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27 octobre 2020

Problèmes Turcs


Djamel Benmerad

Problèmes Turcs

mardi 22 décembre 2015

Aïe, aïe, ça ne va pas trop fort pour Erdogan en ce moment. La résolution 2554 des nations unis sur les solutions pour la fin de la guerre en Syrie ne mentionne pas le départ d’Assad. Tout le monde y va de son couplet sur le dirigeant syrien, Fabius parlant de départ nécessaire. Mais la réalité est là : Assad peut rester. C’est une claque pour Erdogan qui veut absolument un changement de régime en Syrie. La Turquie fulmine et critique la résolution, qui « manque de perspectives réalistes » et prétend que la crise ne sera résolue que si Assad s’en va.

Mais comme mentionné dans mon précédent post, les Américains ne cherchent plus de changement de régime. Kerry a même rejeté la demande de l’opposition syrienne d’un départ immédiat d’Assad. Maintenant, les Etats-Unis sont sur la même longueur d’onde que les Russes depuis 3 ans, à savoir que le prochain dirigeant de la Syrie devra être choisi par le peuple syrien comme mentionné dans la résolution 2554. A noter que les Russes auraient même proposé en 2012 de faire partir Assad après le début des pourparlers de paix. L’offre aurait été déclinée par la France, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, certains de la chute rapide d’Assad sans l’aide des Russes. Trois ans plus tard, cette résolution le permet. Avec quelques dizaines de millier de mort en plus.

Signe que la tension diminue d’un cran, les américains retirent leurs F-15 d’Incirlik. Les F-15 sont des avions destinés au combat anti aérien. Leur présence n’avait pas de sens dans la lutte contre l’EI qui ne possède pas de forces aériennes. Ils avaient été déployés le 6 novembre et étaient destinés à envoyer un message aux Russes : Vous n’êtes pas les maîtres de l’air dans la région, nous aiderons les Turcs. Leur départ pourrait signifier que les Américains laissent tomber Erdogan et ne le protègent plus contre les chasseurs russes.

De plus, des groupes djihadistes protégé par la Turquie et le Qatar sont menacés d’être placés sur une liste de groupes terroristes et ne pourraient pas participer aux pourparlers de paix en Janvier. Il faut dire que Jaish-al-Islam est fondamentaliste et a une légère tendance à combattre avec le Front al Nosra. Un autre groupe aidé par la Turquie, Ahrar al-Sham, n’est pas un grand ennemi d’Al Nosra ni un fervent supporter de la démocratie. Pourtant, la Turquie comptait sur eux pour chasser Assad. Décidément, après le Front al nosra, dont est issu Baghdadi, Erdogan choisit bien mal ses amis..

Un autre signe qu’Assad n’est plus aussi pestiféré vient d’Allemagne : Les services secrets allemands collaborent à nouveau avec les services de sécurité Syriens. Ils réouvriraient même leur ambassade à Damas pour y établir une antenne permanente. Il faut dire que les services syriens sont très bien informés sur les djihadistes entrainés en Syrie et qui pourraient revenir en Europe. Les Allemands semblent plus pragmatiques que les Français. Le vent tourne…

Obama vient d’intimer l’ordre à Erdogan de retirer les troupes du nord de l’Irak : Une autre défaite pour Erdogan. Il ne pourra pas controler Mossoul. Détail piquant, il accuse l’Irak, qui réclame à l’ONU le départ des troupes turques, de saper les efforts de lutte contre l’EI. Quand on sait la porosité de la frontière turque, on ne peut qu’apprécier l’ironie de ces déclarations…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,