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5 mars 2021

Les Bouts des tunnels de la faim Le calvaire des migrants


Boel Souleymane

Les Bouts
des tunnels de la faim

23/03/2015

 

Citations, préface de l’auteur et de célébrités sur le drame du génocide palestinien et de l’exclusion des migrants Africains.

Emmuré vivant au pied d’un mur de séparation (Derrière un mur de l’apartheid d’un territoire occupé).

La traversée du désert égyptien du Sinaï vers un raz de marée de discrimination (Expulsion ou prison ferme pour les demandeurs d’asiles, le calvaire des migrants).

Une terre pleine de fausses promesses pour obtenir aucun statut de réfugié politique.

(Au bout de notre exode m’attendait une détention sans procès).

L’enlèvement du fils d’un important colon dès le lever du jour (L’exigence d’une rançon pas comme les autres).

Quand un mur rassemble deux enfants que des 3

criminels ont toujours voulu séparer.
(Le désir commun d’un affranchissement de toute

annexion).

24 heures pour tout faire exploser, un mur à abattre pour retrouver enfin une circulation libre.

(Lorsqu’un appel vous transforme en poseur de bombe).

Une course contre la montre pour éviter la mort de son fils (Un seul but à atteindre, non pas par la force des armes, mais par la force d’une stratégie).

Une spectaculaire explosion d’un mur transformé en gravier ayant mis fin à notre blocus.

(Une démolition aussi forte qu’inattendue).

Gaza ne ressemble plus à une prison de haute sécurité (La fin d’un apartheid architecturale).

Citations de l’auteur et de célébrités sur le drame du génocide Palestinien et de l’exclusion des migrants Africains.

« Quand même les colombes sont assassinées, la paix ne peut que battre de l’aile» Citation de Souleymane Boel.

« Les opprimés ne doivent jamais se résoudre à accepter toute forme de souffrance qu’on peut leur faire subir. Le courage ne peut s’abandonner dans une position d’autodéfense, mais ne peut que se renforcer quand il s’agit de faire valoir ses droits » Citation de Souleymane Boel.

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« Lorsqu’on dresse un mur de séparation entre les peuples, la paix ne peut que se trouver dans une impasse » Citation de Souleymane Boel.

« La vue que le colonialisme a offert au peuple palestinien est un horizon bouché par la hauteur d’un mur et de ses barbelés » Citation de Souleymane Boel.

« L’humanité ne doit jamais ressembler à une frontière fermée ou à un centre de rétention pour migrants aux clôtures électriques » Citation de Souleymane Boel.

« Parfois un simple silence peut faire qu’on peut être lié indirectement à un génocide ou à un régime de l’apartheid » Citation de Souleymane Boel.

« Lorsqu’on dénonce des crimes de guerre à ceux qui ne veulent pas les entendre parce que certains intérêts économiques ont bouché leurs oreilles jusqu’à la surdité et jusqu’à ce qu’ils arrivent à en tolérer la sauvagerie. Il vaut mieux alors se séparer sur une vérité que de se rassembler sur un mensonge» Citation de Souleymane Boel.

« Comment renoncer à se battre pour la liberté lorsque sont condamné à vivre des hommes innocents dans une prison à ciel ouvert» Citation de Souleymane Boel.

« Le chemin pour la dignité est parfois un étroit sentier ou l’on prend le risque de nager dans l’hémoglobine avant d’avoir pu l’obtenir » Citation de Souleymane Boel.

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« La paix est un idéal, et la guerre parfois un moyen inévitable pour la retrouver» Citation de Souleymane Boel.

« Les cœurs de pierre des grandes puissances qui demeurent passifs face à l’assassinat d’enfants pour une terre sont beaucoup plus lourds et durs que les pierres que les fédayins peuvent lancer sur les forces d’occupation des colons» Citation de Souleymane Boel.

« Le néocolonialisme n’est autre qu’une destruction lente et progressive de l’émancipation des peuples » Citation de Souleymane Boel.

« La disparité que peut subir un peuple par un autre pour une raison raciale ou territorial est une raison valable de le combattre stratégiquement sans résignation jusqu’à ce que ses droits ne soit plus bafoués » Citation de Souleymane Boel.

« La ségrégation géographique et la classification d’une population sont les principaux fondements du régime de l’apartheid » Citation de Souleymane Boel.

« Si la terre est vaste, elle a été partagé en lisières et lambeaux de terre par des hommes aux esprits des plus étroits » Citation de Souleymane Boel.

« L’impérialisme et le sionisme sont des graines du malheur représentant un réel danger pour la paix entre les peuples à l’endroit où elles peuvent être semées » Citation de Souleymane Boel.

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« Aucune vérité ne doit porter un bâillon quand il s’agit de raconter l’histoire d’un peuple que le colonialisme à déshumanisé » Citation de Souleymane Boel.

« Il aurait été souhaitable que dans cette guerre d’occupation le conseil de l’ONU agisse pour la paix au lieu de me donner l’impression d’avoir délivré un permis de tuer à l’occupant » Citation de Souleymane Boel.

« Si la paix ne peut jamais tenir sa promesse de venir à l’heure, c’est parce que les intérêts de la guerre ne font que la retarder » Citation de Souleymane Boel.

« Il suffit de jeter un regard sur l’histoire de l’état d’Israël pour savoir qui est terroriste » Citation de Al Pacino.

« L’humanité est en voie de disparition depuis l’avènement de l’état d’Israël» Citation de Dustin Hoffman.

« Norman finkestein a dit « Mon défunt père était à Auschwitz, ma défunte mère était dans le camp de concentration de Majdanek. Chaque membre de ma famille du côté paternel et maternel a été exterminé. Mes deux parents étaient dans le soulèvement du ghetto de Varsovie. Et c’est précisément et exactement grâce aux leçons que mes parents nous ont enseignées à moi et mes deux frères et sœurs que je ne vais pas être silencieux quand Israël commet ces crimes contre

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les Palestiniens. Et je trouve qu’il n’y a pas plus ignoble que de profiter de la souffrance de mes parents et leurs supplices pour essayer de justifier la torture. Citation de Norman Finkestein.

« La révolution en Afrique du sud n’aura pas atteint ses objectifs et demeurera incomplète tant que le peuple palestinien ne connaîtra pas la liberté» Citation de Nelson Mandela.

« Combien d’injustices ont fait naître des aphasies, et combien l’argent a fait mourir l’esprit de certains révolutionnaires» Citation de Souleymane Boel.

«Certains médias sont une cellule pour votre esprit. Vérifiez à qui ils appartiennent avant de vous informer par eux. Ceci est important pour laisser une chance à votre pensée de rester libre et de vous faire votre propre opinion » Citation de Boel Souleymane.

« La liberté est chérie plus que la vie » Citation de Ramzy Baroud.

« La Palestine n’était pas une terre sans peuple destiné à accueillir un peuple sans terres » Citation de Kery James.

« La puissance nucléaire d’Israël met en danger une paix mondiale déjà fragile » Citation de Günter Grass.

« Le racisme, les violations des droits de l’homme et du droit international sont monnaie courante dans

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ce pays » Citation de Éric Cantonna.

« L’apartheid ne l’a pas emporté en Afrique du Sud et il ne l’emportera pas en Palestine » Citation de Marwan Barghouti depuis la cellule 28 de la prison de Hadarim.

«Le plus grand ennemi du savoir n’est pas l’ignorance, mais l’illusion de la connaissance » Stephen Hacking.

« Quand vous commencez à penser par vous- même, vous leur faite peur, et ils s’efforcent de vous interdire tout contact avec l’opinion publique, de peur que si l’opinion publique vous écoute, elle ne veuille plus les écouter » Malcom x.

« Nous n’avons pas besoin d’un contrôle de la pensée » Citation de John Waters.

« Tous les murs érigés pour séparer les hommes, pour des raisons raciales ou économiques, méritent d’être immédiatement détruit » Citation de Souleymane Boel.

« Jeteur de pierres, le monde sait que ton pays est en guerre. Pas d’aide humanitaire vue que le colon te vole tes terres » Citation du groupe Sniper.

« La résistance est une seule voie pour vaincre l’oppression car la résignation à ses droits ne fera qu’accentuer le régime de l’apartheid » Citation de Boel Souleymane.

Les raisons qui m’ont poussé à écrire cette histoire 9

ou la fiction s’inspire d’atroces faits réels provenant des dérives d’une occupation coloniale et de l’exagération d’une politique sioniste ou se déroule en toute impunité la torture de certains enfants palestiniens, la ségrégation et le rejet des migrants africains appuyé par le mutisme criminel et continu de la communauté internationale par rapport aux violences que ne cesse d’exercer l’état sioniste sur les enfants du peuple Palestinien, les conditions de l’état de santé dans les territoires palestiniens occupés, le refus de passage aux femmes palestiniennes sur le point de donner naissance, et les mauvais traitements que subissent les enfants dans les prisons israéliennes, les maltraitances dans les centres d’interrogatoires et l’état déplorable des camps de réfugiés palestinien et de migrants africains. Tant que l’indifférence et l’inaction des gens feront régner le silence, alors la torture en centre de détention militaire continuera d’exister. Si le silence est d’or, il peut être parfois le complice des plus grands assassins. Malgré de nombreux rapports publiés concernant la confirmation de tortures d’enfants Palestiniens par l’occupant israélien rédigés par l’Unicef, la défense children international et celle du ministère britannique des affaires internationales. Les maltraitances physiques et les tortures corporels commise sur les mineurs arrêtés dans les territoires occupés restent des faits d’actualités. Si la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, que personne ne

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m’empêche d’en jouir pour dresser le constat d’oppression que subit le peuple Palestinien. Le constat de cette ouvrage n’est pas une critique envers un peuple mais envers la politique d’un état colonisateur. Les événements qui se déroulent en Palestine ne sont pas une guerre de religions ou un conflit entre juifs et arabes. Mais la réalité de ce qui ce qui se passe en Palestine et la dépossession ainsi que le nettoyage ethnique d’un peuple soutenu par une idéologie raciste et coloniale qui n’est autre que le sionisme. Le droit des hommes ne pourra solidement se bâtir qu’après l’effondrement de tous les régimes de l’apartheid.. L’humanité ne pourra avancer que quand le courage des hommes ne reculera plus pour faire cesser l’inhumanité. Mon écriture n’appellera jamais à la haine de son prochain, mais juste à l’équité et à la récupération de ce qui a été pris injustement en appelant à la conservation de la dignité des peuples. Ceci à la vitesse d’une pierre qu’un enfant de Gaza aurait pu jeter, mes mots non qu’un seul objectif final ; celui de toucher par la vérité, et dénoncer le néo- conservatisme, car mon intifada est avant tout intellectuelle. Je tiens à préciser dans la préface de cet ouvrage que l’opposition au sionisme n’est pas une forme d’antisémitisme, mais à une idéologie qui au contraire s’oppose aux valeurs saines et universalistes. La logique d’une guerre est totalement immorale quand elle ne cherche pas à défendre ses droits pour obtenir la paix. Les poitrines d’une majorité de

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dirigeants arabes referment des cœurs lourds d’indifférence dont la chair s’est endurcie comme de la roche pour devenir totalement insensible à la souffrance de leur propre peuple. Quand un état criminel décide de déterminer sa propre moralité, on ne peut que finir par découvrir les pires horreurs, en plein cœur d’un apartheid palestinien. Le silence peut être meurtrier, pour ceux qui le préservent face à l’inhumanité.

Rappel des faits sur l’histoire d’une oppression vécue par un peuple derrière le mur d’une séparation : Ce mur a été établit en 2OO2 de façon illicite sous couvert de sécurité car censé protéger des colonies établies illégalement. Il est établi sur des terres détenues illégalement. Le coût moyen du mur est de 1,5 millions d’euros par km et sa longueur dépasse les 700 kms. En 2004, la cour internationale de justice a déclaré ce mur illégal et réclamé sa destruction. Dix

ans plus tard, le mur est toujours à sa place.
Pour comprendre leur présent, les générations

futur ont besoin de connaître leurs passé :
Dès l’accord de skyles picot de1916 qui établit le partage des territoires arabo musulmans entre la France et la Grande Bretagne, cette dernière voulut s’attirer les grâces de l’organisation sioniste mondiale présidée par Haim Weizmann en lui promettant la

création d’un foyer juif en Palestine.
Le 2 Novembre1917 le ministre des affaires

étrangères, le comte Arthur James Balfour, envoie au 12

Lord Rothschild, un leader du mouvement sioniste, une lettre dans laquelle il s’octroie ce qui ne lui appartient pas. Cette lettre qui sera plus tard connu sous le nom de déclaration du Balfour est généralement considérée comme la première initiative officielle entreprise par l’occident pour créer une entité privée sur la terre de Palestine.

La déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), publiée le 2 novembre 1917 par Arthur James Balfour, le ministre britannique des affaires étrangères, en accord avec Chaïm Weizmann, alors président de La Fédération Sioniste, qui sera élu en 1948 président de l’état d’Israël. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif avec le respect des communautés non juives sur le territoire. Cette déclaration est considérée de facto comme une des premières étapes dans la création de l’état sioniste.

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Texte de la déclaration du Balfour (traduction de la lettre)

Cher Lord Rothschild, Le 2 Novembre 1917

J’ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de sa majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l’adresse des aspirations sionistes,

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déclaration soumise au cabinet et approuvée par lui. Le gouvernement de sa majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et aux statuts politiques dont ceux des juifs dans tout autres pays. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à a connaissance de la fédération sioniste.

Signée Arthur James Balfour.

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Le 14 Mai 1948, les britanniques se retirent. La guerre éclate. Les sionistes s’emparent alors d’une grande partie du territoire en procédant à une épuration ethnique du peuple palestinien et y établissent l’état qu’ils nomment Israël. Pendant la guerre, les sionistes expulsèrent environs 750 000 palestiniens de leurs terres et villages. Ces terres sont immédiatement occupées par des immigrants sionistes. C’est pourquoi l’historien llan Papé à déclaré que l’état d’Israël avait été fondé sur une épuration ethnique. « Parmi les plus grands mensonges de l’histoire et qui a servi de justification à la politique sioniste de coloniser la Palestine, il y’a la diffusion de l’idée fausse selon laquelle la Palestine aurait été une terre sans peuple. »

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Les sionistes ont perpétrés un des plus grands génocides de la race humaine, en participant à destruction et à La négation de la communauté Palestinienne. Voilà pourquoi ma plume ne pouvait éviter ce sujet. Comme l’a dit un écrivain d’un autre temps : « Pour savoir qui vous dirige vraiment, il suffit de regarder ceux que vous ne pouvez pas critiquer »

Ce livre est dédicacé à toute les familles des martyrs, réfugiés et résistants palestiniens qui vivent chaque jour sous une occupation militaire pour retrouver leur indépendance, aux militants antisionistes qui ne sont pas contre un peuple mais une idéologie politique et certaines institutions, ainsi qu’aux migrants Africains victime de haine raciale après avoir fuis les persécutions d’un pays en guerre. Des millions de personnes entassées vivent dans la plus grande prison du monde, symbolisée par un mur de séparation dont le tracé a été jugé illégal par le droit international. La plupart d’entre elles souffrent de malnutrition et ne peuvent survivre que grâce à la contrebande transitant par des tunnels. Voilà pourquoi l’histoire qui va suivre s’intitule « les bouts des tunnels de la faim ».

Emmurés vivants au pied d’un mur de séparation (derrière le mur de l’apartheid, celui d’un territoire occupé).

Palestine, territoire occupé, village de Jabalia dans un futur proche… Il se peut qu’un enfant Palestinien, vous raconte un jour une histoire semblable à celle qui va suivre.

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La vie est comme ce profond tunnel que j’ai creusé sous le mur de Bayt Jala, dix-huit mètres sous terre longeant la route 60 près de Bethléem, faite de longue douleurs et rudes fatigues pour avancer seulement de quelque mètres par jours sans savoir à quelle moment viendrait la joie d’apercevoir notre issue. Perdu dans les méandres d’une liberté, avant d’être devenu le libérateur d’un espace cloisonné. J’ai toujours rêvé de faire exploser les murs qui étaient un blocage latéral, un frein à notre libre circulation…

Jusqu’à ce qu’un beau jour où tout cela arriva… Je vivais au cœur d’une injustice, d’une liberté volée en voyant chaque jour la torture et l’interdiction aux malades de quitter Gaza pour se faire soigner. Intérieurement je me suis toujours dit que mieux vaut ne pas avoir de problèmes de santé lorsqu’on est palestinien. Car même si vous étiez sur le point de mourir, vous n’auriez eu aucun traitement de faveur. Occupation illégale, terreur et destruction. Des barrages partout font obstacle, pour que nous puissions nous rendre vers les hôpitaux ou chercher des produits alimentaires. La plupart des enfants meurent faute de pouvoir passer les barrages pour recevoir des soins médicaux. D’un côté du mur, un champ de vision laisse apparaître des piscines, cinémas et somptueux hôtels. Tous les signes d’un train de vie confortable. De l’autre côté un affreux mur fait apparaître un tout autre décor… Puisque l’ostracisme de la douleur d’un peuple ne sera jamais un chemin pour la paix. J’ai su dès le

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début que l’ONU, avec nous, avait fait fausse route. Si de l’autre côté du mur, on apprend très jeune à creuser, ce n’est pas pour chercher de l’or ou du pétrole, mais pour contourner un blocus et pouvoir se nourrir. Lorsqu’on descend pour la première fois dans l’obscurité d’un tunnel, on se dit que l’on ne reverra peut être jamais la lumière du jour, surtout quand tout à coup le groupe électrogène se coupe et que seul la lumière de votre portable peut vous éclairer. Quand un blocus affecte l’approvisionnement alimentaire de votre région, pas d’autre choix que de se résoudre à affronter sa peur pour que sa famille ne meure pas de faim. En voyant ces milliers d’hommes faire la queue avant l’aube, attendant de commencer une journée de plus de douze heures, qui se terminera par un retour aussi laborieux, pour retrouver une file d’attente devant un tourniquet métallique afin de revenir dans mon univers carcéral. J’ai préféré prendre mon temps à creuser des tunnels plutôt qu’attendre un humiliant laisser passer. A Naplouse il existe deux types de chemin, un pour les colonisateurs et un autre pour les colonisés. Voilà entre autre pourquoi j’ai choisi de creuser de profonds tunnels, pour contrer le blocus et vaincre la pénurie de nos produits de base. Une contrebande qui dépend de notre survie pour stopper une malnutrition endémique. J’ai compris que rien ne sert de se fatiguer à faire la queue à un check point ou d’escalader un mur dont la hauteur est prolongée par des barbelés, lorsque vous savez comment

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discrètement passer en dessous. Lorsqu’on souffre d’un blocus terrestre on est malheureusement parfois obligé de jouer au chat et à la souris avec les soldats de Tsahal pour que votre famille puisse rester en vie. Si vous ouvrez la porte à un oiseau il prendra directement son envol et si vous détruisez le mur de séparation d’un territoire occupé les gens iront directement chercher de la nourriture, là où elle se trouve. Voilà ce qui s’est passé sans que personne ne l’ai imaginé. Assis sur le banc d’une cellule sombre avec ma chemise pleine de sang, je ne peux m’empêcher de penser à comment tout est arrivé de façon brusque. Depuis mon enfance j’ai été contraint de faire la queue sur des kilomètres sous une forte chaleur à des postes frontières pour sortir d’un camp de prisonnier qu’on appelle La bande de Gaza. Mon champ de vision est coupé par une longue muraille de séparation, encerclé sur mon propre territoire par des tours de guets et des snipers qui suivent le moindre de mes mouvements, des longues clôtures grillagées et barbelées me contraignent à ne pas me mélanger aux autres. Depuis que je suis né, j’ignore pleinement le sens physique du mot liberté. Sortie du berceau j’ai découvert le drame de l’occupation, je suis comme un prisonnier qui a attendu sa libération et qui viens de comprendre qu’il a écopé de la perpétuité sans aucune raison. Lorsqu’on réalise que notre vie se restreint par un cul de sac, on pense directement à apprendre comment creuser des tunnels pour sa propre survie. Les yeux bandés, j’ai

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l’impression que ma tête va tout à coup exploser tellement les coups que j’ai pris mon sonné, je sens que mon visage est tuméfié dans ce centre d’interrogatoire d’Al Jalame près de Haïfa ou même les yeux bandés je devine sans regrets qu’il m’ont mis dans un sordide isolement cellulaire, avant de reprendre mon interrogatoire. Quand la violence atteint son paroxysme, les séquelles sont d’abord physiques avant d’être psychologiques. Mes yeux recouvert par un épais bandeau, je ressens mon visage enflé par de sévères contusions. Je ne sens plus rien après avoir senti le métal du canon du flingue de celui qui m’interrogeait. Ils sont venu me chercher au domicile d’une voisine, Lamia, qui ma recueilli après la mort de mes parents. Une sorte de deuxième maman, mais qui ne pourra jamais remplacer un être qui vous est cher, et qu’on vous enlève subitement. Lorsque les drames déséquilibrent votre vie, la foi reste le meilleur moyen d’appui pour ne pas chuté dans le gouffre de la folie. Qui aurait en instant étouffé les échos de tous vos cris de secours. J’ai été transféré dans ce centre d’interrogatoire depuis environ 24H, secoué en pleine nuit, alors que mes yeux étaient encore ensommeillés. J’ai vu de façon floue quatre hommes braquant leurs kalachnikovs à hauteur de ma tête. Puis ils m’ont balancé dans un fourgon pour m’amener là où je me trouve. Ils sont venus seulement deux jours après la totale destruction du mur de la Cisjordanie. Sûrement le temps de me localiser, et de planifier ma capture. En

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me cachant l’horizon, ils n’ont fait que me donner la force d’abattre leurs murs. Si les militaires m’ont mis un bandeau sur les yeux dès mon arrestation. Les médias ont fait en sorte de mettre un bandeau sur les vôtres pour que vous ne sachiez jamais ce qui va m’arriver. Blessé aux lèvres. Je ne cesse de cracher du sang, après que mes tortionnaires ont usé cruellement leurs phalange, jusqu’à m’escamoter la mâchoire. Ligoté dans une position inconfortable et maintenu en isolement, je ne vois rien, je ne fais qu’entendre les rires et les insultes de mes tortionnaires. A les entendre, ils se sont assurés de prendre tous leur confort pour pendant des heures pouvoir me torturer malgré mon jeune âge. Dans ma tête défilent les images de mon enfance meurtrie en même temps que les coups me parviennent, des sortes de flashs plus violents que leurs séries de gifles apparaissent dans mon esprit J’ai comme le mauvais présage que je ne sortirai jamais vivant de ce centre d’interrogatoire. L’armée sioniste m’a habitué aux coups de pieds et aux gifles. Jusqu’à ce que je sente que les gouttes de sang des blessures de mes lèvres dégoulinent jusqu’à mon cou. Coincé dans ce centre d’interrogatoire, je m’attends à sévèrement morfler et surtout, à ce que mon calvaire soit long et douloureux. Je sens que ma chemise colle sur moi tellement l’écoulement de mon sang l’a trempée. Tant que je respire, je résiste. Même sur le point de m’évanouir j’affronte mes supplices avec la plus grande dignité. Les rapports entre colons et assiégés ne sont

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qu’actes de violence et brimades, car on ne peut se faire à l’idée d’être un détenu, lorsqu’on sait jusqu’au tréfonds de sois même que l’on est innocent. Harcèlement et persécution par le biais du contrôle du territoire ; comme si tous les abus des droits de l’enfant avaient été rendu légaux dans cette partie du monde. Même sous les tortures de l’occupant, je résiste pour ne pas laisser le plaisir à mes geôliers de leurs montrer un quelconque signe de l’abandon de mon désir pour mon indépendance ou celui de mon amour pour la récupération de ma liberté. Si mes blessures te semblent profondes, mon mal être est encore plus vertigineux. Mon arrestation s’est déroulée entre minuit et cinq heure du matin. Tiré du lit par une brutale rafle nocturne, des hommes cagoulés et lourdement armés ont pété la porte en faisant irruption dans le salon puis se sont jetés violement sur moi en hurlant en hébreu, tout en me maintenant à plat ventre avant de m’écraser la tête avec leurs rangers ; en mettant une partie sur ma nuque jusqu’à la faire craquer. Comme une meute de fauves affamés se jetant sur une gazelle en se disputant leurs repas, les soldats ont l’habitude de bondirent sur des mineurs au moment de leurs interpellation usant de méthodes plus proche de la bestialité que du comportement d’un homme normal. Les yeux bandés et les mains solidement liées, je n’ai toujours pas compris pourquoi ils mon recouvert la vue puisque qu’avec les murs qu’ils ont dressé je me sentais déjà prisonnier. Sûrement

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pour que je ne puisse jamais identifier mes bourreaux et l’endroit où ils vont me torturer Même avec une arme sur la tempe, j’ai toujours eu l’air plus calme et détendu que celui qui la tenait car quoi qu’il pouvait maintenant m’arriver j’avais réussi à accomplir ce que personne n’avait réussi auparavant.. Je suis le seul du groupe à avoir été arrêté, nous étions tous d’accord sur l’objectif, le plan faisait l’unanimité lorsque m’ait venu l’idée. En quelques heures faire sauter les murs de séparation en permettant à Gaza de s’ouvrir au reste du monde. Après cela ils m’ont enlevé de force. S’ils ne m’ont pas encore tué, c’est parce les faits sont trop marquant et parce que je suis devenu en l’espace d’un jour un symbole de la résistance Palestinienne après avoir totalement détruit le mur de La Cisjordanie. J’ai grandi au pays des détentions arbitraires, des actes de tortures et de la barbarie. Pourtant je n’ai jamais reproduis sur les enfants de colons ce que leurs parents ont pu nous faire subir. Même si mes nerfs sont comme une grenade dégoupillée, je suis resté fort pour ne jamais perdre mes valeurs morales. Qui pourrait aimer faire subir la souffrance aux autres après avoir vu les siens haire cette même souffrance qu’ils subissent ? Dans l’ordre militaire sioniste, la torture à remplacé la présomption d’innocence ; les enfants sont emprisonnés sans aucune inculpation si ce n’est le fait d’être Palestiniens. Inflexibles et rudes sont les contrôles que j’ai toujours subi durant mon quotidien. Si la fracture est territoriale, elle est devenue aussi

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physique dans cet état raciste ou des soldats infligent aux enfants les pires sévices. Amis les actes de la plus extrême cruauté qui demeurent en moi inoubliables, il y a les tirs de ces soldats aux intentions génocidaires sur des enfants des villages palestiniens. Seulement deux de mes amis ont survécu à leurs tirs. Le premier voulait être footballeur professionnel mais ne le sera jamais après avoir pris deux balles dans la jambe gauche. Le deuxième voulait être pilote d’avion, il ne le sera très certainement jamais après avoir perdu son œil à cause d’une balle. Si je ne sais pas ce qui m’attend, je m’en doute fortement. Malgré tout, la fierté de ce que j’ai pu accomplir vient anesthésier toute ma douleur. Quoi qu’il m’arrive je sais très bien ce qu’il risque de m’arriver. Les administrations pénitentiaires des envahisseurs ne font que procéder à la déshumanisation des prisonnier mineurs palestiniens. Issu d’un peuple en captivité sur son propre territoire, en recherchant ma liberté par une brève évasion, j’ai fini par faire l’objet d’une détention illégale et inhumaine. Si on ne se fait jamais à l’idée de séparation avec le monde extérieur, comment accepter que notre pays sois devenu la plus grande prison sur terre, alors que l’homme est fait pour vivre en liberté. Ma vie est comme les pierres que je lance sur les voitures et les tanks des colonisateurs. Dure, faite de chocs et pleine de rebondissement. Sans jamais désespéré qu’un jour je puisse vivre libre comme tous les autres hommes. A cet instant dans les geôles des colonisateurs, me reviens en

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mémoire l’histoire qu’un détenu m’avait raconté deux jours après sa libération. Lorsqu’il était dans le centre de détention de Sawasiya, il s’était plaint de mal de dos. Sûrement parce qu’il avait dû subir trop longtemps le supplice de la position au cours de son interrogation. Les médecins du centre de détention lui ont alors donné des médicaments pour chien. Si la paix ne veut plus revenir dans ma région, c’est parce que le sang que l’oppresseur à fait couler à travers l’expansion de sa colonisation a donné à la guerre toute ses raisons. Acculée par l’infamie d’un apartheid ou la menace des soldats obéissant à un gouvernement criminel est constante, n’hésitant pas à pointer leurs armes sur nos toraxs, comme si la vie humaine été totalement insignifiante. Une après-midi, des balles m’ont frôlé le ventre. Ce jour là, j’ai bien cru quelle m’avais touché tellement la faim due au blocus de l’état sioniste m’avait creusé l’estomac. Des contrôles de civils mis à plat ventre sur l’asphalte en leurs écrasant la nuque avec les genoux et les talons, comme si derrière chaque palestiniens se cachait un kamikaze. Comment pouvoir penser faire de vieux os, lorsqu’on ne cesse de voir des familles se faire briser les cotes et les vertèbres de la colonne vertébrale avec les matraques d’une armée d’un régime sauvagement colonialiste. Chaque nuit des travailleurs traversent des check points pour se rendre à leurs lieux de travail, contraint de se lever vers trois heures du matin pour arriver à l’heure. Mais avant de commencer une dure journée de travail, ils devront

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affronter un labyrinthe de grillages qui ressemble à des cages d’animaux, où les contrôles sont strictes et minutieux et où les traitements sont cruels et inhumains. Dans ses longs couloirs de grillage, je me souviens de la première fois où j’y suis rentré. C’était lorsque mon père était encore en vie, il m’y avait amené pour me faire sortir de Gaza. Faute d’être grand, je me suis senti étouffé par la foule. Je serrai très fort pendant une heure la main de mon père pour ne pas finir au sol. Une expérience désagréable avec l’angoisse de manquer d’air comme si jetais au bord de l’asphyxie et que nous allions mourir les uns sur les autre. Depuis ce jour, je garde l’affreux souvenir de cette homme âgé s’écrouler, victime d’un malaise. Les secours n’ont pas pu venir à temps. Ce vieillard a fini piétiné par la foule en plein milieu de ce couloir étroit du check point. La violence à ses rouages et il est parfois difficile de la comprendre et d’enrayer son mécanisme ; l’important étant de ne pas se faire coincer dedans. Lorsqu’elle vous tente, difficile de ne pas succomber à son désir car comment pourrait s’établir le calme et la prospérité lorsque l’armée d’occupation applique des méthodes violentes en ne cessant ses persécutions sur femmes, enfants et vieillards ? Des bavures répétitives commis par des gardes-frontières se livrant à tous les excès de violence. Les mains sur le mur et les jambes écartées, fouillé avec exubérance et insulté sans ménagement. La révulsion dans leurs regards durs et indifférents ne fait que m’indiquer que malgré ma corpulence, le rapport

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de force sera inévitable. Je n’ai jamais compris le plaisir macabre de ces soldats près des cadavres de leurs victimes, en s’y affichant fièrement, le sourire aux lèvres !!!

L’état d’esprit du colon prime à faire valoir sa suprématie, de sorte que ce désir efface en lui toutes traces de sensibilité. Parfois l’espace de l’espoir, peut être aussi mince que le trou dans la grille qui sépare la frontière. Il suffit seulement d’en avoir un peu pour réussir à s’évader en évitant une électrification.

Dès ma naissance, les colons m’ont mis au pied du mur de la violence. Un mur de béton lisse d’une hauteur de huit mètres avec des hautes tours de guet construit par la puissance occupante. Je n’ai pourtant commis aucun crime, ni délit pour qu’ils délimitent mon espace dans et autour de la Cisjordanie. Je suis simplement né en décembre 2004 à Gaza en Palestine. Je suis né incarcéré car mon pays est depuis plusieurs années sous occupation. Là ou en toute impunité les colons sont venus avec un assemblage de béton, assassiner la splendeur de notre paysage. La violence, on peut grandir avec, l’avoir longtemps côtoyé, mais finalement on ne s’y fait jamais. Lorsqu’elle nous accapare en venant à nous sans aucune raison, d’une façon totalement lâche, humiliante et gratuite. Parce qu’une armée coloniale a envahi presque tout l’espace d’un territoire occupé. Il suffit parfois juste d’une parcelle incandescente pour que tout explose. Avant mon arrestation, je vivais déjà en sursis sur cette terre

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volée, et si près des check points. Le rythme de la souffrance ne m’a laissé aucune coupure, car ma vie ressemble à une béante plaie. Pour les forces armées de l’occupation, chaque Palestinien doit être fouillé avant de passer la frontière. J’aurai aimé qu’on s’adresse à moi poliment et autrement qu’avec un doigt sur la détente, et surtout que celui qui risque de la presser par nervosité ne souffre pas d’une psychose caractérisée par un orgueil démesuré et une inquiétante tendance au délire de persécution… Chaque jour la rengaine reste la même ; subir leurs injonctions en relevant nos vêtements pour leurs assurer que je ne porte pas sur moi une ceinture de charge d’explosifs. Une angoisse pesante à chaque passage des check points…

Pour ceux qui ont choisi de passer par là : « Relèves moi ton tee-shirt plus vite que cela ! Espèce de demi- portion made in blocus » Toutes ces provocations gratuites et ces épreuves vexatoires ne font qu’alimenter une tension déjà palpable. Lors des arrestations, les gamins sont violement jetés par terre. Les interpellations sont violentes, abaissantes et arbitraires. L’usage excessif de la force par les troupes de l’occupation est féroce et systématique. Triste constat, mais les chiens dans les pays européens, sont mieux traités que les Palestiniens en Cisjordanie. L’humiliation de notre peuple a été le tremplin de sa révolte, parce que depuis qu’il est assiégé, sa ségrégation demeure continuelle. Quand votre quotidien est parsemé d’une violence indescriptible et délibérée, votre optimisme vous semble irréel comme les

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tours d’un prestidigitateur. Si autant de frustrations sont présentes dans mon esprit, c’est parce que seules les armes des hommes ont souhaité me parler, alors que leurs cœurs envers moi sont restés totalement muets. Marqué par la haine d’une occupation farouche. On ne cicatrise pas les souvenirs d’une oppression avec des pansements, on tente de les oubliés avec le temps. Mais en vain, tout simplement parce que ce qu’on a pu voir est horriblement inoubliable. Pris en étau entre la violence et le manque de liberté, je sens que ces deux faits ne font que broyer mon existence. Le même bilan après chaque contrôle, épaules fêlées, côtes cassées, ligaments arrachés, profondes lésions et importantes fractures. Les interpellations dans la bande de Gaza sont brutales et cruellement injustifiées. Je me suis retrouvé face à la mort tellement de fois, que j’en ai presque perdu le goût de la vie. Une mémoire prisonnière de souvenirs traumatisant me rappelle un triste jour ou deux soldats se prirent en photos à côté d’un cadavre de gosse que l’un d’entre eux venait de descendre. Quelques minutes après l’avoir abattu, son meurtrier semblait fier d’avoir assouvi sa pulsion de domination en posant à côté de sa dépouille en ayant l’air de la considérer comme son trophée de chasse. Les découpes de petite enclave ont fait que les colons ont construit sur nos terres nos prisons. Comme si la mort était en solde. Lorsqu’on grandi dans les environs de Naplouse, on en oublie que la vie n’a pas de prix tellement l’envahisseur a usé de sa violence gratuite. Une barrière de

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l’ethnocentrisme affecte la totalité de nos déplacements et plus de 600 check points me rappellent cruellement que je vie en détention sous un régime d’apartheid moderne. Si le sang des innocents reste une source intarissable, c’est parce que les colons surarmés non cesser de le faire couler. Et si La paix m’a tourné le dos, c’est sûrement parce que chaque jour la menace des armes me fait face. L’occupation n’épargne personne, les soldats en patrouille s’entraînent au krav maga sur des enfants, des doyens qu’ils croisent dans la rue, pendant que la communauté internationale reste passive face aux exactions de ses troupes ultra violentes. Dans le ciel les colombes son parties, chassées par le bruit des hélices des hélicoptères d’attaque, et des avions de chasse qui survolent la zone occupée de Gaza. L’éblouissement des tirs de missiles high Tech et des kalachnikovs perturbe plus ma vue que les rayons du soleil. Quand un régime tyrannique use de l’utilisation d’arme chimique sur les civils… Voilà pourquoi certains jours, il pleut des obus au phosphore blanc sur les camps de réfugiés, laissant des victimes brûlées jusqu’aux os. Une nuit à Naplouse, j’ai vu deux enfants brûler vif, par un écran de fumée de phosphore blanc, qui venait de tomber du ciel. Alerté par les cris atroces de leurs brûlures j’ai compris qu’ils venaient d’être touchés par cette fumée qui peut très rapidement vous brûler jusqu’aux os. Ils sont morts en quelques secondes sous mes yeux sans que je ne puisse rien faire. Par des armes chimiques connues pour être interdites. Et pourtant, j’ai vu des enfants en être la cible,

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par des tirs directs. Même quand le ciel est dégagé, du haut des miradors des postes frontières, les gamins de Gaza prennent chaque jour des averses de balles dans leurs chairs. Nos droits sons laminés, frustré par les brimades quotidiennes d’une occupation, je ne cherche qu’à vivre dignement. Mais comment cela serait-il possible ? Dans un état profondément ségrégationniste où les amalgames vont bon train. Et les préjugés nous collent à la peau comme le sang frais de nos blessures. Le regard sombre des occupants et la logique de leur cruel édifice ont condamné tout un peuple à être des poseurs de bombes. En démarquant les limites à ne pas franchir sous peine d’arrestation ou de mort par balle. Des gardes-frontières qui font preuve d’une violence inouïe, bêtes et disciplinés à faire appliquer la réglementation d’un nouvel apartheid. des proches ont même vu des personnes âgées se faire briser la mâchoire à l’entrée d’un check point. En plein jour, des civils deviennent les proies des soldats durs et bruts aux tempéraments des plus sauvages et des plus cruels, portant des coups de matraque sur n’importe qui dès que l’occasion se présente. L’imagination des bourreaux de cette armée dispose de toute les pires atrocités qu’ils n’hésitent pas à mettre en pratique sur des civils dès qu’ils en ont fait des prisonniers. Alors ils demeurent les premières victimes de leurs services et ordres arbitraires…

Même les armes ne peuvent dissuader l’esprit de notre révolte, alors mourir pour ses droits vaut mieux que vivre en acceptant de les voir bafoués… En ayant

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vécu à Gaza, j’ai toutes les raisons de croire que les enfants sont les premières victimes de la folie de certains hommes. J’ai pris très tôt l’initiative de creuser mes tunnels car quand mon père était encore vivant, j’ai pu voir étant gamin des gens mourir d’étouffement au check point de Taybeh. Privé de liberté de circulation de jour comme de nuit, les files d’attentent s’allongent et les déceptions se multiplient. J’ai donc préféré trouver une voie d’issue plutôt que de subir ses humiliantes et épuisantes procédures qui révèlent que pour l’occupant nous sommes en réalité pire que du bétail, appropriation de nos terres, meurtres de civils, captures et tortures d’enfants. Le bonheur est de l’autre côté d’un mur quasi infranchissable. Au lieu de taper dedans sans réflexion, j’ai préféré me faufiler tranquillement dessous… Ma ville natale est remplie de chars blindés qui avancent malgré les pierres que je lance ; pourtant mon moral reste intact comme le blindage de ses tanks. Face à des hommes aux armes sophistiquées, la résistance ne s’avoue jamais vaincu. Beaucoup de gens auraient baissé les bras devant de tels assauts terriblement meurtriers ; pour ma part chaque fois que je les ai baissé, cela a été pour m’empresser de ramasser une autre pierre et la lancer, tellement je suis avide d’obtenir ma liberté qui m’a toujours été confisquée. Si en moi-même je n’ai pas trouvé la paix, c’est peut-être parce que mes souvenirs traînent les traumatismes de la guerre, et qui font que contre l’oppression qui nous est faite, jusqu’au dernier souffle qui s’expulsera d’entre mes

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lèvres je continuerai à me battre contre leurs injustices pour la liberté de La Palestine. Ma mémoire reste profondément meurtrie par les yeux des mères brûlants, secs et enflés de tristesse, vidés de toutes leurs larmes, inconsolables par la perte de leur fille ou fils déchirées par le souvenir qu’ils n’étaient que des innocents. Dans un torrent de chagrin, la foi est ce qu’il y’a de plus fort pour éviter sa noyade. Ma jeunesse a toujours été émaillée par le rejet et la haine de l’occupant ; de par sa conduite raciste et extrêmement violente. Lui qui a la moindre occasion n’a jamais hésité à violement nous matraquer pour un rien jusqu’à la projection de notre sang. La plupart des patrouilles de l’occupation ont des chiens d’attaque féroces qu’ils n’hésitent pas à lâcher sur les civils palestiniens pour les couvrir de douloureuse morsures en s’amusant des cris de leurs victimes, comme pour le simple fait d’avoir emprunté une route réservée aux colons, et de ne pas avoir respecté celle réservée aux palestiniens. Un jour une dame âgée qui comme moi avait perdu tous les membres de sa famille, m’a dit il y a quelque temps avec le sourire aux lèvres en me fixant droit dans les yeux : « J’espère de tout mon cœur et j’invoque Dieu incessamment pour qu’Ariel Sharon voit tous les jours les victimes du massacre de Sabra et Châtila depuis son coma articulé. Afin qu’il se morfonde de terreur de ce qu’il l’attend, car l’impunité des crimes n’existe pas dans l’au-delà » Je lui ai répondu en la regardant par « Amin ». Puis j’ai appris plus tard que Sharon était mort lorsque j’ai vu une distribution de

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confiserie dans Gaza, je ne me suis pas servi car comment fêter la mort d’un homme même s’il fut le pire des assassins. C’est beaucoup plus tard après qu’elle m’ait parlé que j’ai su que tous les membres de la famille de cette femme furent décimés pendant le tragique événement de Sabra et Chatila. Alors soudainement, je me suis mis à songer a la nature de l’étoffe d’un tel pedigree macabre et sanglant ce tyran a fièrement traîné. J’ai comme le sentiment que l’agonie de cette homme, longue et lente, était un signe destiné à servir d’exemple à ses partisans. Chaque jour, le régime de l’oppresseur m’a fait découvrir de façon précoce le monde de la violence, par une radicale répression où des enfants finissent injuriés, et traînés sur le sol avant d’être menottés. Par des hommes remplis de haine, vidés de tout honneur et agissant pour le compte d’un état spoliateur et assassin. J’aurai aimé ne pas avoir vu autant de violence en une seul journée, que certains n’ont pu en voir en l’espace d’une vie. Voilà pourquoi je n’ai pas grandi tout à fait comme les autres enfants. Lassé d’attendre le sursaut des peuples qui devait venir me rendre ma liberté, j’ai décidé un beau jour de la prendre après certaines circonstances, en faisant exploser le mur de séparation en Cisjordanie. Les circonstances de notre drame remonte au 29 Août 1897. Le premier congrès sioniste qui s’est tenu à Bale, en Suisse (qui deviendra le congrès sioniste mondiale en 1960). Le 2 Novembre1917, le ministre des affaires étrangères, le compte Arthur James Balfour envoie au Lord

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Rothschild, un leader du mouvement sioniste, une lettre dans laquelle il s’octroie ce qui ne lui appartiens pas. Puis, quelques années plus tard, vers 1948, après le retrait des troupes des colons britanniques, l’ONU déclare la création d’un état colonial qu’ils appellent Israël, établi sur des terres arabo-musulmanes. Ce qui engendra la rude spoliation ainsi que le vol des terres palestiniennes, et un affreux nettoyage ethnique de mon peuple par l’occupant. La moitié des colons qui vivent en Palestine sont en réalité des migrants qui ont pris le contrôle de 93 % des terres palestiniennes alors qu’avant l’invasion britannique ils n’en possédaient que 2%. Aujourd’hui encore, au mépris des traités internationaux, les sionistes continuent à grappiller des territoires qui ne leurs appartiennent pas. Je ne vais plus à l’école car un raid aérien l’a totalement détruite. Je ne vis plus avec mes parents car ils sont mort après un terrible bombardement aérien de l’armée d’occupation, Dans l’ombre du silence, les bombes tombent autour de moi et les massacres des civils se commettent à la lumière du jour. C’est parfois au moment où les bruits des bombes prennent fin, que la tragédie silencieuse ne fait que commencer. Chaque jour je soulève péniblement mes paupières pour voir le massacre de mon peuple, et dans l’expression de mon regard attristé peut apparaître clairement la mort de civils dans le reflet de mes pupilles. Autour de moi, presque tout a été détruit par la puissance coloniale sioniste. Sauf ma foi qu’ils ne pourront jamais mettre en ruine. Leurs

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brutalités peuvent nous avoir cassées les os, mais elles ne pourront jamais casser notre volonté d, devenir des hommes libres. Quand un seul être vous manque, tout vous paraît dépeuplé. Alors que dire lorsque l’on perd toute sa famille d’un seul coup lors de l’offensive d’un raid aérien ? Quand mon regard s’est posé sur la maison dévastée de mes parents, en voyant les décombres encore fumants, il planait encore cet épais nuage noir de fumée. J’ai immédiatement compris que ma famille ne serait désormais seulement vivante que dans mes souvenirs. Psychologiquement affecté après avoir perdu ma famille, dans un intense bombardement. J’ai fait longtemps, et toujours, le même terrible cauchemar. Où je pouvais voir dans un affreux songe mon petit frère tenté de nettoyer une mare de sang avec un balai à raclette. Je pense que si j’ai fait longtemps ce même cauchemar, c’est parce que de son vivant il aidait beaucoup mes parents pour l’entretien de notre maison, avant que les bombes ne l’ai transformée en un tas de morceaux de pierres. Si la lune avait eue la parole, elle aurait pu vous dire combien les bombardements meurtriers dans l’enclave Palestinienne ont laissés d’enfants morts alors que ces innocents étaient plongés dans leur sommeil. Quand les bombes épargnent nos habitations, ce sont les bulldozers des colons qui viennent les détruire pour l’extension de leurs colonies. Ma vie ressemble à une corrida humaine où dans l’arène se trouve les politiciens de la communauté internationale prêts à assister à ma mort en tant que

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spectateurs indifférents. L’éclat des bombes ont cimenté ma peine en détruisant totalement le bonheur que ma famille avait pu construire. Chaque jour des gosses évitent de perdre la vie sous un soleil de plomb, le vent des balles sifflent fort, et un lent suicide souffle la chaleur d’un mal être. Les drames se répètent et les victimes se ressemblent trempées par les pluie de larmes de leurs proches avant le crépuscule du jour. Nos nuits ne sont pas faite d’étoiles mais de bombes au phosphore qui tombent du ciel et viennent meurtrir des enfants endormis avant la lumière du jour. Laissant dans leurs sillages des cadavres encore fumants… Je me rappelle que ma mère ne cessait de me dire « Youssouf ne sors pas, c’est dangereux dehors ». Mais en Palestine occupée, il se peut que dehors vous soyez plus sécurité que chez vous car les représailles aériennes de l’occupant se moque éperdument de savoir qui a tiré une roquette dans l’épaisseur de la nuit. Les frappes aériennes meurtrières seront pour tous les civils. En décembre 2008, ma mère faisait partie des 133O morts que l’opération « plomb durci » à perpétré. Elle a fini chez elle, sous les ruines de sa maison. Avec elle se trouvait le reste de ma famille. Sur les 437 enfants tués en trois semaines de violence par l’occupant, se trouvait mon petit frère Salim Alwadi. Nous n’avions qu’un an d’écart, il est mort à trois ans. Il me reste de mon petit frère qu’un dessin que j’ai retrouvé dans les ruines de notre maison près du corps sans vie de ma mère, il l’a produit juste avant de mourir représentant un petit enfant

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palestinien à genoux avec les mains sur la tête tenue en joue par la kalachnikov d’un soldat de Tsahal. J’ai gardé précieusement ce souvenir qui illustre parfaitement le quotidien des enfant de Gaza. J’aurais aimé avoir de lui un autre héritage que celui de la violence. Je vis entre le dégoût et la peur, et si l’aurore de mes lendemains sont improbables, c’est parce qu’au centre de Gaza, à chaque minute qui se succède peut se produire l’imprévisible. Les fouilles des maisons qui traquent les jeteurs de pierres se transforment souvent en carnage indicible ou en en acte de vandalisme dans le meilleur des cas. Je m’appelle Youssouf Alwadi. Si j’ai passé mon temps a prendre le risque de jeter furtivement des pierres sur des colons, en évitant leurs balles, c’est parce que l’odeur de nos morts à remplacée celle de nos oliviers. Si l’essor de ma tristesse est en pleine effervescence c’est parce que les chants des balles se sont inscrits dans ma mémoire sans que je ne puisse oublier leurs refrains. Ne sois pas étonné de me voir vomir mes peines, quand personne n’arrive à digérer le goût de la misère. D’habitude, ce ne sont que les morts que tu trouveras sous terre ; sauf à Gaza ou tu trouveras des enfants qui ne cessent de creuser pour être toujours en vie. La vie de mon peuple ressemble à une prise d’otages où pour un rien les armes se dirigent sur nous pour faire régner La terreur. Les contrôles de civils s’effectuent avec nonchalance parce que le sadisme et la paranoïa a remplacé la morale de ces hommes armés. Si je risque de mourir de soif c’est parce que l’état colonisateur contrôle tout le système de l’eau

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des territoires occupés de la Palestine. Dans cette région sèche au climat semi désertique, la fraîcheur de la pluie demeure quasi inexistante. L’immense mur de séparation me prive du bien de Nazlet Isa, une des plus riches sources en eau d’une zone aride de la Cisjordanie. On étrange pas La soif de vivre d’un peuple avec seulement quelque gouttes. Seulement à quelque mètres de La frontière un soldat qui vous fixe nerveusement en vous tenant en joue avec son arme et vous somme de déboutonner et laisser tomber votre pantalon pour lui montrer que vous ne transportez pas d’explosifs. Je n’ai jamais voulu être un chippendales, donc c’est aussi pour éviter ce genre de dégradantes situations que je me suis mis à creuser mes propres tunnels. Le poids de ma vie est pesant par son désarroi existentiel, à seulement 15 ans je m’attends à ce que mon avenir prenne une tournure sanglante en résistant à mes oppresseurs. Confronté incessamment aux exactions violentes des hommes du déshonneur vêtu de kaki, le quotidien d’un jeune en Palestine occupée est de finir par devenir la proie de l’envahisseur en risquant à tout moment de croiser une patrouille dont les habitudes sont de laisser des bras fracturés, ou faire l’objet d’enlèvements à domicile, passages à tabac, tortures infligées, jusqu’à parfois pouvoir recevoir le gaz de grenades étourdissantes à l’intérieur d’une mosquée, voir même de finir dans une des cellules putrides sans fenêtres, sans aucun accès à l’air frais. Je me rappelle sans que ma mémoire me fasse défaut de cet après-midi à Rafah où

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un groupe de soldats sont entrés dans une épicerie tenu par un Palestinien. Ils semblaient agités. Une fois à l’intérieur, ils ont commencé à prendre plusieurs sodas et confiseries en mangeant comme des goinfres dans son magasin. Au moment de régler, ils sont directement sortis en continuant de s’étouffer de leurs rires sarcastiques, lorsque le tenancier les a rappelé pour leurs demander de passer à la caisse pour le règlement des articles ouverts. Ils l’ont violement rossé avec les crosses de leurs armes. Si ces gens ont pu nous voler nos terres, j’ai pu constater qu’ils pouvaient également s’approprier les biens du commerce d’honnêtes hommes. Malgré nos jeunes âges, les kalachnikovs des gardes-frontières n’ont pas cessées de nous tenir en joue ; c’est peut-être pour cette raison que je suis devenu un des plus adroits lanceurs de pierre de toute la Cisjordanie. Si nos cris de douleurs s’apparentent aux cris d’une personne aphone, cela ne s’explique que par la puissance du lobby sioniste qui s’efforce à nous réduire au silence. Depuis mon plus jeune age, je suis le témoin d’expropriations, raids meurtriers. Mon peuple a perdu des milliers d’hectares saisis par des voleurs de terres palestiniennes, pour qu’ils y construisent des colonies sauvages, pour des raisons militaire. Dans l’enclos de la haine, les tueurs d’enfants n’hésitent pas à presser la gâchette. Des balles en réponse à quelques jets de pierres ont fait qu’il ne me reste presque plus aucun amis d’enfance. Des ball-traps humains improvisés, où des enfants font office de cible. Le mutisme des grands de ce monde a fait que la chasse

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habituellement animalière, est devenue humaine par des êtres aux principes les plus inhumains. Un jour j’ai entendu dans un film qu’on ne tire pas sur une ambulance, mais ici, j’en ai vu exploser sous les bombardements de l’occupant ; à partir de là, j’ai su que cela n’était qu’une idiote réplique de cinéma. Occupations illégales, villages démolis. Il y a dix jours mon meilleur amis est mort sous mes yeux d’une balle dans la poitrine, parce que trois soldats ont pris une grêle de pierres et ont riposté par armes à feu. Pas un jour ne passe sans que la tension ne soit palpable et que la situation ne soit propice à l’embrasement. Dur d’envisager le futur lorsque le présent vous étrangle par les perpétuels harcèlements des soldats en treillis même si la menace des armes n’a jamais fait chuter notre courage et notre détermination. C’est parce que des balles prises pour notre libération, seront moins douloureuses que de vivre sous une totale domination. Ma mémoire est pleine d’événements tragiques, d’homicides délibérés, d’expulsions forcées. Ces forces d’occupation qui encerclent nos villages massacrent ses habitants, afin d’y établir ensuite de nouvelles colonies… Parfois dans le ciel, c’est comme si les nuages avaient subit une déchirure par les rayons de fumée blanche provoqués par un déluge de phosphore, d redoutables armes létales et chimiques que l’occupant utilise sur des zones denses où vivent d’innocentes populations civiles, pour provoquer des brûlures atroces qu’aucun service hospitalier ne pourra soigner. Les

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bombes aux phosphores ont laissé sur le sol des cadavres en feu, une sorte de barbecue à chair humaine, où les victimes ont fini complètement roties. Une morgue bien trop remplie sur une terre vidée de tout humanisme. Ce n’est pas une guerre, mais des civils contre une puissance nucléaire, lâche et barbare. Quand les obus aux phosphores éclatent sur des zones urbanisées, les corps des victimes s’enflamment comme des allumettes, pour finir complètement cramés. Une violence récurrente à l’égard des mineurs. Si vous n’avez jamais vu un voleur courir les mains vides, moi je n’ai jamais vu un soldat de l’occupation ne pas user de toute sa violence. Gaza ressemble à une bombe à retardement, que l’état sioniste a mis en route en imposant son blocus, et j’ai comme l’impression d’entendre le son de sa minuterie avant que tout explose. Les pénuries de l’essentiel ont fait que les tunnels sont comme des sondes gastriques, nourrissant des habitants frappée par la famine. Dans un espace territorial aux allures de pénitencier, où les enfants vivent dans la peur sans aucune liberté de mouvement. Parce que l’apartheid de la Palestine a pris des airs de régime sud-africain passé, je me dis qu’un jour ou l’autre viendront les émeutes comme à Soweto, pour mettre fin à cet injuste régime. Mon esprit ne cesse d’être sous pression. Mon corps porte les traces de la maltraitance physique des militaires, tout comme les murs de ma ville porte d’impressionnants impacts de balles. Pourtant je ne fais que 1métre27 pour 38 kilos. J’aurais tant aimé qu’ils

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construisent des ponts aux lieux des murs, mais leurs architectes n’avaient pas les mêmes plans que ceux de mes rêves. Lorsque quelqu’un sème les graines de la haine, il récolte les pierres d’une intifada. Dès la tombée de la nuit, on perçoit les regains d’intention génocidaire des soldats, qui à la frontière se livre sur les enfants Palestiniens aux plus grandes brutalités. Où souvent corrobore dans l’obscurité des abus sexuelles sur des jeunes filles et de violents coups et blessures sur des garçons dont leurs haines proviennent d’une flagrante discrimination ethnique. Un calme clairsemé, instable, et les heurts qui se tristement répétitifs sont devenus habituels. Un jour, une patrouille militaire locale a arrêté un jeune en le conduisant de force dans un bâtiment militaire, le forçant à donner des noms des jeunes participant aux affrontements contre les forces d’occupation. Il refusa d’être coopératif et de devenir un informateur. Un officier du renseignement a alors pointé son pistolet derrière sa tête. Sous l’ordre du premier, un deuxième officier a ramené deux bouteilles de vin et un entonnoir jusqu’à le forcer à boire d’un coup tout leur contenu jusqu’à ce qu’il tombe brutalement dans un coma du à son ivresse. Deux heures plus tard, il a été réveillé par des soldats qui l’ont durement amoché puis l’ont jeté hors de la base militaire. L’armée sioniste mène des incursions dans les zones Palestiniennes, lors des fouilles des maisons les troupes saccagent et dégradent les habitations. Un soir lors d’une fouille chez une habitante de Ramallah, des

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soldats ont été jusqu’à détruire les jouets de ses enfants. Lorsqu’ils sont partis, la dame a constaté que certains soldats avaient été jusqu’à laisser leurs urines sur les murs de son salon. Les grands dirigeants arabes, si insensibles à notre détresse, n’ont fait qu’étreindre mon cœur. Si notre entraide n’avait pas fait défaut, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Occupation militaire, mauvais traitements, discriminations à outrance, mon peuple est devenu indésirable sur ses propre terres. Mais malgré tous les massacres, rien n’a affaibli notre détermination, mais a plutôt développé notre héroïsme. Une sordide annexion de terre, pour en faire une zone militaire. Des terres agricoles confisquées par forces pour emmurer la population. Une vie marquée par une souffrance permanente où les soldats de l’occupation s’amusent au Ball-trap avec les enfants de Gaza. J’aurai aimé éteindre la violence comme on souffle sur une bougie, mais les grands incendies ne s’éteignent pas d’un seul souffle. On ne se fait jamais au surmenage d’une violence gratuite et démesurée, palpable a chaque lever du jour. Certains habitants d’un village de l’In ont voulu un jour manifester pacifiquement contre le mur de séparation qui vise à pousser l’expansion des colonies. Ce jour-là, le gouvernement sioniste à ordonné à ses soldats d’accroître sa répression pour préserver ses intérêts coloniaux. Elle a décimé plusieurs de ses habitants. Cette action meurtrière a été rendue invisible par les plus grands médias comme, fox news, CNN, et le new York times. Les enfants suspectés d’avoir jetés

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quelques pierres doivent faire face immédiatement à des traitements inhumains, menottés et sauvagement battus lors de leur arrestation. D’atroces tortures s’appliquent sur ses mineurs avant qu’ils ne soient envoyés dans des prisons vétustes de Hasharon ou Megiddo, aux cachots fortement humides et aux murs fissurés, favorisant le développement de leurs maladies respiratoires. Les colons s’installent illégalement sur des terres palestiniennes et se livrent à des harcèlements permanents sur leurs voisins arabes. Ils dispersent leurs bétails, attaquent et brûlent leurs maisons isolées, détruisent leurs oliviers. Etre un arabe en Palestine occupée, c’est pouvoir se faire arrêter en slip, les yeux bandés, à n’importe quelle heure, avant de passer par un interrogatoire où la torture sera cruellement indescriptible. Pouvoir faire l’objet à tout moment d’un lynchage dans cet état ségrégationniste m’évoquait les macabres souvenirs des noirs se faisant pendre vers les années 1882 dans le Mississipi. Une époque où régnait librement le pouvoir de la haine raciale. Quand les civils deviennent la cible de violences intenses et délibérées exercées par les troupes d’invasion. Les rues se transforment alors en scène de sauvages agressions publiques et les lynchages ne se produisent plus à l’abri des regards. Chaque jour qui suit nous fait apparaître de nouvelle horreur. Une matinée, les forces de l’occupation se sont mis à perquisitionner dans certaines maisons dans le village de Ibnou Saleh en recherchant certains individus considérés comme des terroristes

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potentiels. Ils ont commencé par violenter les civils et dégrader les biens des habitants. En quelques minutes, la situation à très vite atteint un point de non de retour lorsqu’une mère de famille s’est fait tirer dessus à trois reprises, juste parce qu’elle avait demandée aux soldats pourquoi ils avaient taper leurs fils. Pour les gamins qu’ils ont arrêté ce jour-là, ils connaîtront sûrement le même sort que les 500 à 700 enfants palestiniens connaissent chaque année en se faisant arrêter ; celui de rester 90jours en détention avant d’avoir vu un avocat. Si l’état sioniste n’a pas de respect pour nos vies, elle en a encore moins pour nos morts. En 2009, ils ont exhumés 1500 tombes pour construire sur ce site le musée de la tolérance, financé par le centre américain Simon Wiestenhal; sorte de mauvaise blague macabre qui surpasse le très mauvais goût. En 2011, ils ont détruit plus de cent pierres tombales au bulldozer dans un cimetière de la ville de Jérusalem. Il a été dit que la terre n’assimile pas le corps de certains saints, c’est sûrement pour cette raison que ce jour ci, ils n’ont pas continuer leurs profanations. Issus d’un peuple brimé malgré l’éclat des bombes, nous sommes toujours debout comme le minaret de la mosquée de Twam, située dans la bande de Gaza lors de sa destruction. La plupart des flottilles humanitaires qui tentent d’acheminer des denrées alimentaires pour les habitants de Gaza sont accueillies par les tirs des forces d’occupation, Les fouilles sionistes ont détruit les vestiges de l’histoire islamique de la Palestine pour construire un parking

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d’une colonie illégale. Pour nous les tunnels reste la meilleure solution pour acheminer des vivres à la population. Depuis mon plus jeune âge, je réalise seul mes tunnels pour après faire parvenir quelques denrées alimentaire ou des bouteilles d’eau que je revends ensuite en détail dans la bande de Gaza. J’aurai aimé être comme un oiseau qui déploie ses ailes pour m’envoler au-dessus de ce mur de scission. Mais finalement, je suis comme une taupe en train de passer ma vie sous terre à creuser des tunnels profonds. Avant qu’il ne revienne me chercher dans mon cachot à la lumière forte, allumée depuis mon arrivée comme pour s’acharner sur moi, je me rappel exactement comment toute cette histoire à commencer. J’allais sortir de mon tunnel coté Jérusalem, pour rejoindre la boutique de mon contact, un arabe israélien. Lorsque avant de sortir à la surface de la terre, j’entendis le bruit des essoufflements d’un homme qu’on pourchasse. Il s’agissait d’un réfugié soudanais qui essayer de tenter de semer les militaires qui étaient à ses trousses. Il devait avoir facilement 40métres d’avance sur eux, mais cette homme semblait à bout de souffle jusqu’à en baver de fatigue. Je me suis dit que si je l’appelais pour qu’il se cache, ma tournée risquait de prendre du retard et dans le pire des cas, ils risquaient de découvrir le passage de mon tunnel. Connaissant au travers les gamins la férocité des militaires israélien, je ne pouvais pas lui faire ça. Je me suis donc mis à l’appeler « psitt héée hééé par-là, diriges toi par-là » L’homme s’arrêta intrigué sans voir d’où

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venait la voix qu’il venait d’entendre. En retirant la pierre de l’entrée du passage, il comprit tout de suite qu’il s’agissait de l’entrée d’un tunnel. Une chance inespérée pour lui ; il s’enfouit rapidement à l’intérieur et je rebouchai son entrée en vitesse avant qu’ils n’arrivent. Cette homme était tellement essoufflé qu’avec la poussière du tunnel, j’avais peur qu’il tousse et nous fasse ainsi remarquer. « Ça va ? » « Oui ça va aller incha’allaah » « comment t’appelles tu ? » « Mouca et toi?» «Youssouf al Wadi» «Quel âge as-tu petit?» « 15ans » « 15ans et tu es déjà tout seul dans ce long tunnel » je lâchai un léger sourire avant de lui répondre « Au risque de t’époustoufler comme tout à l’heure, je vais quand même te répondre j’ai commencé à creuser à l’Age de sept ans. Car je n’avais pas le choix Mouca, quand on vit sous l’occupation, il faut trouver un moyen de faire venir les denrées alimentaires et quand un blocus vous laisse le ventre creux, aucun mur n’est infranchissable. Sous ce régime de l’occupation, j’ai appris à construire mon propre bunker après avoir vu les dégâts des bombardements, laissant des lignes de cadavre au sol, des enfants entièrement brûlés par l’éclat des bombes aux phosphore. Les bombes incendiaires peuvent brûler directement jusqu’aux os humains, c’est pour cela qu’après certains bombardements, on retrouve parfois des tas de cadavres carbonisés dont la chair a totalement disparue. » Quelques minutes plus tard, après un silence, il me remercia longuement en me racontant pourquoi ces militaires étaient à ses trousses.

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« Si la brigade canine oketz k9 était derrière moi, c’est parce que je me suis évadé d’un camp de réfugiés africains. Si pour certains les chiens sont les meilleurs amis de l’homme, dès lors qu’ils appartiennent à un soldat sioniste, ils deviennent vite les pires ennemis des migrants soudanais. Leur clébard était à deux doigts de m’arracher le mollet quand l’un d’eux a bondi sur moi pour déchirer une partie de mon pantalon avec ses crocs. Dans cette course effrénée par instinct de survie, je me suis engagé dans cette rue étroite et par chance j’ai réussi à les semer en prenant de l’avance sur eux, sinon j’étais bon pour prendre la direction du centre de détention qu’ils ont construit en plein désert ; avant de prendre un avion pour le Soudan, pour retrouver une mort quasi certaine. Pour fuir mon pays ravagé par la guerre, je suis venu il y’a deux ans clandestinement en Palestine occupée de Juba, la capitale du Soudan du sud, après un long périlleux voyage, passant par la frontière égyptienne du Sinaï. Car le soudan du sud, près de Djouba, a été ravagé par une affreuse guerre civile transformant certaines zones en béants charniers. J’avais en venant ici le fol espoir de pouvoir trouver une terre d’asile et un refuge afin de pouvoir fuir la guerre ; mais finalement en venant ici je me suis heurté à énormément de discrimination raciale et c’est avec une énorme boule dans la gorge que j’ai regretté ce voyage quand j’ai vu comment étaient traité les migrants par la politique de l’occupant. Lorsque je suis arrivé, j’ai occupé un emploi dans un hôtel à Tel Aviv en tant que

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garçon d’étage. Je me suis efforcé de déposer ma demande d’asile par quelqu’un qui travaillait dans l’hôtel, mais finalement ils sont venu me chercher avec un inspecteur de l’immigration pour me placer dans un centre de détention un camp d’internement pour migrants ; où les cellules étaient plus étroites que celles d’un pénitencier.

Dès mon arrivée, un interprète m’a clairement expliqué que je faisais l’objet d’une procédure d’expulsion. A cet instant, mes espoirs se sont effondrés et mes seuls droits n’ont été que d’avoir des conditions de détention drastiques. »

La traversée du désert égyptien du Sinaï vers un raz de marée de discrimination (Expulsion ou prison ferme pour les demandeurs d’asiles le calvaire des migrants)

« Tu as eu beaucoup chance. Les morsures des chiens de La brigade canine oketz k9 sont connues pour être parfois mortelles. Une fois, un brigadier a lâchement lâché son chien sur une civile qui a succombé à ses blessures après que le chien lui ai dévoré une partie de la gorge. Racontes-moi un peu comment s’est passé ta traversée du désert égyptien avant d’arriver à la frontière?» «Plutôt mal, nous étions plusieurs. Il y’avait dix égyptiens, sept Soudanais et trois ivoiriens ; tous entassés dans la benne d’un camion à mourir de chaud. Nous transpirions presque les uns contre les autres, à un moment le camion s’est arrêté pour que l’on puisse soulager notre vessie.

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Chacun est parti de son côté pour uriner. Quand soudain on a entendu un affreux hurlement. Un des deux ivoiriens venait de se faire morde par une vipère à cornes. Le passeur est venu et à juste eu le temps de voir le serpent partir. IL a sorti son flingue et a tiré deux balles dans la tête de l’ivoirien en disant qu’il n’aurait pas survécu ; sous le regard des autres migrants, il a fouillé ses poches et pris son argent. Après cet événement, le voyage était sous tension. Nous ne savions pas si notre passeur n’allait pas nous faire une entourloupe au dernier moment et se débarrasser de nous pour prendre l’argent que nous possédions. Finalement, nous sommes arrivées à la frontière Palestinienne. Un homme balafré est venu et à commencé à compter. Puis il s’est mis à compter une seconde fois en interrogeant le passeur d’un air agacé sur le nombre inexact des passagers clandestins. Le passeur, gêné, tenta d’expliquer la situation. Le balafré s’emporta en lui fracassant le nez avec une pierre qu’il ramassa par terre. Un soudanais précisa qu’il lui avait volé son argent avant de le descendre. Le Balafré se mit en colère et lui dit « combien de balle lui a t’il mis ? » Tous les clandestins répondirent en même temps « deux » Le balafré sorti rapidement son flingue de sa veste pour tirer à deux reprises dans la tête du passeur. Après l’avoir tué, il prit l’argent qui se trouvait dans ses poches pour nous tendre la moitié en nous précisant que nous allions payer que la moitié du tarif » « Et la frontière, comment as-tu fait pour arriver en

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Palestine ? » « Par un tunnel en Egypte qui mène au côté Palestinien. Le balafré nous à juste demandé d’attendre le coucher du soleil, puis nous sommes partis avec un dernier guide qui nous a souhaité bonne chance » « Le guide était palestinien ? » « Non égyptien » « En venant ici, je pensais que j’allais être inexpulsable mais finalement ce n’étais pas le cas»«Mais comment as tu fait pour échapper à la vigilance des militaires pendant ta détention. Mon expulsion était programmée aujourd’hui à 19H15 à l’aéroport David ben Gourion. Deux militaires m’ont amené 3h avant dans le camps où je vivais pour que je puisse récupérer mes affaires personnels. J’avais les mains dans le dos, menotté, quand un des deux militaires m’a enlevé les bracelets pour que je fasse ma valise. J’ai commencé à ranger soigneusement mes affaires lorsque pliant mon linge, j’ai vivement saisi un déodorant qui se trouver dans le fond de ma valise pour asperger les yeux du soldat qui me surveillait en le poussant vers l’avant. Puis je me suis à courir comme un athlète dopé sans me retourner, renversant tous ce qui se trouvait sur mon passage dans ces petites ruelles. La seule chose à laquelle je pensais c’était ma survie. Quelques gens en me voyant courir ont du penser qu’il s’agissait d’un vol à l’arraché. Ils ont donc réagit en essayant de me retenir, mais avec mon élan, je suis arrivé trop vite sur eux pour qu’ils puissent m’arrêter malgré leurs vaines tentatives de m’immobiliser. J’ai du ensuite courir sur environ 800 mètres dont une

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centaine parsemée de bousculades, avant d’entendre ta voix et de me retrouver avec toi dans cette obscur tunnel»Où comptes tu aller quand je t’aurais fait sortir d’ici ? » « Dans le sud de Tel Aviv, j’ai un cousin réfugié qui comme moi à fuit la guerre au sud Soudan, une fois que je l’aurai rejoint, j’essaierai de trouver un petit travail et ensuite je pense que j’essaierai de partir dans un autre pays, car ici les tensions raciales son trop vives. Environ trois mois après mon arrivée, j’ai entendu qu’un groupuscule extrémiste avait jeté un cocktail Molotov dans le logement d’une compatriote soudanaise. Certains soirs, dans certains quartiers, il y a même parfois des chasses à l’homme noir. Un vrai apartheid. Et toi, que comptes-tu faire ? » « Oh moi, je n’ai plus aucun membre de ma famille en vie, je n’ai donc pas d’autre choix que de continuer mon commerce souterrain pour subvenir à mes besoins. » « Quel chemin nous allons prendre là ? » « Ne t’inquiètes pas, j’ai eu l’idée de diviser le tunnel en deux sortie afin que mes allées et venues soit plus discrètes, et qu’au cas où un jour ils descendraient dans mon tunnel, je sache comment les semer. Nous allons donc prendre l’autre sortie, on en a pour à peu près une demi-heure de marche. » « Ok. Puis je te demander pourquoi tu as pris un tel risque pour moi ? » « Les militaires de l’entité sioniste sont d’une extrême violence avec nous, peuple palestinien, mais également vis-à-vis des migrants soudanais, égyptiens, nigériens… Je ne pouvais qu’opter pour le choix de te

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tendre la main car comment ne pas offrir un asile à celui qui, persécuté, fuit un pays en guerre? S’ils avaient réussi à te mettre la main dessus en te capturant, tu peux ère sur que avant de repartir dans ton pays en guerre, une torture affreuse et inoubliable t’aurai été réservée. Je suis un enfant qui n’a pas de barrières dans sa tête. Mouca, je suis né Palestinien mais j’aurai pu naître soudanais ou érythréen. Chaque homme appartient à la même espèce, n’est-ce pas que les hommes ont été créé à partir d’un seul et même homme, Adam, alors pourquoi donc aurais-je eu l’égoïsme d’abandonner un des fils d’Adam en pleine détresse ?! » « Merci Youssouf, Al HamdouLiLLAH (Louange à Dieu), ta parole est certes une sagesse venant d’un homme véridique. Ce qui m’a le plus blessé en arrivant ici est que nous sommes des milliers d’hommes ayant fuient des persécutions, des dictatures. Malgré tout cela, le gouvernement sioniste refuse d’étudier nos demandes d’asiles et de nous traiter comme des êtres humains depuis notre exode. Ce gouvernement n’a fait que nous traiter en sous- hommes car à leurs yeux les réfugiés africains ne sont que des pestiférés indésirables au sein de leurs territoire. » « Les problèmes resteront les mêmes Mouca, tant que l’extrémisme religieux, l’attachement au pouvoir des élites et le mépris du droit des hommes seront mis en place, tout cela ne fera qu’engendrer des guerres sanglantes et atroces. Le problème avec certains extrémistes religieux juifs, c’est qu’ils enseignent en

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transmettant à leurs enfants dès leurs plus jeune âges certaines croyances totalement fausses aux sujets des goyims (les non juifs), comme le fait que les goyims seraient, selon eux, des âmes animales incarnées dans des corps humains pour le service et le plaisir du peuple selon leurs prétention élection par Dieu. Ils enseignent également à partir de certains manuels scolaire la haine envers le peuple palestinien en nous décrivant comme sauvages, violents, terroristes, et criminels. Certains de leurs livres d’étude sont clairement des appels à la haine dans lesquels il est dit mensongèrement que la Palestine est une terre qui fut voler aux juifs par des arabes païens, et que pour eux se débarrasser des arabes est une injonction religieuse. Ils considèrent cette espace terrestre comme leurs terre promise et selon leurs croyance, il est un devoir religieux pour eux d’y bâtir une maison pour Dieu. Alors que Dieu n’a besoin de rien et que son existence ne dépend pas de ceux qu’Il a créé Puisque il existe de toute éternité, Dieu n’a pas besoin de ces créatures, car le besoin d’autrui est un signe de l’entrée en existence et Dieu ne s’incarne pas dans ce qu’il a créé ; car le fait de s’incarner dans une chose fait partie des attributs des créatures. Lorsque j’ai entendu pour la première fois que des gens avaient cette croyance je n’ai pu m’empêcher de me rappeler la parole de cet illustre savant né à Gaza, l’imam Muhammad ibnou Idris Achafi 3yy, qu’Allah lui fasse miséricorde, dont le sens est « Dieu est exempt d’imperfection et existe de toute

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éternité alors qu’aucun endroit n’est de toute éternité. Il a créé l’endroit en ayant l’attribut de l’exemption de début, tout comme avant la création des endroits, le changement n’est pas possible selon la raison à son sujet, ni pour lui, ni pour ses attributs. Voilà la réponse que je donnerai aux hérétiques qui croit que Dieu a besoin d’une maison ou de tout autre chose. Un autre savant du nom de l’imam ibnou l Barmakiyy (qu’Allah l’agrée), avait écrit un traité sur la croyance pour le sultan sala hou din al « ayyoubiyy dont une partie a pour sens » Celui qui fait entrer le monde en existence n’est pas concerné par l’endroit. Dieu est exempté de toute ressemblance. Certains de leurs porte-parole religieux prêchent à tort que le seul langage que les arabes comprennent est le langage des balles. L’insensibilité envers les autres n’est qu’une porte d’entrée vers la déshumanisation. Un livre fondamentaliste a été distribué aux soldats ayant participé au carnage de la bande de Gaza. Un livre qu’ils ont appelé La Torah des rois. Ce livre explique aux centaines d’élèves des écoles talmudique qu’il est licite de pouvoir tuer un goy (un non juif). Pour eux, cette autorisation s’étend aux bébés et aux innocents. Quand la dictature sioniste et les lois talmudiques font basculer les hommes dans le fanatisme religieux, la violence demeure à son apogée et le fœtus de la paix subit un effroyable et brutal avortement. Tant que des esprits continueront de se nourrir de telles idéologies haineuses écrites par des psychopathes en puissance, le

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sort des enfants palestiniens continuera d’être gravement en danger. Quand La haine d’autrui à été la base de votre éducation, vous ne pouvez être qu’une personne raciste repliée sur vos préjugés et votre aberrante stupidité. C’est pour cela que je n’ai aucune haine envers les enfants de colons, mais plutôt une profonde tristesse. Je demande à Allah de les guider sur le chemin de droiture. Je ne pourrais jamais haïr tout un peuple car Dieu dit dans le Coran, plus précisément dans un verset de sourate « al houjourat » ce qui a pour sens : « O vous les gens, nous vous avons créés à partir d’un homme et d’une femme, et nous vous vous avons désignés en nations et en tribus pour que vous vous entre connaissiez. » Au fur à mesure que nous avancions vers la sortie, Mouca me raconta tout un tas d’histoires révoltantes concernant les discriminations qu’il avait pu vivre. « Un jour nous étions moi et des amis dans un restaurant africain situé au sud de Tel Aviv. Nous étions en train de manger et discuter lorsque la police est entrée en plein diner dans le restaurant avec plein de bidon de javel à la main. Le responsable du restaurant est venu avec son permis de travail et leur a demandé quel était le problème ?. Un policier hargneux a dit : « Votre viande n’est pas fraîche. » Puis il s’est mis à détruire 200kilos de viande en les aspergeant d’eau de javel. Le cuisinier s’est mis à lui dire : « Mais pourquoi donc faites vous cela ? Vous n’avez même pas pris le temps de l’analyser ! » Il est resté stupéfait et sans voix. Le lendemain, j’ai appris

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par d’autres soudanais que la même opération s’était déroulée le même jour dans une dizaine de restaurants tenus par des africains possédant une autorisation de travail sans que ne soit prouvé le fait qu’ils n’aient pas respecté les normes d’hygiène alimentaire. Tous ces harcèlements ne sont qu’un moyen pour nous dire que nous ne sommes pas les bienvenus. Lorsqu’on est un soudanais clandestin qui vit dans un quartier sud déshérité de Tel Aviv, vous étiez plus facilement assimilé à un cancer en pleine prolifération qu’à un homme ayant fui la barbarie d’un pays en guerre. » « Je me doute bien que votre venu n’a pas susciter une grande joie de la part des colons, mais il serait bon de leurs rappeler que pour la plupart des israéliens ce sont des descendants de migrants ayant fui la guerre en volant des terres ayant déjà des propriétaires. » « C’est un dialogue de sourd devant une population hostile à notre présence, nous sommes constamment la cible d’attaques, nous somme qualifiés d’infiltrés et accusés de tous les maux, sous prétexte que nous habitons dans des quartiers extrêmement pauvres. Leur politique est sans appel, elle souhaite faire appliquer la détention et l’expulsion pour tous les demandeurs d’asiles. Ils nous reprochent de n’avoir rien, mais nous empêchent de pouvoir travailler, comme si un homme qui fuit la guerre pouvait avoir eu le temps de ramasser toute ses affaires. Notre déportation fait partie de leur projet car ils ont transformé le droit international qui interdit l’expulsion d’un migrant qui risque sa vie, en leur

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rouleau de papier hygiénique. » « Concernant les gens de mon peuple, ils ont préféré une séparation. Les soldats effectuent des incursions militaires en ne cessant de violenter la population. Il y a des exemples concrets traumatisants concernant l’abus des jeunes filles palestinienne, comme l’histoire de cette fille du nom de Insane Daba Bisa, du village de Nouba à l’ouest d’Hébron. Cette jeune fille a été enlevée alors que elle se trouvait au poste de contrôle de Atzion vers 8 heures du matin, jetée dans une jeep militaire, les yeux recouvert d’un bandeau et les mains menottées. Elle fut emmenée au centre de détention de Atzion, et s’est retrouvée seul au milieu d’un groupe de soldats. Elle a été emmenée de force dans la cour du centre de détention de Atzion. Quelques instants plus tard, elle a entendu une musique jouée a fort volume. L’un des soldats a tenté d’abuser sexuellement d’elle, se refusant à ses avances, un autre soldat a commencé à lui ramener un verre d’alcool, pensant que sous l’ivresse elle se montrerait plus docile. Quand elle a refusé, il a continué à la harceler en la brutalisant, frappant ses jambes avec la crosse de son arme. Un autre soldat l’a ensuite saisi par les cheveux pour cogner sa tête sur la jeep militaire jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse. Lorsqu’elle a repris connaissance, elle s’est retrouvée face à une femme qui lui soignait la blessure de sa tête en compagnie de trois virulents interrogateurs qui ont continué à lui tirer les cheveux tout en l’insultant, ils l’ont ensuite accusé d’avoir tenté poignarder quelqu’un

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et de faire partie d’une organisation de résistance Palestinienne. L’interrogatoire a duré 11 heures. Puis ils l’ont transféré à la prison de Ha Sharon où elle a fut condamnée à 22 mois de prison. Dans certains pays du monde, des communautés sont pointées du doigt. En Palestine occupée, la mienne est pointée avec des armes d’assaut ! » « Quelle épreuve cette jeune fille à dut subir ! » « Oui mais le plus triste dans tous cela, c’est que des ONG ne cesse de dénoncer l’impunité de ses tortures, sans que rien ne change. Notre souffrance ne fait que quelque ligne dans la presse internationale. Mais cela n’a jamais vraiment changé les choses.» « Tous ceci m’attriste profondément, j’aimerais vraiment qu’à l’avenir les choses s’améliorent. » « Oui, je le souhaite aussi car actuellement chaque enfant palestinien arrêté est systématiquement torturé et reste dépourvu de toute protection juridique équitable lorsqu’il est placé dans le système carcéral israélien » « Du coup, tu n’as jamais trop pu profiter de ta vie d’enfant ? » « Non, car j’ai acquis très vite la maturité d’un adulte en gardant l’apparence d’un enfant, car à Gaza on côtoie la mort comme le peu d’amis qu’il nous reste, et on apprend très tôt et vite à se débrouiller par soi-même. Et surtout à éviter de se faire attraper, car parmi les traitements cruels et inhumains que doivent endurer les enfants palestiniens, il y a le placement avant inculpation dans des cages métalliques construites à l’extérieur de l’espace carcérale où les interrogateurs israéliens les laissent toute la nuit,

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parfois sous une température glaciale avant qu’ils ne rentrent en prison. Avant cela le suspect mineur subi la brutalité de l’interrogatoire ou les bourreaux ne manquent jamais d’imagination pour terroriser ceux qu’ils arrêtent. Des enfants qu’ils contorsionnent dans la position de la banane en leur fixant le dos sur une chaise et en reliant pieds et mains avec une paire de menotte, les laissant ainsi pendant des heures les yeux bandés en recouvrant leurs têtes. Ils enduisent leurs pantalons, au niveau des parties génitales, de pâté pour chien, ensuite ils ramènent généralement deux bergers allemand, ou deux dobermans tout en ricanant dès les premiers cris de supplication de leurs victimes, qui, dans de telles conditions d’interrogation, n’hésitent pas à passer aux aveux de n’importe quelle accusation » « Tu te rappelles de ton premier tunnel ? » « Oui, très précisément. A cette époque, la famine avait commencé à tuer dans certains camps de réfugiés en raison du blocus. J’ai très vite compris qu’il fallait mieux commencer à creuser des tunnels plutôt que finir par creuser nos propres tombes. J’ai dû mettre environ 1 an et quelques mois avant de le terminer, avec l’aide de deux jeunes du quartier, Fouad et Bachir. Bachir n’aura malheureusement pas pu en voir la fin. Malheureusement, il est tombé sous les balles des soldats de l’occupation deux mois jour pour jour avant que nous ayons pu terminer. Il est mort le jour de ses 14ans après avoir été atteint à la tête d’un tir mortel. Ce jour-là, un autre jeune du coin est mort. Il s’appelait

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Mouhiyy Diin Bassam. Lui a pris trois balles dans le ventre. Je me rappelle très bien de lui car je ne l’ai jamais vu sans sourire. J’ai entendu de la bouche de celui qui l’a enterré, qu’avant de le descendre sous terre, il a pu constater que son visage était souriant, rayonnant, et que son corps dégageait une forte odeur de musc. Quand le tunnel fut terminé, j’ai pu commencer à pouvoir m’extérioriser et ramener toutes sortes de choses que les gens ne cessait de me réclamer. Si bien qu’à Gaza les gens m’avaient surnommé l’épicerie mobile. Je garde le souvenir d’une fois où ce tunnel a bien failli être découvert après qu’on ai fait passer dedans 215 moutons la veille de la fête de al 3idou al adha (La fête du sacrifice). Une grande opération souterraine pour cette occasion, tous les habitants étaient content d’avoir leurs moutons à temps. Les affaires marchaient tellement bien que j’ai décidé d’utiliser les recettes de cette journée pour financer la plus grande partie d’un centre hospitalier. Touchés par ce geste, les gens ont voulu l’appeler par mon nom. J’ai refusé naturellement sans les blesser, en leurs disant que cet hôpital porterai le nom du noble héros salahou din al’ayyoubi. En raison du fait qu’il fut un homme juste et le libérateur de Jérusalem. Pour la croyance qu’il a défendu et pour le fait que ses ennemis croisés furent les premiers à reconnaître sa noblesse de caractère. « Je suis triste pour ce jeune qui n’a pas put voir la fin du tunnel. Moi aussi j’ai vu certaines atrocités à Jouba pendant la guerre civile, mais je ne

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suis pas certain d’en avoir vu plus que toi malgré mon âge beaucoup plus avancé… »

« Hélas, il y a des jours où j’aurai aimé souffler et respirer tranquillement comme tous les autres enfants du monde, jouer au calme pour oublier le temps d’un instant nos vies sous occupation ; mais il suffisait d’avoir la malchance de croiser une patrouille de soldats, pour que le rythme de notre souffle finisse sèchement bloqué sous la force de leurs strangulations. Le problème est tout ce genre d’humiliations, ainsi que toutes ces colonies sauvages qui ne cessent de s’étendre en Cisjordanie ; et l’influence des intégristes juifs dans les institutions qui ne fait que s’accroître de manière inquiétante provoquant le ras le bol de tout le peuple Palestinien. » « En effet, je comprends que tous ces faits ne peuvent qu’être des obstacles pour la paix et des mèches allumer pour la guerre. » « Les tensions, qui sont la source de tant de conflits et le fait qu’ils expulsent par la force des bédouins pour faire place à des implantations racistes réservées uniquement aux juifs. » « Tout serait mieux si chacun faisait des efforts pour la paix en cohabitant sans nuire à son prochain. » « C’est vrai ; encore faut-il que nous ne soyons pas séparés par un mur. » « Ici, même les noirs qui rentrent avec une autorisation de séjourner ne sont pas respectés pour limiter le nombre de naissance, des éthiopiennes juives vivant en Israël ont été contraintes recevoir des injections contraceptives avant de rentrer sur leurs territoires, et les autorités ont été jusqu’à donner des

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primes à certains ivoiriens pour les contraindre de partir. » « En effet, j’ai entendu parler de tout cela. La preuve que tout ceci est clairement une histoire de racisme… »

Une terre pleine de fausses promesses pour n’obtenir aucun statut de réfugié politique.

(Au bout de l’exode une détention sans procès)

« La quintessence d’une idée brillante viens souvent nous éclairer quand elle dépend de notre survie. Lorsque j’ai commencé à creuser des tunnels pour passer en dessous du mur de la Cisjordanie, les gens ont d’abord pensé que je préparais ma tombe tant il est souvent arrivé que des enfants se fasse tuer en une journée par des tirs de soldats. Alors qu’en fait je préparais bien tranquillement le passage pour mon circuit commercial. Le premier que j’ai construit devait faire entre 100 à 300 mètres de long et 7 mètres de profondeur. Une fois terminé, tout passait, Moussa, des téléphones portables, du lait, des vêtements, des armes ainsi que des produits alimentaires. Les bénéfices ont commencé à devenir des épaisses liasses qui donnaient des airs de bosses de chameaux à mes poches. Je commençais à voir la rentabilité de tous les seaux de terre que j’avais pu remonter à la surface. Mon commerce de marchandise était en pleine essor alors j’ai décidé par la suite d’en faire plein d’autre en achetant du matériel et en faisant bosser des petits du quartier. Pour que ça aille vite, je leurs donnaient 100 dollars à chaque mètre creusé, jusqu’à avoir l’idée d’en

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faire trois, à des endroits différent. Mon nom commençait a beaucoup circuler dans Gaza, jusqu’au jour où un homme est venu me voir pour me proposer de me racheter mon tunnel pour qu’il serve à la contrebande d’armes pour défendre la Palestine. Ce jour-là, je lui ai donné sans rien demander en retour. L’homme m’a alors demandé : « Pourquoi tu n’as pas accepté mon argent ? « Parce que l’armée des sionistes a tué des gens sans défense et que je donnerai tout ce que j’ai pour que les gens puissent avoir les moyens de se défendre. » « Ah, je comprends mieux pourquoi tu lui as donné. Tu sais, lorsque je suis passé par le tunnel en Egypte, le passeur m’a dit que l’Egypte (Sous l’instigation israélo américaine) a tenté de bloquer l’accès aux tunnels par la construction d’un mur épais en acier massif et sous terrain, comme si cela avait pu les arrêter. Ils sont alors descendus avec des bouteilles a oxygène, des chalumeaux pour couper à travers l’acier. En deux jours, un passage était de nouveau opérationnel. » « Ahahhaah ça ne m’étonne pas frère, quand on est Palestinien, on à le sens de la débrouillardise ; pas le choix avec ces colons toujours là à nous coller sans relâche. » « Quand tu as donné ton premier tunnel, tu es resté combien temps sans avoir de tunnels?» «Pas longtemps. En quatre mois, les trois nouveaux tunnels étaient finis et beaucoup plus sophistiqués. » « Quatre mois, ça été rapide ! » « Oui, il ne fallait pas que cela traîne, surtout que ceux-ci étaient comme celui dans lequel on se trouve, au moins 30

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mètres de profondeur pour ne pas prendre le risque d’être repéré par des appareils de détections de la force occupante, étayés par une armure de bois pour le confort du déplacement atteignant une hauteur de 1m80 pour les grandes personnes et une largeur conséquente pour faire passer une voiture. J’ai toujours pensé que l’on ne pouvait creuser autrement que pour enterrer nos morts. Comme la seule sortie de Gaza vers le monde extérieur était fermée même aux enfants malades, j’ai décidé d’entreprendre de creuser un long et large tunnel luxueux pour faire venir tous nos besoins médicaux. Finies les longues et insupportables attentes à la frontière où vous vous rendez compte que vous n’allez qu’au parloir de votre propre liberté. Sans les tunnels, rien n’arrive à Gaza. Plusieurs enfants sont déjà morts, faute d’avoir pu obtenir à temps des soins concernant des maladies qui au départ étaient bénignes. « Oui chez nous aussi ont connaît le problème. En Afrique, il arrive aussi que certains enfants meurent encore de maladies qui se soigne très facilement. Seulement à la différence de Gaza, c’est que personne n’empêchera les aides médicales de venir en leurs faisant blocus s’il doit y en avoir. » « Exact, les tunnels ne contribuent pas seulement qu’à stimuler le commerce. Dans certains cas, ils peuvent être une cause pour sauver la vie d’un enfant. Aujourd’hui, ils sont moins nombreux que jadis car l’Egypte a prit la décision de fermer un grand nombre de tunnels après une rixe par arme à feu, entre des gardes-frontières

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égyptiens et un groupe armé Palestinien. Le gouvernement égyptien a pris la décision d’innonder les tunnels permettant aux palestiniens de contourner le blocus imposé par l’état sioniste. Environ 1200 ont disparu. Ce qui a fait que par la suite, mes tunnels ont pris de la valeur car ils avaient été creusés du côté de l’autre frontière. La demande des gens concernant les besoins de leurs produits était incessante. Jusqu’à ce que je décide de les revendre pour en tirer un très bon prix. Si je veux aujourd’hui ; j’ai les moyens d’acheter des faux papiers et de partir dans presque n’importe quel pays, mais jamais je ne partirai pour abandonner la résistance Palestinienne comme le dit un dicton perse (La politique n’a ni père ni mère elle n’obéit qu’aux intérêts). Je ne suis pas un homme politique, je suis un homme d’honneur et un résistant avant tout. Si j’abandonne la résistance pour nos droits, comment puis-je espérer qu’un jour mon peuple vive dignement. Notre liberté nous l’arracherons ! Car aucun colon ne peut comprendre combien cette chose est importante pour un peuple assiégé, dans un état de non droit ou mêmes les pacifistes se font assassinés » « Par Allah, je suis content de te connaître Youssouf, je sais que nos chemins vont se séparer mais je ne pourrai jamais oublier qu’ils se sont croisés. Combien de fois j’ai caressé l’espoir d’être un homme libre, alors que les coups de la réalité m’ont blessé jusqu’au plus profond de mon être. Du soudan jusqu’en Palestine, nous avons la même détermination à imposer nos droits

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d’existence à nos oppresseurs. » Au fur à mesure que nous marchions en poursuivant notre discussion, nous sommes arrivés vers la sortie du tunnel. Mais là, rien ne s’est passé comme prévu. L’idéal aurait été qu’on se dise au revoir en s’échangeant nos coordonnées pour se revoir. Mais non, rien ne s’est passé comme nous avions pu l’imaginer.

Alors que nous étions à quelques mètres de la sortie, nous avons entendu le bruit d’une puissante déflagration. Avec le bruit d’une vitrine qui part en éclat. L’explosion provenait de la bombe d’une femme kamikaze qui venait de faire mine de demander un renseignement à une patrouille des soldats de l’occupation. L’opération suicide d’une femme veuve de son mari n’ayant montré aucun signe de nervosité au moment de son passage à l’acte, qui a simplement voulu se venger en tuant le maximum de soldats israéliens. Cette femme était si jeune qu’elle n’avait pas eu le temps de porter la vie, mais son ignorance joint à l’élan de son désespoir l’ont convaincu de porter la mort en se transformant en bombe humaine. Elle devait porter sur elle entre 9 et 11 kilogrammes d’explosif avec un testament expliquant son désir de finir martyr, alors que ce type d’action s’oppose au Coran qui nous informe dans un verset de sourate an nia’ce qui a pour sens « Ne vous donner pas La mort à vous même. » Au moment où l’explosion s’est produite, de fins morceaux de terre ont commencé à tomber sur nos têtes. Mouca, effaré, s’est alors exclamé « Soubhaanallaah (que dieu soit

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glorifier lui qui est totalement exempt de toute imperfection). Qu’est-ce que c’était ? » « On aurait dit le bruit d’une bombe ! » Des hurlements ont suivi et le bruit d’une sirène d’ambulance a subitement retentit quelques minutes plus tard. Au moment où je m’apprêtai à sortir, j’ai rapidement regardé par prudence si la voie était libre, toutes les rues étaient bloquées. Le visage de Mouca prit un regard inquiet « Qu’est ce qu’on va faire ?! » « Attendre tout simplement que les choses se calment avant de pouvoir sortir. » Une fois redescendu de l’échelle qui remontait à la surface, je dirigeai ma lampe torche vers une pierre pour trouver l’interrupteur d’un bouton secret. Après avoir pressé dessus, un mécanisme se déclencha pour laissé apparaître un étroit passage donnant accès à une salle totalement aménagée. Mouca, stupéfait n’en revenait pas « Hi, ça alors ! » « Hey, oui Mouca, c’était ma petite surprise. Cette salle était au tout début, mon premier lieu de stockage. Ensuite, je l’ai aménagée en salle à vivre avec une télévision à pile. Après d’adjacents travaux, un spécialiste s’est occupé de l’isolation de cette pièce car tu sais mon frère le plus grand ennemi de tes travaux lorsque tu décides de construire sous terre, c’est l’humidité. Cela me coûtait assez cher mais je ne regrette pas un seul instant cet investissement, car dans les cas où des familles de Gaza devant se rendre chez des membres de leurs famille à Jérusalem, et que la rue où se trouve la sortie de ce tunnel peut être quadrillée, ils peuvent au moins attendre avec leurs enfants dans un

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minimum de confort. » « Il manque plus que la salle de bain !!! » « Il y en a une ! Et avec des sanitaires ! Qu’est- ce que tu crois ?! Je n’allais tout de même pas laisser ceux qui empruntent mon tunnel se soulager où l’on marche. L’idée dans la construction de ce projet était d’offrir un tunnel luxueux, tentant de faire oublier à ceux qui l’utilisent pour rejoindre la liberté, tant que les frontières ne seront pas rouvertes. » « En tout cas, je ne m’attendais vraiment pas à cela. » « Quand tu descends Mouca, tu n’as jamais la garantie de remonter. Je me rappelle de ce jeune, Trahir, têtu mais gentil, tous les creuseurs qui travaillaient avec lui ne cessait de lui dire de ne pas travailler sans éclairage et d’aller doucement avec la pioche. Mais lui il n’en faisait qu’à sa tête et un jour où il était en plein ouvrage, ses collègues de travail lui ont signalé que l’heure de a prière du dhour était arrivé, il s’est mis à leur dire : « Plus tard. Je finis d’abord ma tranchée pour être tranquille. » Un de ses grands frère s’est alors mis à essayer de le raisonner en lui a disant « Ne fais pas la forte tête, tu risques de rater la prière en assemblée. » Il s’est entêter et n’a pas écouté le bon conseil. En piochant, il a pris de la poussière dans l’œil et fut aveuglé par la terre. Il a ensuite trébuché et provoqué un éboulement… Il a fini enterré vivant. Quand ils m’ont rapporté son histoire, je me suis rappelé de ce que ma mère me disait toujours « Mon fils, pries dès que viens l’heure, avant que ne vienne l’heure où ce sont les gens qui périront sur toi. » « Moi malheureusement, je me souviens très peu de ma mère.

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Je sais quelle a été tuée dans une mutinerie à Joua au Soudan, c’est sa sœur salina qui m’a pris ensuite en charge pour m’élever comme une vraie mère. Je pense que si peut être je l’avais connu davantage, cela m’aurait davantage attristé. » « Dans ma vie, la mort à tellement été présente qu’elle ne m’a laissé aucun membre de ma famille. Le moment le plus douloureux de ma vie fut lorsque je vis le résultat des bombes ayant transformé la maison ou j’ai grandi en un tas de gravats. Après un tel choc émotionnel, je n’ai cessé de m’interroger sur l’instant du crime de ma famille en me répétant intérieurement la même question. « Au moment où la bombe a explosé, ont ils put ressentir quelque chose tellement le choc avait été destructeur ? » « Youssouf, j’aimerai te demander quelque chose. » « Oui, vas-y » « J’aimerai que tu me raconte le passage de ta vie où tu as le plus ri. «Ah bon? Mais pourquoi?» «Car personne ne m’a jamais raconté une vie aussi triste que la tienne… » « D’accord. C’était un après-midi ensoleillée dans la bande de Gaza. Nous devions être à peu près une dizaine, nous nous étions tous donné rendez-vous sur la plage pour jouer au foot. Nous avons joué environs une heure, et ensuite nous sommes partis nous promenés histoire de nous dégourdir les jambes. Alors que nous marchions tranquillement, deux soldats sont venus nous importuner, en voulant vérifier notre identité. Nous allions nous soumettre au contrôle quand un jeune qui nous accompagnait s’est mis soudainement à sortir une arme et à leurs crier dessus « Levez vos

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mains! Dépêchez-vous!» Surpris par le fait qui l’ai dégainé le premier, ils se sont donc pliés à ses exigences « Tu as tort de faire cela petit, nous sommes des soldats!» «Taisez-vous et mettez-vous à plat ventre avant que je ne vous descende. Hey, dites moi. Pourquoi voulez-vous nous contrôler?» Le jeune m’adressa la parole»C’est quoi déjà ton prénom?» «Youssouf» « Youssouf, désarmes les ! » Une fois désarmés, ce jeune qui s’appelait salih s’est mis à leurs dire « Très bien, on va jouer à un petit jeu dont les règles sont extrêmement simple, je pose une question et tu réponds. Je vois que tu hésites à répondre ; je te tire dessus. Qu’est ce vous comptiez nous faire en nous embarquant?» Un des soldats répondit, terrifié : « Juste vérifier votre identité c’est tout, je t’assure on veille juste à la sécurité du coin et à appréhender les jeteurs de pierre.» Au même moment, une foule d’enfant curieux s’approcha et un enfant aux lèvres brûlées se mit à crier « Hey mais je reconnais ta voix toi, c’est toi qui à éteint ta cigarette sur le bout de mes lèvres au centre d’interrogatoire. Tu m’a d’abord giflé et ensuite serré les testicules de plus en plus fort pour que je balance les noms de ceux avec qui j’étais. Tu as serré si fort que j’ai cru que tu m’avais castré manuellement tellement tu les as pressés comme une orange » Un des gamins le gifla en lui crachant dessus. En voyant cette situation je ne pus m’empêcher d’être gagné par le rire sans pouvoir m’arrêter. Les deux jeunes se mirent à parler entre eux : « Tu es sur que c’est lui ? » « Certain ! Je l’ai reconnu avec le cheveu qu’il a

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sur Langue lorsqu’il parle. » « Alors comme ça monsieur le soldat, t’es un tortionnaire d’enfant ? » « Ce n’est pas moi, tu te trompes. En plus je ne fume même pas !!! » « Tu fume pas ? Et le paquet que tu as dans ta poche, c’est quoi ça ? » « Ok, oui, c’est bon c’est moi. J’ai reçu les ordres de mon supérieur pour faire arrêter les fouteurs de troubles et les jeteurs de pierres. Dans la vrai vie, je ne suis pas du tout comme ça!» «En tout cas moi, je n’en crois pas un mot ! » « Ecoutes, j’ai sur moi une somme d’argent que je pourrai donner à ce jeune sous forme de compensation pour ce qu’il a subit. » « On s’en fout de ton argent !!! Ce qu’on veut, c’est notre liberté. Qui a un portable ? on va filmer ses aveux. » Tous les jeunes sortirent leurs portables et commencèrent à filmer. « Présentes toi et dis nous la vérité sur ce que tu faisais aux gosses dans ton centre d’interrogatoire ! » « Je ne peux pas, non, s’il vous plait ! » « Tu veux crever ? Si c’est non, alors mets toi à table.» «D’accord. J’étais en charge d’interroger des suspects pouvant être des jeteurs de pierre pour le service des renseignements militaires israéliens. J’avoue avoir usé d’abus physique sur des enfants dans le but de leurs arracher des aveux. Nous allions jusqu’à leurs faire subir plusieurs tortures, dont les frapper aux visages avec nos chaussures. Nous avions la pression de notre hiérarchie pour obtenir un résultat.» «Qui était ton responsable ? » « David Lindemann. »« Est ce que tu as des enfants ? » « Oui, deux. » « Imagines toi que quelqu’un leur fasse subir cela ! Est-ce que tu t’imagines

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ou pas ? » Le jeune aux lèvres brûlées se mis à parler « Tu vas le laisser partir avec tout ce qu’il nous a fait ? Un de ses collègues a uriné sur mon cousin avec qui j’ai été arrêté et tu vas le laisser partir ? » La tension monta d’un grand lorsqu’un jeune prit son élan pour lui mettre un coup de pied aux fesses. « Pardon, je regrette… » Salih tira en l’air pour éviter le lynchage puis il se mit à crier » Et imagines que je laisse tous ces gens autour de vous vous lyncher ? » « Non, fais pas cela, je t’en supplie. On n’est pas prêt de recommencer. » « On a tes aveux, et le nom de ton responsable. Je vais te laisser repartir mais à plat ventre comme un alligator car tu t’es conduit comme un alligator. Tu vas ramper en tenant le drapeau palestinien et sache que si j’entends que tu continues à maltraiter des enfants, ta prochaine patrouille risque d’être ta dernière ! Dégages maintenant, mais avant cela files ton fric au jeune à qui tu as eu la cruauté de brûler les lèvres ! » « Les soldats se sont mis à ramper sous les huées et les avalanches de fous rires d’une centaine d’habitant de Gaza, heureux de les voir se faire humilier à leurs tours. Ce jour-là, je n’ai pu m’empêcher de penser que j’allais peut être mourir de rire. Sinon les meilleurs souvenirs que je garde de ma famille sont les mois du ramadan que nous avons pu partager ensemble, avec les habitants de notre quartier. Car au moment de la coupure du jeune, tout le monde étaient solidaires les uns vis-à-vis des autres » « Et bien ces deux soldats ont dû avoir chaud !!! » « C’est le cas de le dire, mais leurs lâcheté ne doit jamais nous conduire à agir comme eux

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car nous ne ferions que leurs ressembler » « Maintenant à toi Mouca de me raconter le moment où tu as le plus ri dans ta vie ? » « D’accord, mais ne me dis pas que je suis une des personnes qui t’ai fait entendre les choses les plus tristes de ta vie. » « Si je te dis le contraire de ce que tu veux entendre, et bien ce serait délibérément te mentir. » « ok bah je crois que c’est sûrement le jour où un ami d’enfance du prénom d’Ibrahim m’a raconté cette histoire à peine croyable qui est arrivé à son frère aîné sur son lieu de travail. Au sein d’un hôpital, au service de l’institut médico légale d’un hôpital de notre capitale Alors qu’il travaillait las-bas depuis deux mois, le corps d’un homme ayant tenté de se suicider en avalant de l’insecticide après une dispute avec sa compagne, est arrivé dans leur service. Considéré comme mort, il a été ensuite transféré à la morgue. Sauf que dès le lendemain, il s’est réveillé. Lorsque l’équipe médicale a entendu des bruits provenant de la morgue, ils ont ouvert la porte en se retrouvant nez à nez avec celui qui pensait être un cadavre. Terrifiés, tout le monde à détalé avant même de penser que cela puisse être une erreur médicale. Quand l’homme est rentré chez lui, il paraît qu’il s’est jeté sur elle pour l’étrangler car au lieu de trouver la pseudo veuve lourdement attristé par le deuil, il l’a trouvé absente car elle était parti à une fête avec des copines pour danser. L’homme frappa le frère de la femme afin qu’il lui indique où elle se trouve. La femme à bien failli avoir un malaise lorsqu’elle l’a vu débouler pour lui demander des

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explications. » « Quelle histoire de dingue ! » « Je ne te le fait pas dire ; lorsqu’il me l’a raconté, je suis tombé à plat ventre de rire. En parlant de mon ventre, je commence d’ailleurs à avoir super faim!» «Tu as déjà mangé maqlouba? (riz renversé à la palestinienne).» «Non, qu’est-ce que c’est au juste ? » « Le plat national Palestinien par excellence. Il consiste à mettre une couche de légumes, ensuite une couche de viande et une autre de riz, les trois dans cette ordre, et on les renverse le tout dans un grand plat une fois cuit. » « Ça à l’air délicieux, mais au lieu de me mettre l’eau à la bouche, dis moi plutôt comment tu vas pouvoir préparer tout cela?» «Et bien c’est simple, un coin cuisine a été aménagé, saches qu’ici nous sommes à environs dix-huit mètres sous terre mais ce tunnel est muni d’un réseau électrique et téléphonique. L’électricité était indispensable pour son éclairage et une partie de sa climatisation. » « Incroyable ! » « Installes toi et mets toi à ton aise. Compte tenu de la situation, je pense que nous allons passer la nuit ici et nous ne ressortirons que demain matin. » « Demain, au lever du jour, je pense que le calme sera revenu dans ce quartier et que les enquêteurs auront quitté les lieux. Heureusement qu’existe ces tunnels ! « La réalité des tunnels qui peuvent exister n’ont parfois rien à voir avec celui dans lesquels nous nous trouvons. Certains tunnels sont longs, profonds, épuisants et dangereux mais restent la seule option pour traverser les frontières. Pour combattre la misère et surtout pour que des familles

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puissent se nourrir» Quelques instants plus tard, le repas fut servi et nous avons mangé copieusement de façon fraternel dans La bonne humeur ; comme si nous nous étions toujours connu en oubliant quelques minutes l’horreur de l’occupation et le mépris que l’état sioniste a envers les migrants africains. Au cours du repas, Mouca m’a posé une question. « Comment vois- tu ton avenir ? » Je lui ai répondu : « Libre inchaa’Allah ». Puis il m’aa interrogé sur les détails de mon comportement et m’a demandé pourquoi j’étais aussi serein et doux après avoir vécu des événements aussi dur ? Je lui ai alors répondu que c’est en raison de la parole de notre prophète Muhammad salla llaahou 3alayhis sallam (que Dieu l’élève d’avantage en honneur et en degré) Maa kaan rrifqou fii chay’in ’illaa zaanah ce qui a pour sens « à chaque fois que La douceur accompagne quelque chose elle l’embellit » C’est une parole prophétique que mon père me répétait souvent. « Ah c’est vraiment dommage que ceux qui gouvernent se pays ne puisse pas l’avoir appliqué dans leur politique. » « Je suis de ton avis Mouca, mais saches que même si tu avais eu la régularisation par cet état criminel de ton titre de séjour, cela ne t’aurait pas épargné des discriminations abyssales que subissent les migrants d’origine africaine et cela quel que soit ton statut social. Il y a juste à prendre l’exemple de cette députée d’origine éthiopienne qui a voulu faire un don de son sang et se l’ai vu refusée car d’après les médias israéliens, le ministère de la santé estime que le sang de

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ses ressortissants d’origine éthiopienne comporte un risque susceptible de propager des maladies comme le sida. Comme si après avoir effectué leurs prélèvements, il leur était impossible de le vérifier pour garantir une parfaite sécurité. Le problème est ailleurs. En raison d’une couleur de peau. Ici les gens de couleur noire sont la cible de traitements indignes et de préjugés les plus nauséabonds. Cette députée a rappelé qu’il y a plusieurs années elle avait participé à une manifestation à Jérusalem organisé par la communauté juive éthiopienne après que certains médias aient révélés que les autorités sanitaires se débarrassaient du sang de cette communauté en ayant sciemment décidé de ne pas l’utiliser. Tout cela malgré le fait qu’ils soient de la même confession. Malheureusement l’histoire de cette dame est comme une tombe qui cache un cimetière des droits de l’homme, dans cet état qui a rétabli l’apartheid pour les palestiniens.

L’enlèvement du fils d’un colon, dès le lever du jour (L’exigence d’une rançon pas comme les autres).

Lorsque l’aurore apparue, nous accomplîmes la prière du Fajr. Après avoir passé plusieurs heures dans les entrailles de la terre, c’était enfin le moment de remonter à la surface. Je suis passé le premier en éclaireur. Quand je suis remonté tout semblait calme en apparence, du moins c’est ce que je croyais. J’ai donc appelé Mouca pour qu’il puisse venir à son tour. «C’est bon Mouca, tu peux remonter, la voie est

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libre ». Quand tout à coup j’aperçu rebondir le ballon d’un enfant de colon qui se mis a rouler jusqu’au trou de l’entrée du tunnel au moment même où Mouca sorti. Un petit colon est alors venu pour le chercher, et s’est mis tout de suite à hurler, à la vue d’un Palestinien et d’un Soudanais masqué par un keffieh portant des habits pleins de terre. « Ne crois pas petit que nous te voulons du mal ». Cette phrase destinée à le rassurer avait eu l’effet contraire. Directement Moussa mis sa main sur sa bouche car nous n’avions pas d’autre choix que de procéder à son enlèvement avant qu’il n’attire l’attention d’une éventuel patrouille et que le tunnel sois découvert. « Chut petit, nous n’allons rien te faire » Le gosse ne parlait pas un mot d’arabe, seulement l’hébreu. Au début je ne savais pas que Mouca parlait cette langue, sinon je me demande comment nous aurions pu communiquer. Je restais stupéfait quand je l’entendis parler avec le gamin «Tu parles hébreu toi ? » « Oui, j’ai appris ici » « Ah bon, mais avec qui ? » « Une israélienne que je côtoyais une semaine après être arrivée. Nous avions en commun une amie soudanaise qui me l’a présenté. Très vite elle est tombée amoureuse de moi sans que je ne le remarque tout de suite. Elle était passée par mon amie pour m’avouer qu’elle n’était pas insensible à ma personne. Cependant, quand j’ai appris que son père était un responsable politique d’extrême droite, je me suis dit que la relation serait trop compliquée et je me suis contenté de garder ses cordonnées. » L’enfant s’adressa

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à Mouca pendant qu’il me parlait « Est ce que vous allez me tuer et me découper en plusieurs morceaux, en me laissant dans ce tunnel?» «Pourquoi dis-tu cela?» Car ma mère m’a dit que les arabes aimait découper les enfants en plusieurs morceaux. » Je me mis à éclater de rire après que Mouca m’ait traduit ses paroles. « Ta mère t’a menti petit, sûrement à cause du sentiment indéracinable qu’elle a contre les Palestiniens. Les arabes ne sont pas comme elle te les a décrit. Si nous t’avons ramené avec nous c’est juste un concours de circonstance. Au moment où nous sortions de ce tunnel, tu t’es mis à hurler. Si nous ne t’avions pas arrêté, une patrouille t’aurait sûrement entendu et ils auraient très certainement découvert ce tunnel qui permet de nourrir une grande partie de la population de la Bande de Gaza. » « Mais qu’est-ce que vous allez faire de moi ? » « Je ne sais pas encore, étant donné que tu as vu la sortie de mon tunnel ? » « Donc c’est cela, vous allez me tuer ? » « Non, Je préférerais qu’on découvre mon tunnel plutôt que d’avoir la responsabilité du meurtre d’un enfant. » « Je ne dirai rien, vous n’avez qu’à me laisser partir. » « Il faut que je réfléchisse, en tous cas saches qu’on ne te fera aucun mal. » Au moment où nous parlions près de la sortie du tunnel, nous entendirent des soldats parler entre eux. Je demandai à Mouca. « Qu’est-ce qu’ils ont dit ? » « Ils cherchent le gosse, apparemment il avait été confié à des militaires par son père qui est un haut responsable de l’armée, le temps qu’il fasse une course.

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Et en revenant, ils ont remarqué sa disparition. Voilà ce que j’ai pu comprendre. » « Yalla ! Ne restons pas ici, ils risquent d’un moment à l’autre de découvrir le tunnel. Sans tarder, nous nous sommes mis à courir, dans les étroites allées sombres du passage souterrain. Quand tout à coup, nous nous sommes brusquement arrêté après que le petit colon que nous venions d’enlever ait poussé un cri de douleur après avoir senti un pincement aigu au niveau de sa jambe» août Mouca dirigea la lampe vers sa jambe, quand il s’aperçu qu’il venait de marcher dans un nid de scorpion d’androctones australes. Le petit se mit à gémir de douleur « Ahh… J’ai mal ! » Mouca tenta du mieux qu’il put de le rassurer » Ça va aller petit, ne t’inquiète pas ! Au Soudan on a l’habitude de soigner les piqûres de ces sales bêtes. » Mouca sorti une sorte de pierre de sa poche, incisa légèrement avec un couteau l’endroit où l’enfant avait été piqué. Puis posa la pierre sur la plaie, qui se colla dessus. Et attendit qu’elle aspire le sang contaminé. « Tu penses que cela va aller Mouca ? » « Hey ! Pourquoi cela n’irai pas, tu penses que nous Africains avons des centres antipoison près de notre village ! J’ai vu un oncle soigner tous les gens de ce genre de piqûre. Jusqu’à ce qu’il m’apprenne à mon tour. Tout ira bien inchaa’Allah » Mouca prit dans ses bras le petit colon, pendant environ huit kilomètres, luttant contre la fatigue, pour traverser les étroits passages sombres menant au bout du tunnel. Puis après un long silence, suivi de quelques légers

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essoufflements, il s’est mis à me poser une question, à laquelle j’étais en train de réfléchir « Que va-t-on faire de lui ? On pourrait demander une importante rançon, non ? » « Oui mais j’ai déjà une meilleure idée concernant l’échange du petit. » « Laquelle ? » « Exiger la destruction du mur qui isole Jérusalem de la Cisjordanie, pour ne laisser plus aucun point de contrôle. » « Mais tu délires Youssouf, ils n’accepteront jamais ! » « Cet échange ne se fera pas entre les autorités et nous. Mais entre un père de famille chef d’armée, qui cherche à revoir son gosse et nous» « Comment comptes-tu t’y prendre ? » « Pour commencer, obtenir le contact du père. Et ensuite lui expliquer ce qui lui reste à faire, s’il veut revoir son gosse… » « Et s’il refuse ? » « Nous ferons en sorte qu’il ne puisse pas refuser ».

Quand un mur rassemble deux enfants que des criminels ont toujours voulu séparer.

(Le désir commun d’un affranchissement)

En arrivant près de La sortie du tunnel du coté de Gaza, Mouca me demanda « Comment tu comptes faire pour sortir avec le petit ? Toutes les rues doivent être sous surveillances, et les patrouilles entre elles ont très probablement signalé sa disparition. D’ailleurs je ne connais même pas son prénom. Comment tu t’appelles petit?» «Je m’appelle Meir» «qu’est-ce que ça veut dire ça en hébreux ? » « Lumineux » « Ok bas là, tu vas oublier ton prénom. Dès maintenant ça sera Mounir, il s’agira de ne surtout pas de te faire

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remarquer. Si quelqu’un t’adresse la parole, tu n’auras qu’a faire des signes avec les mains comme si tu étais muet. On sort juste pour appeler ton père et soigner ta piqûre de scorpion. Une fois que la négociation sera finie avec ton père, tu retrouveras ta famille dans seulement quelques heures» Dès notre sortie du tunnel, le gamin vu clairement la différence de décor, en passant de l’autre côté du mur. Alors que nous avions pris la route pour le village de Jabalia, le petit colon découvrit avec stupeur des immeubles détruits et un paysage ravagé par la guerre. Des champs de ruines, de destructions matérielles, de lieux portant les stigmates d’événements horriblement meurtriers. Le gosse interrogea spontanément Mouca « Qu’est ce qui s’est passé ici ? » Mouca lui répondit avec désolation » Et bien des avions ont bombardé toute cette zone… » Quelques minutes plus tard, en passant à côté des ruines de la maison de mes parents, je n’ai pu retenir mes larmes. A cet instant, Mouca comprit tout de suite que c’est à cet endroit totalement démoli que je résidais avec ma famille. Intrigué par mon désarroi, l’enfant posa à nouveau une question à Mouca « Pourquoi est il aussi triste ? » Mouca, gêné, lui répondit sur un ton affligé « Sa famille lui manque, c’est parce qu’il sait qu’il ne la reverra plus ici-bas. Tout ce que je sais c’est que son petit frère avait environ ton âge » Mes larmes n’avaient pas encore séché sur mes joues que nous avons entendu les hurlements d’un enfant en train de se débattre.

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Mouca intervenu le premier, n’ayant pas supporté de voir cette enfant Palestinien entouré par cinq militaires israéliens, en train de s’acharné sur lui. « Oh ! Qu’est ce qui se passe ? » « Dégages sal enfoiré de migrant ! » Mouca réagit vivement en mettant trois coup de poing d’affilée et en désarmant sa victime pour finalement tous les braquer : « Vous n’avez pas honte de torturer un gamin ? » « Mais il nous lance des pierres ! » « Et selon vous, cela vous donne le droit d’agir comme des tortionnaires ? Vous ne valez pas mieux que du crottin de chameau ! Allez dépêchez vous de me remettre vos menottes et vos talkies walkies » Mouca les attacha dans leur jeep avant de prendre leurs téléphones. Plusieurs gamins arrivèrent pour voir ce qui se passait. Mouca leur lança ironiquement : « Vous pouvez vous en occuper, pour une fois ce ne sont pas eux aujourd’hui qui vont vous mettre les menottes, mais eux qui se les sont mises. Je pense que dans le lot vous devez au moins en connaître un, vu qu’ils patrouillent dans votre secteur. Assurez-vous de les mettre hors d’état de nuire… »

Une fois en possession du téléphone d’un des soldats, nous sommes allés nous cacher dans un immeuble à moitié en ruine qui semblait être sur le point de s’effondrer. Afin d’initier un premier contact avec le père du petit colon, Mouca lui demanda s’il connaissait le numéro de ce dernier. Le gamin fouilla dans sa poche pour en sortir une carte de visite, dans laquelle on pouvait lire les coordonnées de son père.

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Alors que Mouca s’apprêtait à composer le numéro, l’enfant se précipita pour lui poser une question directe, comme pour en finir avec son incompréhension : « Mais enfin ! Pourquoi l’armée a-t- elle bombardé la maison des parents de Youssouf ? » Mouca lui répondit : « C’est une très bonne question petit, à laquelle ton père pourra mieux que quiconque y répondre, si toutefois il a l’honnêteté de ne pas te mentir…

Tout ce que je peux te dire c’est que certains groupes de résistance tirent des roquettes, qui parfois ne font que certains légers dégâts mais aussi des morts dans certains cas, même si cela reste très rare. En revanche l’armée de l’occupation bombarde massivement de façon criminelle, c’est-à-dire volontaire, des zones où résident un grand nombre de civils.

Assis dans les décombres d’un immeuble, à l’abri des regards, Mouca composa le numéro du père de l’enfant que nous avions enlevé. Dès la première tonalité, il décrocha comme s’il attendait cet appel :

«Oui allo?» «Allo vous êtes bien le père de Meheir Lior ? » « Oui exactement, qui êtes-vous et où est mon fils ? » « En notre compagnie, pour le moment en vie est en très bonne santé. Si vous souhaitez revoir votre fils vivant voici la marche à suivre, et je vous conseille de respecter notre condition : vous disposez d’un délai de 24heures pour détruire le mur de séparation de La Cisjordanie. Bien entendu tout contact avec les autorités ne ferait que signer son arrêt

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de mort ! » « 24heures ??? Mais le délai est trop court ! Laissez-moi plus de temps ! » « Les délais pour la libération de mon peuple ne sont pas négociable Mr Lior » « Très bien, mais d’abord laissez-moi parler à Meheir, je veux m’assurer qu’il est bien en vie. » «D’accord, mais pas plus de deux minutes» «allo Meheir ça va ? » « Allo papa oui, mais pourquoi tu m’as menti ? Les arabes ne m’ont fait aucun mal, pourquoi ton armée ne cesse de bombarder leurs maisons ? » « Allo tu es fou mon fils, ils t’ont drogué c’est ça ? » « 24 heures Mr Lior pas une seconde supplémentaire » « Allo ? Allo ? » Le son de la tonalité indiqua que la conversation fut brutalement coupée. Lorsqu’on vous donne un délai de 24heures pour détruire l’un des plus grands murs du monde, l’un des mieux surveillés, en échange de la vie de votre fils, autant dire que vous n’avez pas une seule seconde à perdre pour au plus vite mettre la main sur une grande quantité d’explosif. Les yeux rivés sur le cadran de sa montre, le visage suintant d’angoisse, Mr Lior se dirigea à toute allure en direction d’un entrepôt de l’armée israélienne où il savait qu’était stockée une grande quantité de semtex, un puissant explosif de type plastic inventé et fabriqué en Tchécoslovaquie depuis la fin des années 1960. Afin de ne pas éveiller les soupçons sur les projets de son utilisation, il prétendit à son arrivée que ses troupes avaient fait la découverte de plusieurs tunnels, et de ce fait, il avait besoin d’une quantité importante de ce matériel pour détruire ses galeries souterraines.

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Lorsque l’on charge une quantité égale à une tonne et demie d’explosif dans un camion, on ne les charge évidemment pas à la même vitesse que si cela avait été des cagettes de pommes. En quittant l’entrepôt, le père du petit colon se rendit compte en fixant sa montre qu’il lui fallut exactement deux heures et trois minutes pour effectuer la totalité du chargement. Il ne lui restait plus qu’à savoir dorénavant, avec qui et comment il allait s’y prendre pour procéder à cette installation, tout en déjouant la vigilance des tours de garde…

5 heures plus tard, toujours planqué dans le même immeuble et abandonné dans un espace parsemé de vitres brisées, Mouca repris contact avec le père du petit colon afin de s’assurer qu’il s’était procuré les matières explosives. « Allo Mr Lior ? » « Oui allo… » « Qu’en est-il de la tâche que je vous ai confiée, avez- vous pu faire le nécessaire?» «Écoutez, je suis en possession d’une grande quantité d’explosifs mais la barrière de séparation est équipée d’une alarme anti- infiltration qui détecte toute tentative d’intrusion et cela me pose un problème pour l’installation » « C’est un problème qu’il va falloir résoudre Général Lior, si vous souhaitez ne pas perdre votre fils. Et pour cela il ne vous reste que moins de 20heures. J’ose espérer pour la vie de votre fils que votre statut au sein de l’armée vous octroie la possibilité de pouvoir agir librement afin de trouver au plus vite une solution. » « Bien entendu, je ne vous recontacte que si le délai est respecté, dans le cas contraire notre accord est rompu

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et dans ce cas, je vous invite d’ores et déjà à commander le cercueil pour ses obsèques… » Une fois la communication entre les deux hommes terminée, le petit colon s’adressa directement à Mouca « Vous comptez vraiment me tuer si mon père ne respecte pas votre délai?» «A ton avis?» «Je ne sais pas… c’est bien ce que vous lui avez dit non ? » « Oui, pour qu’il le croit» «Mais si il ne parvient à faire ce que vous voulez ? Que se passera-t-il ? » « Calmes toi petit ! Tu serviras juste de monnaie d’échange » « Ouf » « Quoi ? Tu ne crois quand même pas que l’on puisse être des tueurs d’enfants ? » « Oh vous savez, on m’a toujours rapporté des propos négatifs concernant les arabes et les noirs si bien que j’ai eu un sérieux doute… » « Alors écoutes moi bien : tout d’abord, si nous t’avons enlevé c’est pour éviter que le tunnel ne soit découvert, ce n’est qu’ensuite que Youssouf a eu la brillante idée de t’utiliser pour obtenir la destruction du mur qui nous sépare…

Si j’étais à votre place, victime des délimitations territoriales qui vous privent de toutes vos ressources vitales, j’en aurai sûrement fait autant… »

«Tu vois, tout compte fait, le mur que ces criminels ont construit aura été la cause pour que tu découvres tout ce qu’ils t’ont dissimulé »

24 heures pour tout faire exploser, un mur à abattre pour retrouver enfin une circulation libre.

(Lorsqu’un appel vous transforme en poseur de bombe)

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Quinze heures avant l’expiration du délai imparti, Mr Lior était à cran ! A bout de nerfs, il avait bien conscience de la situation : il avait besoin de l’aide d’un expert en explosif, mais qui prendrai le risque de s’immiscer dans un tel projet ??? L’heure était grave et l’élaboration d’un plan machiavélique s’est imposée naturellement : il s’agissait d’enlever l’enfant d’un expert en explosifs qui travaille pour l’armée israélienne, tout en lui laissant croire bien évidement qu’il avait été enlevé par les mêmes protagonistes auteurs de l’enlèvement de son propre fils. Sans perdre un instant, il se rendit dans un bazar de déguisement de Tel Aviv pour acheter un masque de monstre, il entra ensuite dans une épicerie pour acheter des gâteaux et des petits paquets de jus d’Orange avec des pailles. Après l’enlèvement, il enferma l’enfant dans le coffre de sa voiture en laissant à s disposition des paquets de gâteaux ouverts et des briques de jus avec des pailles plantées, il fallait éviter la déshydratation. Tout cela a nécessité une heure et demie de son temps, avant qu’il ne prévienne le père de l’enfant. « Allo Mr Avidan… » « oui allo ? Qui est à l’appareil ? » « Le Général Lior, écoutez c’est terrible, nos deux enfants sont actuellement retenus en otage par un groupe terroriste qui exige de nous de détruire le mur de la Cisjordanie dans 10h sinon ils les tueront » « Quoi ? Comment ? Mais qu’est-ce que vous me dites là ?… « Je suis désolé mais tout ceci est vrai, nous avons tous les deux été la cible des

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ravisseurs car nous faisons partie de l’armée ! Ne perdez plus de temps en discussion et rejoignez-moi au plus vite à mon domicile, je vous y attends… »

Environ une demi-heure après son coup de téléphone, Mr Lior entendit le crissement des pneus d’une voiture qui arrivait à son domicile. Mr Avidan sortit de son véhicule paniqué et s’exclama : « Mr Lior j’ai fait aussi vite que j’ai pu » « Le temps presse, le camion qui se trouve devant nous contient précisément une tonne et demie de semtex. La question qui se pose maintenant est de savoir comment procéder à son installation ? » « Ou êtes- vous procuré cela ? » « Dans un entrepôt de l’armée… » « Voici mon plan Mr Lior : je contacte le responsable des check points, c’est un ami, et je lui propose une amélioration de la sécurité du mur. Connaissant sa rigueur dans le domaine sécuritaire, il ne refusera pas. Je l’informerai également que j’ai besoin de me rendre sur place avec certains appareils pour effectuer certaines mesures. Par contre, il va falloir au préalable nous fournir une quantité de bombes de peinture pour peindre les pains de semtex de la même couleur que le mur car nous devons faire en sorte d’attirer le moins possible l’attention des gardes. Une fois sur place, nous en collerons le maximum que je relierai à un détonateur…

Deux heures plus tard, tout le semtex avait été peint et Mr Avidan avait préparé un détonateur muni d’une minuterie à l’intérieur d’une mallette, dans

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laquelle se trouvait plusieurs barres de C4. Désormais, Mr Avidan n’avait plus qu’à contacter le responsable des checkpoints afin qu’ils puissent se mettre en route. Mr Lior, l’air inquiet, interrogea Mr Avidan ; la tension qui régnait a ce moment rendait l’atmosphère insoutenable à un tel point qu’il en perdit le contrôle de sa vessie… « Mr Avidan êtes-vous sûr de pouvoir obtenir sans qu’il ne soupçonne quoi que ce soit ? » «Oui, ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une formalité, je suis habilité à m’introduire régulièrement dans cette zone. De plus, le concernant, je pourrai lui faire mâcher un bout de semtex en lui laissant croire que c’est un malabar ! »

Sans perdre une seconde, Mr Avidan contacta le responsable et obtint facilement son accord. Juste après avoir raccroché, Mr Avidan ferma sa mallette. Peu rassuré, il laissa s’échapper ces mots : « Certes je suis expert en explosifs, mais la quantité de charge que nous transportons équivaut à 100 bombes… »

C’est avec des mains moites et tremblantes de peur que Mr Lior prit le volant du camion en direction du mur de séparation. La circulation était dense et le convoi périlleux ! Par son attitude, Mr Lior semblait occulter que le camion était chargé à bloc d’explosifs, et slalomait dangereusement entre les véhicules qui croisaient son chemin. Mr Avidan, envahit par la peur, ne cessait de se ronger les ongles nerveusement comme l’aurait fait les dents d’un écureuil sur des noisettes. Plus le camion se

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rapprochait dangereusement des voitures qui le précédait sur la route et moins Mr Avidan ne pouvait se contenir d’hurler son angoisse et sa peur : « Mais ma parole ! Avez-vous oublié que nous transportons des explosifs ou quoi ? »

Mr Lior curieusement inébranlable malgré la situation, rétorqua simplement : « Non, mais nous devons nous hâter sinon nous risquons de manquer de temps et nous ne pouvons pas nous accorder ce luxe »

Mr lior n’en fit qu’à sa tête, et accéléra de plus belle, jusqu’à arriver à destination. Il se gara devant un poste de la zone où se trouvait une partie du mur qu’ils devaient faire exploser…

A vingt mètres de la zone où débute le mur de séparation, on pouvait observer un poste de frontière, un lieu sous hutte surveillance, où quatre militaires lourdement armés, contrôlaient le passage. C’est à ce moment qu’un militaire austère dans son attitude, s’approcha de la vitre pour s’écrier sur un ton strict : « Bonjour Messieurs, quel est le contenu de votre chargement ? » « Nous apportons des appareils de sécurité destinés à renforcer la protection du mur » « Dans ce cas présent, permettez que nous vérifions » « Si cela vous semble nécessaire, faites donc, mais sachez que votre supérieur m’a expressément ordonner de faire au plus vite, et je pense qu’il n’appréciera guère le fait que ses propre officiers nous retardent ! Mais allez-y nous sommes tous les deux aux services de l’armée israélienne de toute façon… »

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L’officier, après un moment de réflexion, soupira : « C’est bon vous pouvez passer » « Merci et au passage, assurez-vous de signaler notre arrivée à la tour de garde, que vos collègues ne soit pas surpris par notre présence sur le terrain. » « Très bien je m’en charge, bon courage ! » « Il va nous en falloir, merci et bonne journée. » Mr Lior se gara à proximité du mur. Il pouvait alors ressentir les palpitations de son cœur dans sa poitrine, ses pensées destinées au peuple palestinien. L’émotion est intense, partagé entre la crainte d’être découvert, et celle de faillir à sa mission, indépendamment de sa volonté de rendre justice à un peuple. Qui, à défaut d’être exterminé sur le champ, se trouve délibérément affamé et privé du minimum de survie par l’armée. Sans perdre une seconde, il installe au pied du mur, puis tous les trente mètres, les pains de semtex et cela quatre heures durant, sur une distance d’environ 150 kilomètres. C’était le moment pour Mr Avidan de prouer sa qualité d’expert en explosif ! La vie de son fils en dépendait…

Concentré, il s’affaira minutieusement au réglage de la minuterie de la bombe : compte à rebours de cinquante minutes activées…

Alors que le décompte de la bombe venait de s’amorcer, il sortit une cigarette, la porta à ses lèvres et s’adressa à Mr Lior «Je l’allumerai plus tard… Lorsque le minuteur affichera quinze minutes, j’informerai une des tours de garde pour leur signaler la découverte de la bombe! Le temps qu’il nous

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restera sera tellement court, qu’ils n’auront pas d’autre choix que de procéder à une évacuation immédiate…

Tout à coup le téléphone se mit à vibrer dans le fond de sa veste. Sans perdre un instant il répondit : « Oui, allo ? ». Mouca était au bout du fil. Il s’adressa à Mr Lior sur un ton froid et menaçant : « Mr Lior, le délai que je vous ai octroyé pour la mission est arrivé à échéance ! Je regrette vraiment que vous n’ayez pu respecter notre deal dans les temps !

Mr Lior prit de panique rétorqua : « Attendez ! Je me trouve en ce moment même face à la bombe et le compte à rebours en est à 48minutes ! Je vous en supplie ne faites aucun mal à mon fils, j’implore votre pitié, mon fils est innocent ! Je vous en supplie ! »

Envahi à son tour par l’inquiétude et la peur de ne plus revoir son enfant vivant, Mr Avidan saisi avec force le téléphone des mains de Mr Lior : « Allo ici Mr Avidan, je vous en prie ! Dites-moi si mon fils va bien ? J’ai moi-même déposé la bombe pour vous, je mérite de savoir si mon fils va bien ! »

Mouca, déconcerté, demanda « Qui êtes-vous ? »

« C’est moi le père de l’autre enfant que vous retenez en otage ! »

« Je regrette Mr, mais nous ne détenons que le fils de Mr Lior, toutefois, je peux vous remercier, au nom de mon peuple d’avoir placé cette bombe pour enfin détruire ce maudit mur qui affame nos populations. » Puis, il raccrocha subitement…

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Mr Avidan décontenancé, comprit alors la supercherie !

Il se tourna ébahit vers Mr Lior !

Celui-ci, malgré son soudain mutisme, avouait par l’expression de son visage! Il a menti et volontairement manipulé son collègue…

Gagné par la colère, Mr Avidan saisit violement Mr Lior par le col : « Qu’as-tu fait de mon fils sale fils de p__e !? »

« Calmes toi ! Il va bien et il est en sûreté, laisses moi t’expliquer !

Je n’avais pas d’autre choix ! Ils ont kidnappé mon fils et ont menacé de mettre fin à ses jours si je ne détruisais pas le mur ; je n’avais que 24 heures ! Je ne voulais pas en arriver là mais c’était la seule solution, sinon vous n’auriez jamais accepté cette mission !

Sans aucune compassion pour le père qu’il était lui-même, Mr Avidan tenta sur le champ de désactiver la bombe.

Mr Lior sorti son arme de service et le menaça sévèrement : « Ecoutez-moi bien, je ne le répéterai pas ! Vous allez mener cette mission à terme c’est un ordre !

Soit vous m’aidez et tout ira pour le mieux, soit vous vous entêtez et alors je n’hésiterai pas à tout faire sauter et jamais vous ne saurez ou est caché votre fils !…

Une spectaculaire explosion d’un mur transformé 94

en gravier ayant mis fin à notre blocus.
(Une démolition aussi forte qu’inattendue)
Sous la menace de Mr Lior, armé, Mr Avidan se

vit contraint de céder à ses exigences. Bien placé pour savoir qu’un seul coup de feu suffirait à déclencher le mécanisme de la bombe, avant la fin de son compte à rebours…

Il s’adressa à Mr Lior : « Baisses ton arme, je vais coopérer. » Et il lui tendit aussitôt son téléphone. Le minuteur affiche un décompte de vingt minutes avant l’explosion !

Alors Mr Lior, nerveux, s’adresse à nouveau à Mr Avidan : « Il est grand temps d’avertir les autorités pour signaler la bombe ! Tu sais pertinemment qu’à cette heure d’affluence, il y a du monde qui circule dans les couloirs des checkpoints »

La réponse du protagoniste trahit sa haine et son manque d’intérêt pour la condition humaine. Froidement, il laissa échapper : « Nous pouvons les prévenir à la dernière minute, après tout ce ne sont que des Palestiniens ! » Mr Lior, à la fois outré et scandalisé par cette horrible intention, sentit la colère s’emparer de lui, et instinctivement, il lui cracha au visage avant de s’écrier : « Comment osez-vous ! Le personnage que vous êtes me répugne ! Vous êtes un homme horrible ! »

«D’abord, vous étiez prêt à désactiver cette bombe, juste pour maintenir cette frontière sans vous soucier de la menace qui pesait sur mon fils, et

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maintenant, sans aucun scrupule ni aucune pitié, vous seriez prêt à sacrifier la vie de plusieurs innocents !!! J’ai honte pour vous, vous n’êtes qu’une ordure ! Je vous sommes d’appeler immédiatement ! »

Mr Avidan forcé de se soumettre, composa le numéro du tour de garde: «Oui Allo?» Ici Mr Avidan chargé par le gouvernement, avec la collaboration du Général Lior de procéder au renforcement de la sécurité du mur. Nous sommes actuellement sur les lieux, et nous avons découvert la présence d’une bombe, il reste seulement quinze minutes avant l’explosion. Par mesure de sécurité, vous devez faire évacuer la zone ! »

« Mais ou êtes-vous exactement ? »

« A environ 150 kilomètres du premier checkpoint de Tel-Aviv. Faite évacuer tous les check points, il se peut que nous soyons en présence de plusieurs bombes, je répète : faites évacuer tout le monde !

A peine Mr Avidan eut-il le temps de raccrocher, qu’une assourdissante sirène retentit.

C’est alors que les deux hommes se mirent à courir, le plus vite et le plus loin possible, jusqu’à ce que le souffle d’une puissante déflagration les fit voltiger dans les airs et s’écraser au sol. Malgré la force de l’impact, ils étaient sains et saufs…

Plaqués au sol suite à la violente déflagration, le cœur soulevé, agacé par l’odeur soufrée qui émanait autour d’eux, Mr Lior et Mr Avidan furent assaillis de

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toute part par les débris et ce malgré la distance qui les séparait du mur. Sans avoir eu le temps de reprendre leurs esprits, les explosions se sont enchaînées, ce bruit effroyable et assourdissant dura jusqu’à la destruction complète du mur.

Dans un paysage assombri par les nuages de fumée qui les encerclaient, l’atmosphère était chaotique. Ils se sont relevés, les vêtements sales et poussiéreux, des morceaux de pierres recouvraient encore leurs épaules…

Peu à peu, le brouillard de fumée se dissipa, l’horizon s’éclaircit et retrouva ses lueurs d’origine, le paysage revint à son décor initial. A cet instant, le portable de Mr Lior sonna « Allo ? » Mouca, au bout du fil, était euphorique. Il ne pouvait que jubiler ; leur calvaire aurait-il enfin prit fin ? Quoi qu’il en soit, il adressa à Mr Lior : « Félicitations pour votre remarquable exploit !

Sachez que nous n’aurions jamais fait de mal à votre fils, vous venez de rendre un grand service au peuple palestinien, en le libérant du joug de cette oppression, vous contribuez à améliorer leur condition de vie !

Votre fils se trouve précisément à Dayr al Ballah, dans un immeuble blanc, à moitié en ruine il vous y attend ! Vous pouvez dès à présent venir le récupérer. Une promesse est une promesse ! »

« Très bien, je prends la route immédiatement et je serai sur place d’ici 1heure »

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« Votre fils est libre de repartir, on vous attend Mr Lior ! »

Au moment où Youssouf et Mouca dirent au revoir au fils de colon, curieusement, l’enfant se mis à pleurer.

Mouca, interpellé par cette réaction, l’interrogea : « Mais pourquoi pleures tu mon petit ? »

« Je pleure pour vous avoir injustement jugé sans vous connaître, et maintenant que je vous connais, je suis triste de vous quitter » Le cœur serré, Mouca lui sourit et répondit : « Qui sait ! Maintenant que le mur a est détruit, nous aurons peut-être la chance de nous revoir…

Gaza ne ressemble plus à une prison de haute sécurité (La fin d’un apartheid architecturale)

C’est avec la gorge serrée, que les deux amis suivaient du regard l’enfant qui s’éloignait pour retrouver les siens…

L’atmosphère était pesante et l’émotion intense. Mouca et Youssouf échangèrent un regard, encore émus par ce qui venait de se dérouler, puis la tristesse les gagna tous les deux. « Notre mission achevée, c’est ici que nos chemin se séparent mon ami ! » soupira Mouca à Youssouf.

Et pour dissiper le chagrin, il s’essaya à la plaisanterie : Un palestinien et un soudanais viennent de rentrer dans l’histoire de l’humanité. Youssouf, d’une voix tremblante rétorqua : « Si noirs et arabes pouvaient toujours coopérer et se soutenir de la sorte,

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nous réaliserions de grandes choses ! »
Dissimulant sa peine derrière un sourire, il

demanda à Mouca : « Et où comptes-tu aller maintenant ? »

«Et bien je dois récupérer quelques affaires personnelles chez mon cousin, et je partirai sûrement pour l’Egypte retrouver mon oncle. Mais avant je tiens à remercier une amie israélienne qui m’a beaucoup aidé. Youssouf agrippa son ami : « Restes avec moi mon frère ! »

« J’aimerai mon ami, mais malheureusement c’est impossible ; ma famille a besoin de moi, je ne peux pas les abandonner »

« Très bien, voici les coordonnées de ma voisine, elle a la gentillesse de m’héberger depuis la mort de mes parents. Tu peux me contacter à ce numéro si tu as le moindre souci, n’hésites surtout pas ! Tu es désormais un héros national. »

« Entendu frère, que Dieu te protèges. »
« Ameen, ainsi que toi mon frère. »
Nous nous sommes enlacés fraternellement, avant

de partir chacun de notre côté.
Voilà toute mon histoire, avant que l’armée

procède à mon arrestation. Et c’est depuis le fond de ma cellule où s’enchaînaient les interrogatoires, que les soldats m’ont ôté toute dignité, sans aucune pitié, procédant à divers sévices visant à bien me faire souffrir ; je ne faisais qu’imaginer qu’elle sera mes prochaines tortures…

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Assommé par la violence des coups que l’on venait de me porter, il me sembla tout à coup entendre résonner la voix de mon ami Mouca.

Etait-ce le fruit de mon imagination? La souffrance de la torture me faisait elle divaguer? J’étais prisonnier dans cette cellule sombre et sordide, mais comment aurait-il pu découvrir le lieu de ma captivité ? Les questions se bousculaient dans ma tête et malgré ma douleur, au bord de l’évanouissement, je résistais et espérais au plus profond de moi ne pas avoir à rêver !

« Et là, brusquement, un bruit de coup de feu me fit sursauter ! »

« De nouveau j’entendis cette voix qui résonnait déjà dans ma tête comme celle de la libération…

Mouca, cet homme courageux, mon héros, s’adressait aux gardes avec ardeur et détermination :

« Ecoutez-moi bien, ou vous m’indiquez où se trouve votre prisonnier, ou je fais tout sauter !

«Je vous préviens, je n’ai rien à perdre, j’ai traversé tout le désert du Sinaï pour que votre état me traite comme un sac poubelle troué. Cet enfant est la seule famille qui me reste! J’ai bravé toutes les difficultés durant mon escale et je suis suffisamment déterminé et chargé en explosifs pour faire sauter votre base ! »

« Tout le monde à terre, un seul d’entre vous reste avec moi pour me conduire à Youssouf !!! »

L’instant d’après, la porte de ma cellule s’ouvrit, 100

j’aperçu Mouca, armé jusqu’aux dents tel un mercenaire, pointant son arme sur la tempe du garde qui le conduisit jusqu’à moi…

La scène de torture qui se présentait sous ses yeux soulèverait le cœur de n’importe quel individu, mon corps mutilé et ensanglanté épouvanta Mouca: «Les pourritures !!! Ils t’ont salement amochés ! Montre-moi ceux qui t’ont torturé mon frère ! » Mais l’heure n’étais pas à la vengeance ni à la justice ; l’urgence était de quitter ce lieu maudit. Le regard larmoyant, je tendis ma mains tremblante à Mouca et lui dit : « Viens mon ami, partons ; dépêchons nous ! »

Mouca, les traits du visage plissés à cause de la colère ne put, à la vue de mes blessures, se contenir une minute de plus : « Non Youssouf, je ne peux pas les laisser s’en tirer comme ça ! Regarde ce que ce sal bourreau d’enfants à oser t’a faire subir ! »

L’injustice que nous vivions faisait malheureusement partie de notre quotidien, je tentais cependant de calmer mon ami Mouca : « Ne laisses pas la douleur te pousser à imiter le caractère lâche et cruel de ces hommes vils mon cher ami. Faire couler le sang de celui qui m’a impitoyablement torturé ne fera que te mettre à son niveau, et tu n’es pas ce genre d’homme !… »

Soudainement, des échos de coup dans une porte retentirent. Le bruit provenait des cellules voisines, on pouvait entendre des appels au secours : « Attendez les gars, ne partez pas ! »

« Libérez-nous part pitié ! »

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On pouvait deviner au son de leurs voix, l’effroi et la souffrance qui les poussaient à hurler : « Pitié, revenez, ils vont continuer à nous torturer jusqu’à la mort, pitié ! »

Mouca s’adressa au garde qui possédait les clefs :

«Ouvres moi toutes les cellules des détenus. Dépêche-toi !

Une arme pointée sur lui, c’est la sueur au front que le garde s’exécuta sans se faire prier…

Les prisonniers, malgré la faiblesse de leur état et la gravité de leurs blessure, bondirent sur le garde par esprit de vengeance. Cet homme leur avait fait endurer un véritable calvaire et des sévices corporels inhumains !

Le spectacle était tordant de douleur, on pouvait ressentir cette souffrance physique mais surtout morale émaner de ses hommes meurtris à qui on avait ôté toute dignité, et tous droit humains! Cette effroyable scène me glaça le sang et me déchira le cœur, mais il me fallait intervenir :

« Arrêtez-vous, cela suffit ! Il a eu son compte ! Inutile de basculer dans la barbarie au risque de ressembler à ces criminels ! » La situation est critique et le temps presse !

Aussitôt, Mouca remis une arme à chaque prisonnier, il fallait être en mesure de pouvoir se défendre face à l’ennemi. Il fit ensuite entrer les soldats de l’armée israélienne dans les cellules de prisonniers, leur ordonnant de se déshabiller et de revêtir de la tenue des prisonniers palestiniens !

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Mouca s’adressa à nouveau au garde qui détenait le trousseau de clés : « Laquelle de ces clés est celle de la jeep ?

Il La lui indiqua sans se faire prier, craignant que Mouca ne perde patience et ne lui tire dessus…

Nous grimpèrent immédiatement dans la jeep et nous mirent rapidement en route ! Avec la tenue des gardes que nous portions, il fallait traverser Tel Aviv pour regagner Gaza, en laissant croire que nous faisions partie des portes de l’occupation. Et certainement à cause du stress qu’il fallait évacuer, la situation cocasse dans laquelle nous nous trouvions nous poussa à rire nerveusement…

Un des prisonniers lança ironiquement : « Enlevons ses vestes avant de subir un lynchage ! »

Quant à moi, toujours curieux de savoir comment Mouca réussi à me retrouver, je me mis à l’interroger :

« Comment as-tu fait pour me retrouver ? »

Mouca répondit : « Par l’intermédiaire du journal télévisé. J’ai appris avait procédé à ton arrestation.

A partir de là, j’ai fait appel à mes connaissances, et mon amie israélienne dont le père est au service du gouvernement, a pu obtenir des informations et découvrir rapidement ou tu étais emprisonné ! Dès que j’ai su, je me suis hâté pour venir à ton secours et te libérer !

Je le questionnais de plus belle :

« Mais comment as-tu réussi à contourner les gardes et à passer le contrôle ? »

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«Et bien c’est simple, j’ai joué le rôle d’un migrant en fuite pour ensuite forcer le passage en braquant mon arme sur eux… »

Lorsque mes hommes et moi, attegnimes enfin Gaza, l’accueil de notre peuple nous réchauffa le cœur. La foule en délire, clamant notre triomphe, chantaient nos louanges !

Incontestablement, le peuple Palestinien était submergé par l’émotion et reconnaissant à jamais la mission que nous venions d’accomplir pour la sauvegarde de notre peuple. Palestine vaincra ! Palestine vaincra ! L’euphorie était à son paroxysme !

Dès le lendemain, je quittais tout le monde, incognito, et repris ma route avec Mouca en direction de l’Egypte. En emportant avec moi un morceau de pierre que j’avais ramassé au sol après l’explosion. Inutile de dire que ce petit caillou a et aura continuellement à mes yeux une valeur très symbolique! Il évoque à la fois la preuve de l’existence du mur de séparation, mais me renverra surtout à l’agréable souvenir de notre victoire sur la destruction de celui-ci. Je laissais là les autres pierres éparpillés au sol, pour tous mes autres frères qui continueront inlassablement le combat! Encore et toujours jusqu’à ce que notre terre, la Palestine, nous soit rendue totalement libre.

Ainsi je n’emporterais pas seulement un souvenir, mais partais le cœur fortifié de cette ferme conviction :

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« L’espoir d’un peuple, son acharnement à montrer une résistance tenace face aux colonisateurs, peut le conduire à l’émancipation de son pays. Dignes et courageux, des hommes peuvent finalement contrecarrer les mauvaises intentions des injustes, et se libérer ainsi du joug de l’invasion et l’oppression. »

Ce qui est troublant, c’est de se rendre compte que finalement, certains hommes sont séparés par des frontières mais que la cause qui visait cette séparation finit au contraire par rendre ces hommes inséparables. En quittant Gaza sans ses murs, je sus que pour mon peuple, cela ne pouvait être que le bout du tunnel de leur faim…

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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : [email protected]

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ISBN papier : 978-2-332-78821-4 ISBN pdf : 978-2-332-78822-1 ISBN epub : 978-2-332-78820-7 Dépôt légal : septembre 2014

© Edilivre, 2014

Imprimé en France, 2014

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,