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30 novembre 2020

« MME ZUMA EST UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LA FRANÇAFRIQUE ». par Yannick Efila


ACHILLE MBEMBE : « MME ZUMA EST UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LA FRANÇAFRIQUE ».

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Dans un entretien accordé à Rfi, le professeur en sciences politique à l’université de Witwatersrand de Johannesburg en Afrique du Sud analyse la nouvelle orientation de l’Union africaine avec Nkosazana Dlamini-Zuma. Extrait.

Avec l’élection de Mme Zuma a la tête de la commission de l’Union Africaine, est-ce qu’on va vers une nouvelle Union Africaine, plus antioccidentale, plus idéologique ?
Je ne pense pas qu’elle sera antioccidentale, elle sera une Union Africaine pro africaine. Une Union Africaine qui tentera d’articuler une voie africaine en fonction des intérêts africains. Je crois que de ce point de vue l’élection de Mme Zuma à la tête de l’Union Africaine risque de mettre à mal une certaine politique d’ingérence française dans les affaires africaines notamment dans le domaine militaires. C’est une mauvaise nouvelle pour ce qu’il reste de la Françafrique, de la vieille tradition d’intervention militaire bilatérale sur le continent.

En janvier dernier à Addis-Abeba, Jean Ping était en tête. Cette fois-ci en juillet c’est Mme Zuma qui est arrivée en tête dès le premier tour, l’Afrique du Sud a réussi à renverser le rapport de force en sa faveur ?
Ah oui ils en ont les moyens, le président Zuma et disons l’ensemble de l’Afrique australe s’y sont mis, je crois avec de mauvais arguments. L’Afrique du Sud doit absolument transformer sa politique à l’égard du continent en utilisant ce que l’on appelle le « Soft Power », en investissant dans des ressources intellectuelles, les institutions de coopération, en investissant également dans l’économie et en utilisant le moins possible des moyens hyper visibles comme la présence de Mme Zuma à la tête de l’UA.C’est ce changement qui permettra à ce pays d’exercer le type d’hégémonie auquel il aspire.

Pensez-vous que la victoire de madame Dlamini-Zuma est une victoire de l’Afrique du Sud ?
Disons que c’est une victoire paradoxale parce qu’au fond l’Afrique du Sud à mon avis, n’a pas besoin de porter un des siens à la tête de l’OUA pour influencer la politique continentale. C’est un mauvais calcul parce que l’Afrique du Sud est encore perçue par des pays du continent comme un Etat qui ne s’est pas vraiment transformé, qui est xénophobe, qui n’est pas un Etat totalement africain. Et on l’a vu au cours de cette élection il y’a une suspicion à l’égard de l’Afrique du Sud et on doit travailler à apaiser ses rapports avec le reste du continent et cela ne passe pas nécessairement par plus de puissance visible.


Oui la réalité est qu’à l’heure actuelle l’Afrique du Sud doit travailler de concert avec le Nigéria, avec l’Algérie avec l’Ethiopie. Si un agenda africain doit prendre corps, l’Afrique du Sud ne peut pas mener à elle seule un agenda africain encore moins le définir. Or pour le moment, cette affaire Zuma a énormément divisée le continent et risque de l’affaiblir sur la scène internationale.

Sans la chute du colonel Kadhafi est-ce qu’il y aurait eu une candidature de Dlamini-Zuma
Non ; je pense que l’affaire de la Côte d’Ivoire et celle de la Lybie ont beaucoup contribué à polariser l’opinion africaine je ne pense pas que l’Afrique du Sud aurait favorisée la candidature d’un de ses citoyens si ces deux événements n’avaient pas eu lieu.

A votre avis, qu’aurait fait madame Dlamini-Zuma si elle avait été à la place de monsieur Ping lors des crises ivoiriennes et libyennes?
Je ne sais pas du tout ce qu’elle aurait fait de mieux, l’Union africaine a été assez absente de ce théâtre là et je crois que c’est dû en partie à l’absence de puissance hégémonique sur le continent. Le continent a besoin d’une ou de deux puissances qui puissent tirer les autres lorsqu’il le faut, et proposer des solutions qui partent du continent lui-même, même si elles bénéficient d’appuis des puissances alliées externes.

Par Yannick Efila                                                                                                                                                            Source : camerounactu.net

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,