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20 octobre 2020

Transports de plutonium, protection des centrales, arrêt du nucléaire : les assurances présidentielles


Transports de plutonium, protection des centrales, arrêt du nucléaire : les assurances présidentielles

Publié le 1er décembre 2015

Le vendredi 20 novembre, ACDN a écrit au Président de la République pour attirer son attention sur le fait que les attaques terroristes « pourraient également prendre une dimension nucléaire ou radioactive ». Postée le jour même, notre lettre recommandée est parvenue à l’Elysée le lundi 23 novembre. Le Président de la République en a pris connaissance et a chargé son Chef de Cabinet, Madame Isabelle Sima, de nous répondre. On lira ci-dessous sa réponse en date du 25 novembre, et la première réaction qu’elle nous inspire.


Le Chef de Cabinet
du Président de la République

Monsieur Jean-Marie Matagne
Président de [l’Action] des citoyens pour le
désarmement nucléaire

Paris, le 25 NOV. 2015

Monsieur le Président,

Le Président de la République a bien reçu la correspondance que vous lui avez adressée et il m’a confié le soin de vous répondre.

Soyez assuré qu’il a été pris connaissance de vos préoccupations et de vos observations concernant le risque nucléaire dans le contexte de la menace terroriste.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.

Isabelle Sima


Commentaire

Remercions d’abord le Président de la République d’avoir bien voulu nous répondre, et son Chef de Cabinet de l’avoir fait avec autant de brièveté que de diligence.

Nous voilà donc « assurés ». Mais de quoi ? Du fait « qu’il a été pris connaissance de (n)os préoccupations et de (n)os observations concernant le risque nucléaire dans le contexte de la menace terroriste ». C’est déjà ça. Mais rassurés ? C’est moins sûr.

Car des trois propositions que nous avions faites et dont « il a été pris connaissance », lesquelles donneront lieu à des mesures effectives ?

- Accroître la sécurité des centrales et en interdire toutes les visites, y compris dans le cadre des Journées « Enseigner la Défense » ?
- Interdire tous les transports de plutonium, au moins pour la durée de l’état d’urgence ?
- Reconsidérer la politique nucléaire, tant civile que militaire, de la France, sous l’angle de la sûreté et de la sécurité de sa population ?

Ce serait vraiment bien. Une retombée inattendue des tragiques attentats du 13 novembre, en quelque sorte. Mais est-ce le cas ? On ne peut que le souhaiter et laisser

- aux personnels des centrales nucléaires et à ceux de l’Education Nationale, le soin de vérifier le premier point ;

- aux maires des nombreuses communes où passent les semi-remorques chargés de plutonium ainsi que leur cortège dit de sécurité, le soin de vérifier qu’il n’y passent plus et, si ce n’était pas le cas, le souci d’interdire leur passage sur la commune et de mobiliser la force publique pour les en empêcher – il y va de la sécurité, de la santé et de la vie de leurs administrés ;

- aux journalistes et à tous nos concitoyens, le soin de constater à l’issue de la COP 21 que la France s’est saisie de l’occasion pour revoir sa politique énergétique et se diriger vers la sortie du nucléaire. Du nucléaire civil et, pourquoi pas, militaire, puisque le climat et la paix vont de pair de l’avis même du Président de la République.

Affaire à suivre, donc. Nous n’y manquerons pas, et nous faisons confiance à la presse et aux médias affranchis du lobby nucléaire pour en faire un sujet d’actualité. France 2 par exemple

Pour agir en ce sens avec nous, on peut écrire à [email protected]


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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,