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18 septembre 2019

Le petit journal de Karim


Élie Hatem sur le djihadisme et le projet américano-sioniste

Paris, 21 septembre 2014

  • Publié le : vendredi 26 septembre

Maître Élie Hatem, notamment conseil de S. E. Boutros Boutros-Ghali, était l’un des intervenants de la manifestation de soutien aux chrétiens d’Orient du 21 septembre. Il a lourdement insisté sur les responsabilités de ceux qui ont fourni la logistique aux « mercenaires djihadistes » dans le cadre d’un « projet américano-sioniste ». https://www.youtube.com/watch?v=6pxht7V3qa4

Discours intégral du président iranien Hassan Rohani à l’ONU

New York, 25 septembre 2014
Discours intégral du président de la République islamique d’Iran Hassan Rohani lors de l’Assemblée générale des Nations unies le 25 septembre 2014 à New York :http://www.egaliteetreconciliation.fr/Discours-integral-du-president-iranien-Hassan-Rohani-a-l-ONU-28137.html

Entretien avec Massimo Mazzucco, réalisateur du documentaire « 11 septembre, le nouveau Pearl Harbor »

Entretien avec Massimo Mazzucco, réalisateur du documentaire « 11 septembre, le nouveau PearlHarbor »

26 septembre 2014Grâce à ReOpen911, qui organisait ce jour-là une projection du documentaire « 11 septembre, le nouveau Pearl Harbor » à Paris, nous avons pu nous entretenir avec Massimo…
La honte : France 2 transforme Ulcan en « star du net »

La honte : France 2 transforme Ulcan en « star du net »

Intrusion

L’image du jour : quand Abderrahmane Dahmane pose avec Goasguen, islamophobe et défenseur de la barbarie sioniste !

Merci BHL pour votre attention envers les musulmans !

Par Inès Safi | le 27. septembre 2014- 0:57

Cher BHL, merci infiniment de votre preuve d’attention, vous qui sommez les musulmans de France de manifester massivement. Cependant, vous risquez de nous attirer la jalousie d’autres communautés qui pourraient devenir alors plus virulentes envers nous. Vous avez, en effet, oublié d’appeler les juifs de France à manifester à l’encontre des crimes d’Israël. Il est vrai que certains l’avaient fait sans attendre votre invitation.


Mais vous en avez oublié d’autres tant et si bien  qu’ils ont même manifesté pour soutenir le droit d’Israel à tuer. Vous aviez aussi oublié de sommer les chrétiens de France de manifester à l’encontre de l’invasion de l’Irak ou de l’Afghanistan, des prisons d’Abu Ghraib ou des violences racistes.

Votre attention envers les musulmans risque de faire d’autant plus de jaloux que le Figaro a, lui aussi, commis la même injustice en s’intéressant uniquement aux musulmans avec son sondage: « Pensez-vous que les musulmans soient suffisamment mobilisés? ». Encore un privilège dont ne jouissent ni les juifs ni les chrétiens.

Merci encore, Monsieur (ou Madame) Le Figaro, votre geste nous touche beaucoup. Cependant, épargnez-nous tant de jaloux supplémentaires, car nous sommes assez enviés de partout. Plus d’égalité s’il vous plaît, puisque vous cherchez notre intérêt.http://oumma.com/213623/merci-bhl-attention-envers-musulmans

Pour Christian Estrosi, quand Tsahal frappe Gaza, Israël protège la France du terrorisme

Un amalgame qui a de l’avenir

  • Publié le : samedi 27 septembre
  • Source : E&R

Le 24 septembre dernier, Christian Estrosi était l’invité de Guillaume Durand dans la matinale de LCI/Radio classique. Le député-maire UMP de Nice s’est laissé allé à des déclarations qui en laisseront plus d’un pantois.

À propos de la décision du gouvernement français de frapper l’État islamique en Irak, Estrosi déclarait :

« Bien sûr, je vais l’approuver [la position du gouvernement, NDLR]. Mais en même temps je veux dire mon incompréhension. Comment peut-on se concentrer sur ce seul problème et il y a quelques mois de cela avoir reproché à Israël de se défendre face aux attaques qu’un mouvement terroriste allié des djihadistes, le Hamas [prononcé « ramasse », à l’Israélienne, NDLR], a eu à l’égard d’Israël, notamment en envoyant des roquettes et des milliers de roquettes sur des civils ? La guerre elle est de partout. […] Lorsque Israël frappe à Gaza des terroristes, Israël protège bien sûr ses civils et ses territoires, et Israël protège la France. Et lorsque nous allons en Irak, nous protégeons aussi Israël, et nous protégeons les autres grandes démocraties du monde. »http://www.dailymotion.com/video/x26psf9_pour-christian-estrosi-hamas-etat-islamique_webcam#from=embediframe

Ces jeunes Algériens nés en France qui vont travailler en Algérie

http://oumma.com/129011/jeunes-algeriens-nes-france-travailler-algerie

France. L’étrange affaire Hervé Gourdel…..

samedi, 27 septembre 2014 02:04

IRIB-Trop de coïncidences, trop de zones d’ombre entourent l’assassinat d’Hervé Gourdel,

le randonneur français, dans les montagnes du Djurdjura en Algérie, pour que cette mort ne soit pas louche. Tout d’abord, le dernier tweet plus qu’intrigant de ce Français qui disait « si jamais je reviens », soulignant le fait qu’il pourrait ne pas revenir de ce voyage en Algérie. Ensuite, le groupe non identifié qui parvient en un temps record à rallier Daech-ISIS, à prendre un otage sans réclamer de rançon alors que les Français sont réputés pour être de bons payeurs, à exécuter leur prisonnier en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et en postant une vidéo depuis le fin fond des montagnes de Kabylie. Enfin, le timing de l’exécution qui arrive juste à temps pour l’allocution de François Hollande à la 69 assemblée générale de l’ONU où le président français a justifié la participation de la France à la coalition contre Daech-ISIS. Il y a trop d’éléments nébuleux pour nous convaincre que cet enlèvement n’est pas le fruit d’un travail précis, notamment des services français et leur implication dans ce qui ne peut être qu’une opération sous fausse bannière.Le choix de l’Algérie n’est certes pas anodin et l’on peut se demander si le champ d’intervention souhaité par la France ne s’étend pas désormais du Moyen Orient vers le Maghreb. Les enchères sont ouvertes. Il est étrange que ce groupe terroriste, Djound Al-Khilafa (aucune des sources spécialisées dans les renseignements que nous avons consultées ne nous a confirmé l’existence réelle de ce groupe jusqu’ici inconnu), et qui a jailli de nulle part, ait repris une appellation qui nous renvoie au label d’un autre groupe activant sur le sol égyptien, en l’occurrence Djound Misr, organisation qui réapparaît au gré de la conjoncture. Aucune information n’existe à propos de ce groupe qui vient de signer son premier attentat pour le moins spectaculaire et qui soulève plusieurs questions, à savoir la fourniture inespérée d’un parfait prétexte pour justifier les frappes qui se déroulent en Syrie et la participation française aux côtés des Américains.La méthodologie n’est pas étrangère à la barbouzerie française, loin s’en faut. Rappelons que les Français qui nous ont gavés avec le « qui tue qui » pendant des années, accusant l’armée algérienne de tous les maux de la terre, essaient de nous vendre à présent une intervention qui ne s’apparente nullement à la lutte antiterroriste que les services et l’armée algérienne maîtrisent parfaitement, pendant que les Occidentaux avec leurs frappes aériennes semblent tirer sur des mouches à coup de canons. On ne peut pas déclarer une guerre conventionnelle à des terroristes rompus à la guérilla, une guerre de ce type restant asymétrique. Bien au contraire, les forces engagées doivent s’appuyer sur le renseignement, l’infiltration et la présence sur le terrain plutôt qu’en ayant recours à des missiles tirés à des milliers de kilomètres ou des frappes de drones. La France et le gouvernement Hollande veulent justifier leur implication dans les frappes actuelles qui ne peuvent en aucune manière anéantir le terrorisme, et utilisent la « com. » destinée à la consommation pour les concierges. Hollande n’hésite pas à faire de la récupération politique avec l’affaire Hervé Gourdel en jouant sur l’émotion de la plèbe : aux larmes citoyens, sortez vos mouchoirs, vos bougies, mettez vos drapeaux en berne et réunissez-vous derrière votre chef de guerre qui a toujours financé les terroristes avec courage et abnégation ! En effet, quand on entend les discours des différents responsables français nous affirmant qu’ils n’ont pas peur du terrorisme, qu’ils ne céderont pas, qu’il y va de l’honneur de la France, allant même jusqu’à jouer de leur chauvinisme légendaire en prétendant que Gourdel est mort parce qu’il était français, ouvrant ainsi la boîte de Pandore de la peur, alors que la France a toujours payé les rançons rubis sur l’ongle à tous les groupes terroristes de la planète, on se demande de quel courage et de quel honneur ils parlent. Il est pourtant notoire que les otages français ont toujours été considérés comme du pain béni pour les terroristes, puisqu’ils permettent de renflouer leurs caisses. Mais bon dieu ! Y a-t-il pire ennemi de la France que son système politique calamiteux qui ne produit que chômage et austérité ? Et qui se cache derrière l’affaire Gourdel qui permet de détourner l’attention des nombreux problèmes quotidiens des citoyens français ? Venus à la rescousse comme à leur habitude, les prétendus experts à quatre balles, les chiens de garde spécialistes en tous genres, défilent sur les plateaux de télévision pour, en définitive, ne rien nous dire, si ce n’est nous offrir un concert de gémissements sponsorisés par Bouygues et Cie.

Quand la France affirme qu’elle a toujours combattu le terrorisme, on en reste pantois. Rappelons que pendant que l’Algérie et son armée combattaient le terrorisme, la France nous sortait le « qui tue qui » sur toutes les chaînes de télévision qu’elle nous présentait comme un plateau de cacahuètes. Souvenons-nous de l’embargo subi par l’armée algérienne qui, bien avant tout le monde, faisait face, seule, au terrorisme qui massacrait notre peuple dans l’indifférence générale. De nombreux pays occidentaux ont offert l’exil à des chefs terroristes qui revendiquaient des attentats à l’intérieur de l’Algérie depuis les capitales où ils avaient trouvé refuge. L’armée algérienne n’a pas besoin d’affirmer sa compétence et son endurance par des mots, comme les Français passés maîtres dans la rhétorique savent si bien le faire, c’est sans doute inscrit dans leurs gènes d’être de beaux parleurs qui cependant n’assument aucun acte, notre armée combat le terrorisme quotidiennement par les actes en produisant des résultats et son efficacité est reconnue dans le monde entier. Arrêtez de nous prendre pour des imbéciles, messieurs Hollande et consorts ! Vous pouvez placer la valeur émotion à Wall Street ou à la City, mais ne jouez surtout pas avec nos vieux démons, car l’Algérie a souffert toute seule du terrorisme, et notre armée, nos services de renseignements et nos différents corps sécuritaires maîtrisent le sujet par le fait que nous en avons souffert durant des années. Ce n’est certainement pas la France de Hollande incapable de cueillir trois terroristes à l’aéroport qui peut se vanter d’être efficiente en matière de lutte antiterroriste. Le périple à la Louis de Funès de ce trio de djihadistes de retour de Syrie nous donne en effet un aperçu de la méthode utilisée par les Français pour lutter contre le terrorisme. Rappelons les faits : le ministère de l’Intérieur avait annoncé mardi dernier qu’il attendait de pied ferme à l’aéroport d’Orly trois djihadistes français de retour de Syrie via la Turquie. L’avion a été investi dès l’atterrissage, mais nos trois compères ne s’y trouvaient pas. Ils avaient pris un autre vol qui les a débarqués à Marseille, où ils ont passé la douane le plus tranquillement du monde, une panne d’ordinateur leur permettant de présenter leurs passeports sans éveiller le moindre soupçon alors qu’ils sont fichés comme personnes recherchées. Libres comme l’air, nos trois lascars en goguette se sont baladés dans les rues de Marseille et, étonnés eux-mêmes de n’avoir pas été interpelés, ont finalement décidé d’appeler leur avocat qui leur a conseillé de se présenter à la gendarmerie. Ce qu’ils ont fait illico, mais, pas de chance, le poste de gendarmerie était fermé. Ils ont dû sonner à l’interphone relié à la centrale pour avertir les gendarmes de leur présence. Décidément, les Américains doivent être fous pour s’associer avec la France dans leur fichue croisade.

La mort d’Hervé Gourdel, énième affaire française qui vise l’Algérie, n’est pas fortuite et est en train de prendre des proportions démesurées au niveau mondial. S’il y a bien un échec dans la gestion de cette crise fabriquée de toutes pièces, il incombe au gouvernement français qui a merdé une fois de plus en entrant en guerre sans prévenir ses ressortissants des dangers qui pèsent sur eux dans une trentaine de pays, d’après la liste que le Quai d’Orsay a fournie après les faits. Dommage qu’ils n’aient pas pensé à divulguer la liste des pays à risques avant que les évènements se déroulent. C’est une spécialité française de recevoir un coup et d’avertir ensuite de la probabilité d’une douleur. Les Français seraient-ils sado-masos ? C’est une question à poser à Monsieur Hollande, dit Flamby l’amateur de croissants, l’homme au scooter, qui est le seul à se prendre au sérieux et qui, dès qu’il le fait, entraîne une série de catastrophes. La France qui, par son aventurisme irresponsable, cumule les échecs de la Libye au Mali n’a aucune crédibilité et a besoin d’étendre ses opérations jusqu’au Sahel parce qu’elle est incapable de régler la question du Sahel toute seule. Quoi qu’il en soit, le risque sur l’Algérie se confirme de jour en jour car si Daech-ISIS est le cheval de Troie pour anéantir des nations comme la Syrie et l’Irak, le même scénario peut se reproduire en Algérie, et ce n’est pas un hasard si l’on a donné la parole dans les médias français à des séparatistes de Kabylie. Il s’agit sans doute un scénario préétabli et bien étudié qui nous rappelle le plan kurde. Cette nouvelle opération participe à la mise en place d’un dossier bien ficelé des services occidentaux qui ciblent autre chose que ce qui est annoncé via cet événement.

L’Algérie est-elle la prochaine cible ? C’est une question qui reste en suspens et la vigilance est de mise. La menace est dans la maison Algérie et les Occidentaux, avec à leur tête la France, lorgnent vers le territoire algérien. Pourquoi diable les français ne réinventeraient-ils pas une autre affaire des moines de Tibhirine en envoyant leur juge Trévidic ou un autre sur place à des fins inscrites dans un projet que personne n’ose avouer mais qui existe bel et bien et qui vise au dépeçage de l’Algérie ? Quant à Hervé Gourdel, cet autre mort de Tibhirine, dont le corps s’est évaporé dans la nature comme se sont évanouis ses ravisseurs, il n’est qu’un alibi s’inscrivant dans un agenda d’intervention en Algérie. http://french.irib.ir/analyses/chroniques/item/342294-france-l-%C3%A9trange-affaire-herv%C3%A9-gourdel

Mohsen Abdelmoumen

Quand les dollars boostent le Daesh

Bandar arme Daesh, un groupe de miliciens chargés de frapper l’Arabie

L’ancien chef des renseignements saoudiens Bandar ben Sultan a repris son soutien aux groupes armés contrairement aux nouvelles orientations annoncées récemment par le royaume par la voix de son ministre des Affaires étrangères Saoud Fayçal à New York.

Celui-ci avait insisté sur l’engagement de son pays à lutter contre le terrorisme et a interdit toute collaboration avec les organisations terroristes.
La chaine de télévision libanaise New TV a diffusé un reportage sur un document secret faisant état d’une cargaison d’armes livrée à l’aéroport Etimesgut air base en Turquie à bord d’un avion de type antonov 124-100-150.
La cargaison a décollé de Ramstein en Allemagne, passant par l’aéroport de Georgia Tbilisi. Ensuite, elle a été répartie en trois ensembles : la première a été envoyée à l’aéroport de la région Van en Turquie, pour la remettre à Daesh.  La deuxième est arrivée à l’aéroport Diyarbakir et a été remise à Daesh et au front islamique. Quant à la troisième, elle a atterri à l’aéroport d’Eilat en Palestine occupée et transportée ensuite au Sinai.
Selon le rapport de la New tv, le prince Bandar s’est dit prêt à tout faire pour entrainer les miliciens sur le front syrien et a consacré un grand budget par un mandat envoyé aux sections de renseignements dans les branches des banques américaines.
De plus, le rapport souligne que le président de la cour royale Khaled ben Abdel Aziz ben Abdel Mohsen Toueijri collabore avec lui. Ce document survient alors que des informations font état de déplacements de 115 miliciens de la Jordanie en direction de l’Arabie, de nationalités tunisienne, libyenne, égyptienne, et saoudienne menaient des entrainements en Jordanie pour aider l’opposition « merde-dorée » financée par les États-Unis en Syrie.
Et au lieu que ce groupe se dirige au Golan, il est allé en Jordanie puis à Tabouk, plus grande ville du nord saoudien. Le déplacement du groupe a commencé le 17 septembre en cours et a pris fin le 19 du même mois. Ils sont chargés de saboter le royaume.  http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=193951&cid=76&fromval=1&frid=76&seccatid=141&s1=1    

Source: New tv, alhadathnews

 

25 septembre 2014

L’assassinat (et non on ne sait quelle « exécution » comme le disent et l’écrivent très malencontreusement de nombreux journalistes) de notre compatriote Hervé Gourdel suscite une intense er légitime émotion tant en France qu’à l’étranger. On s’associe naturellement à la peine et aux chagrins de ses proches. Mais, sous le coup de l’émotion, un certain nombre de contre-vérités, de mensonges éhontés, sont aussi proférés. Il n’est pas admissible de laisser la politique étrangère prise en otage par l’émotion, aussi légitime que soit cette dernière. Il est inacceptable que la politique intérieure puisse être cyniquement manipulée au nom de cette émotion. On voudrait ici rappeler un certain nombre de faits: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article5077 

 

Edward Said (1935 – 2003) : réflexions sur la condition arabe

Poster_of_Edward_Said
J’ai l’impression que beaucoup d’Arabes aujourd’hui estiment que ce qui s’est passé en Irak depuis deux mois est proche de la catastrophe. Oui, le régime de Saddam Hussein était méprisable à tous égards et méritait d’être renversé. Oui, beaucoup sont ulcérés de son despotisme, de son extraordinaire cruauté et des terribles souffrances qu’il a infligées au peuple irakien. Il ne semble guère douteux que trop de gens et de gouvernements ont contribué à maintenir Saddam Hussein au pouvoir : ils regardaient ailleurs, tout en poursuivant leurs petites affaires. Mais ce qui a permis aux États-Unis de bombarder le pays et de détruire son régime n’est ni un droit moral ni un argument rationnel, c’est la pure et simple puissance militaire.

Alors qu’avec la Grande-Bretagne ils ont soutenu l’Irak baasiste et Saddam Hussein personnellement pendant des années, voilà qu’ils s’arrogent le droit de nier leur propre complicité dans sa dictature et de proclamer qu’ils ont libéré l’Irak de sa tyrannie détestée. Et ce qui semble émerger à présent dans le pays, pendant comme après la guerre anglo-américaine illégale contre le peuple et la civilisation qui sont l’essence de l’Irak, constitue une menace très grave pour le peuple arabe dans son ensemble.

Il est donc primordial de rappeler qu’en dépit de leurs nombreuses divisions et disputes, les Arabes sont vraiment un peuple, pas un ramassis disparate de pays passivement exposés à l’intervention et à la domination étrangères. Certes, ils ont une histoire continue de présence impérialiste, qui va de la domination ottomane établie sur les Arabes au XVIème siècle jusqu’à notre époque. Après les Ottomans sont venus les Britanniques et les Français durant la Première Guerre mondiale, puis l’Amérique et Israël après la Seconde.

L’un des fils conducteurs les plus insidieusement influents de l’orientalisme américain et israélien récent, évident dans la politique de deux pays depuis la fin des années 40, est une hostilité virulente, extrêmement profonde, au nationalisme arabe, et la détermination à lui faire obstacle et à le combattre par tous les moyens. Le postulat de base du nationalisme arabe au sens large est que, malgré toute la diversité et le pluralisme de leurs réalités et de leurs styles, les peuples de langues et de cultures arabes et musulmanes (appelons-les « peuples arabophones », comme le fait Albert Hourani dans son dernier livre) constituent une nation, et pas seulement un ensemble d’États égrenés de l’Afrique du Nord à la frontière occidentale de l’Iran. Toute expression indépendante de ce postulat a été ouvertement attaquée, comme dans la guerre de Suez en 1956, la guerre coloniale française contre l’Algérie, les guerres israéliennes d’occupation et de dépossession.

Dans la campagne contre l’Irak, si l’objectif affiché est de renverser un régime, le but réel est la dévastation du plus puissant des pays arabes. Et, de même que la campagne française, britannique, israélienne et américaine contre Nasser visait à abattre un pays dont l’ambition déclarée était l’unification des Arabes en une force politique indépendante très puissante, les États-Unis entendent aujourd’hui redessiner la carte du monde arabe dans leur intérêt, et pas dans celui des Arabes. Le succès de la politique américaine repose sur le morcellement, l’inaction collective et la faiblesse militaire et économique arabes.

Quelle folie de penser que le nationalisme individuel et la séparation sectaire des États arabes – qu’il s’agisse de l’Égypte, de la Syrie, du Koweït ou de la Jordanie – sont meilleurs et plus utiles politiquement qu’un projet de coopération inter-arabe en matière économique, politique et culturelle ! Nul besoin, bien sûr, d’intégration totale, mais, à mon sens, n’importe quelle forme de coopération utile et planifiée vaudrai mieux que ces sommets scandaleux qui ont déshonoré notre vie nationale, par exemple pendant la crise irakienne. Une question s’impose à tous les Arabes comme à tous les étrangers : pourquoi les Arabes ne mettent-ils jamais en commun leurs ressources pour défendre des causes qu’officiellement, au moins, ils disent soutenir, et auxquelles, dans le cas de la Palestine, leur peuple croit activement et, pour tout dire, passionnément ?

Je ne perdrai pas mon temps à soutenir que tous les efforts qui qui ont lieu pour promouvoir le nationalisme arabe doivent être exonérés de leurs abus, de leur courte vue, de leurs gaspillages, de leurs répressions et de leurs folies. Le bilan n’est pas bon. Mais voici ce que j’affirme catégoriquement : si, depuis le début du XXème siècle, les Arabes n’ont jamais pu obtenir leur indépendance collective, ni ensemble ni séparément, c’est à cause des desseins de puissances étrangères, conscientes de l’importance stratégique et culturelle de leurs pays. Aujourd’hui, aucun État arabe n’est libre de disposer de ses ressources comme il l’en entend, ni de prendre des positions conformes à ses propres intérêts, notamment lorsque ceux-ci semblent menacer la politique des États-Unis.

Pendant plus de cinquante années de domination mondiale, et davantage encore après la fin de la guerre froide, l’Amérique a fondé sa politique moyen-orientale sur deux piliers et deux seulement : la défense d’Israël et la libre exportation du pétrole arabe. Sur tous les plans cruciaux, à peu d’exceptions près, les États-Unis ont suivi à l’égard des aspirations du peuple arabe une politique du mépris et de l’hostilité ouverte. Avec un succès surprenant : depuis la mort de Nasser, ils n’ont guère rencontré de résistance chez les dirigeants arabes, qui se sont pliés à toutes leurs exigences.

Pendant les périodes d’extrême pression sur tel ou tel d’entre eux (l’invasion israélienne du Liban en 1982 ; les sanctions contre l’Irak ; conçues pour affaiblir globalement le peuple et l’État ; les bombardements de la Libye et du Soudan ; les menaces contre la Syrie ; les pressions sur l’Arabie Saoudite), la faiblesse collective des États arabes a été presque ahurissante. Ni leur énorme puissance économique collective ni la volonté de leur peuple ne leur ont inspiré le moindre geste de défi. La politique impérialiste du diviser pour régner a parfaitement fonctionné : chaque gouvernement a eu peur de prendre le risque d’une possible dégradation de ses relations bilatérales avec les États-Unis. Cette crainte l’a emporté sur toute autre considération, si pressante fût-elle.
Certains pays dépendent de l’aide économique des États-Unis, d’autres, de leur protection militaire. Mais ils ont tous décidé de ne se faire aucune confiance entre eux et de ne guère se soucier du bien-être de leurs peuples respectifs (ils s’en soucient vraiment très peu), préférant la hauteur et la morgue des Américains, dont le comportement à l’égard des États arabes a empiré avec la montée de leur arrogance de seule superpuissance. Il est d’ailleurs remarquable que les pays arabes se soient battus entre eux bien plus ardemment que contre les vrais agresseurs extérieurs.

Le résultat aujourd’hui, après l’invasion de l’Irak, est une nation arabe extrêmement démoralisée, écrasée, abattue, qui ne peut pratiquement rien faire d’autre que d’acquiescer aux plans annoncés par les États-Unis et faire de la figuration dans toutes sortes d’efforts pour redessiner la carte du Moyen-Orient en fonction des intérêts américains et, bien évidemment, israéliens. Même ce projet extraordinairement grandiose n’a toujours pas suscité la plus bague réaction collective des États arabes : ils semblent attendre qu’il y ait du nouveau, tandis que Bush, Rumsfeld, Powell et autre naviguent des menaces aux plans, visites, rebuffades, bombardements et communiqués unilatéraux. C’est d’autant plus exaspérant que les Arabes ont entièrement accepté la Feuille de route américaine (ou du quartette), apparemment née du rêve éveillé de George W. Bush, alors que les Israéliens ont tranquillement remis leur réponse à plus tard. Qu’est-ce que cela fait à un Palestinien de voir un dirigeant de second ordre comme Abou Mazen, qui a toujours été un fidèle subordonné d’Arafat, embrasser Colin Powell et les Américains, quand il est clair pour le premier enfant venu que la Feuille de route est conçue a) pour provoquer une guerre civile inter-palestinienne, et b) pour obtenir la soumission des Palestiniens aux exigences israélo-américaines sur les « réformes » sans rien céder en échange, ou pratiquement rien ? Jusqu’où allons-nous couler ?

Quant aux plans américains en Irak, il est maintenant parfaitement clair que ce qui va se passer n’est rien de moins qu’une occupation coloniale à l’ancienne, assez proche de celle qu’Israël poursuit depuis 1967. Importer la démocratie à l’américaine en Irak, cela veut essentiellement dire aligner le pays sur la politique des États-Unis : traité de paix avec Israël, les profits des marchés pétroliers aux Américains et un ordre public vraiment minimal, qui ne permette ni une opposition réelle ni la mise en place d’institutions véritables. Peut-être l’idée est-elle même de faire de l’Irak un nouveau Liban ravagé par la guerre civile. Je n’en suis pas certain.

Mais voici un petit exemple du type de mesure qu’on est en train de prendre. On a récemment appris par la presse américaine qu’un assistant de droit de trente-deux ans, Noah Feldman, de l’université de New York, avait été chargé de rédiger la nouvelle Constitution irakienne. Tous les articles consacrés à cette nomination majeure ont précisé que Feldman était un expert particulièrement brillant de la Loi islamique, qu’il étudiait l’arabe depuis l’âge de quinze ans et qu’il avait reçu une éducation de Juif orthodoxe. Mais il n’a jamais pratiqué le droit dans le monde arabe, ne s’est jamais rendu en Irak et ne semble avoir aucune connaissance pratique des problèmes de l’après-guerre dans ce pays. Quel camouflet ostentatoire, non seulement à l’Irak lui-même, mais aussi aux légions de juristes arabes et musulmans qui auraient pu accomplir un travail parfaitement acceptable au service de son avenir ! Mais non, l’Amérique veut que la tâche soit menée à bien par un jeune homme, afin de pouvoir dire : « C’est nous qui avons donné à l’Irak sa nouvelle démocratie. » Du mépris à couper au couteau.

Ce qui est si décourageant, c’est l’impuissance manifeste des Arabes face à tout cela, et pas seulement parce qu’aucun effort réel n’a été fait pour y réagir collectivement. Moi qui vois la situation de l’extérieur, je trouve stupéfiant qu’en ce moment critique les dirigeants ne se soient pas adressés à leur peuple pour lui demander son soutien face à ce qu’il faut bien considérer comme une menace contre toute la nation. Les stratèges militaires américains n’en ont pas fait mystère : ce qu’ils préparent, c’est un bouleversement radical du monde arabe, qu’ils peuvent imposer parce qu’ils ont la force des armes et qu’il n’y a guère d’opposition. De plus, il semble bien que leur but profond soit de détruire une fois pour toutes l’unité fondamentale du peuple arabe, de changer irrémédiablement les bases de son existence et de ses aspirations.

Devant une telle démonstration de force, j’aurais cru qu’une alliance sans précédent entre peuples et dirigeants arabes représentait la seule dissuasion possible. Mais cela aurait supposé, bien sûr, que chaque État arabe décide d’ouvrir sa société au peuple, de le faire entrer dedans, si j’ose dire, d’abroger toutes les mesures répressives de sécurité, afin d’opposer une force organisée au nouvel impérialisme. Un peuple contraint à faire la guerre ou un peuple réduit au silence et réprimé ne sera jamais à la hauteur de ce genre de situation. Ce qu’il nous faut, ce sont des sociétés arabes enfin libérées de cet état de siège auto-imposé entre gouvernants et gouvernés. Pourquoi ne pas adopter la démocratie pour défendre la liberté et l’autodétermination ? Pourquoi ne pas dire : nous souhaitons que chaque citoyen participe volontairement au front commun contre un ennemi commun, nous avons besoin de tous les intellectuels, de toutes les forces politiques pour agir avec nous contre le projet impérialiste de remodeler nos vies sans notre accord ? Pourquoi laisser la résistance à l’extrémisme et aux désespérés des attentats-suicides ?

[…]

Combien la position palestinienne serait aujourd’hui plus forte face à l’assaut américano-israélien s’il y avait eu une démonstration d’unité commune, et non une indigne ruée à qui serait le mieux placé dans la délégation envoyée à Colin Powell ! Je n’ai jamais compris pourquoi les dirigeants palestiniens ont été incapables d’élaborer en commun une stratégie unifiée pour résister à l’occupation, sans se laisser enferrer dans un quelconque plan Mitchell, Tenet, ou du quartette. Pourquoi ne pas dire à tous les Palestiniens : Nous sommes confrontés à un seul ennemi, dont les visées sur nos terres et sur nos vies sont bien connues, et nous devons le combattre tous ensemble ?

La racine du problème – partout et pas seulement en Palestine –, c’est cet abîme structurel entre gouvernants et gouvernés qui est l’un des sinistres héritages de l’impérialisme, cette peur fondamentale de la participation démocratique, comme si, en laissant trop de liberté, l’élite coloniale au pouvoir risquait de perdre les faveurs de l’autorité impériale. Le résultat n’est pas seulement l’absence d’une vraie mobilisation générale dans la lutte commune, mais aussi la persistance du morcellement et des petites querelles mesquines. Au point où en sont les choses, il y a dans le monde d’aujourd’hui beaucoup trop de citoyens arabes qui ne s’engagent pas et ne participent pas.

Qu’il le veuille ou non, le peuple arabe est aujourd’hui confronté à un assaut général lancé contre son avenir par une puissance impérialiste, l’Amérique, qui agit de concert avec Israël pour le pacifier, le soumettre et finalement le réduire à un ensemble de petits fiefs en guerre entre eux, sous des chefs dont l’allégeance première n’ira pas à leur peuple mais à la grande superpuissance et à son représentant local. Ne pas comprendre que tel est le conflit qui va déterminer le destin de notre région pour des décennies, c’est s’aveugler volontairement. Nous devons à présent briser les tristes chaînes qui enserrent les sociétés arabes : le mécontentement du peuple, l’insécurité des gouvernants, la frustration des intellectuels. Cette crise est sans précédent. Il faut donc pour l’affronter des moyens sans précédent. Le premier pas est de mesurer l’ampleur du problème, après quoi nous devrons surmonter ce qui nous réduit à la rage impuissante et à la marginalisation, qu’il n’est pas question d’accepter avec le sourire. Il y a une alternative à une condition aussi peu séduisante, et elle offre beaucoup plus d’espoir. http://www.etatdexception.net/?p=7743

Al-Ahram, 22-28 mai 2003.
Al-Hayat, 26 mai 2003.
Edward W. Said,
D’Oslo à l’Irak,
Fayard, 2005.  
Traduit de l’anglais (américain) par Paul Chemla.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,