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27 octobre 2020

Libye : les tribus se font la guerre entre elles


 

Les affrontements entre les factions armées s’intensifient dans l’ouest de la Libye. Des tribus, qui à l’époque avaient soutenu le soulèvement du pays, s’affrontent entre elles tout en se battant contre les tribus rivales pro-Kadhafi – tout ceci dans un contexte de libre accès aux armes.

 

Le porte-parole du gouvernement libyen Nasser al-Manaa a déclaré que des affrontements entre trois tribus de Az Zintan, Mizda et du village Al-Shegaiga ont causé la mort d’au moins 105 personnes et de plus de 500 blessés seulement au cours de la semaine dernière. Le conflit aurait éclaté lorsqu’une bande de terre a été reprise par une des tribus.

 

Al-Manaa a révélé qu’un terme a été mis à la violence seulement après l’établissement d’une présence militaire gouvernementale dans la région.

 

Le nombre de morts et de blessés en Libye est comparable au décompte des morts en Syrie et suivant la rhétorique onusienne, la poursuite des violences en Libye ressemble étonnamment à une guerre civile (tribale).

 

Le tribalisme est un défi séculaire pour la Libye qui menace toujours la stabilité et la sécurité. L’ancien leader le colonel Mouammar Kadhafi a dû s’occuper à juguler beaucoup de conflits tribaux lors des 42 années de son règne, souvent en usant de la force. Lorsqu’une rébellion tribale armée éclata en 2009, Kadhafi a été obligé d’avoir recours à l’armée de l’air afin de placer les rebelles sous contrôle.

 

 

Soutenu par l’étranger, un soulèvement contre Mouammar Kadhafi  débuta en février 2011. Un violent combat entre les rebelles et les partisans de Kadhafi a duré jusqu’au 20 octobre, quand le colonel Kadhafi a été tué par une foule déchaînée près le la ville de Syrte après la prise de contrôle de la capitale Tripoli par les rebelles.

 

Avec le départ de Kadhafi, le Conseil National de Transition qui est arrivé au pouvoir doit faire face aux mêmes dangers  que le régime précédent. Le CNT est confronté à des tribus agitées qui utilisent la position instable du gouvernement central  pour s’emparer des territoires de groupes voisins plus faibles.

 

Quand la situation empira, le Colonel distribua l’équivalent d’un million de fusils d’assaut Kalachnikov parmi ceux qui manifestèrent tout au moins un minimum d’allégeance au régime. Et ce nombre n’est qu’une fraction de ce qui a été volé plus tard dans les arsenaux militaires dévastés.

 

La Libye apparaît à présent tellement submergé par les armes que même les petits-enfants des combattants actuels auront assez

de chargeurs à 30 coups en forme de banane pour régler les choses dans les années à venir.

 

Le journaliste indépendant Thomas Mountain a comparé la Libye post-Kadhafi à ce qui s’est passé en Somalie depuis la chute de l’autoritaire leader Siad Barre en 1991.

 

« La Libye est une société tribale », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision RT (Russia Today). « Le problème est que nous avons  l’éclatement d’une guerre intertribale qui est très semblable à ce que je vois en Somalie, où vous aviez la présence à long terme d’un leader fort qui a été déchu par des forces internes et externes, et le pays qui a été divisé par les conflits tribaux. »

 

Il nota que le concept d’une Libye en tant que pays unifié n’est seulement que très récent.

 

« La Libye n’a jamais vraiment été un pays avant la venue des Italiens », a-t-il dit. « Les Italiens l’ont perdue en faveur des Britanniques. Les Britanniques créèrent la Libye. Ils n’avaient jamais eu une histoire autre qu’une histoire tribale. Vous enlevez leur leadership, la guerre tribale éclate. Et le fait est que vous avez une réelle opposition. Vous avez des gens au sein des tribus qui sont loyaux à Kadhafi ; vous avez des gens au sein des tribus qui sont avec les rebelles. Ainsi non seulement les tribus s’opposent et se combattent, mais elles sont aussi déchirées par les combats internes.

 
  

 

 

Une réponse “Libye : les tribus se font la guerre entre elles”

  1. Francenaldo Amorim
    7 juillet 2012 à 7 h 03 min

    Les sionistes savaient çela très bien, avant de commencer à insuffler les révoltes tribales de Bengazi et Misrata, régions de la Libye qui s ´opposaientt au gouvernement de Tripoli. Terminer avec cette union forcée, à été un jeu bien fàcile par les sionistes machiavéliques.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,