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21 octobre 2019

LIBERATION : L’AMOUR DU COLONIALISME, LA HAINE DES ALGERIENS par Genji


LIBERATION :  L’AMOUR DU COLONIALISME,  LA HAINE DES  ALGERIENS

W. Salem
Genji
Je suis de bonne humeur ce matin ! Je suis de très bonne humeur !
On a beau me dire que Libération est un journal de gauche, on a beau me dire que Libération est un journal démocrate, on a beau me dire que Libération est un journal moderne, j’ai du mal à le croire, je ne peux pas le croire…
A chaque lecture de ce quotidien, dès qu’il s’agit d’Algérie, c’est toujours la haine. Libération est toujours en embuscade, tel un colon vengeur, prêt à dégainer sa haine au peuple algérien… Libération a toujours des critiques s’agissant des algériens et l’Algérie.
Pour Libération, un bon algérien c’est un homme ou une femme qui vomit son pays, qui n’a que des mots durs contre le pouvoir algérien et l’Algérie en général. A chaque commémoration des martyrs algériens que ce soient ceux qui sont morts sous les 133 ans d’occupation française, ou ceux qui sont morts pendant la guerre d’Algérie, Libération a toujours un manque de respect envers nos morts. Nos morts n’auraient pas le droit à un hommage national, sans que la Presse française et Libération en tête ne viennent le polluer…
50 ans d’indépendance algérienne, et l’on vient nous parler d’une femme française qui a perdu son père qui était officier pendant la guerre d’Algérie, on compare cette perte à celle d’un algérien qui a perdu son père indépendantiste. Quelle mauvaise comparaison : les algériens ne sont pas morts d’être allés défendre une terre qu’ils occupaient et qui ne leur appartenait pas, ils sont morts de s’être battu pour leur liberté et celle de leur pays, ils sont mort sur leur terre.
Mais quand donc les médias français, Libération en tête vont le comprendre et l’admettre : les algériens n’ont jamais eu « les fesses entre deux chaises », ils n’ont jamais eu à faire le choix des colons capricieux qui ont eu à choisir entre l’Algérie et la France. Non les Algériens n’ont eu qu’un choix philosophique, celui qui sépare l’Homme du singe : vivre libre ou continuer de subir le colonialisme et ses agents multiples et variés…  Vivre en cage au son de la Marseillaise et des valeurs humanistes qui n’ont jamais été appliquées aux algériens (mais les médias français ont vraiment du mal à le reconnaître, nationalisme mal placé oblige) ou mourir debout en luttant pour leur dignité d’hommes et de femmes…
Au Figaro, comme sur France Télévision on n’a pas honte de revendiquer : ce n’est pas normal de ne pas avoir invité la France au cinquantenaire de l’Indépendance ? Prenons juste un exemple de pays invité : le Canada. Sur son sol le Canada va organiser avec les instances algériennes, plusieurs événements culturels et festifs pour fêter le cinquantenaire de cette indépendance. Mais est-ce que Paris va faire quelques chose ??? Non.
Pire, tous les états invité ont lutté pour l’indépendance algérienne à l’ONU. En première ligne les USA qui furent les premiers par la voix du sénateur John Kennedy, à demander l’arrêt de la barbarie française en Algérie. Et oui, à l’époque la Syrie c’était Alger, et Bachar al Assad c’était de Gaule…  Kennedy avait fait de l’Indépendance algérienne un de ses chevaux de bataille… A ce jour, on en apprend plus sur la guerre d’Algérie dans n’importe quel trou du fin fond du Texas, et du Mississipi qu’à Paris ! La vérité est là.
Pourquoi inviter une France qui s’accroche au génocide arménien perpétré en 1920, et qui tente de cacher le sang des algériens sous une Histoire coloniale « paternaliste ». Oh ! c’est que la France aurait laissé une Algérie moderne : bombardements à tort et à travers, viols et massacres de villageois en série, pillage des ressources naturelles sans honte, allant même jusqu’à imposer le droit d’exploiter le pétrole algérien jusqu’en 1975 ?  Comment peut-on demander une chose pareille à un peuple qu’on a mis à genoux pendant 133 ans ? Comment peut ont être indigne au point d’imposer de continuer le pillage des ressources naturelles algériennes après avoir commis d’effroyables massacres en Algérie, après y avoir institutionnalisé la torture ? Comment peut on regarder l’Algérie à feu et à sang, ses enfants éclopés, dénutris sortant d’une guerre innommable et leur dire « on voudrait continuer de pomper votre pétrole jusqu’en 1975 » ?
La France du proxénétisme mercantile qui demande aux algériens de continuer de mettre leur mère sur le trottoir et d’en tirer les bénéfices ! En parallèle, la France continue ses essais nucléaires en Algérie, comme l’avait dénoncé René Vautier à l’époque. René Vautier dont les films passent plus facilement au Canada ou en Suisse qu’à Paris… Voici aussi pourquoi la Suisse, malgré l’affaire des minarets reste la bienvenue en Algérie. Les médias français doivent vraiment s’affranchir de leurs préjugés racistes car dans l’Histoire de la guerre d’Algérie, ils sont partie prenante, et prennent position pour les colons français qu’ils appellent pudiquement « les rapatriés ». Quand ils parlent des harkis, il les posent en victimes mais jamais ils ne font référence aux victimes mêmes de ces mêmes harkis ? Que ce soit en France ou en Algérie, les harkis ont tué des algériens. Mais les médias français ont ‘leurs vérités » sur tous les conflits coloniaux et souvent même, ils savent mieux qu’une victime qui est son bourreau… La presse française a vraiment un gros problème et c’est inadmissible concernant une profession qui doit dire la vérité et non « sa vérité »…
En parallèle, il serait grand temps que les médias français n’oublient pas tous ces algériens déportés par la France dès 1830 : en Nouvelle Calédonie, dans le bagne en Guyane mais aussi sur l’Ile de la Réunion. Si Libération veut des idées de reportages, la rédaction peut se rapprocher du CNRS qui travaille avec Alger et certains chercheurs afin de combler l’arbre généalogique de pas mal d’algériens dont les leurs sont morts en exil…
Ce sont des chercheurs du CNRS qui font ces recherches, la France elle n’a jamais eu le cran d’ouvrir ses archives et de rendre leur mémoire a bien des familles algériennes. Des hommes de 60 ans qui ne savent pas dans quel camp de concentration sont morts leur père ou grand père, dans quelle région de France sont tombés leur père et grand-père ?
Et ce sont ces journalistes français, sans conscience, sans idéal humain concernant l’algérien, qui ne serait pas du genre « humain » qui osent donner des leçons ?
Le rédacteur en Chef du Figaro qui ne comprend pas que Paris ne soit pas invité. Mais cet homme a-t ‘il en tête que la France vient de faire rentrer le cercueil du roi de la torture en Algérie aux Invalides ?  Cet homme est-il vraiment au courant que la France, après 1962  a dépêché des membres de l’OAS (qui ont tué en Algérie et en France) aux quatre coins du monde, afin d’apprendre les techniques de tortures à la française ?  Ces formations étaient camouflées sous le générique de « technique de l’interrogatoire »…
Est-ce qu’au Figaro on est bien au courant que parmi les disciples de l’OAS en Amérique latine, il y a eu un certain Pinochet ?
Cette France hypocrite qui ne se souvient que de ce qui lui fait du bien, qui arrange les événements historiques à sa guise devrait être invitée à rendre hommage aux algériens morts de la famine, de non soins, de la barbarie coloniale, sous la torture de l’OAS, sous les bombes de l’armée française ?
Cette presse française qui distille son racisme et son venin anti-algérien doit être remise à sa place : pas très loin de Jean-Marie Le Pen… La dérive raciste de la presse française à commencé dans les années 1980, où il était reproché au Président algérien Chadli Bendjedid  « de ne pas parler français » ! Ca c’est bien la preuve de l’enlisement de la presse française dans les sables mouvants du racisme et de l’horreur que forme le Colonialisme. En gros, l’Algérien est une langue « merdique »  et « sous-civilisée », pour diriger l’Algérie il faut parler français ! Les français ont-il déjà reproché aux britanniques ou aux américains, aux russes de ne pas parler français ? Jamais. Tout est dit.
Je vais aller encore plus loin. Quand un brillant écrivain algérien du nom de Yasmina Khadra fait la Une dans le monde, il est très mal reçu sur les plateaux de télévision. Pourquoi ? Yasmina Khadra fait partie de ces officiers algériens qui ont lutté contre les islamistes. Son tort : avoir réussi à garder la tête hors de l’eau. Avoir survécu contrairement à tant d’officiers de l’armée algérienne tombés lors d’embuscades tendues par les islamistes. Combien d’officiers algériens égorgés ? Ceux là ne touchent pas la presse française : ils ne sont qu’algériens après tout ni américains ni israéliens…
Yasmina Khadra, officier algérien traumatisé par la vue du sang, traumatisé par les attentats, les corps démembrés de tant de frères, de sœurs et d’enfants…  Khadra qui a lutté contre les islamistes avec les armes et la plume… Khadra sauvé de la folie par ses écrits, ses écrits qui sont le reflet de ce que peuvent vivre  les « damnés de la guerre » que ni un BHL, ni aucun journaliste de Libération ne saura décrire parce qu’ils n’en portent pas les stigmates.  Des journaliste nombriliste qui s’imaginent encore aujourd’hui faire dire aux algériens le contraire de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils ont vécu, des journalistes français arrogants qui nient les mutilations que certains algériens portent encore aujourd’hui dans leur tête et dans leur chair… Des journalistes qui veulent nous gaver de baratin pour nous servir comme dindon de la farce sur les plateaux de télévision  « citoyen français issu de la minorité visible et intégrée».
Les chinois ont un magnifique proverbe « si tôt qu’apparaît un génie, les imbéciles s’attroupent et grouillent autour de lui en criant au scandale car ce que dit ce génie est trop intelligent pour qu’ils puissent l’entendre ».
Le génie c’est Yasmina Khadra et les imbéciles sont ceux qui ont voulu renvoyer cet écrivain d’exception à ses seuls gallons d’officier…
La guerre est une horreur universelle, et tous les pays qui ont vécu l’atrocité coloniale le savent. Voilà pourquoi Khadra est devenu un écrivain universel, et son « hermaphrodisme » intellectuel n’est pas un hasard, certes il décrit tout comme un homme mais la description de la douleur de l’Algérie, la description de ses attributs féminins renvoie à cette belle jeune fille toujours envahie, violée, battue et qui un jour, rebelle ouvre sa bouche hurle, et mord la main de son geôlier, tout en restant profondément  féminine… Qu’elle soit l’objet de barbarie coloniale ou islamiste, l’Algérie reste une femme toujours bafouée, toujours insoumise une guerrière qui prend les armes pour défendre ses enfants parce qu’elle est avant tout la Kahina…
Khadra c’est le fils de la Kahina et d’Abdel Kader. Voilà peut-être ce qui gêne les médias français : un écrivain libre, digne et incontrôlable. Un écrivain trop jaloux de sa liberté pour laisser les autres parler par sa bouche furent-ils journalistes….
Etre dans l’armée algérienne est un crime aux yeux des journalistes français. Cependant, ce sont bien ces mêmes médias qui ont tenté de faire du général sanguinaire Ariel Sharon, baptisé « boucher de Sabra et Chatila », une « colombe de la paix »…
J’aimerais bien que les médias français s’expiquent sur leur amour pour l’armée israélienne et leur haine de l’armée algérienne ?
J’ai décidé d’aller au bout de ma pensée, et au vue de l’énergie dépensée par les médias français, Libération, le Figaro et France Télévision en tête, ainsi que du Gouvernement Sarkosy quand il s’est agit de voler au secours d’un soldat israélien capturé par le Hamas dans le cadre de la guerre coloniale menée par Israël contre le peuple palestinien, l’évidence m’est apparue : les médias français, en première ligne Libération et le Figaro, le Monde n’étant pas en reste (voire éditorial de soutien de Colombani à Israël lors de l’agression du Liban en Juillet 2006  « Du fantasme au chaos »)* sont restés des médias colonialistes. La haine d’une armée de libération nationale et l’amour d’une armée d’occupation. Tout est résumé dans le soutien à Israël même dans les pires moments d’horreur.
Voilà pourquoi la France n’a pas sa place quand il s’agit de fêter le cinquantenaire de l’Indépendance algérienne. Si 50 ans après la France en est là, elle doit comprendre qu’il ne s’agit pas de passer d’une 4ème à une 5ème république pour effacer ses crimes coloniaux, encore faut-il être capable de les reconnaître comme on demande aux autres de reconnaître leurs propres crimes coloniaux…
Comme l’illustre le tragique éditorial de Colombani, oui, la presse française est toujours une presse coloniale dans sa large majorité, voilà pourquoi cette presse prend en prétexte les dictatures arabes ou africaines pour soutenir les agressions barbares d’Israël  et de l’Occident. Que ce soit en Irak, en Afghanistan ou en Libye, c’est bien de colonialisme qu’il s’agit, et l’impunité d’Israël en tant qu’oppresseur colonial, la sympathie dont jouit le Sionisme dans les rédactions françaises et occidentales en est la preuve…
Voilà pourquoi Yasmina Kadhra, brillant écrivain algérien et francophone est l’homme à abattre car ancien officier de l’armée algérienne (ancienne colonie), alors que Guilat Shamil officier dans l’armée colonialiste israélienne était l’homme à libérer et à choyer (soldat d’une puissance coloniale régionale armée par l’Occident)…
Tout est dit…
(*) Du fantasme au Cahos par J.M. Colombani le 31/07/2006 dans le Monde…
Mr Colombani commence avec un fascisme sournoi  :
« Une suspension des bombardements aériens, à défaut du cessez-le-feu qu’attend la communauté internationale et qui devrait d’urgence s’imposer : le drame injustifiable de Cana, au Liban, a au moins permis à celle-ci de commencer de se faire entendre ».
On peut donc remercier Israël d’avoir tué ces enfants, sinon la communauté internationale ne serait pas touchée ? On va aussi dire merci à Sharon pour Sabra et Chatila ? La mort des enfants de Canaa est une chose positive au niveau diplomatique…
 «  Le reproche fait à Israël est d’être coupable d’une réaction « disproportionnée » : le problème est qu’Israël doit sa survie en partie à sa capacité à réagir de façon disproportionnée »
J’espère que Colombani à bien en tête que les nazis aussi ont réagit avec des réactions disproportionnées et que c’est justement cette force de destruction massive qui fait de l’Europe un enfer et qui a découché sur les génocides juif et tziganes ?

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,