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22 octobre 2020

Le conspirationnisme et le proche orient


Le conspirationnisme et le proche orient

par nm72 – samedi 5 décembre 201

Il y a des complots qui sont par définition cachés, qu’on ne peut prouver ; il ne faut donc pas baser son analyse sur le fait qu’il y a eu forcément complot.

Il y a le discours officiel, diplomatique des gouvernements, qui ne montrent pas tout ; de plus chaque pays a sa propagande.

Il faut chercher la vérité au-delà des discours, mais aussi au-delà de non opinions qui correspondent à nos goûts.

Le ministre des affaires étrangère de la France (Laurent Fabius) disait qu’il faut détruire le régime syrien et armer les rebelles. Selon les grands médias et la version officielle, il aurait sous-estimé l’importance des « djihadistes », ce qui signifie qu’il est naïf. Et lorsqu’il disait « Al Nosra fait du bon boulot », c’était aussi de la naïveté. Lorsque la Turquie membre de l’OTAN soutient (preuves à l’appui) « l’Etat islamique », ce serait contre la volonté des américains qui serait eux aussi naïfs. Ici la version officielle est grotesque.

Des simplistes diront que l’Amérique bombarde « Daech », ce qui montre que l’Amérique est hostile à ce groupe. Evidemment que l’Amérique n’a pas de sympathie pour « Daech », et même si elle souhaite sa disparition, ce n’est pas à n’importe quel prix, l’Amérique et ses alliés ne veulent surtout pas d’une victoire de Assad et de la Russie. Ce n’est pas du complot, c’est le discours officiel des diplomates occidentaux qui disent « ni Assad, ni Daech ».

Durant la guerre Iran/Irak des années 80, il est dit que les américains ont soutenu Saddam Hussein ; en réalité ils ont soutenu aussi Khomeiny (Irangate). Leur objectif était qu’il n’y ait pas de vainqueur.

La France qui était plus proche de Saddam Hussein n’avait pas un objectif différent, elle ne souhaitait pas une victoire de l’Irak, mais voulait éviter une expansion de la révolution iranienne. De même Israël qui a joué un rôle dans l’affaire Irangate ne souhaitait pas une victoire de Khomeiny, mais la neutralisation des deux pays (Iran et Irak).

Par conséquent des alliés peuvent jouer des rôles différents tout en ayant le même objectif. C’est ce qui se passe aujourd’hui entre la Turquie et les Etats Unis. Quel est l’intérêt de la Turquie à soutenir « l’Etat islamique » ?

On nous dit que ces derniers gêneraient les kurdes.

D’abord la Turquie avait de très bonnes relations avec le Kurdistan irakien de Barzani qui reste proche des turcs.

Quant au kurdes syriens proche du PKK et hostiles à la Turquie, ils ont gagné du terrain avec l’avènement de « Daech ». De même les kurdes irakiens ont agrandi leur territoire. Où est l’intérêt de la Turquie ?

Le fait que les turcs achètent le pétrole de « Daech » moins cher, ne suffit pas à expliquer leur politique syrienne.

En réalité Erdogan avait misé sur la chute de Bachar El Assad, et il veut absolument gagner sa mise.

Il est en phase avec les américains, il joue son rôle.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,