLONIALISME BARBARE SOUS COUVERT D’ASSISTANCE HUMANITAIRE
La spécificité du colonialisme moderne, outre qu’il est systématiquement auréolé de la légalité internationale tout en bénéficiant du soutien des États « frères » néocolonialistes heureux de jouer les supplétifs dans la cour des Grands, réside dans sa capacité à mettre les citoyens des pays convoités ou même les militants anticolonialistes dans la panade de devoir choisir entre la peste des colonialistes ou le choléra des dictateurs locaux.

Jamais depuis la chute de l’empire Ottoman, et à l’exception de la courte période qui a suivi les indépendances chèrement acquises, les Pays arabes n’ont été aussi dominés politiquement, spoliés économiquement et stigmatisés culturellement.

Les dictateurs arabes, tous foncièrement corrompus, mais impliqués à des degrés divers dans le processus de domination ou de destruction constamment entretenu par les sionistes et leurs alliés occidentaux, ont naturellement une grande part de responsabilité dans la fragilité de leurs pays respectifs entraînant leur propre perte.

Pour se maintenir au pouvoir, ils ne cessaient d’infantiliser leurs peuples, créant ainsi des sociétés extrêmement fragiles culturellement, politiquement et économiquement pour pouvoir se défendre, fût-il vis-à-vis d’un ennemi extérieur.

Ces dictateurs croyaient pourvoir se protéger éternellement en gaspillant des sommes colossales dans l’achat de l’armement, contribuant ainsi à enrichir leurs futurs bourreaux.

Car les armes ainsi achetées servent soit à de simples parades lors de la célébration des anniversaires de leur accession au pouvoir ou pour mener une guerre contre un pays frère, permettant ainsi à leurs commanditaires de faire d’une pierre plusieurs coups.

Les armes de Saddam avaient surtout servi à couper l’élan de la jeune révolution iranienne alors que celles de KADHAFI ont tout au plus été exposées sur la place Verte lors des cérémonies officielles.

Ils pouvaient en faire également usage contre leurs propres peuples sous la condition d’obtenir préalablement la garantie d’impunité de leurs puissants protecteurs.

Les puissances coloniales, fortes de leurs supériorité militaire, politique, idéologique et médiatique, excellent dans l’art manipuler les opinions publiques comme l’artiste ses marionnettes.

Ces puissances ont désormais la maîtrise de nos indignations, l’orientation de nos idéaux, et même le monopole dans l’appellation des récentes révolutions des damnés de la terre.

Elles parviennent à distinguer, parmi les régimes arabes pourtant tous dictatoriaux, exclusivement sur la base de leurs critères inavouables, les régimes « modérés » et donc défendables des régimes « fascistes » à abattre.

Elles ont même le génie, au grès de leurs intérêts du moment, de faire passer, en quelques semaines, un chef d’État du statut tant enviable d’ami fréquentable à celui de « monstre » à liquider physiquement.

Des groupes armés, guerroyant sous la bannière de l’islam, sont un jour qualifiés de moudjahiddines forçant l’admiration, avant d’être traités dès le lendemain, si les circonstances l’exigent, de « terroristes » menaçant les libertés et la « civilisation » de l’occident.

Face au piège mortel et constant, il faut savoir faire preuve de clairvoyance et de sens politique aigue.

Personne ne conteste la nature dictatoriale du régime de KADHAFI. Mais dénoncer l’agression de l’OTAN signifie-t-elle nécessairement un soutien à ce dernier? L’intérêt du peuple libyen est-il compatible avec l’agenda d’ISRAEL et de l’OTAN ?

Depuis quand l’OTAN, un bloc politico militaire dont l’unique raison d’être est de coloniser le maximum de peuples en les intégrant dans sa zone d’influence, a mené une mission humanitaire ?

L’OTAN a surtout la manie macabre de jeter le bébé avec l’eau du bain, en détruisant systématiquement les pays qu’elle « libère » en même temps qu’elle en liquide le « rais » ou le « guide ».

Cela permet de garantir pour des décennies la supériorité et l’impunité à l’État d’Israël tout en exigeant la conclusion de juteux marchés de « reconstruction. »

En plus des bombardements massifs par l’expérimentation de nouvelles bombes semant la mort de milliers de civiles et la destruction des infrastructures du pays, les dirigeants de l’OTAN, psychopathes en puissances et foncièrement sadiques, manient l’arme psychologique de la peur et de l’humiliation pour atteindre les survivants dans leurs âmes afin d’anéantir définitivement chez eux toute velléité de résistance.

Les arabes, qui se réjouissent de la mort de Kadhafi, des conditions abjectes de sa liquidation et de son enterrement, doivent savoir que la mise en scène froidement préméditée par les dirigeants criminels de l’OTAN tend surtout à ce que KADHAFI entraîne le peuple libyen dans sa déchéance. Les réflexions d’Yves CALVI, chien de garde par excellence, concernant la « manie des dictateurs arabes à se cacher dans des trous » ne visent pas que les dirigeants déchus mais surtout et essentiellement leurs peuples.

En cela, les dirigeants de l’OTAN ont réussi le funeste exploit, dans une stratégie de déshumanisation absolue de l’Arabe, à souiller la dignité de KADHAFI en même temps que celle de ses jeunes assassins. Ces derniers finiront un jour par s’en rendre compte, mais à quoi serviraient alors leurs regrets…

Face à la crise morale, démocratique et financière des puissances occidentales, celles-ci désertent officiellement la Libye à la recherche d’un autre État arabe à « libérer ».

D’où l’utilité de tenter une analyse des forces en présence :

Au Maghreb :
La Tunisie :
Le peuple tunisien a réussi courageusement sa révolution en réalisant une victoire contre le tyran et les puissances « démocratiques » qui le soutenaient. Il poursuit son chemin libérateur, et le succès de ses premières élections libres en sont la preuve.

Grâce à sa maturité politique, à l’idéal commun retrouvé à l’issue d’un mouvement enthousiaste et libérateur, à son niveau culturel et éducatif, il sera en mesure de préserver sa liberté, tout en soutenant d’autres peuples frères dans leurs luttes, étant précisé que dans un monde dominé par l’image et permettant une communication instantanée, la force d’un peuple ne se mesure pas uniquement à l’importance de son armée, mais à sa résistance morale et à sa maturité lui permettant d’éviter les pièges des États prédateurs.
L’Égypte :
Ayant suivi le chemin libérateur du peuple frère tunisien, les mêmes observations peuvent être formulées dans son cas, avec l’unique réserve dont font état plusieurs observateurs, le niveau de compromission des frères musulmans avec l’Oncle SAM. L’on se souvient que les frères musulmans avaient répondu favorablement à l’offre de dialogue proposée par MOUBARAK et SULEIMAN mais rejetée par les THOUARS de la place Tahrir…

Mais le peuple égyptien, ayant pu se libérer définitivement de la peur et disposant d’un bagage culturel faisant défaut à beaucoup d’autres peuples, ne restera en tout état de cause pas passif, quel que soit le régime qui sortira des urnes, face aux manœuvres de l’axe sionisto-saoudien…

La Libye :
Ce pays, à l’instar de l’Irak, est malheureusement détruit moralement et matériellement. Il mettra des décennies pour se relever. Dans l’immédiat, Il servira surtout comme élément perturbateur au grès des intérêts d’ISRAEL et de l’OTAN.

Le Maroc :
La monarchie alaouite a noué, depuis l’accession d’Hassan II au trône, une alliance solide avec l’entité sioniste et son protecteur américain.

La monarchie parvient pour l’instant à se maintenir au pouvoir malgré les luttes persistantes, en lâchant du lest.

Même si la monarchie est désormais intégrée au sein du conseil des États du Golfe, le peuple marocain ne saura pas moins, en cas de crise grave, choisir son camp. Il resterait alors aux SAOUD et à leurs Maîtres de créer un nouvel émirat sur mesure pour distraire le jeune roi…

L’ALGERIE :
Le peuple algérien a subi d’importants traumatismes dans son histoire. S’il a pu sortir moralement indemne de la terrible guerre d’indépendance parce que le sacrifice avait un sens, il est encore meurtri par la décennie noire, ayant assisté impuissant, à l’anéantissement des villages, et à la banalisation de la vie humaine, des criminels ayant massivement éventré des femmes enceintes, pendu des enfants, égorgé des vieillards… dans le cadre d’une guerre fratricide démunie de sens.

Même si le processus de résilience exige la détermination préalable des responsabilités dans ces crimes, le peuple algérien, en dépit de la haine légitime qui l’anime à l’égard du régime et de ses généraux, n’est pas prêt à confier sa « libération » à l’OTAN.

Le Moyen Orient :

Syrie-Hezbollah_Aoun-Hamas :

La résistance au moyen orient se limite à l’axe Syrie-Hamas-hezbollah-général AOUN.

Si le régime d’ASSAD est dictatorial et il est comme tel condamnable, sa chute dans les circonstances actuelles ne peuvent qu’affaiblir gravement la résistance arabo-musulmane au moyen orient.

Certes, le peuple syrien est libre de choisir sa voie et ses dirigeants, mais dans ce cas, que ce choix se fasse sans ingérence extérieure.

ISRAEL a grand intérêt à déstabiliser la Syrie, c’est pourquoi elle a donné l’ordre à ses vassaux arabes (Arabie Saoudite et Qatar en tête) et occidentaux de hâter une nouvelle « intervention humanitaire » au profit du peuple syrien.

ASSAD ne doit pour l’instant son salut qu’aux vetos chinois et russe.

Les monarchies du GOLFE :

Ces royaumes et émirats ont toujours suivi servilement le chemin d’asservissement qui leur a été tracé par leurs géniteurs et protecteurs depuis leur création artificielle lors de la chute de l’empire Ottoman.

La lutte intestine opposant Qatar aux SAOUD ressemble plus aux scènes de ménage entre deux maîtresses qui se disputent les faveurs d’un même amant : l’axe américano sioniste.

Mais rira bien qui rira le dernier! Les monarchies du Golfe, suivant un chemin sans issue, recherchant une protection dans des alliances contre nature, créées uniquement à des fins de gestion des puits de pétrole, sont condamnées à un avenir sombre malgré l’insouciance que leur procure encore les saisons sans fin de pluie en pétrodollars.

En cette période extrêmement trouble et incertaine à tous points de vue, honneur aux citoyens qui ne peuvent rien faire pour changer le cours des événements, mais parviennent à se rendre imperméables aux manipulations massives et répétitives que les obscures oligarchies imposent en guise de vérité

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,