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5 août 2021

VOYAGE en JAMAHIRIYA: contribution à une sociologie historique


23/09/2015

 

Voyage en Jamahiriya: contribution à une sociologie historique

Par les Pacifistes de Tunis

En 1997, la Jamahiriya était sous embargo, ce châtiment laïc que seuls savent imposer les Etats capitalistes dominant le monde. Cuba en est le meilleur exemple mais certains ont eu un avant-goût avec des « sanctions » qui peuvent se révéler tout aussi criminelles, comme le cas récent de l’Irak le montre.

Cette année-là, nous étions descendus dans un hôtel de la capitale nommé Tarablus Al-Hadith (Tripoli Moderne). Pour des communistes (*), la plus grande surprise, dans notre vie quotidienne, fut, de recevoir une facture (voir IMAGE) exhibant, dans son coin gauche supérieur, un détail lourd de signification.

Il s’agit du slogan « Shuraka la Ujara ! » (Nous sommes des « Associés-Camarades » [en vue du projet de libération de l’humanité du joug de la servitude], non pas  « Salariés-Exploités » !).

Il s’agissait en fait de la traduction, dans les faits, des recommandations, ô combien osées, du Livre Vert, ouvrage aussi simple et logique et pétillant d’intelligence, que l’humanité à tout le loisir de méditer jusqu’à la fin des temps.

QADDAFI avait donc osé expérimenter le socialisme dans un pays musulman, arabe, africain dans lequel vivaient des centaines de tribus aux traditions rigides et aux tempéraments parfois opposés. C’est ce qui expliquera la longue série d’attentats visant son élimination physique: tant de la part des impérialistes que des Etats réactionnaires musulmans qui les financeront comme ils le firent avec les bandes armées de la CIA en Afghanistan afin d’en extirper les graines du socialisme qu’avait commencé à planter la regrettée Union Soviétique.

Dans le restaurant de l’hôtel, nous avions été frappés (mais ce sera valable partout ailleurs) par la disposition du garçon (pardon… l' »Associé-Camarade ») qui, contrairement à ses homologues à Tunis ou à Paris, ne manifestait visiblement aucun empressement à ce que nous mettions notre main à notre poche pour lui remettre un « pourboire ». Son indifférence était en fait positive. Elle reflétait la diffusion effective de l’égalité (comme idéologie) à travers la société, comme celle que l’on pouvait lire sur les visages des habitants de Grandola Vila Morena, chanson immortalisée par la Révolution des Œillets au Portugal (voir notre article sur la célébration du 44ème Anniversaire de cet événement).

Ces faits anodins nous avaient beaucoup marqué, tout comme d’autres de la vie quotidienne, elle-même marquée par l’absence du souci du lendemain à l’image des villes paisibles (voir IMAGE) de la Jamahiriya où n’errait aucun mendiant.

Pourquoi nous sommes communistes

C’est d’ailleurs ce dernier détail qui avait tôt fait de nous de dangereux communistes. Depuis notre tendre enfance et jusqu’à ce jour, nous n’avons jamais pu supporter le spectacle d’un seul mendiant: que ce soit sur le continent américain ou africain. C’est plus fort que nous; c’est « viscéral ». Aussi, nous ne pouvions et ne pouvons respecter entièrement que des sociétés dans lesquelles une telle manifestation de la pauvreté n’existe pas. C’est l’une des raisons pour lesquelles, en bons musulmans, nous nous sommes tôt rendus en pèlerinage à Cuba en Union Soviétique afin de constater qu’effectivement, on n’y trouvait pas de mendiants. A l’époque de notre visite à la Jamahiriya, nous étions communistes et nous croyons que nous le sommes encore, même beaucoup, voire à la folie, particulièrement dans le contexte d’hystérie impérialiste et à deux ans du 100ème Anniversaire de la Révolution d’Octobre.

QADDAFI, dans son Livre Vert, désormais Guide pour l’Action et simultanément Testament, souligne la méprise historique sur la définition de la démocratie. La démocratie, c’est effectivement le pouvoir du peuple: celui d’obtenir la garantie – qui ne puisse jamais être remise en question- d’un travail, d’un logement, de soins, d’éducation et de culture – tous gratuits. Les Grecs peuvent aller se faire voir… Le Livre vert rappelle que dans leur démocratie objet de culte aveuglant les idéologues bourgeois, la plupart des individus (comme les esclaves et les femmes) n’avaient pas le pouvoir (les fameux « droits ») accordé aux autres « catégories » sociales.

A lire aussi, dans un étroit rapport anthropologique: Voyage en Jamahiriya Libyenne du 20 au 26 mai 2000 (Récit des rencontres, débats, visites, dialogues avec les Congrès de bases, les Comités Populaires et les Comités Révolutionnaires. Alternative 2001 “pour un monde solidaire” (réseau d’échange de pratiques alternatives et de réflexions sur la démocratie directe, locale et participative d’ici et d’ailleurs – 6, rue Crespin du Gast – 75011 Paris, France). Sous la direction de GINETTE HESS SKANDRANI. Numérisé le 27 avril 2012  http://bit.ly/yd15JY

Par Les Pacifistes de Tunis (écrit avec la nostalgie du temps qui passe)

 

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