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28 novembre 2020

Conte de Jacques Prévert parfaitement adapté à la situation de la Ligue Arabe et intitulé « les ânes ».


par Abdellah Ouahhabi

Conte de Jacques Prévert parfaitement adapté à la situation de la Ligue Arabe et intitulé « les ânes ».

Il explique pourquoi des États de La Ligue Arabe se préoccupent de détruire un de ses États fondateurs, la Syrie, parce que celui-ci refuse justement d’être un âne comme les autres.

Ils y consacrant des moyens considérables qu’ils n’ont jamais réunis contre Israël qui pourtant colonise le territoire de la Palestine et des lieux saints de l’Islam, transforme dix millions d’Arabes Palestiniens en réfugiés et en sous-citoyens ; 

ils oublient aussi de s’organiser contre ceux qui exploitent leurs richesses naturelles à vil prix, les anciens colonisateurs.

 

Les ânes

Autrefois, les ânes étaient tout à fait sauvages, c’est-à-dire qu’ils mangeaient quand ils avaient faim, qu’ils buvaient quand ils avaient soif et qu’ils couraient dans l’herbe quand ça leur faisait plaisir.
Quelquefois, un lion venait qui mangeait un âne, alors tous les autres ânes se sauvaient en criant comme des ânes, mais le lendemain ils n’y pensaient plus et recommençaient à braire, à boire, à manger, à courir, à dormir… En somme, sauf les jours où le lion venait, tout marchait assez bien.

Un jour, les rois de la création (c’est comme ça que les hommes aiment à s’appeler entre eux) arrivèrent dans le pays des ânes, et les ânes très contents de voir du nouveau monde galopèrent à la rencontre des hommes.

Les ânes (ils parlent en galopant): « Ce sont de drôles d’animaux blêmes, ils marchent à deux pattes, leurs oreilles sont très petites, ils ne sont pas beaux mais il faut tout de même leur faire une petite réception… c’est la moindre des choses…  »

Et les ânes font les drôles ils se roulent dans l’herbe en agitant les pattes, ils chantent la chanson des ânes et puis, histoire de rire, ils poussent les hommes pour les faire un tout petit peu tomber par terre; mais l’homme n’aime pas beaucoup la plaisanterie quand ce n’est pas lui qui plaisante et. il n’y a pas cinq minutes que les rois de la création sont dans le pays des ânes que tous les ânes sont ficelés comme des saucissons.

Tous, sauf le plus jeune, le plus tendre, celui-là mis à mort et rôti à la broche avec autour de lui les hommes le couteau à la main. L’âne cuit à point, les hommes commencent ‘à manger et font une grimace de mauvaise humeur puis jettent leur couteau par terre.

L’un des hommes (il parle tout seul): « Ça ne vaut pas le bœuf, ça ne vaut pas le bœuf!  »

Un autre : « Ce n’est pas bon, j’aime mieux le mouton! »

Un autre : « Oh que c’est mauvais (il pleure). »

Et les ânes captifs voyant pleurer l’homme pensent que c’est le remords qui lui tire les larmes.

On va nous laisser partir, pensent les ânes mais les hommes se lèvent et parlent tous ensemble en faisant de grands gestes.

Chœur des hommes : « Ces animaux ne sont pas bons a manger leurs cris sont désagréables, leurs oreilles ridiculement longues, ils sont sûrement stupides et ne savent ni lire, ni compter, nous les appellerons des ânes parce que tel est notre bon plaisir et ils porteront nos paquets. « C’est nous qui sommes les rois, en avant! » Et les hommes emmenèrent les ânes.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,