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20 septembre 2021

Libye : Alger contre l’intervention militaire et la levée de l’embargo sur les armes


Libye : Alger contre l’intervention militaire et la levée de l’embargo sur les armes

Publication:
231975C

Alger persiste et signe: une intervention militaire en Libye et la levée de l’embargo sur la fourniture des armes aux parties en conflits sont contreproductifs et ne constituent pas une solution à la crise.

Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra s’est chargé, jeudi, au cours d’une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères et du Commonwealth, Philip Hammond, à le rappeler avec force.

« Nous ne croyons pas à la solution militaire, nous ne croyons pas que le fait de nourrir l’escalade par la fourniture d’armement ou par des mesures de ce genre serait de nature à favoriser le nécessaire apaisement des cœurs et des esprits afin d’aller vers la solution consensuelle que nous appelons de tout le temps » a-t-il déclaré.

Si l’Egypte a opéré un recul en matière de demande d’intervention militaire qui n’a pas les faveurs des pays occidentaux, elle œuvre, avec d’autres pays arabes, à essayer de lever l’embargo sur la vente des armes à la Libye décrété en 2011.

Un « groupe arabe » divisé

Le conseil de sécurité de l’Onu devrait examiner vendredi la demande présentée par la Jordanie pour obtenir la levée de l’embargo sur les armes au profit du gouvernement de Tobrouk. Amman, seul pays arabe à siéger au Conseil de sécurité en qualité de membre non permanent, a présenté au nom du « groupe arabe » une demande de levée de l’embargo sur les armes en vigueur depuis 2011.

C’est une demande régulière du gouvernement de « Tobrouk » qui estime que l’action de l’armée libyenne est entravée par l’embargo et ne lui permet pas de combattre efficacement les groupes terroristes.

Dans les faits cependant le « groupe arabe » est divisé et n’a pas une position commune sur les moyens à mettre en œuvre pour stabiliser la Libye. L’Algérie, comme la Tunisie, rejette l’idée d’une intervention militaire alors que les possibilités d’une solution politique n’ont pas été encore suffisamment explorées.

LIRE AUSSI: La Tunisie refuse une intervention militaire en Libye et s’oppose à l’Egypte

Lamamra confirme ainsi l’existence d’une divergence d’appréciation qui ne porte pas seulement sur l’intervention militaire mais également la levée de l’embargo sur les armes.

Il y a déjà trop d’armes en Libye

Pour les responsables algériens, il y a déjà trop d’armes en circulation en Libye et une levée de l’embargo en faveur d’une partie contre l’autre ne ferait que pousser les protagonistes du conflit libyen à tenter de s’imposer par les armées. Sans compter qu’une levée de l’embargo sur les armes pourrait profiter davantage aux groupes djihadistes dans un contexte d’effondrement de l’Etat libyen et de fragmentation générale.

Tout en exprimant cette divergence évidente par rapport au Caire, Lamamra a tenu à marquer la solidarité de l’Algérie à l’égard de l’Egypte à la suite de l’horrible carnage contre les 21 otages coptes égyptiens commis par des terroristes affiliés à Daech.

« Nous exprimons notre pleine solidarité avec l’Egypte sœur qui a été durement frappée par le terrorisme ».

LIRE AUSSI: Coptes décapités en Libye: la mission de l’ONU condamne un acte terroriste

Lamamra a indiqué qu’Alger et Londres partageaient la même position sur la Libye. « Notre position est tout à fait la même et elle est très claire, nous sommes pour la solution politique, pour le dialogue inclusif, pour des institutions démocratiques et représentatives dans le cadre de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté de la Libye », a-t-il précisé.

« Nous travaillons, a-t-il dit, à ce qu’un gouvernement d’union nationale soit mis en place par les différentes forces politiques libyennes dans plus brefs délais » et a formulé l’espoir que l’action menée dans ce sens par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Bernardino Léon aboutisse rapidement.

Le facteur temps est « extrêmement important » a-t-il poursuivi. « Il est temps et il est nécessaire que toutes les parties libyennes se mobilisent et que toutes les bonnes volontés les aident également… « Nous veillons à être, en tant que pays voisins, une partie importante dans le règlement du conflit libyen et nous ne serons jamais partie au conflit ».

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