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24 novembre 2020

Guantanamo encore et tant que cela durera


Canaille Le Rouge
Mercredi 1 mai 2013

Guantanamo encore et tant que cela durera

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Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’insurge contre l’alimentation forcée de détenus, une pratique actuellement en cours dans la prison américaine de Guantanamo.

les faits tels que les rapporte la presse :

 

Les autorités militaires américaines ont annoncé lundi l’arrivée de renforts médicaux à la prison de Guantanamo, touchée depuis bientôt trois mois par une grève de la faim qui affecte désormais 60 % des détenus. Une quarantaine de personnels médicaux de la US Navy, parmi lesquels des infirmières et des spécialistes, sont arrivés pendant le week-end sur la base américaine érigée àCuba« Maintenant que nous avons évalué tous les détenus et avons commencé à les soigner, ces renforts nous aideront à alléger le fardeau que la grève de la faim fait peser sur la mission régulière de notre personnel », a indiqué le lieutenant-colonel Samuel House, porte-parole de la prison.

Le nombre de détenus en grève de la faim est resté stable dimanche et lundi, après avoir passé la barre des 100 samedi, sur une population carcérale de 166, a ajouté le porte-parole de la prison. Mais 21 d’entre eux sont désormais alimentés par des tubes reliés directement à l’estomac par la cloison nasale, selon le lieutenant-colonel House. Et parmi eux, cinq étaient toujours hospitalisés, a-t-il ajouté. Il a précisé « qu’aucun détenu n’était près de mourir », démentant formellement les allégations d’un historien de Guantanamo.

Le spécialiste britannique de la prison Andy Worthington a estimé sur son blog que« quatre prisonniers étaient proches de la mort » en raison de la grève de la faim, citant une « source crédible à l’intérieur de Guantanamo ». Il précise que parmi ces quatre détenus, figure Khiali Gul, un Afghan qui fait partie des 86 détenus que l’administration Obama a jugés « libérables faute de preuves »« C’est le droit des détenus de protester. Cependant, c’est notre mission de leur fournir un environnement sain, humain et sûr et nous ne laisserons pas nos prisonniersmourir de faim », avait déclaré récemment le lieutenant-colonel House.

La grève de la faim était lundi à son 83e jour et entrait dans sa 12e semaine. Selon les avocats, le mouvement a été déclenché le 6 février quand des corans avaient été examinés d’une manière que les prisonniers ont jugée blasphématoire. Mais la plupart des protestataires dénoncent maintenant plus largement leur détention illimitée depuis 11 ans, sans inculpation ni procès. Vendredi, la Maison Blanche avait indiqué qu’elle continuait à « suivre de près » la grève de la faim, réaffirmant« l’engagement du président Barack Obama à fermer la prison ».

 

La réaction de l’ONU devant l’alimentation forcée des prisonniers :

«Si c’est perçu comme un acte de torture ou un traitement dégradant – et c’est le cas, c’est douloureux -, alors c’est interdit par la loi internationale», a déclaré un porte-parole du Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville.

L’ONU a sévèrement jugé mercredi l’alimentation forcée des détenus en cours à Guantanamo, où un nombre croissant de détenus sont en grève de la faim. Pour lui, cette pratique n’est «jamais acceptable».

Il faisait référence notamment à la convention contre la torture et autres peine ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Sur la question de l’alimentation forcée, l’ONU suit les directives de l’Association médicale mondiale (AMM), organisation internationale de médecins fondée en 1947 pour assurer les plus hautes normes possibles en matière d’éthique et de soins et qui compte les Etats-Unis parmi sa centaine de membres.

«Traitement inhumain»

Dans sa Déclaration de Malte, l’AMM écrit que «même dans un but charitable, l’alimentation accompagnée de menaces, de coercition et avec recours à la force ou à l’immobilisation physique est une forme de traitement inhumain et dégradant», rappelle Rupert Colville.

«Tout autant inacceptable est l’alimentation forcée de certains détenus afin d’intimider ou de contraindre les autres grévistes de la faim à cesser de jeûner», ajoute le document, cité par le porte-parole de l’ONU.

L’AMM précise que «l’alimentation artificielle peut se justifier sur le plan éthique si les grévistes de la faim l’acceptent. On peut aussi l’accepter si des personnes privées de leurs capacités n’ont pas laissé d’instructions préalables basées sur leur libre arbitre».

Jugement conscient

Les directives de l’AMM pour la prise en charge des grévistes de la faim prévoient que lorsqu’un prisonnier refuse toute nourriture et que le médecin estime que celui-ci est en état de formuler un «jugement conscient et rationnel» quant aux conséquences qu’entraînerait son refus de se nourrir, il ne doit pas être alimenté artificiellement.

En outre, la décision en ce qui concerne la capacité du prisonnier à exprimer un tel jugement doit être confirmée par au moins un deuxième médecin indépendant. Le médecin doit par ailleurs expliquer au prisonnier les conséquences que sa décision de ne pas se nourrir pourrait avoir sur sa santé.

En Suisse, dans le cas de Bernard Rappaz, l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et plusieurs organisations avaient vivement critiqué en septembre 2010 la décision du Tribunal fédéral (TF) d’autoriser l’alimentation forcée du prisonnier si sa vie était en danger.(ats/Newsnet)

 

Au risque de choquer avec la trivialité de la comparaison, La Canaille pose aussi cette question certes en décalage avec l’exigeance humanitaire (encore que) : le traitement par gavage forcé médicalement assisté d’hommes incarcérés depuis plus de 10 ans sans procès et en dehors de tout droits élémentaires droit internnational compris est-il pour certains plus acceptable que le gavage des palmipèdes si décrié par les ligues américaine et leurs relais divers et varié de part le monde 

 

Moblisation médiatiques pour la défense des seconds et et silence complice avec les bourreaux des premiers.

 

Fin du foie gras dans les coktails des associations de « défense du monde libre »…Celles qui refusent la fermeture de Guantanamo.

 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,