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26 octobre 2020

Libye, l’incroyable rumeur d’extradition de Senoussi au Qatar


MONDAFRIQUE

Libye, l’incroyable rumeur d’extradition de Senoussi au Qatar

Les Kadhafistes affirment que l’islamiste Abdelakim Belhadj a livré au Qatar le beau-frère du Guide libyen et ancien chef des renseignements, Abdallah Senoussi. De leur côté les autorités libyennes démentent cette information peu probable qui leur ferait trop ostensiblement perdre la face.

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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

Ce serait un épisode de plus dans le feuilleton judiciaire du beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements libyens, Abdallah Senoussi. Arrêté en Mauritanie après la chute du Guide libyen, Senoussi a été extradé et enfermé en Libye en septembre 2012. Pendant plus d’un an, la Cour pénale internationale (CPI) a tenté en vain d’obtenir son extradition pour qu’il soit jugé par un tribunal international. Les juges de La Haye finissent par renoncer en octobre 2013. Depuis, le dossier semble trainer dans un pays où les tribunaux tribaux et la justice du fusil règnent. Selon les informations officielles, il était enfermé dans une prison sous haute surveillance dans la région de Tripoli.

Extradition en douce

Les exilés libyens, qui affirment toujours disposer d’hommes de confiance dans le pays et notamment dans les forces de sécurité, affirment que la réalité est tout autre. Selon eux, lundi 1er juillet 2014, sous pression de l’islamiste Abdelhakim Belhadj, Senoussi a été extradé en douce à Doha. « Nos sources sont formelles, des hommes sont venus le chercher et l’ont mis dans un avion pour Doha avec une pile de dossiers des services secrets de l’époque Kadhafi ». L’information est démentie par des Libyens proches du pouvoir qui affirment que ce genre d’opération n’aurait pas pu passer inaperçu. L’avocate française de Senoussi auprès de la Cour pénale internationale (CPI), Rachel Lindon, n’a pu confirmer la rumeur « nous sommes incapables d’avoir accès à notre client, les autorités libyennes nous empêchent de travailler et ne peuvent même pas garantir notre sécurité pour que nous puissions le voir, a-t-elle expliqué. Nous entendons toutes sortes de rumeurs sur son sort mais elles sont impossibles à vérifier. »

L’information paraît peu crédible étant donné la médiatisation importante du procès de Senoussi. Ce serait, de manière trop ostensible, l’aveu d’une totale soumission au petit émirat. Par ailleurs, il est difficile de distinguer ce que rapporterait cette affaire au Qatar. Sous les feux des projecteurs depuis son intervention tête baissée dans les révoltes arabes, l’Emirat chercherait plus vraisemblablement à faire profil bas.

Face à ces objections les Kadhafistes ne se dégonflent pas. Pour eux, Senoussi ne pouvait pas être interrogé par les occidentaux en Libye à cause des procédures pénales en cours sur les interrogatoires musclés menés par  des agents étrangers pendant la révolution. Le Qatar aurait donc agit ainsi « pour rendre service à une puissance occidentale qui veut lui soutirer des informations. »

Publié par Clement Fayol

Journaliste indépendant, diplômé en relations internationales à Beyrouth. Pigiste pour différentes publications sur Moyen-Orient, Afrique et Économie. Travaille particulièrement sur les pays d’Afrique centrale et du Sahel.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,