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28 octobre 2020

Crimes contre l’humanité : les réalités de la colonisation française


Crimes contre l’humanité : les réalités de la colonisation française

11/04/2014
by entreleslignesentrelesmots

5Catherine Coquery-Vidrovitch présente les documents édités.

« Un des grands intérêts du rapport – outre, évidemment, sa dénonciation de véritables crimes contre l’humanité commis dans la colonie administrée par la France – est de montrer le hiatus entre la vision coloniale officielle et la réalité, tout en donnant, qui plus est, à comprendre le poids exercé par les intérêts privés sur la politique coloniale ». La préfacière souligne aussi « la banalité locale de ces conduites meurtrières », les conséquences du « régime concessionnaire » dont le « scandale de la M’poko », le « scandale des femmes de Bangui » ou « l’affaire des femmes de Krébedjé », le secret d’État préservé et se poursuivant…

Outre la minimisation des responsabilités du personnel administratif colonial, je ne signale que certains éléments de cette publication nécessaire.

Obligation du portage et du pagayage pour les hommes colonisés et enlèvement des femmes, « L’enlèvement des femmes de villages indigènes a été, au contraire, employé d’une manière courante comme moyen de réquisition des porteurs… ».

Abus dans la perception des impôts, rôle des concessions, impact de l’exigence de numéraire dans la structuration des rapports sociaux, dont l’obligation de travail.

Concessions avec « droit de jouissance exclusive », avantages accordés et « caractère de véritables complaisances » de ces facilités.

Analyse des flux commerciaux entre les colonies et la métropole.

Non reconstitution des richesses exportables, dégradation de l’environnement et politique de pure prédation.

Problèmes sanitaires : variole, maladie du sommeil.

Sans oublier la dénonciation de l’extorsion de travail, « Nous aurons présidé au rétablissement du travail servile ».

ou le racisme « limpide » dans les phrases des rapports.

En postface, Patrick Farbiaz, animateur et fondateur de l’association Sortir du colonialisme, qui coédite ce livre, indique, entre autres, que « la lutte pour l’ouverture des archives est une préoccupation constante du mouvement anticolonialiste », car il importe que cette documentation sur les réalités de l’Empire colonial français, l’autre face de la République, « soit connue et partagée ».

Face aux révisionnistes, qui tentent de faire croire aux « bienfaits de la colonisation », comme d’autres (ou les mêmes) « aux bienfaits du capitalisme », il convient de faire rappeler les dominations racistes, les expropriations, les négations des droits, le travail forcé, les exactions, et les crimes contre l’humanité, sans oublier les révoltes et les luttes des populations et les actions de celles/ceux, minoritaires ici, qui refusèrent.

Comme le dit Patrick Farbiaz, le rapport Brazza « montre que la colonisation et son idéologie, le colonialisme, ont été d’une brutalité inouïe, ont constitué un état d’exception permanent ». Et mettre en rapport les profits des uns et l’oppression des populations de l’autre, concoure à souligner les dimensions mortifères des puissances coloniales et du capitalisme réellement existant…

Le rapport Brazza

Mission d’enquête du Congo : rapport et documents (1905-1907)

Mission Pierre Savorgnan de Brazza

Commission Lanessan

Le passager clandestin – Les transparents, Neuvy-en-Champagne 2014, 307 pages, 19 euros

Didier Epsztajn

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,