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23 juin 2021

Intervention française en Syrie (François ASENSI)


Intervention française en Syrie (François ASENSI)

françois asensi
Mardi, 15 Septembre, 2015
Nous soutenons avec détermination le principe d’une force militaire contre Daech, pour autant que cette force s’inscrive dans le cadre de l’ONU et qu’elle s’accompagne d’une feuille de route politique associant l’ensemble des acteurs régi

Débat sur l’engagement des forces aériennesau-dessus du territoire syrien

INTERVENTION DU DEPUTE FRANCOIS ASENSI (Front de Gauche)

Un an après le déclenchement de l’opération Chammal, les barbares de DAECH continuent de semer la mort sur la surface du globe.

Sur notre sol, ce fut le massacre des journalistes de Charlie hebdo, près celui des enfants juifs de Toulouse.

Là-bas, c’est un cortège de décapitation, de viols, d’épuration ethnique  et d’atrocités sans fin.

En détruisant Palmyre, symbole des influences arabes, grecques et romaines entremêlées, Daech s’est attaqué aux plus hautes œuvres de l’esprit ; il a bafoué ce que la Méditerranée, creuset de toutes les cultures et trait d’union entre l’Orient et l’Occident, a de plus beau.

Contre ce fanatisme qui nous ramène aux pages les plus sombres de l’histoire, les députés du Front de gauche sont résolus à combattre sans merci et sans état d’âme.

Combattre par la force, parce que face à des monstres d’une telle brutalité, le dialogue est impossible.

Combattre par l’intelligence, car elle seule fournit durablement un rempart contre l’obscurantisme et la folie.

Combattre par la fraternité, parce que cette barbarie n’a rien à voir avec la culture musulmane, qu’elle trahit et instrumentalise.

***

Dans cette lutte, nous avons pris toujours pris nos responsabilités, notamment lors de l’intervention française au Mali.

Pour autant, ce même esprit de responsabilité nous a conduit à formuler de fortes réserves lors du déclenchement de l’opération Chammal, et à ne pas approuver sa prolongation en janvier dernier.  

 

Pourquoi ? Parce que nous étions en désaccord avec notre diplomatie sur deux points majeurs :

 

  • Nous ne partagions pas le trait d’égalité placé par la France entre Bachar El Assad et Daech. Car s’il n’y a pas de hiérarchie dans l’horreur, on ne pouvait pour autant mettre sur un même rang un dictateur et une idéologie poussant à l’anéantissement de l’Humanité.Cette position, plus atlantiste même que celle des Etats-Unis, nous conduisait à l’isolement et à l’impuissance diplomatiques, tout comme notre intransigeance sur le nucléaire iranien.
  • Nous déplorions également que cette intervention militaire se déroule sous la coupe de l’OTAN, ce qui ne pouvait manquer de raviver la thèse du choc des civilisations. Sans compter nos interrogations sur l’efficacité de telles frappes aériennes dénuées de tout volet politique consistant.

***

Un an après,force est de constater que nos craintes étaient pour l’essentiel fondées. Nous nous trouvons aujourd’hui en situation d’échec :

 

  • Au plan militaire, Daech a consolidé son emprise géographique. Malgré les milliers de frappes aériennes, aucune ville irakienne n’a été reprise.

10 000 djihadistes sont tombés, mais le fanatisme a fait son œuvre etde nouveaux combattants sont venus les remplacer.

Les armées locales, notamment irakiennes, demeurent incapables d’assurer la sécurité de leurs populations.

 

  • Au plan diplomatique, Erdogan a marchandé sa place dans la coalition de l’OTAN pour engager une répression inouïe des Kurdes, notre seul rempart contre Daech. C’est un comble mais le déclenchement de l’intervention américaine a conduit à ce que le seul allié fiable, laïc et progressiste dans cette région soit bombardé et affaibli.

 

  • Au plan humanitaire, la persécution des minorités s’est accentuée, tout comme le drame des réfugiés.

Notre continent a cru pouvoir se tenir à l’écart en érigeant une Europe forteresse et en se défaussant sur les pays frontaliers de la Syrie.

Malgré notre opposition, les moyens de l’agence Frontex ont été considérablement augmentés. L’aide au développement a été sans cesse amputée.

Au bout du compte, la Méditerranée a cessé d’être une main tendue pour devenir peu à peu le cimetière de milliers de vies.

 

Face à cette tragédie, les députés Front de gauche veulent réaffirmer que les migrants sont une richesse et non une menace !

Et pour cela, nous refusons toute sorte de tri entre les migrants, au nom même de la Fraternité qui fonde notre République !

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