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25 octobre 2021

Hypothèses par Ahmed Halfaoui


http://www.lesdebats.com/editions/280412/les%20debats.htm

Hypothèses

François Hollande, président, va continuer en Syrie ce que Nicolas Sarkozy a commencé. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une certitude, quand on sait qu’il a jubilé quand l’OTAN s’est engagée à faire sa «révolution» en Libye. Il se dit d’ailleurs prêt à y aller «dans le cadre de l’ONU». De plus, c’est dans l’ordre des choses, puisqu’il a aussi voté la mise en tutelle de la France par la finance internationale. Les «contras» syriens du CNS, cette caricature d’opposants expérimentée par la CIA en Amérique du Sud, vont donc continuer à avoir table et antenne ouvertes à Paris.

Mais on peut émettre l’hypothèse que le nouveau président risque d’être contrarié par sa base électorale et par tous ceux qui attendent que cela «change». Ce qui est, en principe, inévitable, quand on sait le cumul de frustrations de l’ère sarkozyste. Dans ce cas, il lui faudra renoncer à pressurer les Français. Il sera, alors, obligé de revoir son profil atlantiste, sa servilité à l’égard des banques et, partant, sa diplomatie supplétive. Conséquemment, il lui faudra redéployer le système français d’alliance de façon à réinsérer son pays ailleurs que dans le bloc ultralibéral. Il s’agira, tout simplement, d’avoir les coudées franches dans la gestion des équilibres socioéconomiques, en fonction des impératifs des citoyens français, contre les «marchés».

Dans ce cas de figure, les «amis du peuple syrien» seront bien embêtés et les futurs hypothétiques «amis de l’Iran» peut-être. Cela reste une hypothèse, mais y en a-t-il une autre qui soit plus raisonnable ? Devant le fait que les donneurs d’ordres actuels se servent les premiers en Libye et que les retombées de l’agitation françaises sont loin d’être connues. Si cette hypothèse se met en route, une autre hypothèse est possible, la pire, pourtant très fortement probable. On ne le laissera pas faire.

La France est au cœur du réseau de vassalité des Etats-Unis, depuis trop longtemps, et son territoire est enclavé dans le champ atlantiste. Ce qui fait que sa  » «désertion» serait intolérable pour l’édifice actuel du «monde-libre». De plus, l’effet domino sur l’Espagne, le Portugal, la Grèce et, pourquoi pas l’Italie, est garanti. Et quand on sait ce qui se passe en Hongrie, où un premier ministre de «droite» et fascisant, décide de faire tout le contraire de ce qu’il était prévu qu’il fasse. C’est-à-dire que, contre toute attente, il a récupéré la Banque centrale hongroise pour utiliser ses réserves, qu’il a taxé les banques privées à 60% et les grands groupes étrangers, qu’il a renforcé le pouvoir de l’Etat sur l’économie, nationalisé les fonds de retraite privés et affirmé la «souveraineté de la nation hongroise» contre l’ingérence ultralibérale et ses relais locaux. «Il n’y a personne au monde qui puisse intervenir dans le processus législatif hongrois, qui puisse dire aux députés élus par le peuple hongrois quelles lois ils peuvent ou ne peuvent pas voter» est une déclaration imparable du point de vue démocratique, que Papandréou, le Grec, n’a pas trouvée. Sale temps pour François Hollande. Sarkozy avait, au moins, la tête de l’emploi, n’était pas «socialiste» et ses recettes n’avaient pas encore démontré leurs effets.

Par Ahmed Halfaoui 


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