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28 octobre 2020

À la rencontre de Ziad Medoukh, une référence palestinienne


Interview

À la rencontre de Ziad Medoukh,
une référence palestinienne

Katibîn

Jeudi 31 décembre 2015

Ziad Medoukh est devenu une référence et une source en matière d’informations palestiniennes venues directement de la Palestine. Il devient de plus en plus connu grâce à ses émissions radios qui sont de plus en plus écoutées et suivies. Pour vous, nous avons décidé d’interviewer M. Medoukh et de vous livrer ses magnifiques réponses pleines d’espoir, à l’image du peuple qu’il représente.

M. Medoukh, nous savons que vous êtes un professeur de français exerçant votre métier à l’université d’Al Aqsa. Pouvez-vous nous parler davantage de vous-même ? (depuis quand exercez votre profession, votre parcours, où avez-vous fait vos études…)

– Je suis professeur de français et directeur du département de français à l’université Al-Aqsa de Gaza depuis 10 ans, j’ai fait mes études en Algérie et en France, je suis un simple citoyen palestinien qui lutte par sa plume pour la liberté de son peuple.

En luttant par votre plume, vous êtes devenu une source d’information pour beaucoup de personnes en France et êtes suivi par près de 5 000 personnes. Comment en êtes-vous arrivé là ?

– J’utilise ma langue française pour informer les personnes francophones sur la situation à Gaza et en Palestine, j’essaye de témoigner et fournir des informations sur notre souffrance, je fais mon devoir, je profite des réseaux sociaux pour élargir la solidarité avec la cause de justice la cause palestinienne.

En tant que Gazaoui (vivant sur place), pouvez-vous nous décrire la situation actuelle de Gaza en quelques mots ?

– Blocus israélien maintenu. Frontières fermées. Souffrance permanente. Agressions israéliennes au quotidien. Chômage qui atteint 70% de la population civile. Absence de perspectives. Mais volonté, patience, résistance et espoir.

Comme nous le savons tous, l’été 2014 a été un été sanglant pour les Gazaouis. Y a-t-il des dispositifs spécifiques qui ont été mis en place depuis, pour renforcer la sécurité ou multiplier les aides humanitaires par exemple ? Si oui, avez-vous noté une réelle amélioration de vos conditions de vie ?

– Rien n’a changé à Gaza. La situation humanitaire est catastrophique, aucun projet de reconstruction n’a commencé à Gaza, plus de 10.000 personnes sont sans abri, les matériaux de construction ne rentrent pas à Gaza par ordre militaire israélien… Aucune amélioration de la situation pour un million huit-cent milles Palestiniens de Gaza.

Avez-vous déjà songé à quitter les territoires palestiniens pour aller vivre ailleurs ?

– Oui, j’ai eu plusieurs occasions de quitter Gaza et la Palestine pour vivre ailleurs ou pour travailler, mais malgré ces opportunités j’ai choisi de rester sur ma terre et dans ma ville Gaza, car ma place est en Palestine et pas ailleurs. Je pense que j’ai un devoir et une responsabilité morale de rester aux côtés de ma population, auprès des jeunes afin de participer dans la lutte nationale pour la liberté via l’éducation et la résistance sur notre terre.

Pour vous, quel est votre rôle principal sur vos terres en tant que Palestinien ?

– Mon rôle est simple, c’est de rester attaché à ma terre, de remonter le moral à cette jeunesse désespérée à cause de la situation actuelle dans les territoires palestiniens, marquée par la poursuite de l’occupation et de la colonisation israélienne. C’est participer à former une nouvelle génération ouverte sur le monde, une génération attachée à ses racines et à sa patrie.

On se retrouve dans une période de boycott intensif des produits israéliens. En voyez-vous les répercussions sur le terrain ?

– Le gouvernement israélien a peur de ces compagnes de boycott économique, culturel, académique et personnel partout dans le monde, les pertes économiques dépassent les 2 milliards d’euros pour l’économie israélienne et pourtant c’est seulement un boycott citoyen et on n’est pas encore arrivé à un boycott officiel et institutionnel. Le boycott est une arme qui fait peur à cette occupation et pour information, le gouvernement israélien a créé une organisation officielle pour lutter contre ce boycott de plus en plus large et efficace dans le monde.

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Source: Ziad Medoukh

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,