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31 octobre 2020

Comment sauver la Libye de « somalisation » ?






Comment sauver la Libye de « somalisation » ?

22.02.13

29.08.2011 Россия Ливия флаг посольство

Photo : EPA

La France a vendu en janvier à la Libye 50 vedettes, alors qu’en fevrier l’Italie a fait à son ex-colonie cadeau d’une vingtaine de véhicules blindés. A son tour, la Grande Bretagne entend envoyer en avril en Libye un bâtiment chargé de tout un assortiment d’armes. Après avoir démantelé la Jamahiria libyenne, voilà que l’Union Européenne se met à armer le gouvernement inopérant de ce pays déjà au bord de fragmentation selon le scénario somalien, c’est-à-dire le pire des scénarios possibles.

Dans la Libye d’aujourd’hui, aussi bien le gouvernement, que le parlement et l’armée n’exiistent que pour la forme. En réalité, le territoire national se partage entre un foisonnement de groupuscules de nature terrotoriale, tribale, religieuse et j’en passe. Le nouveau régime installé en fait au pouvoir par la force des armes occidentales, est incapable d’empêcher la désintégration du pays, esime Rifaat Saied Ahmed, directeur du centre cairote d’études stratégiques et exper en Afrique du Nord :

Le pays est en fait gouverné par 45 000 miliciens, volontaires ou, si on veut, « francs tireurs » bien armés et entraînés. Ils n’obéissent qu’aux ordres d’Al-Qaïda et du Parti politique de la justice et de la construction qui est une émanation des « frères musulmans » locaux. Les observateurs occidentaux les appellent « miliciens » alors que ceux que nous acclamions comme révolutionnaires ont disparu en rejoignant les milices. Toute leur idéologie se ramène à la soif du pouvoir et au partage des richesses pétrolières. Nous avons actuellement affaire à une société très militarisée et hostile aux voisins et à toute l’Afrique du Nord. Elle se compose de terroristes en puissance qui contribuent à la désintégration définitive de l’État libyen.

La situation qui s’est créée en Libye rappelle la Somalie à de nombreux experts. En effet, une guerre civile y a éclaté en 1988 entre le régime du dictateur Siad Barré et une opposition au début plus ou moins unie. Mais très vite cette révolution s’est transformée en une guerre entre les clans qui se poursuit toujours.

La perspective de transfromation de la Libye en une seconde Somalie est assez réelle, a fait remarquer dans l’interview à La Voix de la Russie l’expert de l’Institut du Proche-Orient Sergueï Seriogitchev:

En simplifiant les choses, le problème le pluis grave auquel est confronté la Libye, est l’absence de force centralisatrice. En fait, la Libye a besoin d’un autre Kadhafi à la place de celui qui a été assassiné. Le pays a besoin d’un nouveau dictateur parce que les tentatives de transposer en Libye le modèle démocratique occidental se sont avérées totalement inopérantes.

Il ne reste, malheuresement, que le choix entre la dictature et le scénario somalien.

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Nous devons quand même signaler à l’auteur de ce texte :

– que d’un, Kadhafi n’était pas un dictateur, sinon il aurait quitté son peuple comme Ben Ali, au moment où il savait que les impérialistes voulaient sa peau.

– Il reste toujours des Kadhafi vivants, formés à l’école de leur père et prêts à reprendre le flambeau : Saïf AL Islam , prisonnier mais toujours disponible , Aïcha, expatriée et également prête à reprendre le combat de son père.

– Il y en a certainement beaucoup d’autres,  parents ou compagnons du guide.

Ginette

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,