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27 février 2021

L’Iran, indispensable allié contre l’État islamique


« Extirper le sionisme de Palestine » (Al Faraby)

mercredi 1 juillet 2015

L’Iran, indispensable allié contre l’État islamique

Un accord à Vienne sur le nucléaire iranien signerait bien plus que la fin d’une décennie de crise avec la République islamique. Il ouvrirait la voie à une possible alliance avec l’Iran contre l’organisation État islamique (EI). En effet, sur le terrain, en Irak, c’est bien Téhéran qui est aux avant-postes pour contrer au sol l’essor des soldats du « califat », les États-Unis assurant de leur côté la majorité des frappes aériennes en Irak et en Syrie. Dès la prise par les djihadistes de la ville irakienne de Mossoul en juin 2014, c’est l’Iran qui a dépêché à Bagdad le général iranien Qassem Souleimani, chef de l’unité d’élite al-Qods des Gardiens de la Révolution, en compagnie d’experts militaires iraniens pour sécuriser la capitale.

La mission achevée, l’ancien ennemi numéro un des États-Unis s’est alors attelé à reconquérir l’Irak, allié chiite de Téhéran, des griffes djihadistes. Son plan : la formation, le financement et l’armement de l’armée irakienne et surtout des milices chiites, soutenues par Téhéran, pour vaincre l’EI. Problème, l’Iran ne fait pas officiellement partie de la coalition internationale contre l’EI mise sur pied en septembre 2014, notamment en raison de l’hostilité de l’Arabie saoudite, grand allié des États-Unis et de la France, et rival régional sunnite de l’Iran chiite.
« Non, nous ne collaborons pas avec l’Iran », confirme une source diplomatique française qui fait pourtant état de nombreuses discussions bilatérales entre Paris et Téhéran sur le sujet Daesh (acronyme arabe de l’EI). Si, officiellement, les États-Unis nient toute « coordination militaire » avec l’Iran, c’est bien avec l’aide des Iraniens sur le terrain que les bombardements américains ont permis aux forces irakiennes, notamment les milices chiites, de reconquérir la ville de Tikrit (nord de l’Irak) en mars. Une alliance objective qui n’a rien pu faire pour sauver Ramadi (ouest de l’Irak) des assauts djihadistes en mai, ce qui a provoqué la fureur de Téhéran.
« Pour lutter contre le phénomène dangereux (de Daesh), il n’y a que la République islamique. […] Il n’y a aucune volonté américaine ! » a fustigé fin mai le général iranien Qassem Souleimani, après cette retentissante défaite qui a permis à l’EI d’étendre son « califat » à l’ensemble de la province sunnite d’al-Anbar, à l’ouest du pays. En effet, dix mois après les premières frappes américaines, les États-Unis perdent encore du territoire face à Daesh. « Comment est-il simplement imaginable que les États-Unis, avec leur présence en Irak, tous leurs équipements et leurs satellites, n’aient pas été capables d’empêcher Daesh d’entrer à Ramadi ? » s’interrogeait fin mai Ali Ahani, ambassadeur de la République islamique en France, dans une interview au Point.fr.
« Il existe une méfiance énorme entre l’Iran et les États-Unis. Mais la signature d’un accord final sur le nucléaire et son application peuvent permettre de mesurer la sincérité des États-Unis et leur disponibilité à respecter leurs engagements à l’égard de l’Iran », expliquait par ailleurs le diplomate. À en croire les diplomates occidentaux et iraniens présents à Vienne, la question Daesh n’aurait jamais fait partie des négociations, déjà extrêmement épineuses, sur le nucléaire iranien. Mais au fur et à mesure des avancées djihadistes en Irak et en Syrie, l’EI, ennemi commun de Washington et de Téhéran, aurait finalement été évoqué lors des innombrables rencontres bilatérales entre le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, entamées en septembre 2013. « Ils ont échangé leur point de vue sur le problème Daesh, mais ce n’était pas un sujet de négociation », souligne Ali Vaez, analyste spécialisé sur l’Iran à l’International Crisis Group.
Pourtant, de l’avis de nombreux experts, une véritable collaboration avec la République islamique est aujourd’hui indispensable à la coalition si elle compte réellement venir à bout de la pieuvre djihadiste. « L’Occident y répugne en raison de son antagonisme avec la République islamique », pointe Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, interrogé par Le Point.fr. « Mais si l’on veut éliminer Daesh, il est indispensable de mettre en place une coalition totale anti-EI, avec l’Occident, les pays arabes, la Turquie, la Russie, et l’Iran. » Un accord en Autriche sur le nucléaire iranien permettrait de briser ce tabou.
Mais une vraie alliance avec la République islamique reste pour l’heure illusoire. Tout d’abord en raison de la profonde méfiance entre l’Iran et les États-Unis, qui n’entretiennent plus de relation diplomatique depuis 1980 et la prise d’otage de l’ambassade américaine à Téhéran. Et en dépit du réchauffement en cours entre les deux meilleurs ennemis, le département d’État américain a récemment accusé dans un rapport l’Iran, placé depuis 1984 sur sa liste noire des États soutenant le terrorisme et sanctionné pour cette raison, d’avoir « continué de soutenir des groupes terroristes tout autour de la planète », en référence au soutien de Téhéran au Hezbollah libanais, aux groupes chiites irakiens, ainsi qu’au Hamas et djihad islamique palestinien. » Le terme de grand Satan pour qualifier les États-Unis a été une invention extraordinaire de l’imam » Khomeiny, a ainsi ironisé début juin le guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei, écartant pour l’heure toute alliance avec Washington.
« L’Iran continue à aider ses mouvements alliés dans la région, car il voit qu’il est encerclé par les bases américaines », analyse Ali Vaez. « En termes d’armement conventionnel, Téhéran est surpassé par tous ses voisins arabes sunnites alimentés par l’Occident et est exclu de surcroît de tous les accords sécuritaires régionaux », poursuit l’expert de l’International Crisis Group. « Or, lorsqu’on est isolé, la seule politique viable est asymétrique : il s’agit de soutenir vos alliés, loin de vos frontières, pour dissuader vos ennemis de vous attaquer. »
Un dernier obstacle de taille se dresse enfin contre toute alliance Washington-Téhéran : l’opposition farouche des deux alliés traditionnels des États-Unis dans la région, Israël et l’Arabie saoudite, furieux que les Américains aient pris langue avec leur pire ennemi. Vent debout contre un accord sur le nucléaire iranien, mais conscients qu’ils ne pourront définitivement l’entraver, l’État hébreu et la pétromonarchie wahhabite, qui n’entretiennent officiellement aucune relation diplomatique, mènent depuis un an des négociations secrètes pour discuter des moyens de contrer l’influence grandissante de la République islamique dans la région.

(01-07-2015 – Armin Arefi)

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,