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7 mars 2021

Yarmouk: quand le Hamas paie le prix de sa guerre contre Assad!!


Yarmouk: quand le Hamas paie le prix de sa guerre contre Assad!!

20/04/2015

IRIB-  En une seule nuit et jour, c’est-à-dire avant que le soleil
ne se lève et que ne se couche, le camp de réfugiés de Yarmouk au sud de Damas, la capitale syrienne, s’est transformé en un champ de ruines.
Ce que l’on voit de près, est stupéfiant. Les Palestiniens disent vouloir sortir de cet enfer : il n’existe ici que la terre et la poussière et des blocs de ciment, touchés et ciblés par des obus de mortiers et des explosions successives. Les maisons été démolies si rapidement qu’il n’existe à présent qu’un souvenir de leurs habitants qui se sont déplacés ailleurs. Il ne reste plus des habitants que des vêtements en tenaille et des vestiges de ce que les habitants n’ont pas eu le temps de porter avec eux. Se balader dans le secteur septentrional du camp dominé par les combattants palestiniens composés du « Front national-commandement général », serait extrêmement dangereux et terrifiant. Depuis l’entrée nord jusqu’à la place al-Damesghi, au sud du camp, le trajet n’est pas très long. Des poulets congelés et du combustible urbain à l’intérieur duquel se trouve une substance blanche ainsi que de petites bouteilles d’eau de couleur vertes sont toujours échangés. Dans un endroit où n’entre aucun rayon de soleil, Abol Amrin ou al-Hadj Khaled Jibril, fils du secrétaire général du Front pour la libération de la Palestine, FLP, Ahmed Jibril, et son commandant militaire, fume et laisse échapper dans la pièce une fumée blanche. C’est la dernière interview qu’il accord à un reporter.
Le plan du camp se voit sur l’écran d’un grand portable qu’il a dans sa main. Il raconte brièvement : après que les terroristes sauvages de Daesh aient pris le contrôle des régions dont les autres terroristes s’étaient emparés, nous avons réussi à les repousser et à reconquérir certaines régions. Ils avaient sous leur contrôle les deux secteurs de Yarmouk et de Palestine à l’intérieur du camp. Il y a une dizaine de jours, « le commandement général » dominait 20% du camp, c’est-à-dire les deux régions en question au nord. Mais l’occupation, par Daesh, du sud du camp, à savoir la région de Hadjar-ol-Aswad, a tracé un nouveau plan.
Puis, les hommes armés d’Aknaf-al-Maqdas ont pris en main les armes et fait des alliances avec « le commandement général » et d’autres groupes palestiniens tels « Jebh-al Nazal » et « Fath-al Intifada ». Il ne serait pas alors étonnant de voir que des éléments armés de la « branche syrienne » du Hamas, qui, il y a peu de temps, décapitaient les forces de l’armée syrienne et du « commandement général », soient aujourd’hui décapités par les Daechistes qui exécutent leurs « anciens alliés » sur les places du camp.
Mais ce n’est pas le temps de réprimander. Aux dires d’al-Hadj, c’est la porte de sortie pour le Hamas pour qu’il éloigne le mal de la guerre des ennemis de la Syrie et de la Palestine. A présent, les Palestiniens dominent 40% du camp notamment dans la partie septentrionale, alors que Daesh et ses alliés contrôlent 60% du reste. Différentes statistiques ont été publiées sur le nombre des citoyens qui restent toujours dans les régions sous contrôle de ces assassins et exécuteurs des « tribunaux religieux ». Entre 9 mille et 13 mille citoyens se trouveraient toujours dans ces régions, alors que 5 mille personnes se sont rendues, ces derniers jours, à Yalda et à Babila et deux mille à Damas. Sur le plan, Abol Amrine fait allusio à «  la place d’al-Ridji » au centre de Yarmouk et  indique que les « Daeshistes se sont positionnés là ». Abol Amrine estime que les Daeshistes ne sont que des mythes mensongers, ils ne savent pas défendre, ils ne savent qu’attaquer. Je leur apprendrai comment se défendre ». Il se dit rassurant quant à l’armée syrienne et aux groupes palestiniens.
Selon lui, ils ont décidé de pourchasser les Daeshistes dans les plus brefs délais et « Aknaf » se bat actuellement aux côtés des autres groupes palestiniens. Plus de 150 forces armées se sont déjà rendues à l’armée et ont regagné le champ de bataille contre Daesh. Alors que les attaques se poursuivent de toutes les directions, il paraît que la première priorité serait de s’emparer al-Ridji. Mais al-Hadj ne cache pas que la place d’al-Ridji serait une grande menace pour les forces qui progressent. La raison en est simple : la destruction partielle de cette région signifierait que les snipers de Daesh se trouveraient dans des endroits sûrs. Les assaillants ont perdu beaucoup de leurs forces et « à présent, c’est à nous de prendre la décision finale ». Quelle est la solution ? «  L’usage des missiles lourds et progresser ». Quand il se met à décrire la situation, un missile Katioucha chute sur une fourgonnette qui transfère les combattants vers l’extérieur du camp et puis, des engins explosifs se trouvant aux alentours explosent. Un jeune de 22 ans se précipite pour secourir ses camarades de guerre originaires de Tabaria. Hassan est originaire de Aka et tient une embuscade dans une barricade tout près de l’ennemi. Il dit ne craindre rien. « Les Daeshistes sont tout comme nous, mais ils ne  pourront pas avoir raison de nous ». Selon lui, il existe aussi des pauvres gens qui vivent avec un réchaud gaz et quelques œufs, mais ils ont de grands rêves. Jahad Mazhowa, autre jeune palestinien qui a une pelle et un briquet, fait allusion à un coin de la chambre et dit : « Les Palestiniens sont professionnels dans le forage. Le commandement général les a préoccupés avec le forage ». Et il poursuit ainsi : «  Malheureusement, nous avons inventé l’excavation des tunnels pour nous battre contre Israël, mais les Israéliens aussi ont appris à excaver des tunnels ». Son commandant, Ammar, reprend ses mots et continue : «  Tous les jeunes palestiniens à Haïfa, Yafa, Aka, Tabaria, Gaza et Safad, peuvent excaver des tunnels et combattre ces vipères ».
Puis, il fait allusion à ses forces qu’il qualifie de personnes très intelligentes et ponctuelles. Et de poursuivre : «  Ici, il est interdit de faire des erreurs. Si tu n’ouvres pas les yeux, ils s’infiltrent facilement et décapitent ta famille et tes amis ». En décembre 2012, les opposants armés au gouvernement syrien avaient réussi, en mobilisant leurs différents moyens et formations, à s’emparer du camp de Yarmouk. Puis, certains éléments de « l’armée de libération de Palestine » et du Hamas ont créé des groupes secrets pour les opposants à Yarmouk.  L’objectif était de dominer totalement le camp pour ainsi mettre en œuvre le plan de juillet 2012 de Sultan Bandar Ben Sultan d’attaquer et de pénétrer Damas. L’armée syrienne a réussi à séparer la partie nord du camp de la région al-Midan et d’al-Gharb à la 30èmerue. Ainsi, les portes du camp dans les entrées de Hadjar-ol-Aswad, de Yalda et de Babila ainsi que celles du sud et de l’est étaient restées ouvertes.
Evidemment, les forces palestiniennes avaient reçu l’ordre de ne pas entrer dans ces régions. Les opposants syriens et leurs protecteurs suggéraient que l’armée syrienne avait encerclé la ville de toutes parts. Dans la foulée, les forces armées du Hamas ont formé « Aknaf Beitalmagdas », composés de 750 éléments armés. Pendant deux ans, le Hamas rejetait tout lien avec ce groupe. Durant ce temps, le nombre des forces armés d’al-Nosra et de Jeysh-al-Islam et d’autres groupes terroristes a atteint plus de 3000 personnes. Les combattants du « commandement général » ont réussi à enregistrer une certaine avancée au nord du camp et s’engager ainsi dans une guerre compliquée et mystérieuse. Néanmoins, les négociations  ne se sont pas arrêtées depuis le premier jour, en espérant que le camp reste impartial et que les forces armées s’en retirent. Mais la situation a empiré au point que les habitants du camp ont commencé à s’affronter. Le jeudi 2 avril 2015, la déclaration d’impartialité du camp devait être annoncée : les groupes palestiniens et le gouvernement syrien ont réussi à parvenir à un accord avec les forces armées d’Aknaf et d’al-Nosra. Depuis juin 2014, la signature de l’accord avait été reportée à plusieurs reprises. Quelques jours avant la conclusion de l’accord, le front al-Nosra avait assassiné Yahya al-Hourani, responsable officiel du Hamas dans le camp. Les forces de Daesh, soutenues par les terroristes du front al-Nosrah, et présidées Abou Ali al-Saïdi et les groupes secrets à l’intérieur du camp y avaient lancé une violente attaque, s’emparant rapidement de larges parties du camp.Des personnes ont été décapitées, des cadavres jonchaient les rues et les drapeaux palestiniens ont été incendiés, alors que la communauté internationale regardait ces évolutions en spectateurs passif et le Conseil de sécurité, comme d’habitude, faisait preuve d’indifférence et le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon ne faisait que de déplorer les violences. Il ne serait pas facile de s’occuper des personnes armées d’Aknaf qui ont repenti. Dans la partie palestinienne du camp, les forces du Hamas  évitent de se présenter devant les médias et les journalistes. Abou Homam, ami et compagnon de Moussa Abou Marzkou, l’un des dirigeant du Hamas, dit : «  Je ne veux pas parler maintenant. Je le ferai bientôt. Nous avons un long chemin devant nous pour lutter ». Son nom principal est Abou Homam Abol Ala et il est considéré comme l’un des commandant d’Aknaf. Mohammad al-Zaghmoute, surnommé Moshir, est l’un des compagnons d’Abol Walid, chef du bureau de Khale Mechaal, président du bureau politique du Hamas. Il a été visé par balles de l’un de ses compagnons, après qu’il ait décidé de se rendre à l’armée syrienne et de lutter contre Daesh. Il était touché au flanc et à la jambe,  mais il en est sorti indemne et a regagné le front de la guerre. Le colonel Khaled al-Hassan, officier de l’armée de libération de la Palestine, a été tué dans des combats avec Daesh. Abou Hassan, responsable du commandement central du secteur « Palestine » garde de bons souvenirs de lui. «  Hassan et le groupe de Palestiniens qu’ils dirigeait, dont le commandant Soleiman, se sont rendus à l’armée syrienne et rejoint le front de la guerre contre le groupe de Daesh. Khaled a été tué en martyre héroïquement. Il a trouvé la mort dans la tranchée « Palestine » dans des combats directs avec Daesh. Lui et son fils sont des héros. J’ai vu moi-même que son fils était partout avec lui et combattait à ses côtés. Que Dieu ait son âme. Il nous demandait de dire à Abou Jihad qu’il souhaitait trouver le martyre ».

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,