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28 février 2021

Un impérialisme français qui se redéploie à toute vapeur


Un impérialisme français qui se redéploie à toute vapeur

par Michel J. Cuny – samedi 27 juin 2015

Trois vidéos éditées ces jours-ci par XerfiCanal (http://xerficanal.com) permettent de faire le point sur le sens profond de ce qui s’est passé en Libye, et de ce qui se passe en ce moment même en Syrie. Le monopoly se remet en place, et ouvre des perspectives jusqu’alors inouïes.

Dans la première vidéo, intitulée « Qui sont les privilégiés : richesse, hauts salaires, sécurité de l’emploi, avantages », Olivier Passet nous annonce immédiatement que « Les inégalités se sont creusées en France avec la crise. »

« Avec »… C’est sans doute ce qu’il fallait dire. Crise ne pouvant toujours signifier, en système capitaliste et tant que la lutte des classes paraît sommeiller, que recomposition du capital. Or, s’il se recompose – au lieu de s’effondrer -, c’est qu’il a fait quelques bénéfices dans la période antérieure…

Olivier Passet poursuit son propos :
« Faire partie des 1% les plus riches en France en termes de revenu, cela signifiait selon l’INSEE de déclarer 93 000 euros par unité de consommation soit 186 000 euros pour un couple. »

Pour le 0,1 %, c’est 256.000 euros (512.000 euros pour un couple) ; pour le 0,01 %, c’est 810.700 euros (1.621.400 euros pour un couple).

Ici, il est même possible de pousser un peu plus loin que ne le fait Olivier Passet…

Au-delà du couple, les autres personnes présentes dans un ménage valent, sitôt qu’elles ont plus de 14 ans, une demi-unité de consommation…

Dans le 0,01 %, un couple avec deux enfants de plus de 14 ans totalisera donc trois unités. Son revenu sera de 2.432.100 euros.

Autre information offerte par Olivier Passet… Le 1 % réunit, à lui tout seul, 27,4 % des revenus hexagonaux.

Encore une petite citation, qui concernera, non plus les revenus, mais les patrimoines :

« Faire maintenant partie du club des 1% des plus riches en termes de patrimoine signifiait de posséder en 2010 (dernière enquête patrimoniale exhaustive de l’INSEE), un patrimoine brut de 1,9 million d’euros. C’est-à-dire, de détenir 17% de la richesse nationale quand les 50% du bas de l’échelle en détiennent 7%. »

Et pour finir, les milliardaires français :
« On en dénombre 67 en 2014. 12 de plus que l’an dernier. »

Passons à la deuxième vidéo. Nous y retrouvons Marc Lhermitte qui traite, pour nous, de cette question qui ne dépasse rien qu’un peu celle des noyés de la Méditerranée : « Pays de la Méditerranée : attractivité exceptionnelle. »

Ses tout premiers mots ? Les voici :
« L’espace méditerranéen est une destination particulièrement attractive pour les investissements étrangers. »

Mais quelques humains n’ont pas l’air de penser comme les… investissements étrangers. Ils partent en courant. Ce qui doit tout de même signifier quelque chose…

Marc Lhermitte précise le sens de son propos :
« Lorsqu’on leur demande de comparer la région méditerranée avec l’Europe, les investisseurs mettent en avant sa croissance économique, tirée par sa démographie et l’urbanisation, avec le développement spectaculaire de nouvelles métropoles dans le Golfe, en Turquie et au nord de l’Afrique. »

Évidemment, tout cela ne va pas comme sur des roulettes, puisque…
« l’instabilité politique en Afrique du nord et au Proche-Orient freinent leur développement. Mais loin de ce qui fait la Une des médias, la Méditerranée recèle bel et bien de nombreuses promesses qui font de la région une nouvelle frontière pour les investisseurs du monde entier. »

Et de la Méditerranée une nouvelle frontière pour celles et ceux qui n’y vont pas que pour se baigner. Ainsi va la vie.

Et la troisième vidéo va maintenant nous parler de la mort. Damien Festor n’y est pour rien. Il fait son travail, et son travail emporte le fait de nous le dire illico :
« Le ciel s’éclaircit enfin pour les industriels de la défense, mais de nouveaux succès à l’export sont indispensables pour maintenir cette dynamique. »

Dans ces questions-là, l’important, c’est où ce que ça tombe… Mais, comme nous l’a démontré l’affaire de Libye en particulier, la France peut, elle aussi, taper dans le tas et mettre dans le mille. À quand la prochaine partie ? C’est que, bien sûr, les victoires – surtout obtenues à bon compte – sont un imparable argument de vente.

Au-delà, cordonnier mal chaussé est un bien mauvais modèle, aussi nous aidons-nous d’abord nous-mêmes (en faisant massivement servir l’impôt à cela). C’est Damien Festor qui nous le rappelle :
« En premier lieu, le soutien de l’Etat français à la filière avec notamment la programmation de nouvelles dépenses en renouvellement et acquisition d’équipement, soit en moyenne 17,1 Md€ par an selon le Livre Blanc de la Défense et la loi de programmation militaire. »

Et puis le Livre Blanc, c’est aussi… la guerre. Celle qu’il nous faudra absolument faire, puisqu’elle y est inscrite noir sur blanc…
(Cf. http://www.micheljcunysitegeneral.sitew.fr)

Je terminerai sur un propos qui devrait servir à illustrer les raisons pour lesquelles j’ai entamé ici, depuis quelques semaines, une analyse des origines idéologiques et politiques de la Constitution de la Cinquième République.

La société française supporte, depuis très longtemps maintenant, une invraisemblable détérioration de son système de production de sa propre vie. La misère s’étend à l’intérieur, tandis que les capitaux français jouent dans la cour des maîtres du monde. Tout ceci s’opère – sur l’ensemble du territoire et depuis une génération entière – sans que la casse, pourtant magistrale, ne produise trop de vagues. Bien au contraire : il paraît que… ça baigne.

C’est la preuve irréfutable de l’efficacité de la structuration entretenue depuis bientôt soixante ans par la Constitution de la Cinquième République qui réserve l’exclusivité de l’exercice de la souveraineté à la grande bourgeoisi

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,