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25 novembre 2020

Dérouler le fil d’Ariane


———-Dérouler le fil d’Ariane———-

par Françoise Petitgemangr

1 – Ginette HESS-SKANDRANI

 

  Ginette Hess-Skandrani est née en 1938.

  Militante politique, elle défend le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même. Antisioniste ? Quel être humain, digne de ce nom, pourrait accepter qu’un peuple se voit imposer un Etat étranger qui se comporte en maître absolu.

  Présidente de l’association La Pierre et l’Olivier, elle milite acti-vement pour que le peuple palestinien puisse trouver sa place et toute sa place sans son pays.

  Elle est co-fondatrice des Verts qui l’ont exclue pour des raisons politiques : ces Verts, qui se disaient a-politiques, se sont bientôt rangés dans le camp des politicien(ne)s.

  Ginette Hess-Skandrani ne cache pas son indéfectible engagement politique contre le capitalisme, l’impérialisme et le colonialisme qui exploitent et qui massacrent au nom des droits de l’homme.

  Ginette Hess-Skandrani a effectué plusieurs séjours en Libye, notam-ment en 2011, avec Maria Poumier, pour défendre le peuple libyen de la GJALPS (Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire Socialiste) attaqué par les bombes occidentales, et par des ADM (Armes de Destruction Massive) pourtant interdites, dans une guerre financée par les mules du Golfe.

 

http://lavoixdelalibye.com/

  CONGRES INTERNATIONAL SUR LA DEMOCRATIE DIRECTE  

  TRIPOLI (LIBYE) DU 1er AU 3 MARS 1997  

  POUR UNE APPROCHE ECOLOGISTE DE LA DEMOCRATIE  

  DIRECTE, LOCALE ET PARTICIPATIVE  

 

 Par Ginette HESS-SKANDRANI

 

 

 

        Pour une véritable démocratie locale et participative, proche des citoyens, citoyennes, décidée par tous et prenant en compte les besoins de tous, il faut que l’ensemble de la population soit consultée : hommes, femmes, jeunes, vieux, autochtones, immigrés, majorités et minorités, organisées ou non. Il faut que tous les habitants d’une région, d’un canton ou d’un quartier prennent conscience que c’est leur quartier, leur canton et leur région, et que les décisions qui sont prises pour la conservation ou l’aménagement les concernent tous et pour longtemps.


 

       Pour une véritable démocratie, il faut établir un dialogue entre ceux qui savent ce qui se construit et ceux qui subissent les conséquences des installations souvent dangereuses pour leur sécurité : ex: les complexes chimiques, les centrales nucléaires ou toutes sortes de production portant atteinte à la santé du voisinage. L’accès à toutes les informations concernant les travaux entrepris, les taux de pollution des usines, les constructions de routes, les prévisions de circulation, tout cela doit pouvoir être pris en compte par les riverains des installations, au moment de l’élaboration des projets. Il faut une clarification de l’information, des différentes possibilités de choix de construction. Il faut aussi que les gens apprennent à interpréter les informations.


 

       Une véritable démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, ne peut pas se décider par le haut, mais doit se définir et être mis en application le plus proche possible des gens. Il s’agit, aujourd’hui, alors que plus personne ne croit en l’intégrité de nos politiciens de réconcilier les citoyens avec la politique, la gestion de leur cité, la prise de décisions, en s’attaquant à tous les obstacles qui les tiennent à l’écart de la prise de décision, en dénonçant les mécanismes sournois mis en place par ceux qui briguent le pouvoir pour eux-mêmes.

 

  LA GESTION PARLEMENTAIRE QU’ON NOMME MENSONGEREMENT DEMOCRATIE 

       Dans nos pays européens la démocratie, qu’on veut donner en exemple aux autres peuples de la planète est surtout parlementaire. Elle n’est ni directe, ni participative, car fondée uniquement sur la représentation du peuple par des élus qui, une fois élus, n’ont des comptes à rendre qu’à leurs organisations et non à l’ensemble de la société. Il n’y a aucun contrôle des élus, ils peuvent se faire élire sur une position et adopter son contraire tout au long de leur mandat, leur organisation veillera, de toute façon, à leur réélection.

       Dans le système de la représentation, les électeurs ayant délégué par le suffrage électoral leur volonté politique de continuation ou de changement, leur choix réside uniquement dans les représentants des partis ayant les moyens médiatiques et financiers de leur investiture. En effet, la classe politique actuelle forme une oligarchie qui ne permet pas beaucoup d’innovation, ni de moyens de participation de la société civile. Comme les systèmes électoraux sont marqués, surtout par l’alternance de professionnels de la politique et qu’il faut jouer de l’esprit de clan et de chapelle, nous nous trouvons depuis des dizaines d’années, surtout en France, gouvernés par des experts et des techniciens de tout bord qui défendent leurs intérêts propres ou ceux de leur parti. Ce qui fait aussi que peu de femmes s’investissent dans les élections, elles sont d’ailleurs minoritaires dans tous les partis politiques. Il est vrai que la vie politique, fondée sur la compétition, marquée par les luttes de clans, est particulièrement rebutante pour celles qui pourraient amener une autre façon de faire de la politique dans les assemblées. En même temps, les nombreux immigrés présents sur nos territoires et issus des pays colonisés, sont considérés comme des sous-citoyens et en fait de droits n’ont que ceux de payer des impôts, de taire et se faire oublier. Ils ne peuvent, du fait de l’absence de statut social reconnu, participer à la vie des cités où ils résident, certains depuis des décennies.

       Les campagnes électorales sont devenues au fil des années de véritables foires de promotion d’images et de symboles, où les futurs électeurs sont les spectateurs, et sont donc de plus en plus coûteuses. Ne peuvent donc se présenter aux élections que ceux qui en ont les moyens financiers et qui vivent de la politique.

  LE POUVOIR DE L’ETAT 

 

       Dans un pays comme la France qui a, en commun avec les ex-pays de l’Est, le centralisme hérité de la révolution de 1789, le pouvoir est étatique et monopolisé par les politiciens qui sont prêts à tous les compromis pour conserver un Etat fort. Ce pouvoir, qu’il soit de gauche ou de droite, libéral ou socialiste, lamine toutes les opposions non institutionnalisées, rejette toux ceux qui voudraient proposer une alternative au système centralisateur. Les différents mouvements régionaux qui se battent pour la reconnaissance linguistique, culturelle et territoriale se heurtent au mur du pouvoir de l’Etat. Les Bretons voient leurs écoles de langue bretonne se fermer faute de moyens, les Corses luttent contre l’implantation de complexes touristiques qui défigurent leur île, les Basques sont pris en sandwiches entre deux Etats forts et particulièrement éradicateurs de toute forme d’autonomie pour le peuple basque. Les Alsaciens, balancés au gré des guerres et des conquêtes entre leurs deux voisins attendent beaucoup de l’Europe. Cette Europe qui, au lieu de s’appuyer sur des pays centralisateurs comme la France, ferait mieux de copier les pays qui pratiquent déjà, même si ce n’est pas parfait, une espèce de fédéralisme comme la Suisse ou l’Allemagne. Une Fédération des régions d’Europe pourrait être une réponse, dans les mois à venir, aux résistances corses, basques ou irlandaises qui luttent contre des Etats colonisateurs ayant éliminé toutes les traditions et cultures régionales…

  LE POUVOIR QUE L’ON DIT DEMOCRATIQUE 

       Nos politiciens commencent quand même, à force de courir après les sondages de toutes sortes, à se poser des questions sur la faible participation des électeurs malgré des campagnes électorales de plus en plus sophistiquées et de plus en plus coûteuses.

       Ce pouvoir qu’ils s’imaginent détenir et auquel ils sont si étroitement attachés n’est en fait qu’un pouvoir de pacotille, car les véritables décideurs sont les technocrates, et les promoteurs financiers et économiques qui s’appuient sur les contraintes de la rentabilité pour accaparer une bonne part de la réalité du pouvoir, derrière l’écran des élus qu’ils pistonnent, achètent ou mettent en place. On peut se poser la question : le pouvoir, est-il politique ? économique ? Y a-t-il encore une politique qui ne soit pas économique ou financière ? A quoi peuvent donc servir les élections nationales, puisque les décisions se prennent ailleurs ?

       Comment faire confiance à ces politiciens qui nous mentent ? La gauche au pouvoir pendant deux législations, en comptant les cohabitations, a fait la même politique que ceux qui nous ont gouvernés avant eux et ont déçu tous ceux qui croyaient au changement. S’ajoutant à cette déception et à l’effacement des anciens repères, l’écroulement des idéologies, la naissance du nouvel ordre mondial qui est l’ordre de la marchandise fait resurgir toutes les craintes, les fantasmes, l’agressivité et les réactions extrêmes. La montée du front national n’est que l’expression du désespoir des exclus, de l’abandon du politique et de la réaction de ceux qui veulent punir ceux qui les ont trompés. Ils ne se rendent pas compte que ce parti qui prône la préférence nationale est aussi un facteur de déstabilisation sociale, mais ce n’est pas en le diabolisant et en créant des fronts républicains contre lui pour lui faire porter tous les maux qu’on résoudra les problèmes de chômage, de misère, de pauvreté, d’exclusion ou de défaut de démocratie.

       Tous ces facteurs appellent une refonte en profondeur des pratiques démocratiques qui ne peuvent que devenir participatives. Surtout que tous ceux qui s’accrochent comme des ventouses à la démocratie parlementaire ne la respectent même pas. Ils ont voulu l’exporter partout, donner des leçons de démocratie à tout le Tiers-Monde, comme s’il n’était pas capable d’inventer sa propre démocratie. Ils ont surtout été les premiers à soutenir l’arrêt du processus électoral en Algérie car ceux qui avaient gagné les élections en janvier 1992 ne leur plaisaient pas. La junte militaire qui a pris le pouvoir n’aurait jamais pu le faire sans nos chers démocrates et droits de l’hommistes. Pour eux la démocratie se conjugue selon les circonstances et ils ne sont même pas capables d’assumer leurs propres leçons.

  POUR CHANGER DE POLITIQUE IL FAUT SE REAPPROPRIER LES POUVOIRS DE DECISION 

       La démocratie locale, qui est la base de toutes les intégrations, passe par les comités de quartier, de rue, de village. Le quartier, délimité par le comité des habitants, autochtones ou immigrés, hommes ou femmes, intellectuels ou ouvriers, employés ou chômeurs, doit redevenir une véritable collectivité avec des lieux de débats et de confrontations, élisant des représentants directs et disposant d’un budget qui lui soit propre. Tous doivent avoir accès aux décisions qui les concernent. Les nombreuses associations de quartier, de défense du cadre de vie, de l’environnement, les comités locaux, les associations de parents d’élèves, les syndicats intercommunaux doivent être associés à la gestion municipale, pour que chaque municipalité devienne vraiment représentative et sous le contrôle des citoyens qui la composent.

       La démocratie de base, c’est aussi la participation dans les entreprises, les hôpitaux, les écoles, les facultés, les lieux de vente et d’achat, etc. Il y a toute une organisation de la société à réinventer.

       Le référendum à initiative populaire, tel qu’il se pratique dans les cantons suisses, peut aussi contribuer à abroger toute décision qui paraît préjudiciable aux habitants et leur permettre d’orienter la politique communale vers des objectifs prioritaires qui ne sont pas toujours pris en compte. L’initiative en appartient à la population : un certain nombre d’habitants (10 % par ex.) peuvent par pétition, après information et débat contradictoire, lancer un référendum mettant aux voix le retrait d’une décision (autoroute, dépôt polluant, centrale nucléaire, entreprise dangereuse, etc.) ou le choix d’un objectif prioritaire.

       Nous pouvons aussi nous référer à certains pays ou régions où cette responsabilisation du citoyen ou du groupe local est mise en pratique, comme par exemple en Libye avec les congrès de base où chaque habitant du lien concerné participe dès l’âge de seize ans à la résolution des problèmes les concernant. Tous, hommes, femmes, vieux, jeunes sont impliqués dans les congrès avec comme objectif de trouver des propositions qui seront discutées dans les autres différents congrès populaires.

       L’Intifada palestinienne, au-delà du fait de la lutte de reconquête de sa terre et de son identité avait largement mis en place ces comités populaires qui géraient les camps de réfugiés et faisaient le lien entre les villes et les villages occupés. Ils avaient créé des coopératives de gestion, d’échange de petite production artisanale et agricole.

       Tous ces exemples s’adaptant à une situation donnée peuvent être étudiés et développés. Les situations et les traditions n’étant pas les mêmes, elles sont difficilement transportables.

  LE RESEAU DE PRATIQUES ALTERNATIVES 

       Toutes sortes d’initiatives qui se veulent une alternative à la politique traditionnelle sont en train de se développer à toute petite échelle, comme des échanges de service, des entraides entre habitants de quartier, des solidarités de proximité, des économies parallèles. De plus en plus de gens étant exclus de la vie sociale, du monde du travail, se trouvent sans ressources et sans logements, se regroupent en comités ou associations et réapprennent à s’organiser dans les quartiers. Car la démocratie ce n’est pas seulement décider à qui doit appartenir le pouvoir c’est aussi veiller à partager les richesses et les savoirs, car elle a aussi surtout dans le contexte de crise actuel, une dimension sociale. Cette conception participative est une bonne réponse à l’apathie politique, au règne des gestionnaires et à la démagogie des pouvoirs.

       A la campagne aussi, tout ce qui touche à l’agriculture biologique ou de proximité est en train de se développer, suite à divers scandales d’empoisonnement des rivières, de pollution de la nappe phréatique ou la crise de la vache folle. Des réseaux d’échange entre villes et campagnes, entre producteurs et consommateurs, à travers les produits de cultures biologiques, non traités, se développent actuellement. Les gens font de plus en plus attention à ce qu’ils mangent ou boivent et se posent de plus en plus de question sur le traitement des aliments de base. De ce côté aussi, ils réapprennent leur rôle de citoyen. Pourquoi faut-il toujours des catastrophes ou des scandales comme ceux de la vache folle, de l’empoisonnement du sang des hémophiles, de la contamination radioactive des baigneurs de la plage de LA HAGUE pour que les gens comprennent qu’ils ne sont pas des cobayes et qu’ils peuvent résister à ce productivisme déferlant.

FEVRIER 1996

 

GINETTE SKANDRANI

ECOLOGISTE

PRESIDENTE DE LA PIERRE ET L’OLIVIER

Réseau de solidarité avec le peuple de Palestine

 

 

 

2 – Michel J. CUNY

  Michel J. Cuny est né en 1950 dans les Vosges.

  Ecrivain professionnel indépendant depuis 1976, il est l’auteur d’importants ouvrages (tant par leur contenu que par leur nombre de pages) : seize dont cinq écrits en commun avec sa compagne, Françoise Petitdemange.

  En 1999, à l’occasion du centenaire de la naissance de Jean Moulin, ils ont réalisé ensemble une exposition en 21 panneaux, intitulée : « Exposition Jean Moulin, une moitié d’ombre, une moitié de lumière… », et ont prononcé, dans toute la France, une série de conférences sur l’ami de Pierre Cot, devenu, par la force des événements de 1939-1945, le créateur du CR (Conseil de la Résistance) dont il a été le premier président.

  Michel J. Cuny rédige des textes dans des blogs et sites qu’il a créés, dont certains en commun avec Françoise Petitdemange, ainsi que des textes dans des sites nationaux et internationaux.

  Les ouvrages de Michel J. Cuny et Françoise Petitdemange, qui pratiquent l’auto-édition depuis 38 ans, sont publiés aux Editions PAROLES VIVES.

http://jacqueslacanviamicheljcuny.hautetfort.com

  CETTE DEMOCRATIE POLITIQUE  

  QUI SERT A MASQUER L’ABSENCE DE LA DEMOCRATIE ECONOMIQUE  

  29 septembre 2012   
 
  Michel J. CUNY 

 

 

      Lorsqu’à l’été et au début de l’automne 1943, Pierre Cot travaille, aux Etats-Unis, sur le manuscrit du « Procès de la République » tout en ignorant la réalité du sort de Jean Moulin, il sait que son retour en France n’est vraisemblablement plus qu’une question de temps. Il s’agit donc, pour lui, de se préparer à participer directement à la suite des événements.

     Or, d’ici à la chute de Mussolini et d’Hitler, la ligne politique qu’il prétend privilégier est celle dont il ne s’est jamais départi depuis au moins une dizaine d’années, comme l’indique la dédicace qu’il place à l’avant des explications qu’il va fournir : 
« A mes camarades du Front Populaire qui poursuivront jusqu’au bout la lutte engagée au lendemain du 6 février 1934 contre le Fascisme et l’Hitlérisme. »

     Parmi ces camarades, il sait que figurent, entre des dizaines de milliers d’autres, Pierre Meunier, Robert Chambeiron et… Jean Moulin qui animent le Conseil politique souverain de la Résistance.

     Au moment où, précisément, toute une partie de la Résistance de droite s’inquiète de la survenue possible, à la Libération, d’un Front populaire aggravé (c’est son mot), Pierre Cot tient le langage inverse, en aggravant son cas d’une présence souhaitée qu’on ne pourra jamais lui pardonner, et qui coûtera la vie à Jean Moulin : celle des communistes :
     « Non seulement je m’honore d’avoir été un des partisans et des militants du Front Populaire, mais je demeure obstinément fidèle à la pensée dont il fut l’expression. Je vois dans le Front Populaire la tradition de la révolution française ; je pense que seule l’union des forces populaires et révolutionnaires françaises, communistes compris, libérera la France de la domination fasciste et permettra un renouveau de la démocratie. »

     Quant au « renouveau de la démocratie« , il se place sous une référence qui fait aujourd’hui dresser les cheveux sur la tête en ranimant indirectement le fantôme de Staline. En effet, dénonçant la naïveté ancienne de lui et des siens, les radicaux-socialistes, Pierre Cot écrit : « Nous sous-estimions la force des puissances de réaction, en France et dans le monde entier ; nous ne nous rendions pas compte à quel point l’évolution du capitalisme avait déjà affaibli la démocratie ; nous avions lu les oeuvres de Marx, mais nous ne les avions pas comprises ; il y avait beaucoup d’enfantillage dans nos conceptions. »

     Oh, Marx, que de crimes en ton nom!…

     Et de fait, nous sentons pointer… la dictature stalinienne (rien de moins!) sous les terribles propos que voici, et qui montrent que, depuis longtemps, Pierre Cot était un dangereux bolchevik infiltré dans les sphères du pouvoir d’Etat : « Je pensais déjà qu’à la démocratie politique devait s’ajouter la démocratie économique et internationale; plus je pénétrais au coeur de la politique française, plus mon expérience administrative et gouvernementale s’enrichissait, et plus je me rendais compte qu’en réalité il ne pouvait pas y avoir de démocratie politique ou de démocratie internationale sans démocratie économique – plus je me rendais compte que pour réaliser l’idéal de la Révolution Française, le suffrage universel est insuffisant : il faut modifier la structure économique et sociale. »

     Horreur : mettre en cause le suffrage universel! Pire, ne faut-il pas décidément émarger au KGB pour oser dire ce qui suit :
     « J’ai vu l’Etat démocratique de plus en plus paralysé par le jeu des forces économiques, ou plutôt par l’usage que faisaient du pouvoir économique ceux qui l’avaient accaparé. »?

     Heureusement, en 2012, nous savons que tout cela ne tient pas debout… puisque même l’Etat français est désormais à genoux devant la finance internationale. Silence, citoyennes et citoyens, et chapeau bas devant celles et ceux qui se sont battus (où ça? quand ça?) pour nous offrir le suffrage universel, le parlementarisme rationalisé et la désignation directe du président de la monarchie élective. C’est certes un peu compliqué, mais… chacun y retrouve… sa grimace.

 

http://mjcuny-fpetitdemange.hautetfort.com/index-1.html

Vidéo de l’exposition Jean Moulin

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,