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23 juin 2021

Soldats humanitaires et violeurs d’enfants


Soldats humanitaires et violeurs d’enfants

Selon les récentes révélations du Guardian, des soldats français sont soupçonnés d’avoir commis des viols sur mineurs en Centrafrique. Un tsunami pour l’armée française qui vient de demander une rallonge budgétaire de 3,8 milliards d’euros pour les quatre prochaines années…

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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

Parfois l’actualité a du talent. Ainsi, au moment où François Hollande renouvelle son serment d’amour à l’Armée française voilà que, venue de Bangui, nous arrive une nouvelle qui tombe comme une tuile au travers de l’amour fou. Le quotidien britannique « The Guardian » révélant un rapport étouffé par l’ONU, nous dit qu’entre décembre 2013 et juillet 2014, quelques-uns de nos exemplaires bidasses, donc des enfants de cœur de Hollande, ont violé des petits garçons aux abords de l’aéroport de Bangui.  Même pas des gosses ordinaires, ceux de la misère africaine, mais  pire encore, le plus souvent des orphelins qui pour survivre devaient libérer les pervers en uniforme de leurs phantasmes criminels.

Lenteur juridique

Comment, après 10 mois d’incubation dans le secret de dossiers noirs, la nouvelle a enfin vu le jour ? Il a fallu pour cela qu’Anders Kompass, un cadre de l’ONU basé à Genève, brise le mur de la connivence. Et transmette le contenu de l’enquête onusienne à la fois au ministère français de la Défense et à l’ONG « Aifs Free world ». Dans cette affaire, soyez rassurés, la première mesure disciplinaire ne vient pas frapper les soldats criminels, mais le lanceur d’alerte, ce fonctionnaire indigné qui a été derechef « suspendu » par sa hiérarchie. Après tout ce n’est pas parce quelques petits nègres ont été violés sous les palétuviers, vieille pratique coloniale,  que l’Armée française, joyau de Hollande, doit s’arrêter de briller comme une boucle de ceinturon ouverte. Et depuis un an l’escouade de joyeux troufions criminels continue son dur combat, celui pour la démocratie et la liberté, contre le terrorisme,  tous payés au mois avec primes de risque et de délocalisation. Ainsi Jean-Yves Le Drian  -que l’Elysée in love n’appelle plus que « Le Brillant »- s’il a jugé bon d’alerter la justice afin qu’elle mette enfin ces guerriers à leur place, au trou, très respectueux de la présomption d’innocence le ministre chéri n’a rien fait pour perturber la marche au pas de ces tortionnaires.

C’est un Le Drian bien embarrassé qui a publié le jeudi 30 avril un communiqué nous informant que « les coupables seront sévèrement punis ». Ah bon ? De combien ? De séries de pompes ou corvée de chiottes ? Dans sa toute-puissance la Défense ignore soudain le droit élémentaire. Elle oublie la suppression des « Falots », ces tribunaux militaires, justice d’exception, chargés naguère d’examiner le cas des soldats défaillants, le plus souvent des déserteurs. Alors que le sort des barbares désignés à Bangui ne relève pas de la clémence de leurs gradés ; mais de la justice ordinaire  saisie il y a 10 mois. Et là, les guerriers ont eu la chance de tomber sur des magistrats d’une lenteur exemplaire : surtout faire gaffe, ne pas vexer notre armée-recours, la noble institution qui nous défend si bien aux quatre vents.  Alors que, dans ce drame, Le Drian n’a pas à punir mais à obéir, simplement à la loi.

Rallonge budgétaire 

Pour en revenir à l’argent, aux 3,8 nouveaux milliards alloués à la Défense, soyons aussi rassurés, avec la pluie de crédits décidés par Hollande, Le Drian va pouvoir, là où sont nos troupes, ouvrir des « BMC », des « Bordels Militaires de Campagne », une mesure humanitaire. Vendant à une France médusée le concept de « protection du pays », Hollande veut faire croire que nos troupes engagées de Dunkerque à Tombouctou sont là pour « nous défendre »…  Dans le Pas de Calais contre les terroristes, au Mali contre les terroristes aussi. Et en Centrafrique on ne sait trop pourquoi… en tout cas pas pour remettre le pays sur pieds puisque la ferme tutelle militaro-hollandaise n’a pas été capable d’imposer le vote d’une Constitution.

Face à cela les autres promesses sont oubliées, par exemple celle d’engager 60 000 nouveaux enseignants pendant le quinquennat, ce  qui serait pourtant un bon moyen d’apaiser cette révolte qui conduit des jeunes en déshérence dans nos ghettos, à se lancer dans un terrorisme de despérado.

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Publié par Jacques Marie Bourget

Grand reporter et écrivain: Il commence sa carrière chez Gallimard à la NRF puis enchaine l’ORTF, L’Aurore, Le Canard Enchainé, L’Express, VSD, le Sunday Times, Paris-Match et Bakchich.
En 1986 a obtenu le Prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace.

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