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7 mars 2021

Algérie : Le Qatar : partenaire ou conquérant ?


Le Qatar : partenaire ou conquérant ?

El Watan, 9 mars 2015

Le président du Conseil des ministres et ministre de l’Intérieur de l’Etat du Qatar, Abdellah Ben Nacer Ben Khalifa Al Thani, est depuis hier en Algérie pour une visite de travail et d’amitié, à l’invitation du Premier ministre Abdelmalek Sellal, indiquait, samedi dernier, un communiqué des services du Premier ministère.

La même source précise que «dans le cadre du dialogue politique que les deux pays entretiennent au plus haut niveau, il sera procédé à un examen approfondi de l’ensemble des questions liées à l’évolution des relations bilatérales dans leurs dimensions aussi bien politique qu’économique et notamment l’encouragement des investissements et des partenariats dans les secteurs industriels, pétrochimiques et touristiques».

Lors de cette visite de trois jours, les deux responsables «procéderont au lancement du projet de réalisation du complexe sidérurgique de Bellara dans le cadre d’un partenariat industriel entre l’entreprise Sider et Qatar Steel», ajoutent les services du Premier ministre. Alors, le projet sidérurgique de Bellara va-t-il démarrer enfin pour de vrai ? Lancé depuis au moins quatre ans, l’investissement qatari a été longtemps mis au frigo, avant d’être décongelé et remis au goût du jour, lors de la visite de l’émir du Qatar, cheikh Hamed Ben Khalifa Al Thani, en Algérie, en janvier 2013.

Ce n’est pas le seul projet que les Qataris promettent de réaliser dans notre pays. Le tourisme et l’industrie pétrochimique sont également des secteurs qui intéressent cet émirat du Golfe. Mais force est de constater que le volume des investissements de plusieurs milliards de dollars annoncés depuis 2005 n’a jamais été réalisé. Cela est resté au stade du tapage médiatique mené par des responsables algériens en mal de politique économique pour sortir le pays de la dépendance vis-à-vis de la rente pétrolière.

Le choix de Abdelaziz Bouteflika de se tourner vers les monarchies du Golfe durant ses deuxième et troisième mandats à la Présidence peut bien avoir cette explication. Mais le renforcement de la coopération entre les deux pays et l’intensification des partenariats, aussi bien économique que politique, ainsi que les échanges de visites entre les responsables des deux pays deviennent vraiment problématiques, lorsqu’on sait le rôle que veut jouer le Qatar dans la région.

L’émirat prend de l’envergure, veut dicter sa loi et s’imposer comme un acteur hégémonique dans la sphère géographique du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et même au-delà. Qui ignore aujourd’hui le rôle joué par le Qatar dans la déstabilisation des pays de la région ? Tout le monde sait aussi comment ce pays du Golfe a contribué au développement des groupes extrémistes islamistes dans les pays musulmans pour satisfaire ses visées stratégiques et d’hégémonie.

Alors on se demande vraiment pourquoi l’Algérie veut privilégier un partenariat qui a d’abord montré ses limites, en mettant ensuite hors jeu des investissements nationaux ? Quel profit l’Algérie compte-t-elle tirer d’un partenaire qui joue contre elle en matière d’influence régionale ? La question reste posée. Seuls ceux qui président aux destinées du pays en connaissent le secret.
Said Rezki Rabia

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,