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21 juin 2021

ALGERIE : Au 50e jour, In Salah ne se tait pas mais se cherche une sortie de crise « honorable »


 

Au 50e jour, In Salah ne se tait pas mais se cherche une sortie de crise « honorable »

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SPLASH IN SALAH

In Salah ne se tait pas. Le bastion de la contestation anti-gaz de schiste mobilisé depuis le 1er janvier maintient son campement sur la Place Somoud (Place de la résistance), poursuit ses meetings et ses marches quotidiennes et continue son sit-in sur le site du second puits de forage expérimental, au niveau du kilomètre 35, débuté il y a deux semaines.

femmes daïra

Mais, au 50e jour de la contestation et en l’absence de décisions gouvernementales favorables aux manifestants, des signes de délitement du mouvement apparaissent. Plusieurs administrations ont rouvert leurs portes telles que la Cnas et La Poste, indique au Huffington Post Algérie, Abdelkader Bouhafs, un des militants du mouvement. Et le nombre de protestataires sur le Place Somoud se fait de plus en plus épars.

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Sans nouvelle d’Alger et sans négociations – la rencontre annoncée entre une délégation d’In Salah et le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, n’ayant finalement pas eu lieu – les manifestants agissent sur place en surveillant de près les sites de forage expérimentaux situés à une trentaine de kilomètres d’ In Salah.

Quelque 25 jeunes de la ville y campent nuit et jour dans cinq tentes installées au niveau du kilomètre 35. « Si on ferme les yeux, ils vont démarrer la fracturation hydraulique », affirme au Huffington Post Algérie Ahmed Belkou, un des campeurs engagés dans le mouvement depuis le départ.

Dans l’attente de l’arrêt des forages du second puits

« Sonatrach devrait commencer à déménager la plateforme du second puits de forage vers Hassi Messaoud d’ici deux à trois jours car la phase d’exploration est quasiment terminée », déclare Abdelkader Bouhafs qui reconnaît que « ce déménagement pourrait avoir un impact sur la suite du mouvement ».

Tout en « restant vigilant » pour s’assurer du « nettoyage du site par Sonatrach » et empêcher « la fracturation hydraulique dans la phase d’exploitation confiée à la compagnie américaine Halliburton », ce déménagement, si symbolique soit-il, pourrait donc sonner le glas du mouvement.

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Quoi qu’il en soit « aucune décision ne sera prise avant le 24 février, jour d’anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures », souligne Abdelkader Bouhafs. Pour cette journée particulière où des marches et rassemblements pacifiques sont prévus à travers le pays suite à l’appel de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), les manifestants d’In Salah ont prévu de « remobiliser la foule » et de convaincre Adrar, Tamanrasset et El Golea de les rejoindre pour une grande marche.

« On ne va pas interférer avec les politiques mais on ne va pas les nier non plus », souligne Abdelkader Bouhafs. « Nous allons rester sur nos revendications de l’arrêt des forages de gaz de schiste ».

Quelques jours avant les militants d’In Salah devraient avoir remis au Président, Abdelaziz Bouteflika, une demande de moratoire se présentant sous la forme d’un « dossier de 40 pages qui rappelle tous les risques que présente le gaz de schiste », précise Abdelkader Bouhafs. « De tous ces événements de la semaine va dépendre la suite du mouvement », conclut le militant.

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Suivez l’actualité sur le gaz de schiste ICI.

 

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