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8 mars 2021

Accord sur le nucléaire: la déception des analystes israéliens


Alahed

Accord sur le nucléaire:
la déception des analystes israéliens

Samer R. Zoughaib


Photo: D.R.

Jeudi 9 avril 2015

Selon les analystes israéliens, l’accord-cadre conclu entre l’Iran et les grandes puissances sur le dossier nucléaire profite à la République islamique, alors que les grands perdants sont «Israël» et l’Arabie saoudite.

Au-delà de la campagne de propagande lancée par «Israël» pour tenter d’empêcher la conclusion, d’ici au 30 juin, d’un accord définitif sur le dossier du nucléaire iranien, des analystes israéliens continuent de décortiquer et de commenter l’accord-cadre de Lausanne. Selon eux, l’Iran est le grand gagnant de cet arrangement, «Israël» et l’Arabie saoudite étant les principaux perdants.
Dore Gold, ancien ambassadeur d’«Israël» aux Nations unies et ex-conseiller du Premier ministre israélien pour les affaires extérieures, qualifie l’accord-cadre de Lausanne de «grave erreur aux proportions historiques».
Selon ce diplomate chevronné, aujourd’hui président du «Centre de Jérusalem pour les Affaires publiques», la «faille dans ces arrangements est qu’ils laissent intacte la vaste infrastructure nucléaire iranienne». «Le ministre iranien des Affaires étrangères (Mohammad Javad) Zarif se vantait, après l’annonce de la conclusion de l’accord, que l’Iran n’avait pas à fermer une seule installation nucléaire, et qu’il continuera l’enrichissement de l’uranium», poursuit Dore Gold. Selon lui, «l’Iran peut s’engager dans la recherche et le développement, ce qui signifie qu’il pourra développer de nouvelles générations de centrifugeuses qui fonctionnent 10 ou 20 fois plus rapidement que les centrifugeuses de première génération, qui ont été installés dans les usines d’enrichissement d’uranium de Natanz et Fordo».

La suppression des sanctions

Le diplomate sioniste signale avec dépit que «tandis que l’Iran conserve son complexe nucléaire, les sanctions occidentales qui pèsent sur son économie seront supprimées». «Téhéran nagera dans des flots d’argent, ce qui lui permettra de soutenir (…) ses programmes de missiles, y compris intercontinentaux, qui ne sont pas couverts par l’accord, et d’appuyer le terrorisme mondial (les mouvements de résistance, ndlr)».
Yoni Ben Menahem, analyste des questions arabes à la télévision israélienne, avance la même conclusion. Selon lui, «le commandement iranien est parvenu à sauver le pays des sanctions économiques occidentales et à contraindre la communauté internationale à reconnaitre son droit au nucléaire».
Menahem estime que «le Moyen-Orient est entré dans l’ère iranienne». «L’accord (de Lausanne) est le début de la normalisation des relations entre l’Iran et les grandes puissances», souligne le journaliste avant de poursuivre: «L’Iran a récupéré sa gloire nationale et se moque d’Israël et des pays arabes. La capacité de négociation de l’Iran s’est imposée devant la faiblesse de l’Occident. Téhéran a obtenu satisfaction sur la plupart de ses demandes, notamment la levée des sanctions économiques et la reconnaissance internationale de son droit à préserver son programme nucléaire à des fins civiles. Il a aussi obtenu le feu vert international pour l’enrichissement de l’uranium à 3,6%». Et Yoni Ben Menahem d’ajouter: «L’Iran, qui a résisté à toutes les menaces et pressions jusqu’au bout, parie que les 15 prochaines années la situation va changer dans son intérêt concernant la possibilité d’acquérir la bombe atomique. Les pays occidentaux, eux, misent sur le fait que d’ici là, le guide spirituel Ali Khamenei sera mort et remplacé par une autorité plus modérée. Qui devons-nous croire?», s’interroge-t-il.

Alliance «Israël»-Arabie

Selon l’analyste israélien, la levée des sanctions «renforcera l’Iran et le transformera en force dominante au Moyen-Orient. Sa puissance économique augmentera et il sera en mesure de soutenir en armes et en argent ses alliés en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen et à Gaza». Selon lui, « les pays arabes sentent que les Etats-Unis les ont poignardé dans le dos». «Israël et l’Arabie saoudite sont les principaux perdants de la situation émergente au Moyen-Orient. Le président Barak Obama les a déçus et a bâti un nouveau réseau de relations avec l’Iran à leurs dépens. Ces deux perdants ont aujourd’hui tout intérêt et à coopérer contre l’Iran».
«Tel-Aviv» et Riyad n’ont pas attendu les conseils de Yoni Ben Menahem. Ils ont déjà accordé leur discours politique et les actions menées dans la région par le royaume wahhabite servent directement les intérêts de l’entité sioniste.

Source: french.alahednews

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Source : Al-Ahed
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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,