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21 octobre 2020

Le Qatar fait son entrée au Sahel




Par : Mounir Abi
Publié le : 22/10/12

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, s’est envolé hier vers Doha (Qatar), a annoncé la présidence de la République du Mali. Un avion spécial qatari aurait été mis à la disposition du président par intérim malien et aurait atterri à Bamako pour transporter le chef d’Etat malien et la délégation qui l’accompagne, en plus de l’ambassadeur du Qatar au Mali qui occupe également le poste de chargé d’affaires du Qatar à Nouakchott (Mauritanie).
La crise au nord du Mali, en particulier, et les développements sécuritaires au Sahel, en général, seraient débattus par le président par intérim malien et l’émir du Qatar, Hamad Ben Gassam.
Ce n’est pas la première fois que le Qatar est évoqué dans la crise au Mali puisqu’il y a quelques mois, quatre humanitaires qataris ont été aperçus au nord de ce pays, rappelle-t-on. Les quatre humanitaires qui seraient arrivés outre le cadre d’une mission du CICR (Comité international de la Croix Rouge), « étaient de passage », selon une source du CICR à Kidal. « Ils avaient dit être venus faire une évaluation des besoins des populations locales », selon la source.
Cette visite a lieu alors que le président par intérim malien réitère ses appels à une intervention militaire au nord du Mali pour y « déloger » les groupes islamistes armés. Le Qatar a, rappelle-t-on, joué un grand rôle dans le conflit armé en Libye, provoquant la chute de Mouammar Kadhafi, causant une circulation massive d’armes libyennes dont une grande partie a atterri chez les organisations terroristes Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), favorisant largement l’occupation par ces deux nébuleuses de villes du nord du Mali.



Laurent Fabius : « Accord sur deux principes » avec l’Algérie
Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a estimé hier qu’une intervention militaire contre Aqmi au nord du Mali réclame « des troupes aguerries » et sera « difficile ». « Les Nations unies et l’Europe ont donné l’autorisation d’aider la formation des troupes maliennes, ça peut commencer dès maintenant », a expliqué le chef de la diplomatie française sur Europe 1 et I-Télé.

Le ministre, qui se référait à la résolution du 12 octobre du Conseil de sécurité de l’Onu qui a donné 45 jours aux pays africains pour préciser leurs plans d’intervention militaire pour reconquérir le nord du Mali, a lancé que « les troupes maliennes vont se former et ensuite elles vont essayer de reprendre les villes du Nord, Tombouctou, Kidal, etc. » « ça peut se faire dans les semaines qui viennent, avant la fin de l’année ou au détour de l’année.
Aux états-majors de décider tout cela », a-t-il noté. « Après, il y a une autre opération, plus difficile, qui est d’aller affronter Aqmi et ses succursales. Et là, ça demande des troupes aguerries », a-t-il déclaré. Interrogé par l’AFP, M. Fabius a expliqué que la reprise des villes du Nord n’entraînerait pas nécessairement « d’affrontements directs ». « Ces villes ne sont pas toutes tenues par Aqmi. Si et quand il y a affrontement avec Aqmi, cela est plus complexe », a-t-il précisé.

Le ministre a réaffirmé sur Europe 1 et I-Télé que Paris aurait un « rôle de facilitateur » et n’engagerait pas de « troupes au sol ». « C’est aux Africains d’engager cela ». Mais « si l’on s’en prend aux terroristes installés dans le Nord, il y aura un accompagnement », a-t-il ajouté, citant la mobilisation de moyens « d’intelligence, d’écoute ».
Interrogé sur la position de l’Algérie alors que se prépare une intervention militaire à ses frontières, M. Fabius a estimé qu’il y avait accord sur deux principes : « Faire respecter l’intégrité du territoire malien » et engager des discussions « avec les groupes touaregs qui refusent le terrorisme et acceptent l’intégrité du Mali ». « Il y a énormément de convergences entre Algériens, Africains et nous. Et nos services travaillent ensemble », a-t-il dit.

Source : Le Temps d’Algérie

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,