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21 octobre 2020

Chronique éthique. Cultures et idéologies : terrorismes, crises morale et identitaire


Chronique éthique. Cultures et idéologies : terrorismes, crises morale et identitaire

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MamAfrika TV | Par K.D.W.

Le monde moderne et contemporain s’englue dans diverses crises au fil du temps et de l’évolution, sans que les analystes, pour une raison ou une autre, ne puissent en définir les causes réelles. La révolution technique et technologique, suscitée par le penchant matérialiste de l’homme, a pris le pas sur l’aspect moral de la vie. Exclu des priorités du système idéologique et politique qui prédomine à notre époque, cet aspect moral se trouve en quelque sorte récupéré par des groupes dissidents sous couvert de l’identité religieuse. Néanmoins, si les nations sont tombées dans l’extrême, dans leur quête matérialiste, les radicaux religieux, notamment, sont encastrés dans l’autre extrême faisant ainsi fi de la plus basique des valeurs morales. Par ailleurs, le modèle occidental s’étant imposé de force au détriment des autres, souvent différents et plus anciens, les frustrations engendrées se cristallisent sur son espace géographique pour contrecarrer sa mainmise cautionnée par les dirigeants des Etats soumis, menaçant de fait et de manière régulière son intégrité.

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Le vrai problème de notre monde, c’est l’irrespect. En effet, quand vous observez les choses de plus près, vous vous rendrez compte qu’à l’origine de chaque différend, réside une frustration. Par exemple, c’est lorsqu’une des deux ou de plusieurs parties, se sent abusée à tort ou à raison, qu’il y a conflit. Or un conflit ne peut survenir que s’il y a incompréhension ou provocation. Dans les deux cas, la question du respect se pose dans la mesure où l’incompréhension découle d’une mauvaise interprétation de la situation, qu’elle soit volontaire ou involontaire. C’est ainsi que naissent les conflits et les guerres qui prolifèrent au fur et à mesure que se détériorent les relations entre les humains. Quand on se respecte et respecte autrui, on ne peut que rendre paisibles le contact, les échanges ou le lien entretenus avec celui-ci. Pour cela, faudrait-il avoir été élevé dans le sens du respect des principes moraux, puis d’en avoir fait une règle de vie. Il se trouve, cependant, que face aux impératifs nouveaux liés à la vie de l’ère de l’informatique, plus personne, ou presque, ne prête attention aux valeurs morales supplantées par les valeurs d’argent. Et toutes les catégories sociales, toutes les classes d’âges, toute la société, toutes les communautés, tous les pays entraînés par un mouvement idéologique et politique surréaliste, adhèrent suite à un savant conditionnement à la défaillance de la moralité à travers des concepts-bateau vendus comme des paquets-cadeaux où tout est fourré sans scrupule

On parle de l’échec des éducations scolaire et parentale. Ne répondent-elles pas à une logique générale, sociale ? Comment l’école peut réussir à inculquer le sens du respect, là où les parents n’ont rien semé de viable ? Comment les parents peuvent assumer pleinement leur rôle de premiers éducateurs, si les structures sociales et administratives se mêlent en sapant leur notoriété ? Comment ces parents peuvent être performants dans les responsabilités qui sont les leurs, si certains n’ont pas non plus reçu de la part de leurs propres parents la formation nécessaire pour gérer à leur tour leurs enfants ? La crise intergénérationnelle, qui n’est pas seulement le fait des banlieues tel qu’on veut le faire croire, n’est-elle pas le reflet de cette rupture de la transmission des valeurs ou de l’absence chronique desdites valeurs ? N’est-ce pas l’enfant mal élevé qui devient l’adulte irresponsable qui influencera négativement les mœurs sociales ? Autant de questions révélatrices du niveau compromettant de la question de la moralité

Le choc entre les systèmes conformiste et non-conformiste, s’effectue aussi dans le même registre de l’immoralité. Lorsqu’un Etat pose des actes en violant des accords bilatéraux signés avec un autre, par exemple, il enfreint non seulement la loi dans le cadre politique qui a été précédemment établi, mais il commet une forfaiture du point de vue moral. Par conséquent, qu’il le veuille ou non, il envoie un signal teinté d’irrespect à son partenaire abusé et il donne en même temps un mauvais exemple à ses propres citoyens, en matière d’honnêteté et de probité morale. Et on a beau croire que les gens s’en fichent, leur subconscient reste imprégné de tous ces manquements et leurs comportements s’en trouvent modifiés certes à leur propre désavantage, mais aussi à celui du pays dont ils sont les ressortissants. Quant aux groupes dissidents, qu’ils soient nationaux ou étrangers, idéologiques ou religieux, ils ne sont pas des modèles sur le plan du respect et de la moralité. L’extrême gauche et l’extrême droite brillent par la virulence de leurs actions visant à avoir un impact sur l’Etat ou sur les consciences. Ceux qui usent des étiquettes religieuses sont encore plus lamentables, eu égard aux contradictions de leurs choix. C’est le lieu de faire une précision de taille pour aider certains à sortir de la réflexion naïve dans laquelle la rhétorique politicienne les a plongés. Les jihadistes ne luttent pas pour la gloire d’Allah ou pour la promotion de l’Islam. C’est évident ! Aucune religion, aucune assemblée spirituelle ne saurait, par principe, prôner la violence. Toute structure qui se réclamerait de cette obédience et qui userait de la violence pour s’exprimer, ne le ferait nullement au nom de Dieu mais plutôt à celui du démon. Aucune ambiguïté n’est possible de ce point de vue. Que l’on ait affaire à un fidèle ou un infidèle, le jugement verbal ou physique à l’endroit de l’un ou de l’autre, n’a aucun sens dès lors que l’on croit que Dieu est Juge et que le jugement dernier est inéluctable. Sauf si on est attaqué dans sa foi, enseigne l’Islam. Et même dans ce cas, précise-t-il, on doit éviter toute réplique disproportionnée par rapport à la teneur de ladite attaque.

Une autre crise, et non des moindres, s’affiche sur le tableau de chasse des combattants de la liberté : c’est la crise identitaire. En effet, celle-ci se révèle être l’inconséquence de l’impérialisme culturel occidental. En cherchant à substituer la culture européenne à celles des autres peuples non européens, la colonisation a créé des frustrations qui, jusqu’à aujourd’hui, nourrissent de profonds ressentiments vis-à-vis de la civilisation européenne. Sous prétexte d’une politique de civilisation, des peuples entiers ont été brutalisés, privés de liberté, exploités et exterminés. Ni le respect, ni la morale et la spiritualité n’avaient guidé cette prétention qui a toujours cours de nos jours. Bien que le monde occidental s’auto-déclare initiateur et garant des droits de l’homme et du citoyen, et bien qu’il aime à arborer l’image du justicier luttant contre l’esclavage moderne, il demeure le plus grand fossoyeur des libertés à travers l’espace et le temps, devant l’éternel.

La justice n’est simplement pas réalisable dans un monde manquant cruellement de respect. Il existe un terme très révélateur du rejet systématique de la moralité, une confirmation de la sagesse qui dit que la honte ne tue plus, c’est le terme : « ne me jugez pas ! ». Alors faisons donc chacun son auto-critique car, si une chose est sûre, c’est que personne ne souhaiterait volontairement être son propre ennemi

K.D.W.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,