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8 mars 2021

Communiqué et appel des Pacifistes de Tunis à l’occasion du 59ème anniversaire de l’indépendance et de la tuerie du Musée du Bardo


 

Communiqué et appel des Pacifistes de Tunis à l’occasion du 59ème anniversaire de l’indépendance et de la tuerie du Musée du Bardo

20/03/2015

Résumé: Tuerie du Bardo; confiscation de la révolution; démocratie totalitaire; néo-colonisation de la Tunisie.

Comme pacifistes, nous voici à nouveau concernés par les événements récents dans notre pays. Loin de tout sectarisme, nous réagissons spontanément comme nous l’avions fait lors du bombardement par l’OTAN, durant 7 mois, de la Jamahiriya libyenne voisine. De même avons-nous fait, et continuons à faire, avec notre défense de la Syrie, elle aussi victime d’un scénario macabre similaire « bénéficiant » toutefois de la protection du veto sino-russe et d’alliances militaires de la part d’Etats voisins.

Le Musée du Bardo où a eu lieu la tuerie récente représentait un quadruple symbole:

1) historique et politique, comme palais où fut signé le Traité du Bardo en 1881 par lequel fut imposé le « Protectorat ».

2) historique encore comme lieu d’une riche collection archéologique, particulièrement de mosaïques représentant – ce qui n’est pas anodin de le signaler, comme nous le verrons encore (« non-dit »)-  des corps nus de personnages.

3) économique en tant qu’élément du dispositif touristique du pays.

4) politique encore puisque tout le monde ne sait pas que Parlement du pays est situé dans le périmètre de l’établissement.

La Tunisie se laissera-t-elle aussi violer par « Charlie » ?

Aujourd’hui, 20 mars, nous fêtons le 59ème anniversaire de l’indépendance du pays.

Hier, vers 23 h (heure de Tunis) sur la chaîne de télévision dite « nationale » numéro 2, Mr Bouali MOUBARAK, secrétaire-général adjoint de L’Union du Travail, déclarait qu’un défilé officiel était en train d’être préparé pour dimanche prochain et qu’il serait sur le « modèle » de celui, désormais célèbre du 15 janvier dernier à Paris (« Je suis Charlie »). Il ajouta que des contacts étaient en cours pour y faire participer des chefs d’Etats du monde entier ou, au minimum des hauts fonctionnaires de ces mêmes Etats. L’animateur fit toutefois remarquer à son invité qu’il faudrait peut-être éviter d’inviter des gens comme NETANYAHOO…

Or, les Tunisiens ne seront jamais « Charlie » et nous parlons ici de la Tunisie profonde, celle du menu peuple. Celles et ceux qui défileront sous des slogans calqués sur le modèle « Je suis Charlie » ne représentent en fait qu’une infime proportion de la Tunisie (à l’image des taux d’inscription et d’abstention lors des « premières élections « démocratiques » » du pays). De tels individus,  particulièrement bruyants et agités, appartiennent à cette  société du spectacle tunisienne  qui a maintenant 4 ans d’âge. Ils forment les élites oxydantalisées, francisées, champsélysées et sont omniprésents dans les médias. Fidèles fanatiques du nouveau dieu nommé « Société « civile » », ils sont souvent, directement ou indirectement, les représentants de l’impérialisme en Tunisie. Ils vont et viennent entre les diverses ambassades oxydantales et des organisations diverses comme, par exemple, Scholars at Risk (« soutien » de l’Université de New York aux « chercheurs en danger »).

Certes, la tuerie du Musée du Bardo s’inscrit dans le sillage de celle de Paris (« Charlie »). Or, il a été montré que les tueurs français étaient « poussés par le désir, non formulé ouvertement, de s’en prendre à la « décadence du pays qu’ils considéraient comme le leur » (1). Ici, les tueurs tunisiens ne s’en sont pas pris à une « institution » comme « Charlie » parce qu’il n’en existe pas dans ce pays. N’oublions pas qu’il y a un certains temps, devant le même Musée du Bardo, les FEMEN aux seins nus ont été sauvées in extremis par la police d’un lynchage par le peuple lui-même.

Or, l’Oxydant continue d’user de la p-graphie (l’arme suprême de l’impérialisme lui-même, donc au-delà même du capitalisme), comme moyen de chantage face auquel les sociétés traditionnelles dominées, dans lesquelles la Pudeur est une valeur centrale, restent désemparées, tétanisées et contre lesquelles elles ne peuvent donc répondre (« non-dit »)(2). Au nom d’une religion, les tueurs font donc parler les armes pour exprimer ce « non-dit » qui est celui du refus de l’invasion p-graphique. Une telle invasion n’est pas une simple vue de l’esprit mais réelle. Le poison s’est insidieusement infiltré à travers tous les pores des sociétés du « printemps arabe » en particulier et qui en étaient auparavant protégées et, plus généralement, à travers le monde entier, à quelques exceptions remarquables comme la Chine, Cuba et la Corée. De manière systématique, la clef d’un tel assaut est la «  »dérégulation » » du secteur des télécommunications. Il correspond à un diktat incontournable du Fonds Monétaire International comme cela s’est produit en Tunisie (voir note)(*).

Pendant que les organisations de la « société « civile » » confonde une telle invasion avec la jouissance des libertés politiques (le Système sait jouer à merveille sur une telle confusion, en faisant croire notamment qu’il ne peut y avoir de liberté politique sans levée de toutes les contraintes à la diffusion de la p-graphie), les tueurs réagissent et choisissent des cibles qui, de près (comme « Charlie », ouvertement porcnocrate) ou, de loin (quelques statues de personnages dénudés au Bardo), agressent ou chatouillent la Pudeur (1).

Dans la Tunisie « révolutionnaire », on ne réécrit pas L’Histoire; on la soumet au « montage vidéo »

Hier, la même chaîne de télévision dite « nationale » diffusait un programme passant en revue l’histoire contemporaine de la Tunisie. Les hauts faits de la période bourguibienne étaient riches en détail. Par contre, la période allant de 1987  à 2014 apparut soudain comme un trou noir: pas une seule image, pas même la mention du nom de l’ex-président Ben Ali. Voilà une étrange façon d’écrire l’histoire de la part de donneurs de leçons de démocratie. Que les Français imaginent, un seul instant, et par comparaison, une émission retraçant l’histoire du 20ème siècle de leur pays mais sans qu’aucun fait ou même portrait du Maréchal PETAIN, ou encore du Général DE GAULLE, ne soit montrés… Voilà où nous en sommes en Tunisie… Ne parlons pas non plus du fameux discours de GADDAFI à Tunis le 15 décembre 1972 (Palmarium) lequel avait soulevé l’enthousiasme du peuple, à tel point que Bourguiba se vit contraint de se déplacer dans l’urgence pour tenter de « corriger » l’ardeur de ses compatriotes. Ainsi, au lieu de montrer les deux discours, la Censure officielle d’Etat n’autorisa que la reproduction du discours de Bourguiba, pas celui de GADDAFI. En effet, une telle Censure doit surement redouter que,  même mort, le héros anti-impérialiste qui a guidé pendant 42 ans un pays habité par des centaines de tribus antagonistes et qui s’est battu jusqu’à au bout contre 48 Etats ligués contre son pays, ne crée un tremblement de terre en Tunisie…

De manière intéressante, et par un hasard du calendrier, hier, 19 mars, correspondait au 4ème anniversaire du début des bombardements de l’OTAN sur la Jamahiriya Libyenne.  Or, les armes qui ont frappé récemment le Musée du Bardo ne sont-elles pas celles-là mêmes que Qatar, agent transitaire de l’impérialisme, en complicité avec le gouvernement tunisien de l’époque (réunion secrète sur l’île de Jerba), fit entrer en Libye (via le port de Zarzis) dans le but de contribuer à détruire la Jamahiriya libyenne ? Qui sème le vent ne récolte-t-il pas la tempête ?

Par ailleurs, les tueurs enrôlés dans DASH (et ses différents étendards nationaux) ne sont-ils pas souvent des Tunisiens qui furent un jour encouragés par les sorties médiatiques « contre la « dictature » en Syrie et en Libye) de l’ex-président tunisien  Moncef MARZOUKI et autres dirigeants du parti religieux Anne NAHDA ? Quant au nouveau président, Beji Caid ESSEBSI, il n’est pas en reste même s’il s’est vu récemment contraint de répondre par la négative aux demandes expresses de l’Empire via son ambassadeur à Tunis. En effet, il a criminellement participé à la destruction de la Libye, tout comme le précédent (3).

Enfin, par le choix de la cible, les tueurs ont visiblement souhaité porter le « coup de grâce » au tourisme, déjà réduit à une portion ridicule en comparaison avec sa vivacité avant 2011 quand il représentait jusqu’à 20% du revenu national. Or, le pays avait d’abord été privé de cette ressource suite aux bombardements de l’OTAN contre la Jamahiriya Libyenne, un pays non pas lointain comme l’Irak mais dont le territoire est le voisin géographique immédiat des plages de Jerba et de Hammamet…

Appel aux Tunisiens pour éviter une démocratie totalitaire à la française

En ce jour historique du 20 mars 2015 par lequel nous célébrons le 59ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, nous appelons toutes les forces patriotiques à s’unir dans un front commun pour mettre fin à l’occupation de la Tunisie par les professionnels de la « société « civile » » et des médias du Système qui, profitant d’une révolte légitime et humaniste (14 janvier 2011), ont petit à petit mis en place une véritable dictature sous les habits de la « démocratie ». Nous appelons nos compatriotes à un sursaut face à la dérive vers une démocratie totalitaire importée dans notre pays et dont le code de guerre est « Je suis Charlie ». Ces agents de l’impérialisme ont qualifié de « dictature » le régime nationaliste antisioniste de régime de Bachar AL-ASSAD et celui basé sur la démocratie directe (par le peuple et pour le peuple de type Jamahiriya) des congrès populaires de base inaugurée par Mouammar AL-GADDAFI.

Le cache sexe « démocratique » de la « société « civile » » « tunisienne » est aujourd’hui tombé. Comme en France, aux USA et dans la Libye voisine, ses représentants ont contribué à instaurer un Etat d’Urgence qui ne n’ose pas dire son vrai nom: celui de dictature policière. La police et ses postes de contrôle sont désormais omniprésents dans les villes de notre pays. Le prétexte est le même partout: « terrorisme » (« DASH »), comme si ceux qui avaient, directement ou indirectement, contribué à l’extension du champ d’action de ce monstre de l’impérialisme n’étaient pas ces mêmes individus: du parti d’Anne NAHDA à celui de MARZOUKI et d’ESSEBSI.

 

Sources et notes bibliographiques:

(1) Les racines insoupçonnées du terrorisme dit « islamique » (3 février 2015)

http://www.plumenclume.net/articles.php?pg=art1675

(2) « Charlie 2.0 » et son arme redoutable et vicieuse (19 janvier 2015)

http://www.tortillaconsal.com/albared/node/5142

(3) Tunisie: Essebsi, fumiste ex-premier ministre se permet d’insulter publiquement Gaddafi (25 janvier 2014)

http://www.mathaba.net/news/?x=633953

 

Note finale au sujet du FMI et du FSE: La semaine prochaine se tient aussi à Tunis la énième version du Forum Social Mondial où les professionnels de la « Révolution » tunisienne vont pouvoir à nouveau donner des leçons de « démocratie » et de « révolution » à leurs collègues du monde entier. Tous vont dénoncer encore une fois les menées du FMI (Fonds Monétaire International). Or, Moez CHAKCHOUK (directeur de l’Agence Tunisienne de l’Internet) est l’homme qui, au nom de la « liberté d’expression » (la même que celle qui permet à Charlie Hebdo de vomir régulièrement sa haine)(avec toujours le fallacieux épouvantail du “retour de la censure”), a ouvert grand les vannes de la p-graphie en Tunisie en procédant à la «  »dérégulation » » des télécommunications, en fait un diktat classique du FMI exigeant la levée de tous les filtres (logiciels) arrêtant les flux de p-graphie dynamique produits par l’impérialisme, prélude au viol économique, social, culturel et religieux des sociétés prises dans les rets puis au viol tout court (devenu, depuis cette date, très courant en Tunisie) réalisé par des individus toujours préalablement gavés de porcnographie. Le scénario impérialiste est le même partout. L’ex-président du FMI, Dominique STRAUSS-KAHN, a comparu en justice pour le viol d’une femme de chambre dans un hôtel de New York. Les juges n’ont cependant pas porté attention au fait qu’un tel hôtel (comme de nombreux à travers le monde) diffuse systématiquement des programmes p-graphiques à ses hôtes. Cherchez la relation de cause à effet.

 

Par Les Pacifistes de Tunis

 

 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,