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24 septembre 2021

Bruit suspect au sujet des refugiés syriens en Europe


Alahed

Bruit suspect au sujet des refugiés syriens en Europe

Akil Cheikh Hussein

Jeudi 10 septembre 2015

L’intense campagne de provocation médiatique au sujet des réfugiés syriens en Europe vise à préparer le terrain à de nouvelles formes d’agression contre la Syrie. Mais elle ne conduira pas à des résultats différents de ceux qui ont résulté de la permanente agression qui se déroule contre la Syrie depuis 5 ans.

Il est d’ores et déjà possible de dire que le problème des réfugiés qui, tout au long des sept dernières décennies, fut presqu’exclusivement un problème palestinien, a reculé pour occuper l’arrière fond de la scène du fait que dans des conditions où – dans un monde visé par les projets des puissances impérialistes et hégémoniques occidentales- d’autres problèmes de réfugiés concurrencent pour occuper le devant de la scène.

Rien que ces quelques derniers jours, et dans un contexte dominé par ce qu’on appelle «immigration clandestine» et «illégale», vers l’Europe à travers la Méditerranée, le mouvement migratoire syrien a occupé la première place, bien avant celui qui se déroulait et se déroule toujours à partir des côtes libyennes.

Problème européen ?

 Et dans les conditions du grand bruit au sujet des réfugiés syriens, ou plutôt du problème vécu par l’Europe à cause des réfugiés syriens, les photos de l’enfant syrien mort noyé dont le corps a échoué sur la côte turque après le naufrage d’une barque qui le transportait vers le havre de paix européen avec d’autres membres de sa famille, ont fait leur apparition sur les premières pages de la presse et des autres médias partout dans le monde.

Certes, beaucoup de monde ont été fortement secoués par cet événement tragique. Pourtant, l’affliction n’a pas tardé à reculer pour donner lieu à une campagne centrée sur la cause des réfugiés syriens, mais sous l’angle de ses répercussions au niveau de la situation en Europe.

L’événement émouvant n’a pas été investi de façon à faciliter la solution de ce problème des réfugiés syriens à partir d’une solution à apporter au problème syrien lui-même et qui répondrait plus aux intérêts de la Syrie, de son peuple et des peuples de la région. Bien au contraire, il a été investi de façon qui s’oppose carrément à un tel souci.

Que dire des autres enfants ? 

Le jour même où les média diffusaient généreusement les photos de l’enfant syrien mort noyé, aucun média, à l’exception d’un nombre particulièrement réduit de réseaux sociaux, ne s’est intéressé à cet enfant yéménite déchiqueté par une bombe saoudite qui n’a laissé de sa tête et de son visage qu’un lambeau de chair ensanglantée et roulée dans la poussière.

Le même jour a, de toute évidence, témoigné de l’assassinat de beaucoup d’autres enfants en Syrie et partout dans la région allant d’Afghanistan et du Pakistan jusqu’au Nigéria en passant par l’Irak, la Syrie, le Liban, la Palestine, la Libye et la Somalie, par le bombardement américain, israélien ou saoudien, ou par les attentats-suicides et les égorgements perpétrés par les groupes terroristes manipulés par le projet israélo-américano-saoudien.

Plus d’un million d’enfants sont tués en Irak depuis le début de l’invasion américaine commencée en 1991. Le chiffre s’élève à des dizaines de millions si on ajoute les nombre des enfants tués par les guerres d’agression menées contre les autres peuples de la région.

Tous ces enfants, et d’autres millions d’êtres humains plus âgés tués par ses guerres n’ont jamais attiré un intérêt semblable à celui de la mort de cet enfant syrien. Même l’intérêt porté à cet enfant n’était qu’un prélude à une intense campagne médiatique qui, avant de brandir les solutions que la guerre contre la Syrie n’a pas pu imposer tout au long de ces dernières années, a insisté sur les «épreuves» de l’Europe dévastée par les flots de réfugiés syriens.

Des positions extrêmement divergentes ont été prises en Europe concernant ce problème de réfugiés syriens. Les plus négatives sont celles dont les tenants ont appelé à fermer les frontières ou même à bombarder leurs bateaux et à les faire couler avant leur arrivée aux côtes européennes. Pour justifier ce genre de mesures on a entendu parler de menace  pour la zone Schengen et même pour l’identité chrétienne de l’Europe.

Les positions les plus accueillantes sont celles exprimées par des déclarations affirmant que certaines personnes sont prêtes à recevoir des réfugiés chez eux, dans leurs propres maisons.

Bien de propositions ont également fait jour. L’une d’elle ouvre une plaie dans la mémoire : Louer une île grecque et en faire, parait-il, un foyer national pour les réfugiés syriens…. Ou un Etat syrien en exil… ou même en n’importe quelle chose susceptible de vider la Syrie de son peuple. Dans quel but ? Les ennemis de la Syrie, Arabes et non-Arabes rêvent qu’elle soit occupée et vendue à des multinationales spécialisées par la vente d’habitat, puis de la coloniser par des acquéreurs dont les conditions financières leur permettent d’émigrer loin des déserts ou des zones couvertes de neiges et envahies par le froid.

Quant aux armées arabes qui, d’après John Kerry, sont prêtes à intervenir militairement sur le sol syrien, ou aux raids aériens que des avions français comptent effectuer en Syrie, ils sont sans doute censés déblayer le chemin devant les multinationales en question.

L’idée de coloniser la Syrie (certains rapports affirment que 12 millions de Syriens ont déjà quitté leur pays) s’appuie sur le succès des hordes sionistes dans la colonisation de la Palestine par la force des massacres qui ne sont pas terminés par la mort du bébé palestinien brûlé vif.

Mais cette idée ne prend pas en compte le fait que ce succès n’était possible que dans des conditions où personne ne soutenait la cause palestinienne. Des conditions devenues caduque de nos jours : Celui qui gère la situation politique dans la région est maintenant l’axe de la Résistance, axe puissant et solide autour de la Syrie qui ne tardera pas à appeler vers elle ses poussins pourchassés partout dans le monde, et à redevenir plus forte et plus splendide qu’auparavant.

Source : Al-Ahednews

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Source : Alahed
http://www.french.alahednews.com.lb/…
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