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25 octobre 2020

“Nos pays ont été décevants, l’Algérie aurait dû envoyer une mission avant l’OTAN”


 

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Lakdhar Brahimi sur la Libye : “Nos pays ont été décevants, l’Algérie aurait dû envoyer une mission avant l’OTAN”

Si pour Brahimi, l’illégalité de l’intervention de l’OTAN en Libye est certaine, l’ancien secrétaire général de l’ONU pointe également le rôle décevant que l’Algérie a joué (ou pas ) dans cette crise et  l’instabilité au Sahel qui ne peut qu’affaiblir les pays de la région dont l’Algérie.

Pour moi, l’Otan n’a pas eu de mandat (…) Pour l’Inde et la Russie, plus jamais ils ne voteront, ils ont voté pour protéger la population, pas pour que l’Otan aille y changer le régime

Brahimi affirme que selon les principes du droit international, portant notamment sur la question du droit d’ingérence, l’intervention de l’OTAN est à son sens, totalement illégale et répréhensible en droit. L’OTAN, souligne-t-il, n’avait pas et ne devait pas intervenir dans le changement de régime en Libye. Il rappelle  d’ailleurs que les russes et indiens ont averti qu’ils ne voteraient plus « jamais » en faveur d’une telle action, après avoir été bernés. Cela peut aujourd’hui expliquer en partie les vétos successifs de la Russie et de la Chine, membres permanents du Conseil de Sécurité, contre  une intervention potentielle en Syrie.

Par ailleurs, l’ancien secrétaire général de l’ONU de ambiguïté de la position algérienne la gestion de la crise libyenne. Pour lui, l’Algérie est une grande absente des négociations. A son désavantage, précise-t-il.

« Nos pays ont été décevants. L’Algérie aurait dû envoyer une mission avec les autres pays frontaliers, la Tunisie et l’Egypte, afin de résoudre le conflit bien avant l’intervention de l’OTAN »

Pour Brahimi, il n’est pas « normal » que les diplomates et ministres français et britanniques aient été les premiers à arriver en Libye pour résoudre le conflit, d’autant plus que l’Algérie a une dette envers la Libye, grand allié durant la guerre d’indépendance.

« Beaucoup d’armes se baladent, surtout au niveau du Sahel du fait de l’AQMI, du banditisme et des groupes armés un peu partout. C’est très mauvais pour la Libye ainsi que pour les pays frontaliers. »

L’instabilité régnante au Sahel est un handicap important et persistant à la création d’un Etat stable en Libye, affirme Brahimi.  Il exhorte l’Algérie a soutenir la Libye, non pas financièrement, mais par l’aide au développement d’une armée nationale. « Aidez la Libye ne veut pas dire leur donner de l’argent » affirme Lakdhar Brahimi.

Rappelons que le pays est fragmenté en différentes juntes militaires qui n’hésitent pas à s’affronter, parfois en plein cœur de la capitale, Tripoli.

Le récent coup d’Etat malien, provoqué par une junte militaire, apporte la preuve de l’instabilité de la région dont parle Brahimi (voir Article Coup d’Etat au Mali: “L’Algérie n’a jamais connu une telle instabilité à ses frontières sud).

Un Mali instable, c’est plus de risque de voir la région du Sahel s’enflammer.  Entre rebelles et réfugiés politiques, l’Algérie est touchée de plein fouet par ces instabilités régionales. Pour Brahimi, il est nécessaire de constituer une armée nationale forte en Libye, capable d’endiguer la violence et d’encourager la naissance d’un Etat stable. De même qu’il est indispensable d’augmenter et de favoriser les mesures de sécurité dans le sud de l’Algérie, région en plein cœur des troubles du Sahel.

Ania K. Ould-Lamara

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,