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1 mars 2021

La France doit offrir le droit d’asile à Snowden et Assange


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Photo : Tobias Schwardz/AFP

Edward Snowden, le 14 décembre 2014 lors d’une visioconférence avec la Ligue internationale des droits de l’homme à Berlin.
Photo : Tobias Schwardz/AFP
Un geste de solidarité élémentaire est indispensable à l’égard des deux lanceurs d’alerte menacés d’emprisonnement et bloqués depuis trois ans à Moscou ou à l’ambassade d’Équateur à Londres.

Paris doit accorder solennellement l’asile à Edward Snowden et Julian Assange. Voilà qui constituerait une réponse digne d’un pays qui se réclame des Lumières et de la liberté de l’information. Paris ne peut plus arguer d’un manque de preuves sur l’ampleur de l’entreprise d’espionnage de l’Oncle Sam. Comme il l’avait fait à l’été 2013 à l’occasion d’un des épisodes les moins glorieux de l’histoire diplomatique hexagonale quand le président bolivien, Evo Morales, rentrant de Moscou s’était vu obligé à une escale impromptue après que la France lui eut refusé le survol de son espace aérien suite à une rumeur prétendant que le lanceur d’alerte 
Edward Snowden se trouvait à bord de l’avion présidentiel.

En fait, personne ne devrait avoir plus intérêt aujourd’hui que le gouvernement français à contrer l’injustice qui touche le jeune informaticien, bloqué dans la capitale russe depuis trois ans, comme 
le fondateur de Wikileaks, Julian 
Assange, « assigné à résidence », lui, dans l’ambassade d’Équateur à Londres. Cette offre d’asile serait le seul moyen de démontrer une détermination, un engagement indéfectible et concret de la France pour la protection des libertés fondamentales. Cette réponse ne serait pas seulement une question de morale élémentaire. Elle constituerait aussi le seul moyen de contraindre Washington à revoir vraiment ses méthodes de surveillance tous azimuts. Méthodes auxquelles résistent de nombreux citoyens des États-Unis. Placés les premiers sur écoute, ils luttent pour la défense de leurs droits. Ce 
sont eux nos vrais alliés privilégiés outre-Atlantique.

Le sort du soldat Manning illustre la dimension des menaces encourues par Snowden et Assange. Condamné à trente-cinq ans de prison en 2013, il croupit dans une geôle, dans l’indifférence, alors qu’il eut le courage de diffuser des milliers de dossiers sur WikiLeaks prouvant combien l’armée US a sciemment piétiné les droits de l’homme en Irak. Paris qui, autrefois, vit juste contre le déclenchement de cette guerre serait bien inspiré de mener campagne aussi pour sa libération.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,