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23 septembre 2021

Boko Haram, l’urgence d’une réponse collective


MONDAFRIQUE

Boko Haram, l’urgence d’une réponse collective

L’attentat de Boko Haram en plein coeur de la capitale tchadienne N’Djamena, base de la lutte régionale contre le terrorisme confirme plus que jamais la nécessité de renforcer la collaboration entre Etats africains. Ceux-ci sont encore trop focalisés sur des querelles de leadership.

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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.

On avait annoncé 23 morts lundi dernier, au lendemain du double attentat-suicide perpétré par la secte islamiste nigériane Boko Haram à N’Djamena, la capitale tchadienne. On en est aujourd’hui à 33 morts et le bilan pourrait s’alourdir dans les prochaines heures. Car sur la centaine de blessés, certains sont dans un état grave.  Mais au-delà de ce décompte macabre, l’opération de ce groupe terroriste en plein cœur de la capitale du Tchad, fer de lance de la lutte régionale contre les extrémistes, atteste de l’urgence d’une réponse collective à la menace.

Progrès aléatoires

Elle confirme qu’aucun pays pris isolément ne peut venir à bout de cet ennemi parfois visible, mais toujours infiltré dans la population. Les assaillants de N’Djamena, sont, peut-être, déjà repartis au Nigeria. Ce sont, peut-être, les mêmes qui sont allés frapper mercredi soir dans deux villages près de Diffa, dans l’est du Niger, faisant près de 40 morts. D’autres membres de Boko Haram ou les mêmes tenteront demain de sévir au Cameroun après avoir commis leur forfait au Nigeria. De toute évidence, le double attentat-suicide au Tchad doit convaincre le Camerounais Paul Biya, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Tchadien Idriss Déby et leur homologue nigérian Muhamadu Buhari du caractère incontournable de la coopération régionale. Sur ce terrain-là, les progrès sont aléatoires alors que l’urgence est déclarée. La querelle de leadership pour le commandement de la force régionale de lutte contre Boko Haram ne donne pas de raisons suffisantes d’être optimiste sur la réelle volonté de la sous-région de la rendre très vite opérationnelle. Il n’y a guère non plus de raisons d’être confiant dans la capacité du continent à atteindre l’effectif de 10.000 soldats retenu lors du 24 ème Sommet organisé en janvier dernier à Addis-Abeba.

A ces obstacles s’ajoutent les freins à la normalisation des relations diplomatiques entre le Nigeria et le Cameroun. L’arrivée de Buhari au pouvoir n’y a pas changé grand-chose. Le nouveau chef de l’Etat nigérian n’a pas en effet jugé important de faire étape à Yaoundé lors de sa première sortie du 3 au 4 juin à l’étranger, préférant réserver son voyage à ses voisins nigérien et tchadien. En retour, le président camerounais n’a pas jugé utile de se rendre au sommet spécial d’Abuja sur la lutte contre Boko Haram organisé le 11 juin par Buhari. Puisse le double attentat-suicide de N’Djamena et le massacre de 40 civils nigériens perpétrés dans la nuit de mercredi à jeudi leur faire prendre conscience que la coopération régionale est la seule parade contre cette nébuleuse sans foi ni loi.

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