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28 octobre 2021

Israël divise les Tunisiens et les Algériens au festival de Locarno


L’EXPRESION

Israël divise les Tunisiens et les Algériens au festival de Locarno

Par

«Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe…» Mahmoud Darwish

Alors que le conflit en Palestine a été relancé dans les médias après l’attentat horrible commis par un colon israélien contre un bébé palestinien de 18 mois, la scène cinématographique s’annonce difficile à l’approche du festival de Locarno, l’un des plus importants d’Europe, après Cannes, Venise et Berlin, qui se tiendra du 5 au 15 août 2015. Cette année, le festival à la renommée internationale, a commis l’erreur d’offrir une carte blanche au cinéma israélien. Un choix indélicat puisqu’au même moment, il a choisi de rendre hommage au cinéma maghrébin. Une programmation diplomatiquement maladroite, puisque quatre cinéastes tunisiens ont décidé de boycotter la 68ème édition du Festival international du film de Locarno. Il s’agit de Mohamed Ben Attia (cinéaste), Raja Amari (cinéaste), Dorra Bouchoucha (productrice) et Lina Chaâbane (productrice). Les cinéastes ont retiré leurs projets et leurs films sélectionnés au festival en protestation de l’octroi, par l’administration du festival, d’une carte blanche à Israël. «Le festival de Locarno a donné Carte Blanche à Israël dans son édition 2015. Dans le même temps, une section spéciale Open Doors a été consacrée au cinéma maghrébin. Cette coïncidence douteuse nous a poussés, dans un premier temps, à faire pression auprès du festival pour renoncer à leur partenariat avec l’État israélien. La direction du festival a rebaptisé Carte Blanche en First Look. Cela nous a paru être une façon maladroite de déguiser ce malaise» peut-on lire dans un communiqué commun. Mieux encore, une lettre ouverte a été envoyée aux autres jeunes cinéastes tunisiens qui n’ont pas retiré pour le moment leurs films: Nadia Rais, Nejib Belkadhi, Hind Boujemaâ, Mohammed et Mehdi Ben Attia: «Ne donnez pas carte blanche à l’apartheid israélien», avaient lancé les cinéastes boycotteurs. En revanche, les autres Maghrébins et notamment les Algériens n’ont pas retiré leurs films… pour le moment. Il s’agit notamment de six films franco-algériens, dont Les Terrasses de Merzak Allouache, Gabbla de Tarek Teguia, La Chine est encore loin de Malek Bensmaïl et le court métrage de Hassen Ferhani réalisé en 2009, Tarzan, Don Quichotte et nous. Par ailleurs, la section Open Doors qui a déjà mis à l’honneur le cinéma maghrébin en 2005, offre des aides à quatre longs métrages algériens réalisés par des jeunes:En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui, Le fort des fous de Narimane Mari, le Sacrifié d’Amine Sidi Boumediene et Ruqya de Yanis Koussim. Pour le moment aucune réaction des cinéastes algériens au sujet de la campagne de boycott du festival de Locarno. Une campagne qui a commencé il y a une année avec le cinéaste anglais Ken Loach, Mira Nair, Sally El Hosaini ainsi que les cinéastes israéliens Simone Bitton, Eyal Sivan et Rachel Leah Jones qui ont signé une pétition pour exprimer leur profonde préoccupation quant au fait que le festival de Locarno, c’est choisir de s’associer avec l’Israël Film Fonds et le ministère israélien des Affaires étrangères, en dépit du fait qu’Israël a non seulement continué, mais intensifié son occupation, la colonisation et le nettoyage ethnique vieux de plusieurs décennies contre le peuple palestinien. Les cinéastes boycotteurs ont été particulièrement troublés sur le calendrier de cette décision du Festival de Locarno de promouvoir Israël, peu après le dernier massacre israélien à Ghaza à l’été 2014, où plus de 2000 Palestiniens ont été tués, dont plus de 500 enfants.

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