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30 octobre 2020

Israël, colonie sauvage


LE QUOTIDIEN D’ORAN
Israël, colonie sauvage

par Mourad Benachenhou

La Palestine appartient aux Palestiniens dans le même sens que l’Angleterre appartient aux Anglais et la France aux Français… Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine ne peut être justifié par aucun code moral de conduite…Si Les Juifs considèrent que la Palestine est géographiquement leur foyer national, ils ont tort d’y pénétrer sous l’ombre des canons anglais.

Un acte religieux ne peut être accompli avec l’aide des baïonnettes et des bombes. Ils ne peuvent s’établir en Palestine qu’avec la bonne volonté des Arabes.

Comme cela se passe maintenant, ils partagent avec la Grande Bretagne la responsabilité du dépouillement d’un peuple qui ne leur a fait aucun mal…Suivant les lois morales universellement acceptées, et qui distinguent ce qui est juste de ce qui est injuste, on ne peut qu’approuver la résistance arabe face à une force irrésistible (Mahatma Gandhi, 1938).

Il est inutile, et même dangereux, de ne pas reconnaitre que le monde musulman passe par une phase particulièrement périlleuse de son histoire. Ce qui se passe maintenant à Gaza, région martyre soumise, depuis déjà sept années, à un siège militaire sans concession, constamment bombardée à volonté par l’Etat colonial fou d’Israël, ne peut être compris que si on l’intègre dans cet assaut généralisé contre l’islam, dans lequel le terrorisme des extrémistes, manipulés ad libitum par des forces occultes, mais, paradoxalement, facilement identifiables, joue sa partition également.

L’ISLAM EN ETAT DE SIEGE UNIVERSEL

Il n’y pas un pays dont la majorité de la population professe l’Islam, qui ne soit pas confronté à des menaces immédiates à son existence politique. Les minorités musulmanes, là où elles existent, de l’Inde au Sri-Lanka, en passant par la Birmanie , sans oublier, bien sûr, la République centre-africaine, sont confrontées à des exactions de type génocidaire, animées et organisées par les Etats des territoires où ils vivent parfois depuis plus de mille ans .Il n’est pas nécessaire de rappeler ce qui se passe en Syrie, au Yémen, en Irak et en Libye, pays proches de nous par la culture et l’histoire.

Dans ce contexte de tourmente et de violence généralisée contre les Musulmans, sous une forme brutale ou sous le masque de la laïcité, certains ont sauté le pas et mettent en cause, non ceux qui, directement ou indirectement, suscitent la haine contre l’Islam et répandent en abondance, et sans limites, les slogans islamophobes, mais l’Islam comme religion révélée, dont les enseignements seraient contraires aux valeurs du monde moderne, car elle porterait en elle une philosophie de l’exclusivisme religieux justifiant toutes les violences dont ses adeptes, même les plus pacifiques et les plus tolérants, et ils constituent la majorité écrasante des Musulmans, sont l’objet.

Etre musulman, aux yeux des islamophobes, est un crime qui doit être puni par l’oppression et l’exclusion, si ce n’est le massacre, car l’Islam serait porteur de valeurs d’intolérance et de fanatisme, inacceptables dans ce monde ouvert que connait le XXIème siècle.

SIONISME ET ISLAMOPHOBIE

Dans la conception de cette idéologie qu’est devenue l’islamophobie, l’institut de recherche Herzliyya, du nom du théoricien du Sionisme, joue un rôle prépondérant : ses penseurs et ses chercheurs consacrent leur vie à renouveler la thématique islamophobe, à l’entretenir et à lui trouver de nouveaux débouchés et de nouvelles utilisations.

Chaque année, ce centre d’études stratégique, localisé dans l’ancien village palestinien de Saïdna Ali, dont la population avait été massacrée par les envahisseurs sionistes en 1948, organise une conférence internationale regroupant les membres du gouvernement israélien et les plus éminents des idéologues de l’Islamophobie, qui se livrent à une véritable orgie antimusulmane, accusant l’Islam de tous les maux passés présents et à venir, et donnant des fondements pseudo-scientifiques et une forme qui singe les méthodes académiques, à des préjugés et des prises de positions plus politiques que scientifiques, dans le seul but est de prouver que le Sionisme est le dernier bastion , la forteresse imprenable et invincible, de la civilisation occidentale, que cette idéologie représenterait la quintessence de cette civilisation menacée par un Islam « conquérant et intolérant. »

L’institut de Herzliyya, qui bénéficie de moyens financiers immenses, est au centre de la propagande sioniste, et par l’ampleur de ses publications, qui ne font que répéter ad libitum la même thématique sous des titres et des angles d’approche aussi divers que pervers, donne l’impression qu’elle diffuse une vision rationnelle, laïque et universaliste, face au prétendu exclusivisme religieux de l’islam et des Musulmans.

Bref, on retrouve dans ces études les diptyques habituels de la propagande sioniste « civilisation contre barbarie, modernisme contre conservatisme, tolérance contre exclusivisme, mondialisme contre localisme », où, évidemment, le Sionisme répond à toutes les bonnes qualifications, tandis que l’Islam tomberait sous le coup des qualifications négatives.

A noter également que les éminences de ce monde, à la recherche d’un certificat d’appui à l’idéologie sioniste, pourtant contraire aux principes politique qu’ils affichent, mais tout de même nécessaire pour faire avancer leur carrière politique, ne manquent pas d’y venir pour se faire délivrer leur lettre de créance, tels Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, Barroso et bien d’autres !Il y les principes proclamés de laïcité, d’égalité de tous devant la loi, de non-discrimination fondée sur la religion, la race ou l’ethnie, fondements de la démocratie occidentale, et de l’autre, en contradiction totale avec les premiers, les principes du Sionisme, , principes d’exclusivisme religieux et ethnique, que rejetterait avec dégout tout bon démocrate occidental ; et pourtant, en appuyant le Sionisme, c’est exactement ce que ce démocrate, fier d’arborer à tout moment sa laïcité et son universalisme, fait.

Et surtout, qu’on ne fasse pas croire que c’est la faute au Nazisme si le Sionisme existe, car son histoire, comme ses principes, datent de bien longtemps avant qu’Hitler soit même né !

C’est dans ce centre, localisé dans un des multiples villages-martyrs palestiniens, que se concoctent les mauvais coups contre les pays musulmans et les minorités musulmanes, des tentatives de créer des mouvements de dissidence, comme au Soudan, à l’exacerbation des tensions intercommunautaires à l’intérieur des pays à majorité musulmane, comme en Irak ou en Syrie, ou à minorités musulmanes importantes, comme en Inde ou au Sri-Lanka, où, suivant des articles publiés dans les presses locales, les sionistes financent les partis politiques religieux et les campagnes de pogroms menés respectivement par les extrémistes indous et bouddhistes contre leurs concitoyens musulmans

LE SIONISME EST UNE IDEOLOGIE RELIGIEUSE FANATIQUE

Quand on charrie une idéologie comme le Sionisme, contraire à tout ce qui, suivant ses propres défenseurs, se place aux antipodes de la civilisation occidentale dominante, rien ne vaut l’attaque. Lorsqu’on a des vices connus et visibles pour tout un chacun, la meilleure des stratégies pour cacher ces vices, c’est d’en accuser ses opposants ; et c’est justement le type d’approche que les Sionistes adoptent.

Pour cacher leur propre fanatisme religieux et leur exclusivisme ethnique, les Sionistes ne trouvent rien de mieux que d’accabler l’Islam et ses adeptes d’insultes qui ne font que refléter leur propre idéologie fondée sur une interprétation littérale de la Bible.

Car il n’y a rien dans le Sionisme qui ne trouve pas son explication et ses justifications dans ce livre, qui sert à la fois de guide religieux, de source de morale, de fondement du droit, de constitution politique, de fondement de toutes les lois d’Israël : du droit de propriété comme des droits de l’homme, dont, évidemment, ne peut jouir que le Juif dont la judaïté ne souffre d’aucune impureté, car certifiée par un rabbin orthodoxe.

Le Sionisme est un totalitarisme qui plonge ses racines dans un livre sacré et des commentaires établis, à travers les siècles, par les autorités rabbiniques. Il se présente comme une construction idéologique sans fissures qui défie toute tentative de le réformer de l’intérieur ou de l’influencer de l’extérieur. C’est un fanatisme religieux qui utilise les instruments modernes d’analyse, uniquement pour rationaliser une vision divine distordue du monde et de la place d’Israël dans ce monde, vision incompréhensible et irrationnelle quand elle est coupée de ses références religieuses.

L’ONU ET LE DROIT INTERNATIONAL NE SONT PAS MENTIONNES DANS LA BIBLE ! UN SACRILEGE QUE DE LES RESPECTER !

Israël rejette le monde qui ne lui renvoie pas l’image du caractère sacré de l’idéologie religieuse sur laquelle elle fonde sa légitimité. Le droit international, comme il s’est développé au cours de la seconde moitié du siècle dernier, tout comme les droits de l’homme tels que les conçoivent les états modernes, sont des constructions juridiques étrangères à Israël, qui ne retrouve pas en eux les référents moraux qui appuient sa propre vision de l’histoire et de l’humanité.

Le refus de se plier aux condamnations des plus instances internationales, comme l’ONU, l’UNESCO, La Cours Internationale de la Haye, etc. comme de respecter les lois internationales relatives à la guerre, au traitement des prisonniers de guerre, à l’utilisation des armes chimiques et atomiques, à la torture, au droit de la mer, s’explique par le fait qu’Israël ne reconnait que les institutions et le droit dont la source est justifiée de manière sacrée par la Bible , et dictée directement par Dieu aux prophètes ; ni le droit international, ni le droit des gens, ni les institutions internationales n’existant dans l’Antiquité, quand la Bible fut conçue, et toutes ces lois et institutions internationales étant donc le fruit du monde moderne, Israël n’a pas à les accepter, car ce sont pour elle des innovations , des « bida’ » rejetées par tout bon sioniste qui veut garder le respect dû au prophètes de l’Israël antique et à la parole divine qu’ils ne firent que transmettre !

Israël considère que les critères sur la base desquelles elle doit être jugée doivent provenir- et s’inspirer –de la Bible, telle qu’elle est lue et commentée par les fondateurs et les idéologues du Sionisme. Israël est, dans cette approche, convaincue qu’elle est héritière des prophètes de l’Antiquité, et qu’elle a reçu, du fait de cet héritage qu’elle assume, un mandat divin qu’elle ne peut ni négocier, ni modifier au risque de perdre sa raison d’être.

ISRAËL, UNE ENTITE COLONIALE

Qu’Israël soit une création qui n’a été possible que grâce aux puissances étrangères qui se sont emparés du Proche Orient après l’effondrement de l’Empire ottoman, est, cependant, une réalité historique que cet Etat ne peut pas nier, qu’il l’explique par la volonté divine ou par la simple volonté politique des dirigeants des pays mandataires désignés par le traité de Versailles, en exécution du partage secret de la région négocié entre la France et l’Angleterre, avec la participation d’un représentant sioniste, Herbert Samuel, membre du cabinet britannique de l’époque , et alors que la guerre n’avait même pas encore pris fin(Accord secret Sykes-Picot signé le 16 Mai 1916). A noter que cet accord secret fut révélé par les autorités de la Russie Bolchevique, qui en publièrent le texte complet sur leurs quotidiens Izvetsia et la Pravda du 26 Novembre 1917.

Entité coloniale, créée par des pouvoirs étrangers à la région, Israël est incapable de rompre avec le péché originel qui a abouti à sa fondation. Contrairement à ce qu’affirme ses défenseurs et ses soutiens indéfectible, Israël n’est pas la conséquence d’un mouvement de libération national, car les Juifs qui peuplent ce pays sont originaires de pays autres que la Palestine, et puisque les Palestiniens, qui sont les habitants originaux du pays n’ont été ni consultés, ni consentants, qu’ils se sont opposés à cette invasion menée à l’ombre des baïonnettes britanniques, et qu’ils ont été spoliés de leurs terres et expulsés de leur pays par la force d’une armée de conquête étrangère et soutenue par des nations étrangères.

La résistance palestinienne, et quel que soit le qualificatif que lui assigne l’occupant israélien, est seule, dans ce territoire de la Palestine historique, la concrétisation d’un mouvement de libération nationale. L’entreprise israélienne n’est que la continuation du colonialisme contemporain. La puissance militaire d’Israël, ses victoires militaires, aussi brillantes et aussi complètes fussent-elles dans le passé, et soient-elles dans le futur, n’ajoutent, ni ne retranchent rien à sa nature de colonie, même si elle prétend tirer sa légitimité de – et puiser sa justification dans- la Bible.

Le refus même de reconnaitre l’existence des Palestiniens en tant que peuple, et leur droit de créer un état, est une preuve supplémentaire de la nature coloniale de l’Etat d’Israël. Si sa légitimité lui était venue d’une autre source que la volonté de puissances étrangères de trouver prétexte à intervenir en continu dans une région géographique du monde d’importance stratégique globale, du fait de sa position, Israël n’aurait aucun crainte à laisser un Etat portant le nom de Palestine, se créer côte à côte avec elle. Israël veut que le nom de Palestine et l’adjectif palestinien soient bannis à jamais de l’histoire contemporaine, ca ces deux noms rappellent l’existence d’un peuple et sa spoliation par une entreprise coloniale à justification religieuse, en complète contradiction avec l’idéologie politique moderne qui veut séparer le religieux du politique.

ISRAËL OU LA BARBARIE SACREE ET L’ETAT DE HAINE PERMANENTE MAXIMALE !

Il est tout de même frappant que les partisans les plus acharnés de la laïcité pure et dure dans les pays occidentaux- laïcité qui ne s’applique avec rigueur qu’aux tenants de la religion musulmane évidemment !- soient les Sionistes et leurs soutiens, qui en refusent l’application en Israël, où est suivie, dans ses moindres détails, la « Charia à la mode rabbinique, » puisque le droit à la nationalité juive y est conférée par un certificat fourni par un rabbin orthodoxe, puisque le droit de propriété, comme le requiert la Bible, est reconnu seulement aux Juifs, puisque le mariage ne peut être que religieux, sans compter le droit appliqué à l’héritage, l’exclusivisme dans les lieux d’habitation réservés exclusivement aux Juifs, ni omettre , évidemment, les routes pour Juifs seulement, les numéros d’immatriculation de voitures distinguant les conducteurs juifs des non juifs, les villes et quartiers exclusivement pour Juifs, les expulsions, emprisonnements sans jugement de non-Juifs, les meurtres et destructions de maisons de non-Juifs, les condamnations à mort sans jugement et les exécutions de masse, pour toutes sortes de prétextes, de non-Juifs, la responsabilité collective appliquée exclusivement aux non-Juifs, etc. etc. La liste de toutes les actions et les exactions contre la population non-juive d’Israël, toutes évidemment justifiées par la Bible et ses commentaires, est trop longue et demanderait des volumes entiers.

La propagande sioniste maintient une censure de plomb sur le caractère sinistre de son entreprise génocidaire qui se drape du caractère sacré des commandements de la Bible, qu’un bon sioniste ne saurait violer sans craindre la colère divine.

Israël se considère comme mandatée directement par Dieu pour commettre ses exactions et « nettoyer » sa terre sacrée de toute trace de non-Juif, car il est une souillure, d’autant plus que seul un Juif est, aux yeux du Dieu de la Bible, telle que lue par les Sionistes, un vrai être humain !

En Conclusion

Mais où sont les valeurs tant chantées de l’Occident dans cet Israël, qui se présente comme le seul état démocratique et moderne de la région, se plait à donner de leçons de politique aux pays du voisinage, plongés dans le désordre et la violence, du fait de ses interventions directes ou inspirées, et comme le bastion avancé de la civilisation occidentale dans une région où régneraient la barbarie et la violence irrationnelle ?

On dit que le chameau ne voit pas sa bosse. Apparemment, Israël, concrétisation politique du Sionisme, qui est une idéologie religieuse fanatique et rétrograde, comme ses soutiens, et ils sont aussi puissants et riches que vocaux, ne voit pas la grosse bosse de fanatisme religieux, de racisme sans complexe ni honte, et d’exclusivisme ethnique qui la fait ressembler plus à l’Afrique du Sud en apartheid-elle aussi justifiant alors son racisme par les enseignements de la Bible,-qu’à la patrie des droits de l’homme ; et elle est aux antipodes des valeurs occidentales de laïcité et d’universalisme.

La violence illimitée qu’Israël a déclenché de nouveau contre le peuple palestinien ces dernières semaines, violence qui va crescendo, encouragée et soutenue par des pays- et leurs mass-média- avec lesquelles elle ne partage aucune valeur, bien qu’elle se prévale d’elles, n’est que le simple reflet, mille fois répété, de sa nature d’Etat colonial sauvage, religieux extrémiste et raciste.

Le Sionisme est une idéologie religieuse de guerre et de violence qui charrie la haine des autres peuples et des autres religions. Israël ne fait qu’aller jusqu’au bout de cette idéologie, dans sa politique de génocide à tempérament du peuple palestinien, et d’excitation à la banalisation de l’islamophobie à travers le monde !

Qui peut mettre un frein à cette politique de haine dont Israël, inspirée et guidé par l’idéologie sioniste, est devenue avec le temps le symbole et le pôle de diffusion? Apparemment aucune puissance au monde, ce qui donne encore plus de poids au qualificatif de colonie sauvage, qu’Israël – cet « état Frankenstein » dont le contrôle échappe à ses propres créateurs coloniaux,-mérite largement.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,