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30 novembre 2020

Nous, Tunisiens, pacifistes et indignés, n’oublierons jamais Chokri Belaïd et son parti


Nous, Tunisiens, pacifistes et indignés, n’oublierons jamais Chokri Belaïd et son parti

Nous méfiant toujours des consensus, nous avons d’emblée trouvé que les ficelles de l’accusation du parti religieux au pouvoir en Tunisie, suite à l’assassinat de Chokri Belaïd, étaient grossières. Devant le spectacle des hommages ininterrompus, nous nous sommes soudain demandés : la liquidation de ce dirigeant d’un parti d’extrême-gauche a-t-elle vraiment plus d’importance pour la Tunisie et son avenir que celle de Mouammar Al-Gaddafi, Guide de la Jamahiriya Libyenne, assassiné, selon la version « officielle » et celle des « grands médias », au terme d’un bombardement du pays voisin par une quarantaine de pays prédateurs conduits par l’OTAN ?

Il est vrai que Moncef Marzouki, président de la république et ex-directeur de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme, était sorti dans la rue pour « esquisser des pas de danse » afin d’exprimer son soulagement…

Mais revenons à Chokri Belaïd. Nous nous sommes aussi souvenus que son parti (Patriotes Démocrates : MOUPAD) était l’un de ceux que nous avions contactés pour tenter de briser le silence odieusement criminel des médias, organisations (et autres « société civile »….) de la Tunisie post «révolutionnaire» devant le bombardement de l’OTAN et particulièrement du siège abominable, près d’un mois durant, de la ville de Syrte.

Naïfs, mais encore humains…, nous nous étions rendus au siège (ou peut-être une simple cellule) du Moupad situé derrière l’ambassade de France rue de Carthage ou Gamal Abd en Nasser si notre mémoire est juste…. Les rues de Tunis portent ainsi des noms très pittoresques et favorisant toutes sortes de coïncidences, de celle baptisée Charles de Gaulle à celle de Lénine, etc.

A l’étage, nous avons trouvé des militants affairés en train de commencer une réunion (période d’élections). Aussi, nous avons discuté rapidement avec leur chef sous une affiche de Che Guevara collée sur le mur. Nous avons d’emblée cru que des révolutionnaires se revendiquant aussi ouvertement d’un tel héros authentiquement communiste et internationaliste ne pouvaient être que spontanéistes et qu’ils auraient une position anti-impérialiste claire et sans ambiguïté vis-à-vis de l’agression de l’OTAN contre le pays voisin.

Nous sommes en fait restés stupéfaits par la langue de bois du chef de la cellule : « Nous sommes avec le peuple libyen ». Par la suite, nous avons eu un grand mal à nous convaincre d’une position politique aussi réactionnaire de la part d’un parti supposé se situer « à l’avant-garde du combat révolutionnaire », de surcroît dans un pays dont les images du peuple en marche avaient fait trembler les métropoles impérialistes.

Aussi, quelques jours plus tard, nous avons interpelé des militants de ce même parti dans la région occidentale de Béja en leur montrant leur propre tract qui insistait sur leur combat de principe « contre l’impérialisme et le sionisme ». Nous leur avons demandé : « Les bombardements de l’OTAN et d’une quarantaine d’Etats prédateurs contre un pays africain pacifique, ce n’est pas de l’impérialisme ?». Une telle contradiction ne les émut pas, affairés qu’ils étaient à préparer leur campagne électorale…

De fil en aiguille et après avoir parcouru avec une immense amertume le spectre politique dans sa quasi-totalité (de l’immense majorité des « communistes » aux « pan-arabistes » et des « nassériens » aux « baathistes », tous hurlant avec les loups impérialistes contre le « tyran » ou le « dictateur » libyen)(*), nous décidions d’organiser une manifestation spontanée et très féminine devant les bureaux du Croissant Rouge Tunisien, dans le quartier le plus quadrillé de la capitale tunisienne, entre le Ministère de l’Intérieur et l’Ambassade de France. Là, nous avons dénoncé, en particulier, la démission de cette organisation « humanitaire » devant l’immonde siège de Syrte.

Avec tout le respect que nous avons pour tout être humain qui disparaît, quel qu’il soit.

 

Tunisians arrested for demonstrating against the NATO war on neighbouring country Libya. Oct 16, 2011.

http://www.mathaba.net/news/?x=629000

La rue de Tunis reprend en cœur : « arrêtez le génocide du peuple de Syrte en libye. 12 oct. 2011

http://www.algeria-isp.com/actualites/politique-libye/201110-A6505/rue-tunis-reprend-cceur-arretez-genocide-peuple-syrte-libye.html

> Succès de la manifestation contre le génocide de Syrte à Tunis, par nos amis tunisiens. 12 oct. 2011

http://lavoixdelalibye.com/?p=1658

> Révolutionnaire tunisien, que savais-tu et que sais-tu encore de la Libye ? 25 janv. 2012

http://www.mathaba.net/news/?x=629835

 

(*) Voir à ce sujet, le cas de l’ominiprésent Hamma Hammami:

80% des Palestiniens pour la Révolution en Syrie. 80% des Tunisiens pour la Révolution en Libye… Publié par Algeria ISP pour Les Pacifistes de Tunis, le 23 décembre 2011

http://lavoixdelalibye.com/?p=5614

> Hama Hamami (PCOT) à propos du Qatar, d’Al-Jazeera et de la Libye

http://www.tunisia-live.net/2011/12/20/tunisian-communist-leader-accuses-qatari-regime-of-being-an-enemy-to-tunisia-and-arab-world/

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,