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29 novembre 2020

Bulletin des Amitiés Franco-Irakiennes


 

N°153
Octobre – novembre 2014

Vers une 3ème guerre d’Irak ?

Interview de Gilles Munier (7 Jours 6/12/14)

Comme le rappelait dernièrement TV5 Monde qui l’a interviewé, le Rennais Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, est sans doute un des Français qui connait le mieux la situation dans ce pays. Consterné, c’est peu dire, par le sort terrible réservé aux minorités ethniques et religieuses par les djihadistes de l’Etat islamique, il vient de présenter un livre sur les Yézidis, un des peuples massacrés parmi lequel il a vécu. Il nous livre ses impressions :

7 Jours : Très peu de gens avaient entendu parler des Yézidis avant que Barack Obama n’en prenne brusquement la défense après les exactions commises par l’Etat islamique qui les accuse d’être des « Adorateurs du Diable ». Que dites- vous ?

Gilles Munier : La religion yézidie est une des plus vieilles religions du monde. Elle est issue du mithraïsme en vogue il y a 3 à 4 000 ans y compris parmi les Romains, et du zoroastrisme dont Zarathoustra a été le grand réformateur. Ils sont victimes de massacres depuis des siècles parce qu’ils ne font pas partie des religions théoriquement protégées par l’islam comme les juifs et les chrétiens, ce que le Coran appelle les « Gens du Livre ». Les Yézidis sont d’accord pour dire que le Diable a été déchu par Dieu de sa position de chef du corps des Anges pour avoir refusé de se prosterner devant Adam, mais qu’il a été pardonné 7 000 ans plus tard, la faute n’étant pas si grave. Les Yézidis croient aussi à la métempsychose, c’est-à-dire à la réincarnation après la mort, et à la transmigration des âmes dans une autre enveloppe, noble ou non humaine, animale, végétale – en fonction de la façon dont ils se sont comportés durant leur existence… C’est un peu compliqué. Pour en savoir d’avantage, je conseille à ceux que cela

intéresse de se plonger dans le livre qui vient de paraitre !

7 Jours : Vous n’avez fait que préfacer « Les Yézidis » de l’assyriologue Joachim Menant en résumant votre découverte de ce peuple…
Gilles Munier: Il y a 14 ans, j’ai proposé à des éditeurs d’écrire un livre sur les Yézidis auxquels je venais de consacrer quelques pages dans mon « Guide de L’Irak », mais ils n’étaient pas intéressés, estimant que l’ouvrage ne serait pas « rentable ». Le sort réservé aux minorités de la plaine de Ninive, et notamment des Yézidis, m’a bouleversé : l’urgence de la situation ne permettait pas de relancer mon projet de livre, j’ai préféré répondre aux Editions Erick Bonnier qui me proposaient de préfacer l’excellent ouvrage que leur a consacré Joachim Menant. Il est d’une brûlante actualité, bien que publié… en 1892. Les Yézidis y étaient déjà massacrés : 3 200 venaient d’être égorgés par les Kurdes.

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7 Jours: La situation dans cette partie du monde empire d’année en année. Apercevra-t-on un jour « une lueur au bout du tunnel » ?
Gilles Munier : L’expression a été utilisée par Jacques Chirac qui a dit aussi à propos de la dernière guerre d’Irak que George W. Bush avait « ouvert la boîte de Pandore ». On paye aujourd’hui le découpage du Proche-Orient par la France et de la Grande-Bretagne après la 1ère Guerre mondiale sans considération pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les administrations Bush et Obama tentent de faire pareil, provoquant un chaos sanglant et destructeur dont les générations à venir auront du mal à se dépêtrer. Un climat de guerre de religions prévaut de plus en plus dans cette région. Israël a commencé en se déclarant « Etat juif ». Le nouvel Etat dit islamique est en voie de constitution à cheval sur l’Irak et la Syrie. On se dirige vers une nouvelle guerre du Golfe, et ce ne sera malheureusement pas la dernière. Je crains ensuite un conflit de grande ampleur entre sunnites et chiites. Une invitation à participer à une conférence à Téhéran est tombée à pic pour avoir un aperçu de la situation sur place.

7 Jours : Pouvez-vous nous dire deux mots sur votre visite en Iran ?
Gilles Munier : La conférence était organisée pour démonter les mécanismes des campagnes israéliennes incitant les Etats-Unis à bombarder les centrales nucléaires iraniennes. Les débats étaient très ouverts, sans interdit d’aucune sorte. Cela m’a agréablement surpris. Plusieurs journalistes et auteurs américains étaient présents. J’espère poursuivre le dialogue, car l’Iran après l’Irak et la Syrie est un des pays visés par le plan occidental de remodelage du Moyen- Orient et un acteur incontournable sur la scène irakienne. Dommage que la France n’ait plus son mot à dire. En entrant dans le jeu américain, Sarkozy et Hollande ont enterré le politique d’indépendance du Général de Gaulle.

La bataille du Djebel Sinjar serait pour bientôt

Les 10 000 Yézidis assiégés dans le Djebel Sinjar ont repoussé jusqu’ici les attaques des djihadistes de l’Etat islamique (EI), avec l’aide des combattants kurdes du PYD et du PKK venus les soutenir. Il y a quelques semaines l’EI avait coupé les dernières voies d’approvisionnement avec Rojava, la région kurde syrienne, et on s’attendait à ce qu’Abou Bakr al-Baghdadi dont l’ordre à ses troupes de monter à l’assaut des positions yézidies.

Auréolé par son soutien médiatico-militaire aux Kurdes syriens retranchés dans Kobané, Massoud Barzani veut maintenant « libérer » Sinjar qu’il avait livré sans combat à l’EI en août dernier, provoquant un exode massif de la population yézidie vers la Région autonome du Kurdistan, la mort de centaines d’habitants et l’enlèvement de familles entières, les femmes et jeunes filles capturées, considérées comme des « butins de guerre » étant ensuite vendues aux plus offrants. Massoud Barzani sait que des milliers de volontaires yézidis sont prêts à mettre de côté leur rancœur pour épauler une offensive kurde. Il a donc demandé au lieutenant général Mohamed Jamal, chef d’Etat-major des peshmergas, d’organiser une vaste offensive permettant la reconquête des zones tenues par l’EI dans la province de Ninive, et notamment de la ville de Bashiqa, au nord de Mossoul (1). Ces opérations seront évidemment coordonnées avec les forces aériennes de la coalition occidentale qui entend couper la route stratégique reliant le nord de l’Irak à la région de Raqqa en Syrie. Des bombardements intensifs devraient permettre aux troupes kurdes d’avancer vers les monts Sinjar et d’ouvrir un corridor humanitaire pour évacuer les civils affamés réfugiés dans les grottes.

Dans le Djebel Sinjar qui culmine à 1 463 m, l’hiver est déjà là avec la pluie et bientôt peut-être de la neige (2). Ce qui est certain, c’est que les volontaires yézidis tiendront jusqu’à leur dernier souffle. Ils l’ont promis à Khairy Khedr, le chef de leur milice, mort au combat le 22 octobre dernier après avoir agonisé pendant 5 heures faute d’aide médicale suffisante. Les vivres et médicaments qui parviennent irrégulièrement par hélicoptère de Dohouk seul lien avec le reste du monde – sont insignifiants par rapport aux besoins des familles et des résistants assiégés.

(1) Peshmerga waiting on Barzani’s go-ahead to retake Sinjar: official (Asharq al-Awsat – 22/11/14) (2) No Escape From Sinjar Mountain – Foreign Policy (4/11/14)

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Etat Islamique

Bataille de Kobané :
La sarabande des vieux démons

Par Gilles Munier (Afrique Asie novembre 2014)

Après l’implosion de l’Irak et de la Syrie, à qui le tour ? Ce pourrait bien être un jour celui de la Turquie.

A Kobané, une des villes martyres du nord de la Syrie, le vainqueur de la bataille ne peut-être que le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) d’Abdulah Ocalan via sa branche locale PYD (Parti de l’Union Démocratique) dans la guerre qu’il livre depuis 1978 aux gouvernements turcs successifs, aux féodaux kurdes, et à l’Iran.

Pour le président turc Receip Tayyip Erdogan, pour Abou Bakr al-Bagdadi, chef de l’Etat Islamique (EIIL ou Daash), ou pour Qassem Suleimani, général commandant les Forces Al-Quds des Gardiens de la révolution islamique iranienne (Pasdarans), le PKK demeure – même s’il a évolué depuis l’effondrement de l’URSS et le kidnapping de son fondateur au Kenya en 1999 – une organisation séparatiste marxiste-léniniste de la pire espèce… Le fait qu’elle soit encore sur la liste officielle des organisations terroristes des pays occidentaux est depuis longtemps un non-sens auquel il serait bon de remédier.

Les trahisons des Barzani

Massoud Barzani, chef du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan – Irak) sunnite d’obédience soufi naqshbandie – perçoit de son côté les unités combattantes du PYD et les idées progressistes qu’elles véhiculent, comme éminemment déstabilisatrices pour la société féodale et patriarcale de la Région autonome qu’il préside. Mustapha Barzani, son père légendaire, « marxiste-léniniste » du temps de son exil en Union soviétique (1947-1958), est le même homme qui revenu en Irak – refusa la forme d’autonomie accordée par le gouvernement de Bagdad, pas seulement parce qu’il réclamait les champs pétroliers de Kirkouk ville alors largement peuplée de turkmènes –, mais surtout parce que les chefs de tribus kurdes rebelles le soutenant ne voulaient pas entendre parler de la réforme agraire prônée par la révolution baasiste. Barzani père a trahi ses frères du PDK iranien, dirigé par Abdul Rahman Ghassemlou, en guerroyant pour le compte du Chah d’Iran, d’Israël et des Etats-Unis comme son fils Massoud a trahi le PKK en s’alliant avec la Turquie, croyant qu’Ankara lui viendrait militairement en aide si sa Région autonome était attaquée. L’autorisation donnée à ce dernier par Erdogan, lors de leur rencontre à Diyarbakir en novembre 2013, de créer une section turque du PDK avait été interprété par le BDP (Parti pour la paix et la démocratie, vitrine légale du PKK), comme un coup de couteau dans le dos.

Seulement voilà, à l’époque, la menace venait de Bagdad et du régime de Nouri al-Maliki… En septembre, quand les djihadistes de l’Etat Islamique ont foncé sur Erbil, l’armée turque n’a pas 3

réagie, obligeant Massoud Barzani à appeler Barack Obama au secours. Pour la jeunesse kurde, le report en catastrophe du référendum d’indépendance prévu en octobre dernier, est une défaite en rase campagne. Ce n’est pas l’appel à la « nation kurde » qu’il a lancé le 19 septembre, pour qu’elle vienne en aide aux combattants de Kobané qui redorera le blason de Barzani. Son discours était vide de sens, chacun sachant que pour y parvenir, les peshmerga devraient passer par la Turquie ou franchir 300 km de territoires contrôlés par l’EIIL !

Cemil Bayik, un des principaux chefs militaires du PKK, a déclaré au journal turc Vatan que «l’EIIL n’est que le sommet d’un iceberg, il y a derrière des forces régionales et mondiales».«Certains», dit-il «comparent cette organisation aux Mongols.Il y a peut-être certains points communs, mais il faut bien analyser ce qu’est l’EIIL. Les combattants de l’Etat Islamique sont maîtres dans l’art de la guerre psychologique et ont très bien saisi les rapports de force au Moyen-Orient. Et bien sûr ils s’inspirent en partie de l’histoire et de la culture islamiques pour s’adresser aux populations et en récoltent les fruits ».

Retour du Hezbollah kurde ?

Receip Tayyip Erdogan n’est pas en meilleure position vis-à-vis de son opinion publique kurde. Bachar al-Assad n’a pas été renversé et les pourparlers avec les rebelles du PKK sont au point mort. De l’île-prison d’Imrali, Ocalan a prévenu d’y mettre un terme au cessez-le-feu instauré en mars 2013, ce qui signifierait le retour à la lutte armée. Dans cette perspective, le MIT (service secret turc) aurait réactivé les branches armées du Hezbollah kurde (HK), fondé en 1980 par d’anciens djihadistes turcs et kurdes d’Afghanistan, responsable de la mort de centaines de « communistes » au milieu des années 1990, pour la plupart militants ou sympathisants du PKK.

Depuis la « brève rencontre » à Paris, mi-octobre, entre des envoyés du PYD et des représentants du Département d’Etat américain, Erdogan doit se demander si la Turquie – bien que pilier de l’OTAN – n’est pas, elle aussi, dans le projet de redécoupage du Proche-Orient sur des bases ethniques ou confessionnelles. Le long de la frontière entre la Turquie et le Syrie, il ne fait aucun doute pour les volontaires kurdes tentant de rejoindre les combattants cernés dans Kobané que la guérilla est de retour Ils disent tous: « Si Kobané tombe, ce n’est plus contre l’Etat Islamique que nous dirigerons nos armes, mais vers Ankara ».

Photo : Kobané, près de la frontière syro-turque

A lire sur le blog « France-Irak Actualité » :

Israël et son lobby aux Etats-Unis
Les laboratoires US en Afrique de l’Ouest et Ebola
« Rummenigge », l’espion libanais du Mossad tombé en disgrâce, confie son amertume Pourquoi les 300 000 Arabes de Jérusalem se soulèvent-ils à nouveau ?
Irak : Pas de justice en vue pour les victimes des crimes de guerre britanniques
L’Etat islamique arrive-t-il ?
“Ce que les médias ne vous diront pas sur Jérusalem-Est”
Palestine : Le processus de paix comme garantie de l’occupation Kurdistan irakien: Des dirigeants accusés de commercer avec l’Etat islamique Irak: Les minorités laissées à leur triste sort
Hassan Nasrallah et la menace qui pèse sur l’Islam
Erdogan pourrait aider les Turkmènes irakiens… s’il le voulait
L’autre front : la mise au pas des Russes et des Chinois
Erdogan pourrait aider les Turkmènes irakiens… s’il le voulait
Jérusalem, capitale de l’apartheid, attend l’insurrection
Qui viendra en aide aux 10 000 Yézidis assiégés sur le mont Sinjar ?
Irak : Plus de 60 personnes exécutées, 1724 dans le couloir de la mort… L’image flétrie de Massoud Barzani

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Palestine occupée

A Jérusalem, l’occupation est responsable de l’escalade

Communiqué du FPLP (Front Populaire pour la Libération de la Palestine)

« L’opération aujourd’hui à Jérusalem est une réponse naturelle aux politiques racistes en cours et aux crimes de l’occupation, et c’est l’occupation qui est responsable de l’escalade à Jérusalem et dans toute la Palestine. Nous sommes témoins de lynchages, de palestiniens pris pour cibles, de démolition de maisons, de la confiscation des terres, de la construction de colonies, de prises de mesures sans précédent contre les lieux saints musulmans et chrétiens quotidiennement à Jérusalem », a déclaré Khalil Maqdesi, membre du Comité central du Front Populaire pour la Libération de la Palestine.

«Chaque jour, des milliers de partisans du FPLP – et notre peuple palestinien tout entier – résistent à l’occupation de Jérusalem et de toute la Palestine. Il y aura de plus en plus ce types d’actions tant que l’agression de l’occupant continue », a déclaré Maqdesi. « Le FPLP continuera de cibler toutes les institutions de l’occupation. Aucun endroit à Jérusalem ne doit être sûr tant que le peuple palestinien n’est pas lui-même en sécurité. La «Sécurité» ne peut pas être construite sur le dos du peuple palestinien. Le seul résultat de la poursuite des attaques de

l’occupation sur Jérusalem sera l’escalade de la résistance parmi les masses palestiniennes ».

«La résistance est notre seule voie; il n’y a pas d’autre façon pour les Palestiniens pour libérer leur terre et obtenir leurs droits. La Résistance comprend de nombreuses méthodes de lutte, y compris, au centre, la résistance armée et la lutte armée. La violence révolutionnaire est nécessaire pour affronter et renverser la colonisation de notre terre et la confiscation de nos droits », a déclaré Maqdesi.

« Les Peuples opprimés sont déterminés à obtenir leur liberté. Il est de la responsabilité de la soi- disant «communauté internationale» de tenir Israël responsable de ses attaques contre le peuple palestinien. C’est l’occupant qui doit être étiqueté d’«inhumain». Au lieu de cela, leur construction de colonies, leurs meurtres, leurs attaques massives contre les droits des Palestiniens sont remplis avec l’approbation et le silence des Etats-Unis et de l’Union Européenne, qui se sont montrés constamment du côté d’Israël, du côté du colonialisme et de l’hégémonie de l’impérialisme », a déclaré Maqdesi.

« Ce qui est appelé« Har Nof’ » était en fait construit sur les ruines du village de Deir Yassin, par un nettoyage ethnique en 1948 et par des centaines de Palestiniens abattus par la Haganah (1) et par les organisations terroristes sionistes, comme ils ont expulsé des centaines de milliers de Palestiniens de leurs terres – les réfugiés qui luttent pour retourner dans leur pays, et pour libérer leur terre, depuis plus de 66 années », a dit Maqdesi.

« Le FPLP n’est pas une organisation religieuse et notre résistance n’est pas fondée sur des convictions religieuses. Nous nous battons pour libérer la Palestine d’un projet colonial d’implantation imposé à notre peuple. Les Occupants et les racistes n’appartiennent pas à la terre de Palestine; il y a, et il doit y avoir, des conséquences et des répercussions pour le vol de nos terres et de nos droits », a déclaré Maqdesi.

« La réponse spontanée et les démonstrations par le peuple palestinien du camp de réfugiés de Beddawi, du camp de réfugiés de Dheisheh à Gaza, et même sur les réseaux sociaux, les masses à l’extérieur et à l’intérieur de la Palestine, qui acclamaient Ghassan et Oday Abu Jamal2, qui acclamaient la résistance armée palestinienne et le chemin de la libération », a déclaré Maqdesi.

« La réponse de l’occupation que nous attendons est criminelle – c’est la nature de l’occupation. Arrêter toute la famille Abu Jamal, les menaçant de démolir leurs maisons, terrorisant tout le quartier de Jabal al-Mukabbir, qu’ils ont bloqué avec des blocs de béton; battant les frères des

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martyrs C’est le peuple que nous devons comprendre, protéger et nous occuper, face aux attaques de l’occupant », a déclaré Maqdesi.

«Notre message au peuple palestinien à l’intérieur de la Palestine et en exil, ce est que vous avez maintenu votre résilience et la résistance à l’occupant depuis 66 ans. Vous êtes forts et avez la capacité de continuer sur la voie de la lutte. Aucune puissance ne peut liquider votre cause. Le FPLP réaffirme son engagement envers vous, votre cause et vos droits. Nous appelons toutes les forces politiques palestiniennes à s’unifier sous la bannière de l’héroïque peuple palestinien, pour protéger leurs sacrifices, et à marcher unis vers une nouvelle étape et une nouvelle Intifada », a déclaré Maqdesi.

« Le FPLP est engagé à réorienter et recentrer l’attention de la région et de ses habitants sur cette question centrale – vers la Palestine, vers Jérusalem, face au sionisme et à l’impérialisme; loin des guerres confessionnels et le chaos dans la région. La Palestine est encore la question, et Jérusalem est au cœur de cette lutte », a déclaré Maqdesi. « Aujourd’hui, le FPLP a un message au peuple arabe, que votre combat est contre l’impérialisme et le sionisme et non contre l’autre, et que la fragmentation du peuple arabe ne peut que bénéficier à l’occupant qui colonise votre bien-aimée Palestine. Les masses doivent se réveiller et secouer la conscience collective de la nation arabe pour affronter le véritable ennemi ».

« Le FPLP veut aussi envoyer son message aux un milliard et demi de frères et sœurs musulmans que notre combat n’est pas contre les Juifs et n’est pas fondé sur la religion; il s’agit de justice, de libération et du retour à notre patrie, et c’est votre lutte», a déclaré Maqdesi. « Notre message aujourd’hui au peuple juif à travers le monde est que le conflit israélo-palestinien n’a jamais été un conflit entre musulmans et juifs. La Palestine a embrassé la communauté juive depuis des centaines d’années. Ce qui nous fait face c’est ce projet colonial. Nous savons que des milliers de Juifs du monde entier sont de vraies et authentiques voix pour la lutte, menant quotidiennement les mouvements de boycott et rejoignant la lutte palestinienne pour la libération. Nous saluons chacun d’entre eux. Et pour les Juifs qui sont induits en erreur par le discours sioniste, Israël n’est qu’un piège mortel pour les Juifs et les Arabes. Le racisme ne peut jamais résoudre les conflits, et l’apartheid n’est pas une solution. Vous devez vous tenir debout au côté des opprimés, et non de l’oppresseur; élever vos voix contre les criminels sionistes qui oppriment notre peuple en votre nom», a déclaré Maqdesi.

« En ce qui concerne les menaces de Netanyahu et Yaalon contre notre peuple », Maqdesi dit qu’ils sont «sans valeur et n’ont aucun poids et reflètent une mentalité de colons racistes qui pensent qu’avec la coercition et l’oppression nous allons devenir silencieux et vaincu. La bataille avec l’occupation ne sera pas limitée à Jérusalem. Il va s’étendre à chaque parcelle de la Palestine, et à travers les frontières de la Palestine. Aujourd’hui, également, le FPLP veut envoyer un message au mouvement de solidarité avec la Palestine, à intensifier leurs efforts et leur lutte pour soutenir la résistance sur le chemin de l’établissement d’une Palestine démocratique où tous les gens vivront dans l’égalité et la liberté ».

(1) La Haganah était une organisation clandestine paramilitaire sioniste créée en 1920 et intégrée dans l’armée israélienne en 1948. Son but originel était de défendre les communautés juives d’éventuelles attaques par les Arabes, comme celles de 1920 à Jérusalem ou lors de la Grande Révolte arabe de 1936-1939 en Palestine mandataire.

Originellement rattachée à la direction du syndicat sioniste Histadrout, l’organisation est transférée sous le contrôle de l’Agence juive (l’exécutif sioniste en Palestine mandataire) en 1931. Elle en devient alors la branche armée officieuse, car illégale aux yeux de la puissance mandataire britannique.
Photo : Logo du FPLP

*Source : FPLP – traduit par Danactu – SOURCE / COUPPOURCOUP31.COM

Pour soutenir nos activités :

Envoyer nous un chèque de soutien à l’ordre des Amitiés Franco-Irakiennes c/o Gilles Munier 7 rue de Sarzeau 35700 Rennes

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Conférence controversée à Téhéran*

«Horizon nouveau», conférence reportée après l’élection d’Hassan Rouhani à la présidence iranienne, s’est tenue avec succès à Téhéran du 29 septembre au 1er octobre dernier. Une trentaine d’invités, dont beaucoup d’Etatsuniens écrivains, journalistes, militants d’ONG ont passé au crible les menées anti-iraniennes des lobbies israéliens occidentaux. Une session a été consacrée à la menace EIIL sur le Proche-Orient, et une autre à la dernière agression contre Gaza avec les interventions de représentants du Hamas et du Djihad islamique. Un appel à amplifier le boycott des produits israéliens a été lancé par Medea Benjamin et l’ancien Marine Kenneth O’Keefe, connus aux Etats-Unis pour leurs dénonciations des crimes US et israéliens. Art Olivier, ancien candidat libertarien à la vice-présidence des Etats-Unis, a annoncé le tournage de son film sur Rachel Corrie, manifestante non-violente écrasée par un bulldozer israélien en 2003.

Il fallait s’attendre à ce que la session consacrée aux attentats du 11 septembre – où il fut rappelé que 60% des Américains ne croient plus à la version officielle de l’événement – pose problème. Les sites pro-israéliens US ont sauté sur ce prétexte pour qualifier la conférence de « conspirationniste », d’« antisémite », allant jusqu’à inventer la présence de l’humoriste Dieudonné (!) sur les lieux pour justifier leurs accusations. Qu’importe si Reza Montazani, organisateur de la réunion, avait précisé que le sionisme était seul en cause, qu’il ne tolèrerait aucun dérapage anti-juif… et qu’il n’y en a pas eu.

*par Gilles Munier (Afrique Asie novembre 2014) Photo : Les participants à la conférence

4 JOURS A TEHERAN

Ayant passé une partie de ma vie à soutenir l’Irak dans ses combats, je ne pensais pas aller un jour en Iran. Aussi, lorsque j’ai reçu un courriel m’invitant à participer à la conférence des « Penseurs et des cinéastes indépendants » organisée par l’ONG New Horizon à Téhéran, j’ai cru qu’il s’agissait d’une plaisanterie… J’ai remercié les organisateurs et leur ai demandé de consulter ma biographie sur Wikipédia pour vérifier s’ils ne s’étaient pas trompés !

C’était bien une invitation. La réponse est arrivée le jour même par la voix de Hamed Ghashghavi, secrétaire aux affaires internationales de la conférence, qui m’a dit dans un français impeccable : « Nous savons qui vous êtes, nous connaissons vos engagements, venez si vous êtes intéressé, vous êtes le bienvenu…».

J’y suis allé, via Dubaï, la ligne Paris-Téhéran étant fermée à titre de sanction contre l’Iran. Cela me rappelait les 13 ans d’embargo imposés à l’Irak, la traversée du désert en taxi Amman-Bagdad ou Damas-Bagdad – en moins.

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Lobbies sionistes … 11 septembre

La conférence se tenait dans un des grands hôtels de la ville. Principal thème du programme: la campagne des lobbies israéliens contre l’Iran, notamment aux Etats-Unis avec Gareth Porter, un journaliste d’investigation américain de renom – auteur de « Manufactured Crisis: The Untold Story of the Iran Nuclear Scare » qui va être traduit en persan – et par le journaliste brésilien Pepe Escobar qui en ont démonté les mécanismes.

J’ai toujours considéré que l’Iran a le droit d’effectuer des recherches dans le domaine nucléaire à des fins pacifiques, comme je l’ai été pour l’Irak dont le réacteur Tamouz a été en partie détruit par l’aviation israélienne en 1981. Et, je ne vois pas pourquoi les Iraniens n’en feraient pas autant dans le domaine militaire puisqu’Israël possède selon l’ancien président Jimmy Carter entre 150 et 300 ogives nucléaires. Cela dit, il serait préférable qu’aucun pays du Proche-Orient n’en possède. Mais, il ne faut pas se faire d’illusions : aucune grande puissance n’imposera à Israël la destruction de son arsenal nucléaire, en tout cas pas la France qui en est à l’origine, comme elle l’a été des centres de recherches irakien et iranien (du temps du Chah).

Les activités des lobbies pro-israéliens en France, en Italie, en Belgique et en Grande-Bretagne ont été documentés par, respectivement, Maria Poumier ancienne maître de conférences aux universités de La Havane et de Paris VIII Claudio Moffa professeur d’histoire à l’université de Teramo Isabelle Soumaya Praile, vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique et Stefen Sizer, un pasteur anglican britannique.

Maria Poumier était depuis quelques semaines en Iran où elle présentait Amia repetita, son enquête sur l’attentat commis à Buenos Aires en 1994 contre le Centre communautaire juif dont l’Iran avait été accusé. Pour elle qui est allée enquêter sur place, il s’agit d’une opération sous faux drapeau effectuée par les services secrets israéliens. L’intervention du pasteur Sizer portait principalement sur la montée de l’évangélisme chrétien sioniste, sujet auquel il a consacré plusieurs ouvrages.

La séance consacrée aux attentats du 11 septembre, avec les interventions de l’américain francophone Kevin Barrett, de Wayne Madsen ancien consultant à la NSA – du cinéaste Art Oliver, et de Thierry Meyssan, réfugié à Damas, n’ont rien révélé de vraiment nouveau sur le sujet. La demande d’ouverture d’une enquête internationale sur ces attentats, formulée par ce dernier, a été retenue dans le communiqué final de la conférence.

Etat islamique en Irak et au Pays de Cham

L’émergence de l’Etat islamique autre sujet abordé a été présentée comme une sorte de complot américano-israélo-saoudien. Interviewé par des journalistes iraniens, je n’ai pas caché qu’il s’agissait d’une analyse spécieuse et contre-productive. « Vous devriez poser la question au général Qassem Suleimani » leur ai-je dit, « il est bien placé pour savoir ce qui se passe en Irak ! ». « La montée en puissance d’Al-Qaïda, puis de l’Etat islamique est d’abord à porter au compte de l’invasion et de l’occupation de l’Irak, puis à la politique sectaire et obtuse de Nouri al-Maliki » et qu’à mon avis, ai-je ajouté : « les Etats-Unis vont en profiter pour entrainer l’Iran dans le bourbier irakien, ce qui n’est pas de l’intérêt de Téhéran, visé aussi par le plan de remodelage du Moyen- Orient ». Je n’ai pas eu l’impression de choquer mes interlocuteurs. La seule prise de parole intéressante concernant l’Etat islamique fut celle d’Imran Hussein, spécialiste sunnite de l’eschatologie musulmane, qui entrevoit dans le bouleversement causé à l’équilibre proche-oriental le risque à terme d’une guerre opposant les sunnites aux chiites au niveau mondial dont les Israéliens tireraient le plus grand profit.

G.M

AFI Flash – Bulletin des Amitiés franco-irakiennes

Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez

Courriel : [email protected] – Portable : 06 19 74 45 99

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Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,