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22 octobre 2020

Allié de Bamako, le général touareg Ag Gamou tente de reprendre Kidal


MONDAFRIQUE

Allié de Bamako, le général touareg Ag Gamou tente de reprendre Kidal

Alors que les négociations entre les groupes rebelles du nord et les autorités de Bamako n’avancent pas, le gouvernement malien tente, en coulisses, de reprendre la main sur la région de Kidal, fief touareg contrôlé par le MNLA. Pour cela, il s’appuie sur les hommes d’El Hadj Ag Gamou, général touareg rallié à Bamako qui tente de faire alliance avec des tribus arabes connues pour leur implication dans le trafic de cocaïne.

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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

Depuis le début du mois de juillet, le General Elhaj Ag Gamou, seigneur de guerre touareg rallié à l’armée malienne, s’est lancé à la reconquête de la région de Kidal avec l’appui de milices lemhar, (arabes de la région de Gao alliés du gouvernement malien).

Reprendre le nord

Dans la nuit du 3 au 4 juillet, des combattants du mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ont été arrêté par les hommes d’Ag Gamou. Selon Attaye Ag Mohamed, porte parole du MNLA à Nouakchott en Mauritanie, on compterait également des bergers arabes et des touaregs de la tribu des Idnanes parmi les personnes arrêtées. Une dizaine d’individus ont été fait prisonniers et deux voitures ont été saisies aux environs du village de Tabankort à 60 km au sud D’Anafis au sud de Kidal.

Dans la journée du 5 juillet, le général Gamou et ses troupes ont tenté de s’approcher du village D’Anafis avant d’être contraints de se replier face à une offensive du MNLA. Un acte interprété comme une tentative de récupération de Kidal par les autorités maliennes, notamment à travers les réseaux touareg qui leur ont fait allégeance.

Alliance avec les tribus arabes

En mai dernier, les groupes rebelles du nord dont le MNLA sont en effet parvenus à reprendre la main sur Kidal et plusieurs postes stratégiques dans la région. Depuis, le gouvernement de Bamako joue son joker touareg, le général Ag Gamou, placé aux avant-postes des opérations. Ce dernier a fait notamment partie du convoi du premier ministre Moussa Mara débarqué à Kidal le 17 mai dernier. Une visite qui a provoqué la relance des hostilités entre les autonomistes du nord et le gouvernement malien. En réaction à la reprise des combats, les autorités centrales dépêchent plus de mille soldats sur les terrain du nord. Beaucoup appartiennent à la milice de Gamou anciennement baptisée Delta. Les rebelles du MNLA mettent finalement l’armée malienne en déroute, forçant Gamou a prendre la fuite vers Gao où il tente maintenant de former de nouvelles milices.

Parmi les volontaires on trouve certains membres des clans Lamhar (arabes), originaires de la vallée du Tilemsi, dans la région de Gao.  Plusieurs personnalités de cette communauté sont des narcotraficants notoires et soutiennent le gouvernement malien. Membre éminent de cette tribu, Mohamed Ould Mataly, personnalité étiquetée comme proche du MUJAO, est notamment député élu au parlement comme représentant du cercle de Bourem au nord du pays.

Alors que les pourparlers entre les groupes rebelles et les autorités maliennes continuent de trainer, ces tentatives de récupération de Kidal montrent l’absence de volonté de négocier du pouvoir central. Celui-ci semble se fourvoie en misant sur l’alliance entre un général touareg affaibli et une milice qui ne fait pas le poids.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,